Un lecteur acharné du Grand Charnier, le bien nommé, écrit : "Parcequ'il ne faut pas compter sur la Buvette pour diffuser l'article (il parle de cet article de 20 minutes qui relate la visite du petit chaperon rouge dans un élevage à Noyers-sur-Jablon), preuve que coté mauvaise foi et désinformation c'est le gratin." Je n'ai pas diffusé car il n'y avait pour moi, pas grand chose de nouveau:
- Armés, ils bergers le sont déjà.
- Suivre des cours, cela va les ennuyer.
- Le permis de chasse, ils n'en ont pas besoin pour cribler de plombs ours, loups, lynx, vautours ou autres "nuisibles".
- Les autorisations préfectorales de "tir de prélèvement" ne sont pas neuves. Deux de ces arrêtés ont expiré les 8 et 13 août, respectivement dans la Drôme et les Hautes-Alpes. Les éleveurs se plaignent d'ailleurs de leur inutilité.
Maintenant les bergers "formés" vite et pas cher vont pouvoir tirer. Déjà qu'avec les vrais permis, longs et difficiles, les accidents de chasse sont légion, il faudra s'attendre au pire : cela va canarder dans les alpages. Tous au abris !
La chasse au prédateurs a toujours été un moyen de calmer les éleveurs. Gérard Caussimont l'explique très bien dans "Le mythe de l'Ours" : "La battue à l'ours va canaliser l'émotion, les réactions instinctives des bergers et des valléens bien au-delà de la simple vengeance contre le mangeur occasionnel de quelques brebis. Le mythe est un élément stabilisateur qui joue le rôle de « soupape de sûreté» de l'esprit humain dans un système social donné. Dans la société pastorale, c'est la poursuite d'un animal s'attaquant au bétail qui joue ce rôle (ours, loup ... ).
L’acte de chasse collectif va servir de catalyseur du groupe, comme le prouvent les références continues à la solidarité, au désintéressement, à l'esprit d'équipe ... à l'unité de tous dans cette action commune. Unité bien difficile à obtenir, d'ailleurs, si ce n'est contre un « ennemi» commun.
Le mythe sert à contrôler la conduite de la société, canalisant l'agressivité et les pulsions des éléments mâles dans un combat dépourvu de tout danger pour la pérennité du système social traditionnel et offrant même l'avantage de renforcer le sentiment communautaire. Peut-être faut-il y voir une première perception inconsciente du danger « d'assimilation» par un autre système de société.
L’individualité va donc retrouver un sens dans le groupe au sein duquel vont se révéler une série de valeurs guerrières propres à l'élément mâle."
Maintenant on va avoir droit à la chasse au loup en même temps que la chasse aux voix. Pour Sarkosy, je ne crois pas qu'il suffit de tirer la chevillette pour que la bobinette cherre... (2 noms de brebis!)
Pour faire plaisir au charnophyle en question, je ne résiste pas à reprendre cet article de Libé qui m'a bien fait rire. "C’était un peu Disneyland !" Voilà, l'oubli est effacé. J'espère qu'il me pardonnera mon étourderie.
Sarkozy ménage la chèvre et le sou
Agriculture - En visite dans une ferme, le Président a défendu la chasse au loup et sanctuarisé des aides de l’Etat.
Par MICHEL HENRY, envoyé spécial à Noyers-sur-Jabron
Nicolas Sarkozy s’est trouvé un adversaire à sa mesure : le loup. En visite vendredi dans une exploitation ovine, le président de la République a demandé au préfet des Alpes-de-Haute-Provence de prendre «sous huit jours» un arrêté autorisant de tuer la bête dans les zones du département «où l’attaque du loup relève d’une intensité exceptionnelle». La chasse est donc ouverte.
C’est que les éleveurs de brebis rouspètent : 100 attaques dénombrées, soit deux fois plus qu’en 2009, et plus de 300 brebis tuées cette année. «Demain, le loup sera aux portes de nos communes, assure Daniel Spagnou, député-maire UMP de Sisteron. Il attaque même près du Lubéron. Heureusement, le Lubéron est habité par toutes les stars de notre pays. On a donc une chance que des mesures soient prises.» Si l’Etat va aussi financer une «formation accélérée au permis de chasser» pour les bergers et éleveurs, il faut toutefois respecter cette espèce protégée, a précisé le Président : avec «120 à 150 loups répertoriés», la situation française reste très éloignée des problèmes de l’Espagne («5 000 loups»).
La visite de Sarkozy au pied de la montagne de Lure, c’était un peu Disneyland. On a fait redescendre les brebis des cimes où elles sont à l’estive, pour qu’il ait quelque chose à tripoter dans l’exploitation bio d’Arlette Martin, à Noyers-sur-Jabron.
D’autres moutons, journalistes équipés de caméras, filmaient, et ça promettait un joli clip promotionnel. Mais à son approche, les biquettes se sont esquivées. Stress maximal.
Pas vexé, le Président a visité les stands de produits locaux. Il a mordu avec gourmandise dans la truffe blanche, le pâté, la tapenade, et pris des cadeaux pour Carla. Chaque producteur s’est évertué à le gaver, et il s’est laissé faire de bonne grâce : «Ce fromage, c’est tout du brebis ?» Raté : c’était du chèvre. De belle humeur, il s’est fait sonner les cloches, de belles cloches pour les vaches. Il s’est réjoui d’une économie favorable pour les ovins : «On a la chance d’avoir pratiquement tous les cours qui remontent», à part le sien dans les sondages. C’est pour ça qu’il est venu.
Sarkozy espère que l’électeur rural sera, en 2012, comme les biquettes d’Arlette, réputées «dociles et grégaires». Pour cette cinquième visite chez les agriculteurs depuis début 2010, il brosse donc le paysan dans le sens de la toison : les aides dans les zones défavorisées seront «sanctuarisées» dans le budget 2011. C’est pas un beau cadeau ? Un coup de tromblon dans les fesses du loup, un coup de pognon dans le porte-monnaie. «Ma capacité à céder dans les négociations est nulle.» Le message est simple : il n’y en a qu’un qui vous protège, c’est moi. Et le Président se donne de la peine : à la fin, ses chaussures étaient pleines de poussière. Heureusement, il allait ensuite se reposer «au Cap» (Nègre), dans le Var, chez Carla.
Il a aimé ses cent minutes à la ferme, «heureux d’avoir pu parler des vrais problèmes de la réalité quotidienne», loin de la «déconnexion» de ceux qui le critiquent, pris d’une «agitation que les Français regardent avec stupéfaction». «Beaucoup de gens ne parlent pas pour résoudre les problèmes, mais pour les compliquer.» Lui, c’est l’inverse. Il «règle les problèmes». De l’homme, et des brebis. On a un président formidable. Sur la montagne, un loup hurlait déjà sa douleur.
oOo
A propos du petit chaperon rouge, je vous invite à relire la fable "L'oursonne, Lacube et l'Augustin".