Mythique - L'ours, un vrai balèze

Puissant et imposant, ce gros plantigrade fascine depuis toujours. Mais qui est-il vraiment?

Par Pascale Bier

Que ce soient «Buba» et «Boby», à Vallorbe, «Urs» et «Berna», à Berne... L'ours fait un tabac, en Suisse. Et, à chaque naissance dans les parcs animaliers, des dizaines, voire des centaines de milliers de visiteurs se précipitent. Mais qui donc est-il, ce gros plantigrade, mythique, qui nous accompagne depuis l'enfance, sous forme de peluche?

Selon les lieux et les circonstances, on le craint et on l'admire, on le respecte et on le pourchasse. «JJ3» en a fait la triste expérience, il y a deux ans dans les Grisons, abattu pour avoir eu l'audace de ne pas craindre suffisamment l'homme. Pourtant, c'était la première fois, depuis 1923, que l'on revoyait le gros brun dans les Alpes grisonnes.

De vrais touristes
Pas frileux, un nouvel ours a franchi, à son tour, la frontière italo-suisse, au mois de juin de cette année. Est-il toujours là? Mystère. On sait en revanche qu'il s'agit d'un jeune mâle appelé «M2». Et que, s'il est rentré au pays, d'autres viendront sans doute. Car, depuis que les Italiens ont réintroduit dix ours de Slovénie dans le Trentin, entre 1999 et 2002, la population s'est accrue, et les plantigrades font du tourisme en Autriche et en Suisse.

Il faudra donc s'y faire. Même si l'envie de cohabiter n'est pas gagnée. Pourtant, l'ours n'est pas fondamentalement destructeur. Il ne se nourrit que rarement de bétail - même si, dans certains cas (quand les troupeaux ne sont pas protégés) il peut provoquer des dégâts relativement importants - et préfère de loin les végétaux.

De fait, c'est un fin gourmet qui passe des heures à chercher de quoi satisfaire sa gourmandise et cueille avec délicatesse châtaignes, glands, noix, fraises des bois. Il apprécie également les jeunes pousses au printemps. Et bien sûr, le miel, pour lequel il n'hésite pas à s'attaquer aux essaims sauvages et aux ruches. L'ours a également un côté opportuniste et n'hésitera pas à s'approcher des habitations humaines, s'il peut y trouver de la nourriture facilement atteignable. D'où l'importance d'installer, quand il est dans les parages, des bennes à ordures ultrarésistantes.

Toutefois, l'ours - qui vit en moyenne 20 à 25 ans - est avant tout un animal solitaire, d'une discrétion extrême. Le mâle vit en ermite sur son territoire. Et la femelle élève ses petits, seule, durant deux ans. Quant à l'homme, il l'évite et le fuit. Même, affirment des bergers italiens qui ont parfois l'occasion de croiser des ours, quand il s'agit d'une mère avec des petits sous sa protection.

Reste que, s'il se sent en danger, il va troquer son allure débonnaire et son caractère placide pour une approche agressive et menaçante. Il est d'autant plus impressionnant qu'il a la capacité de se tenir debout, en équilibre sur ses pattes arrière. Et qu'il peut atteindre 1,70 m à 2,20 m, pour un poids allant jusqu'à 500 kilos.

Long somme
Discret en été, l'ours est inexistant durant l'hiver. Dès l'automne, en effet, il va se choisir une tanière et s'y installer à l'arrivée des grands froids. Il y restera dans un état de somnolence, durant plusieurs jours, avant de plonger dans un profond sommeil. Il survit sans mal grâce aux réserves de graisse accumulées durant tout l'été.

Fascinant, ce mystérieux exil hivernal a engendré de nombreuses croyances. A l'époque, l'une d'elles avançait que, durant cette période, l'ours voyageait dans l'au-delà.

Plus concrètement, l'ours brun a de plus en plus de peine à se faire une place ici-bas, puisqu'on ne compte plus que 250 000 sujets à travers le monde, alors qu'au début de l'ère chrétienne il peuplait presque l'ensemble des forêts d'Europe.

Fort et protecteur
Comment ce gros plantigrade, symbole de puissance, a-t-il pu devenir le doudou préféré des enfants? Rien d'étonnant, selon le Dr Michel Bader, pédopsychiatre à Lausanne: «Avec l'ours, on touche à l'inconscient collectif. Avec sa force et son côté placide, cet animal a toujours exercé une fascination sur l'homme, malgré la menace qu'il représente. L'ours en peluche, qui est un objet transitionnel par excellencepermet donc de s'imaginer toutes sortes d'histoires. Avec lui, on se sent protégé et l'on peut s'identifier à sa puissance.

D'autre part, l'ours a une morphologie pataude et une fourrure d'apparence pelucheuse, qui lui donne d'emblée un côté doudou

Du coup, en sus du célèbre nounours en peluche créé au tout début du XXe siècle, l'ours multiplie les rôles de personnages sympathiques: Winnie l'ourson, Petzi, Baloo («Llivre de la jungle») ou encore Colargol.

Source : La matin

C'est ce qu'on appelle de la vulgarisation! Mais les suisses ont encore beaucoup à apprendre sur l'ours, gavé qu'ils sont de la propagande anti nature de certains activistes ultra-pastoraux...

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