Une pétition pour la protection du loup déposée à Berne

Le Groupe Loup Suisse a déposé mardi à Berne une pétition pour la protection du loup sur le territoire helvétique. Les 25'000 signataires demandent que la Suisse ne se retire pas de la Convention de Berne, qui garantit la conservation de la vie sauvage en Europe.

Les paraphes ont été réunis en quelque trois mois, soulignent mercredi le Groupe Loup Suisse, Pro Natura, la Protection suisse des animaux et Mountain Wilderness dans un communiqué commun. Même dans les cantons où vit le loup, soit le Valais, les Grisons et le Tessin, plusieurs centaines de signatures ont été récoltées.

En septembre, le Parlement a décidé que le loup devrait pouvoir être chassé en Suisse. Il estime que sa population doit être régulée et a chargé le Conseil fédéral d'obtenir une modification de la Convention de Berne en ce sens. Si elle ne l'obtenait pas, la Suisse se retirerait afin de pouvoir adhérer à nouveau, mais en formulant des réserves sur la protection du loup.

Actuellement, selon le Concept loup de la Confédération, un animal peut être abattu s'il a tué au moins 25 moutons en un mois ou 35 en quatre mois. Chasser le loup pour en réguler la population est en revanche interdit.

En France et en Italie, les loups ont formé des meutes cinq ans après leur première apparition. En Suisse, où un loup est abattu "pratiquement chaque année", le canidé est présent depuis 15 ans sans s'accoupler, avance David Gerke, président du Groupe Loup. Par conséquent, il n'existe actuellement aucune raison d'abroger sa protection.

Pour les auteurs du communiqué, le modèle de pâture des moutons le plus répandu, libre et sans protection, ne correspond ni aux critères écologiques ni à la protection des animaux. Ils répètent que sur les 10'000 ovins qui périssent chaque année dans nos Alpes, seuls une centaine sont tués par des loups.
La Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe a été signée en 1979. Elle a été ratifiée par 44 pays ainsi que par l'Union européenne.

Commentaires