FNSEA - FNO : Si l'Etat ne fait pas ce que nous voulons nous retiendrons notre respiration jusqu'à ce qu'il nous arrive quelque chose!

PASTORALISME - Il y a 2 jours, j'écrivais dans Pyrénées : Pour le moment on est calmes! : "Les opposants ont depuis toujours boycotté toutes les concertations et pratiqué la politique de la chaise vide avant de dénoncer le fait qu’il ne soit pas «en-ten-dus».  Le refus du dialogue est devenu un mode de fonctionnement. On manifeste dans les rues. On ne négocie pas. On ne fréquente ni l’Etat, ni les écologistes qu'ils haïssent au plus haut point."

Hier, confirmation avec la FNSEA ET FNO...

Negociateur pastoral FNSEA - FNO : Si l'Etat ne fait pas ce que nous voulons nous retiendrons notre respiration jusqu'à ce qu'il nous arrive quelque chose! La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) et la Fédération nationale ovine (FNO) ont annoncé, dans un communiqué, leur retrait "de tous les groupes de consultation (ours et loup) uniquement destinés" selon elles à "développer les populations des grands prédateurs" avant d'énoncer les conditions qui mettraient fin à leur caprice à la manière du fils de Soupaloignon y crouton Périclès dans Astérix en Hispanie "Si tu ne fais pas ce que je veux, je retiens ma respiration jusqu'à ce qu'il m'arrive quelque chose", dans ce cas : "Nous ne reviendrons que sous la condition d'un engagement de l'Etat de renoncer aux lâchers et de réguler efficacement les populations en place". En gros, les deux syndicats demandent à la France de ne pas respecter ses engagements internationaux, de détruire des espéces protégées, et de payer de lourdes amendes à l'Europe. Espère-t-il vraiment une réponse positive de l'Etat sur de telles bases, avec une telle attitude?

Par contre, où l'on est d'accord, mais pour des raisons différentes, c'est pour reconnaître dans le cas de l'ours,  le "constat d'échec des politiques menées depuis des années sur les grands prédateurs". La France a été incapable de sauver sa population d'ours des Pyrénées et ne respecte pas ses engagements internationaux.

On aimerait que tous les troupeaux soient gardés par un berger, par des chiens de protection, que les troupeaux soient regroupés la nuit en enclos. On en est bien évidement très loin à de nombreux endroits.

Certains bergers, trop favorables à la cohabitation, sont boycottés par les éleveurs ultrapastoraux et ne recoivent aucune aide en cas de besoin; sont menacés ou agressés parce qu'ils osent utiliser des chiens patou où parce qu'ils tiennent des déclarations pas assez extrémistes sur les prédateurs. Pratiques qui n'empéchent pas les 2 syndicats d'oser lâcher : "Malgré tous les efforts entrepris par les éleveurs pour protéger leurs troupeaux, les dégâts ne cessent d'augmenter et les bêtes de souffrir". Les deux syndicats connaissent-ils la définition du terme prédateur?

L'annonce de la FNO et la FNSEA d'une "rupture avec la politique de l'Etat" est dans la continuité de leur politique de la chaisse vide et de leur communication exemplaire au niveau langue de bois.

Elles ont encore raison quant elles déclarent que le "pastoralisme et la biodiversité sont en danger" : La crise du pastoralisme est profonde et avec de tels prises de position syndicales, ce n'est pas prêt de s'arranger. J'invite la FNSEA ET LA FNO à lire Gérard Bozzolo, c e spécialiste qui propose des solutions constructives, acceptables par les deux camps à milles lieues de ces caprices syndicaux (y compris une meilleure rétribution des bergers).

Quant les deux fédérations agricoles se décrivent comme des "acteurs d'une agriculture durable à haute valeur naturelle" et disent vouloir "sauvegarder ce bien commun et continuer à installer des jeunes", je ne peux ne pas sourire. Gérard Bozzolo écrit :"La première exigence pour qu’une spéculation soit durable est que celle-ci permette de dégager un revenu décent, avec une bonne sécurité dans le temps." Il ne suffit pas de se déclarer "durable" pour l'être. Soit, le pastoralisme, quand il est mien mené, ce qui est loin d'être le cas partout en absence de berger, peut avoir une haute valeur naturelle. Mais en l'absence de valeur ajoutée, il ne saurait en aucun cas être durable.

Je suis d'accord pour installer des jeunes. C'est pourquoi il faut multiplier les postes de bergers et les prédateurs sont, pour cet objectif, des alliés de poids.

L'ours est aussi un bien commun à sauvegarder : "L’Ours, quant à lui, participe à cette notoriété pyrénéenne comme un signal de Nature protégée. Il transpire une forte charge environnementale avec cette spécificité nullement partagée par les autres massifs français." C'est en sauvant l'ours qu'on sauvera le pastoralisme. Si l'ours disparaît, la crise pastorale ne fera que s'accroitre. Sans prédateurs, plus d'argent des prédateurs, et la grande majorité des budgets prédateurs retournent au pastoralisme.

A quand la charte de bonnes pratiques pastorales pronée par Gérard Bozzolo : "(...) les rares pertes imputées aux ours qui réussissent à déjouer la vigilance des bergers et de leurs auxiliaires patous ne devraient être défrayées que dans le cas où les éleveurs respectent cette charte des bonnes pratiques d’élevage en zone d’estive. Le temps pédagogique est désormais suffisant pour que le remboursement des dégâts soit conditionné à la prise de mesures anti risques, comme c’est d’ailleurs la règle dans tout contrat d’assurance sur des biens."

Et le 16 décembre, l'ADDIP communique, bornée...

"L’ADDIP, Coordination pyrénéenne, a pris connaissance avec une très grande satisfaction de la position nationale exprimée ce 15 décembre 2010 par la FNSEA et la FNO (Fédération Nationale Ovine) sous le titre : « Grands prédateurs, la rupture avec l’Etat - Le pastoralisme et la biodiversité en danger ».

Rupture avec l’Etat : l’ADDIP et les forces vives du massif ont fait ce choix réfléchi dès 2008 lors de la mise en place du Groupe Ours dans les Pyrénées. Choix confirmé et amplifié en juin 2009 au point que ce pseudo groupe de dialogue pour des décisions arrêtées par ailleurs a sombré corps et âmes.

En mai 2008, le bilan à mi parcours du plan ours publié par l’ADDIP montrait déjà comment, au delà des postures dites de « concertation » affichées par l’Europe et l’Etat, au delà même des attaques aux troupeaux aussi insupportables soient elles, c’est toute une machine de guerre qui se mettait en marche contre le caractère humanisé de nos massifs : une politique affirmée d’ensauvagement, d’exclusion, qui menaçait directement la place et le rôle essentiels de l’homme dans nos montagnes, toutes les activités économiques (pastoralisme, forêt, tourisme au premier chef), et cette très riche biodiversité ordinaire et agricole que depuis des millénaires le pastoralisme a su y créer en union avec la nature des lieux.

Ce n’est pas uniquement contre cette politique d’ensauvagement que l’ADDIP fédère les forces vives des Pyrénées, c’est d’abord pour affirmer la volonté de ce massif de continuer à être ce qu’il est : un territoire « riche de savoir faire, de paysages façonnés par des pratiques agricoles séculaires, de races et variétés locales et de produits naturels et de qualité » comme le dit aujourd’hui le communiqué FNO/FNSEA pour l’ensemble des montagnes de France.

A l’heure où l’Etat vient d’annoncer au Comité de Massif un « projet de lâcher d’une ourse » dans les Pyrénées Atlantiques, nous nous réjouissons que la FNSEA et la FNO soulignent que le dialogue avec l’Etat ne redeviendra possible que « sous la condition de /son/ engagement de renoncer aux lâchers ».

C’est, de notre part à tous, un autre engagement, mais pour un avenir très différent de celui auquel certains voudraient nous réduire : non à l’ensauvagement, à la sanctuarisation, oui à des montagnes vivantes, belles, humaines, actives et accueillantes comme elles l’ont toujours été."

Je soupire...

Et le 17, rebelote : Bruno-Beche-Commenge annoce “On est en situation de guerre, on va riposter (...) On prendra des mesures sur le terrain, y compris sauvages" et on peut compter sur cette bande de sauvages, tandis que Gérard Dubuc prévient que l'association Aspap n'exclut pas une action judiciaire contre l'État.

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