Grand Hamster d’Alsace : la France sous la menace d’une sanction européenne

Le Grand Hamster d'Alsace est l'un des mammifères les plus menacés d'Europe. Accusée de ne pas avoir fait le nécessaire pour assurer sa survie, la France pourrait se voir infliger une lourde amende par la Cour européenne de Justice

Victime collatérale de travaux d’urbanisation et d’amélioration de la desserte ainsi que du développement des cultures de maïs, et bien que protégée dans les textes depuis 1993, l’espèce est-elle suffisamment préservée par les autorités ? La Commission européenne soutient que non, elle qui suit ce dossier depuis plusieurs années et avait déjà transmis en juin 2009 une plainte à la Cour européenne de justice (CEJ) pour non-respect des engagements communautaires (en l’occurrence de la directive «habitats») de la France.

À l’origine de dégâts considérables sur les cultures dans les années 1960, le Grand Hamster d’Alsace,  Critecus critecus de son nom scientifique et également appelé «marmotte de Strasbourg», pourrait incessamment disparaître, sa population ayant été divisée par sept entre 2001 et 2007.

Grand Hamster d’Alsace : la France sous la menace d’une sanction européenne Il y aurait aujourd’hui moins de deux cents terriers de ce petit rongeur de la taille d’un cochon d’Inde dont la situation alarmante est régulièrement évoquée par les associations de protection de la nature. Tout porte par ailleurs à croire que l’augmentation des stocks ne sera pas pour demain, le seuil de viabilité ayant été estimé à mille cinq cents spécimens et les autorités ne lui allouant que trois mille quatre cent quatre-vingt dix hectares de surface protégée alors qu’il aurait besoin de… deux cent quarante mille hectares pour assurer sa pérennité. De fait, et malgré un plan national d’action pour la période 2007-2011 qui encourageait notamment les agriculteurs à produire davantage de luzerne, l’alimentation de base de l’espèce, la Commission ne lâche pas prise et vient de saisir la Cour de justice.

Celle-ci pourrait infliger des sanctions financières à Paris, qui de l’avis de l’avocat général, Me Juliane Kokott (et des écologistes), n’a pas pris «les mesures nécessaires pour instaurer un système de protection stricte des espèces figurant à l’Annexe IV (NDLR : catégorie à laquelle appartient le Grand Hamster d’Alsace») dans leur aire de répartition naturelle » édictées dans la directive précitée. «Si des mesures agro-environnementales ont été prises en 2008, elles demeurent incomplètes», estime Mme Kokotte, qui n’ignore sans doute pas que les juges continentaux suivent les recommandations de l’avocat général dans 80 % des cas.

Accusée d’avoir manqué à ses obligations, en particulier de ne pas avoir légiféré sur l’interdiction de la détérioration des zones de reproduction et de repos du Grand Hamster d’Alsace, la France risque donc fort de devoir prochainement s’acquitter d’une lourde amende. Souhaitons qu’elle le soit assez pour que les décideurs assument enfin leur responsabilité environnementale.

Source : Zegreenweb

Rappelons qu'une autre plainte contre la France a été déposée pour la gestion de la population d'ours des Pyrénées.

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