Québec - Des loups se manifestent à Saint-Damien
George Fraser de Saint-Damien-de Brandon se rappellera sûrement de la nuit du 15 mars dernier pour un bout de temps. George Fraser de Saint-Damien-de Brandon se rappellera sûrement de la nuit du 15 mars dernier pour un bout de temps. Une meute de 5 à 6 loups s'est manifestée à sa résidence du 380 Chemin des Peupliers pour s'en prendre à des cerfs de Virginie attirés par la présence d'une haie de cèdres pour se nourrir.
« Les loups ont passé à côté de ma maison, on les entendait hurler, a-t-il déclaré à L'Action, quand je me suis levé le matin j'ai vu une trace de sang m'indiquant qu'ils avaient traîné un cerf de l'autre côté du Crique à David pour le dévorer. Ils l'avaient tué en face de chez nous.»
Monsieur Fraser et son épouse n'étaient toutefois pas au bout de leur peine. Partis pour Joliette dans la matinée, ils constatent à leur retour juste avant midi qu'une seconde carcasse de cerf, toute chaude celle-là, repose dans la cour d'un voisin à une vingtaine de mètres de chez eux. « Ils ont attaqué en plein jour, c'est rare que ça se fasse aussi près d'une résidence», a-t-il précisé, ajoutant qu'il ne comptait toutefois pas prendre de mesures spéciales pour assurer sa sécurité.
Intervention des agents de la faune
Quelque peu estomaqué par les deux incidents, Monsieur Fraser a contacté les agents de la faune pour qu'ils viennent prélever cette seconde carcasse et la remettent ailleurs, en pleine nature, pour que les loups finissent ultimement par la dévorer.
Joint par L'Action, le lieutenant Jacques Gilbert du Service de protection de la faune dans Lanaudière, a tenu à remettre les événement dans leur juste perspective.
« Les loups sont des prédateurs, ils suivent leur proie, dit-il, il ne faut pas s'étonner que si les gens installent des mangeoires pour nourrir les cerfs et les admirer, que les loups soient présents eux aussi.»
« Nous sommes contre le nourrissage artificiel des cerfs de Virginie, lorsque l'automne arrive il se produit toujours une migration vers les mangeoires», a-t-il plaidé.
Pas de surpopulation de loups
Le lieutenant Gilbert rappelle au passage que nourrir les cerfs a d'autres conséquences néfastes. Leur présence peut causer des accidents de la route en plus d'inciter le braconnage. Il note finalement qu'il n'y a pas de surpopulation de loups dans Lanaudière à l'heure actuelle.
Source : L'action
Le loup n'a plus peur
France - Voilà qui contredit la nouvelle théorie de Laurent Garde (CERPAM), inféodé au milieu pastoral. Le 7 décembre 2010, dans le cadre d'un séminaire "Exploitations agricoles et environnement", à Montpellier, Laurent Garde, s'exprimait dans un exposé intitulé "Accompagnement des exploitations d'élevage dans une situation de confrontation avec le protection des loups (SE de la France)" ...
Laurent Garde : “ Les moyens de protection des troupeaux se sont très largement généralisés. Plus important encore, un véritable savoir-loup s’est progressivement reconstitué dans les campagnes au fil des longues saisons de garde. Mais les dégâts, après un temps de plafonnement lié à cet intense effort de protection, augmentent à nouveau rapidement depuis deux ans. En ordre de grandeur, nous devrions avoir environ 1.000 attaques et 3.500 pertes reconnues cette année.
C’est que les moyens de protection ont leurs limites et leurs contraintes. C’est que les loups ajustent aussi leurs stratégies aux moyens qui leur sont opposés. C’est enfin qu’en absence de tout risque autre que celui du braconnage, l’audace du prédateur s’accroît. D’une certaine façon, la stratégie française de gestion de l’espèce, qui est avec l’Italie une exception à l’échelle mondiale en refusant la régulation, ne conduit-elle pas à spécialiser le loup sur le troupeau ovin en lui ôtant tout sentiment de risque à son approche ? “
(…) “ L’enjeu n’est pas seulement d’adapter l’élevage face aux loups. Il est aussi d’adapter les loups face à l’élevage. Cela fait quinze ans que la première politique, celle de la protection des troupeaux, est menée seule. Il est temps d’engager la seconde, celle de la régulation. “
Donner une bonne leçon au loup !
Au vu de cette actualité, il semble bien qu’au Québec, aussi, une meute de loup qui a faim et qui a un gibier à proximité s'affranchisse sans trop de difficulté de la proximité des maisons et de l'homme. Laurent Garde pensait avoir trouvé là un argument pour prôner la "régulation" des bestes sauvages.
Cette actualité québecoise prouve que Laurent Garde se trompe. La raison est pourtant simple : un loup sauvage reste un loup. En France, le loup serait donc surprotégé. Quel est le statut du loup au Canada? "Le Loup gris a déjà été présent presque partout dans l'est du Canada. Mais il a subi une chasse très intense. Le développement agricole lui a aussi ravi une large part de son domaine vital. Le Loup gris ne se retrouve donc plus que dans les forêts du nord et la toundra."
Chasse très intense ou protecion, le comportement des loups semble identique.
Sans doute Laurent Garde veut-il dire qu'un loup mort, qu'il soit tué par un berger, un chasseur ou un lieutenant de louveterie, ne recommencera plus ses attaques sur troupeaux. Et s'il ne recommence pas, c'est donc qu'il a appris. Laurent Garde, en prônant la régulation cherche à apprendre au loup à ne pas (plus) s'attaquer au troupeau. La solution est donc là : réguler. Une fois tous morts, les loups seront tous intelligents ! Et, c'est promis, ils ne recommenceront plus. La biodiversité à visage humain n'est pas seulement "un terme un peu provocateur"d'un de ses collègues pyrénéen, c'est aussi le refus de la nature sauvage.
Cette actualité est à comparer avec le texte de Laurent Garde sur une attaque de 7 loups à Céuze et à la réponse de la Buvette : Laurent Garde, mi temps au CERPAM, mi temps chez Choc
