Pyrénées : l'ours Balou aime de plus en plus l'Aude

 
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Les 15, 16 et 17 avril, il a été filmé du côté de Comus (A) dans l'Aude. Il apparaît sur des vidéos automatiques réalisées dans le cadre du suivi technique des ours. On vient aussi de relever son empreinte et de cueillir quelques-uns de ses poils, dans ce secteur situé au nord-est du plateau de Sault, non loin de la "frontière" ariégeoise (B). Balou, sorti d'hibernation depuis environ un mois, n'est donc pas allé voir ailleurs si les pâturages étaient plus verts : il est toujours là, aux confins de l'Ariège et de l'Aude, un domaine qu'il a adopté depuis deux ans. "C'est une zone qui lui est favorable, et où il restera probablement. Il est en train de se fixer", pense Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-Adet.

L'équipe Ours, qui vient de publier son rapport annuel sur la présence des plantigrades dans le massif, a aussi suivi les déplacements de Balou, même si son émetteur a cessé de fonctionner le 19 avril 2010 : l'ours a certes choisi l'Ariège (Orgeix) pour ses quartiers d'été (E), mais, du printemps jusqu'à septembre, il a été identifié plusieurs fois à Comus (A) ou Montfort-sur-Boulzane (1), dans l'Aude.

Mais son coup d'éclat de l'année restera son incursion dans les Corbières, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (D). Là, à quelques dizaines de kilomètres de la mer, des traces de Balou ont été repérées en mai 2010, et authentifiées par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. L'équipe de suivi a noté, au passage, "quelques dégâts sur ruches et sur aigrainoirs à maïs". Mais le plantigrade, qui peut faire plusieurs dizaines de kilomètres par jour, est vite reparti vers les hauteurs. Vu qu'il n'y avait pas l'ombre d'une femelle à l'horizon...

Viré par Pyros

Car c'est ce qui fait courir Balou, depuis son lâcher dans les Pyrénées en juin 2006, surtout en mai-juin, la période de rut : il cherche l'âme soeur. Surtout depuis que Pyros l'a éjecté des Pyrénées centrales, où l'on avait tenté de "fixer" le jeune ours. Pyros ? Un "vieux" Slovène de 23 ans, introduit en 1997, papa très jaloux de tous les oursons nés dans le secteur, ce qui laisse présager "une probable érosion de la diversité génétique" : "Il y a toujours un mâle dominant qui colonise un noyau. Il chasse les plus jeunes, qui vont prospecter ailleurs", explique Alain Reynes. Balou a donc choisi l'Est, comme l'avait fait avant lui Boutxy, aujourd'hui porté disparu. Sans savoir, bien sûr, qu'il ne trouvera jamais de femelles dans le coin : elles sont précisément de l'autre côté...

Il faudra donc s'y faire : cet ours n'a pas fini de faire des kilomètres, surtout lorsque l'amour l'appelle. Inquiétant ? Ses défenseurs assurent qu'il est très farouche, et qu'il a causé peu de dégâts sur des troupeaux. L'équipe de suivi des plantigrades a noté aussi qu'en 2010, "sur la limite des départements de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales", "des attaques de loup ont eu lieu". Il n'y a pas que Balou qui aime le secteur.

Source : L'indépendant

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