Mercantour : braconnage d'une louve équipée d'un émetteur

Mercantour : la louve équipée d’un collier émetteur a disparu.

Communiqué du Parc national du Mercantour / ONCFS / FDC 06 / DREAL Rhônes-Alpes
du 19 septembre 2011


Mercantour : braconnage de la louve Tinée, équipée d'un émetteur

Photo : Dennis from Atlanta/Flickr.com


Disparition de la louve « Tinée » : le collier GPS retrouvé sans trace de l’animal

Les équipes de suivi ont perdu la trace de la louve équipée le 11 avril 2011 d’un collier GPS et suivie depuis dans le Parc national du Mercantour : la dernière localisation envoyée par le collier a été reçue le 10 septembre dernier à 20h30. Des recherches ont donc été entreprises avec un récepteur VHF qui nous a permis de retrouver le collier, sectionné, dans la rivière Tinée hier soir, dimanche 18 septembre. Il a visiblement été découpé manuellement et jeté dans la rivière, mais les équipes de l’ONCFS et du Parc national du Mercantour n’ont trouvé aucun indice concernant l’animal.

Cette louve de la meute de Haute Tinée avait été capturée dans le cadre du programme scientifique Prédateurs – Proies sur les relations entre le loup et ses proies sauvages, piloté par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) en partenariat avec le Parc national du Mercantour (PNM), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et la Fédération des chasseurs des Alpes maritimes (FDC06). Il s’agissait de la 3ème louve à être équipée d’un GPS dans le cadre de ce programme.

Le collier nous renseignait sur ses déplacements par des localisations GPS et surtout permettait aux équipes de terrain de localiser a posteriori l’ensemble des prédations occasionnées par la meute pour mesurer l’impact de la prédation sur les différentes espèces d’ongulés sauvages : chamois, chevreuil, mouflons et cerfs.

Source : Parc national du Mercantour

Suite à cette disparition, l’association Ferus a réagit et déclaré dans un communiqué qu’elle a décidé de déposer une plainte contre X pour destruction d’espèce protégée. FERUS va se constituer partie civile.

L’association de défense des prédateurs va aussi exiger que cette louve disparue soit décomptée du quota des six loups pouvant être prélevés dans le cadre du protocole loup 2011-2012, comme le prévoit l’article 2 : « Ce maximum annuel sera diminué du nombre des animaux ayant fait l’objet d’actes de destruction volontaire constatés par les agents mentionnés à l’article L. 415-1 du code de l’environnement durant toute la période de validité de l’arrêté visé au premier alinéa du présent article. »

Officiellement, trois loups ont déjà été abattu en 2011 :

Plusieurs autorisations de tir de prélèvement sont toujours en cours, histoire de "diminuer la pression" sur les éleveurs.

Ferus espère “que l’Etat mette en oeuvre tous les moyens pour identifier et poursuivre comme il se doit l’auteur de cet acte qui sonne à plusieurs égards comme une provocation.” L’association estime que cet acte de braconnage montre bien que tant qu’aucune mesure efficace ne sera prise par les pouvoirs publics, la pratique du braconnage restera monnaie courante dans notre pays, mettant en péril la conservation d’espèces protégées, et notamment du loup.

Le directeur du Parc National du Mercantour a déclaré : « C'est le récepteur qui nous a permis de retrouver le collier dans la rivière. Mais la dernière localisation envoyée par le GPS a été reçue le 10 septembre dernier à 20 h 30. (...)  L'émetteur nous renseignait sur ses déplacements et permettait de localiser la meute, afin de mesurer l'impact de la prédation sur les différentes espèces d'ongulés sauvages, chamois, chevreuils, mouflons et cerfs ».

Ce suivi scientifique entrait dans le cadre d’une étude scientifique, associant le CNRS,le PN du Mercantour et la Fédération départementale de la chasse.

Trois loups ont été difficilement pourvus d'un collier GPS depuis 2009 :

  • équipé en juillet 2009, le premier loup a rapidement perdu son collier ;
  • équipé en avril 2010, le second a été retrouvé mort il y a un an. Il est probablement mort à la suite d’une chute de pierres;
  • équipée en avril 2011, la louve "Tinée" a été braconnée.

Le journal Nice matin précise « qu’à la demande de la justice, une enquête a été conjointement confiée à la gendarmerie et à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Si les chances de retrouver l'animal vivant semblent précaires, il restera au parc à évaluer cette nouvelle perte en termes d'investissements scientifique et financier ».

En France, l'appel à destruction d'espèce protégée n'est pas un délit. Le braconnage des grands prédateurs, ours, loups et lynx continue presque en toute impunité. Les peines encourues sont rarement appliquées (les braconniers sont rarement identifiés) et sont loin d'être dissuasives.

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