Louve retrouvée morte à Prads Haute-Bléone : présence de substances toxiques

Le 19 septembre, un cadavre de loup "très frais" était trouvé par des randonneurs dignois, au-dessus du hameau de la Favière.

Ferus avait porté plainte pour destruction d’espèce protégée et était intervenu auprès du ministère de l’Ecologie pour que les tirs de loups « officiels » soient interrompus puisque le quota de six loups pour 2011 risquait d’avoir été atteint avec cette nouvelle mort suspecte. Suite à cette découverte, les tirs ont effectivement cessé.

Présence de substances toxiques dans le cadavre

L’association FERUS a été prévenu en même temps que d’autres ONG par le cabinet de la ministre de l’Ecologie de la présence de substances toxiques dans le cadavre de la louve retrouvée dans les Alpes de Haute Provence.

D’après FERUS, « Il n’est pas encore sûr que le poison trouvé dans le corps de la louve lui ait été destiné: d’après nos contacts, il pourrait s’agir de produits susceptibles de tuer des rongeurs, qui sont malheureusement largement répandus dans notre pays et causent indirectement la mort de nombreux prédateurs, mammifères et oiseaux. »

L’association basée à Marseille « prend de manière plus générale la menace du poison très au sérieux. » Elle rappelle « que depuis  le retour du loup nous avons connu des périodes sombres, vomissures ensanglantées de deux loups trouvées en avril et mai 1998 en Tinée, cadavres de chiens et d’aigles retrouvés empoisonnés dans le Mercantour, les Monges – d’où une meute a été mystérieusement éradiquée, en Maurienne… »

« C’est pour combattre le poison que Ferus a organisé  les premières patrouilles de bénévoles dans le Mercantour, avec déjà les grandes lignes du programme de Vigie que nous avons depuis développé dans les Pyrénées en faveur des ours. » (...) « De toutes les méthodes de braconnage, la pire est certainement le poison, qui frappe aveuglément tous les animaux et sème le doute et la méfiance dans les communautés humaines. Ferus demande que cette question soit très sérieusement abordée dans un des groupes techniques qui vont préparer le prochain plan loup pluriannuel. La priorité reste plus que jamais de ne pas laisser respirer les apprentis empoisonneurs et de les couper du reste de la population en intensifiant les enquêtes à chaque cas avéré. »

Réunion du groupe national « loup »

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’Écologie réunira demain le groupe national loup en présence des organisations professionnelles de l’élevage, des associations de protection de la nature, des services de l’Etat en charge des questions agricoles et de protection de l’environnement. Au programme : le sort du loup en 2012. 6 loups pouvaient être tués en 2011 : trois l'ont été "officielllement", à la suite d'arrêtés préfectoraux, trois autres ont été braconnés. Pour la première fois, le quota est atteint.

Pour faire baisser la pression

Depuis des mois, le communication des associations pastorales porte sur la sous-estimation de la population de loup qui "pullule", l'augmentation des attaques et des dégâts, l'amateurisme des experts chargés de valider les dégâts etc...

Avec NKM comme ministre de l'Ecologie, j'ai bien peur que le programme sera reconduit, avec un nouveau quota de loups à éradiquer bien supérieur à celui de 2011. A quelques mois des élections, il ne faut pas décevoir les lobbies agricole et cynégétique. Comme les écologistes négocient déjà avec François Hollande (pour avoir quoi au niveau de la politique des grands prédateurs, je me le demande?), il est inutile, pour l'UMP, de ratisser de ce côté. Le loup n'a qu'à apprendre à se méfier..

C'est la théorie de la lupotechnie, chère aux scientifiques de l'INRA et de Laurent GARDE (CERPAM) : "C’est que les moyens de protection ont leurs limites et leurs contraintes. C’est que les loups ajustent aussi leurs stratégies aux moyens qui leur sont opposés. C’est enfin qu’en absence de tout risque autre que celui du braconnage, l’audace du prédateur s’accroît. D’une certaine façon, la stratégie française de gestion de l’espèce, qui est avec l’Italie une exception à l’échelle mondiale en refusant la régulation, ne conduit-elle pas à spécialiser le loup sur le troupeau ovin en lui ôtant tout sentiment de risque à son approche ? “ (…) “ L’enjeu n’est pas seulement d’adapter l’élevage face aux loups. Il est aussi d’adapter les loups face à l’élevage. Cela fait quinze ans que la première politique, celle de la protection des troupeaux, est menée seule. Il est temps d’engager la seconde, celle de la régulation.

C'est chose faite en 2011. En septembre, à défaut de sécheresse généralisée en France, j'écrivais : "L’Etat a fixé le quota de destruction 2011 à 6 loups "pour faire baisser la pression". Mais une fois que les 6 loups auront été abattus en 2011, je parie que la pression sera toujours là et portera sur le quota 2012 que les éleveurs voudont porter à un nombre plus élevé." C'est très simple pour eux, il suffit de "maintenir la pression". Et avec l'aide de la presse locale et de la proximité des élections, ils y arrivent parfaitement.

Un avenir sombre

Une véritable politique de protection de la nature ne viendra, en France, ni de la droite, ni de la gauche, mais des écologistes, à condition qu'ils s'entendent (ce qui n'est pas le cas), et qu'ils fassent un score honorable permettant de peser sur les politiques (ce qui n'est pas gagné). Les prédateurs auront tout le loisir de disparaître (l'ours, le lynx) ou d'apprendre à éviter les balles et les repas trop faciles ou gratuits (le loup et le lynx). Les éleveurs eux, n'ont plus rien à apprendre : des AOC prévoient parfois le paccage libre, sans surveillance ; les primes continuent de tomber. Profiter du dystème, ils savent faire; braconner, ils savent faire aussi, en toute impunité. Il est toujours plus "payant" de s'opposer à toute cohabitation. En France, l'ours, le lynx et le loup sont des "espèces protégées". Par qui ?  L'ourse Franska n'a pas été remplacée, contrairement aux promesses faites par Chantal Jouannno. L'ourse Cannelle est morte il y a 7 ans et un jour, et il n'y a toujours pas d'ourse femelle en Béarn.

Que va dire l'Europe à la France ? Va t-elle lui taper sur les doigts ? Je ne suis pas optimiste : il y a plus (+) d'ours qu'à l'époque (merci les réintroductions) et Franska (et sa descendance) se reproduisent comme des lapines. Comme pour Sarkosy et NKM, il suffit d'avoir 2 ours, un mâle et une femelle pour avoir une population viable, le rapport 2009 de l'ONCFS n'est qu'un chiffon de papier. Ce qui compte, ce sont les élections (2012 pour Sarkosy, les suivantes pour NKM).

Pour rappel

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