DDM ou Bonrepaux : Il n'y a que par la peur que l'on parvient à se faire respecter

Dans L'express, l'article instructif du 19/10/2011 de Libie Cousteau : "La face cachée d'un grand journal" dévoile la mainmise de la Dépêche du Midi et de son PDG, Jean-Michel Baylet, sur la presse locale.

"Presque seule sur son territoire, La Dépêche du Midi est souvent accusée d'abuser de sa position pour servir les intérêts politiques de Jean-Michel Baylet. Pas toujours à tort." 

Après avoir retraçé l'histoire de ce canard et les pressions exercées pour supprimer un nouveau journal concurrent, le "Toulouse matin", Libie Cousteau démontre petit à petit la construction de cette toile d'araignée, "Car, chez les Baylet, depuis bientôt un siècle, presse et politique vont l'amble pour tricoter un filet à mailles serrées afin qu'aucune parcelle de pouvoir n'échappe à ce que François Bonhomme, maire (divers droite) de Caussade, décrit comme un potentat féodal".  

"Trente ans après l'épisode de Toulouse Matin, La Dépêche du Midi, propriété à 82,5 % de la famille Baylet, fait encore figure de forteresse inexpugnable et hégémonique sur toute la région Midi-Pyrénées. Presque seule sur son territoire - comme dorénavant bon nombre de titres de presse quotidienne régionale -, elle est souvent accusée d'user et d'abuser de son pouvoir d'influence. Mais qu'importe. Jean-Michel Baylet, son PDG - que certains Français viennent tout juste de découvrir grâce aux "primaires citoyennes" -, semble imperméable aux critiques. Il faut dire qu'il est bien davantage qu'un simple élu local :
•    Conseiller municipal de Montjoi, il est aussi
•    président du conseil général de Tarn-et-Garonne,
•    sénateur de son département,
•    président de la communauté de communes des Deux- Rives (Valence-d'Agen) et, enfin,
•    président du Parti radical de gauche (PRG), dont le principal bastion est Midi-Pyrénées.

(...) Monopolistique, La Dépêche est incontournable pour les collectivités locales qui y passent la plupart de leurs annonces légales, mais aussi pour les entreprises, manifestations culturelles et autres commerces en quête d'audience pour leurs messages publicitaires. Bien joué." (...)

De plus, le conseil général de Tarn-et-Garonne, qui jouit d'un budget annuel de près de 300 millions d'euros, arrose de nombreuses associations de la région de subventions "récupérées en grande partie à travers la publicité dans La Dépêche", dénonce Brigitte Barèges, maire (UMP) de Montauban, en plein fief des Baylet. "Ce qui témoigne, raille cette élue, d'une étrange conception de la République."  

La suite de l'article pose la question de l'indépendance journalistique, "Leur force est d'entretenir l'idée qu'ils font la pluie et le beau temps sur toute la région", explique un élu UMP qui craint, lui-même, de parler à visage découvert). Pour elle, "Les articles de La Dépêche peuvent aussi bien construire une réputation que la ruiner". Elle dénonce également les photographies, retouchées avec le logiciel Photoshop, qui font disparaitre de la vie locale tout qui s'oppose un temps soit peu au grand patron. "Alors que certains acteurs locaux sont malmenés, d'autres, cependant, semblent bénéficier d'un traitement de faveur."

L'exemple suivant est celui de l'affaire Dominique Baudis où "La Dépêche, première à publier un article sur le dossier, fut le fer de lance des sordides attaques contre l'ex-maire centriste de Toulouse, totalement innocenté par la suite. Mais l'annonce du non-lieu, elle, ne fera que quelques lignes dans le journal."

Enfin, la journaliste raconte comment les affaires où le nom du patron appraît sont releguées en bas de page d'un article portant presque sur un autre sujet.  "Si l'information n'est pas dans La Dépêche, elle n'existe pas, ce sont les avantages d'un monopole", commente Jacques Briat, ex-député UMP, victime, lui aussi, de la force de frappe du quotidien.

 "Il n'y a que par la peur que l'on parvient à se faire respecter", a glissé un jour, droit dans les yeux, Jean-Michel Baylet à un salarié qui a, depuis, quitté le navire. 

En septembre 2011, la mise en examen de Jean-Michel Baylet serait restée... très discrète si Rue89 n'y avait mis son nez...

"Baylet : "Candidat jusqu'au bout". Abscons, le titre que découvre le lecteur au bas de la page politique de La Dépêche, le 3 septembre ? Un tantinet. Tout juste savait-il, l'aimable lecteur, que Jean-Michel Baylet était mis en examen, une information révélée trois jours plus tôt par Rue89, et fort brièvement mentionnée par le quotidien, le 1er septembre, dans un entrefilet annonçant surtout la plainte en diffamation du "patron" contre le site d'information. Mais là, la mise au point est claire et énoncée en intertitre : "En finir avec la polémique." L'article souligne surtout que Rue89 s'excuse pour son erreur sur le motif de la mise en examen remontant à 2009 ("infraction au code des marchés publics" et non "prise illégale d'intérêts"). Jean-Michel Baylet balaie, lui, une misérable affaire portant sur "800 euros". Dont acte. La Dépêche n'en parlera plus." Lire l'article en entier.

Des ressemblances entre les cumulards Baylet et Bonrepaux

Aujourd'hui encore, la Dépêche du Midi procède de la même manière. Augustin Bonrepaux, autre cumulard est convoqué par le juge d'instruction? Qu'importe, la DDM soutient Tintin, le petit homme blanc. "Bonrepaux convoqué, les maires solidaires" ! Toute l'Ariège parait être derrière le président de son Conseil Général, en difficultés, parce que quelques irréductibles s'acharneraient à lui nuire dans les affaires SMDEA, CRP Consulting et CAPI. Des manipulations que tout cela !

La Dépêche rassure. Circulez, il n'y a rien à voir. "(...) Louis Marette de conclure, sous les applaudissements nourris des élus : « Tout a été fait selon les règles, au cours de cette procédure ». Louis Marette était déjà membre du conseil d'administration et de la commission d'appel d'offre. (….) Alors que le président Augustin Bonrepaux s'apprête à rencontrer le juge d'instruction en charge du dossier, c'est un soutien de poids qu'il vient d'obtenir. Et sans l'ombre d'une difficulté." Imaginez les élus locaux, au rapport, en rang d'oignons, réclamant le retour du grand homme.

Tout ceux qu'il tient par les cou...des représentent-ils vraiment un "soutien de poids" obtenu "sans difficulté" ? Qu'en dera la justice ?  "Il n'y a que par la peur que l'on parvient à se faire respecter" disait Jean-Michel Baylet.

Dans son dernier communiqué, Michel Stanislas Naudy, un des irréductibles en question conclut "quand la justice peut désormais condamner un ancien Président de la République et mettre en examen un ancien ministre, on se doit d’être confiant."

Mais il est vrai que pour Augustin Bonrepaux, avec cette standing ovation, "c'est un soutien de poids qu'il vient d'obtenir. Et sans l'ombre d'une difficulté." Tintin passera-t-il donc encore une fois à travers la tempête ? A voir. On se doit d'être confiant...

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