Une nature très agricole
L’agriculture joue un rôle majeur dans la préservation de la « biodiversité».
En effet, les paysages agricoles abritent une faune et une flore sauvages variées directement liées aux cultures et techniques utilisées. Que produire ? Comment produire ? Autant de questions et surtout de réponses à fort impact sur la biodiversité agricole. Par exemple, dans une prairie fauchée tardivement, de nombreuses espèces végétales pourront apparaître. Cependant, la même prairie fauchée quatre fois par an n’offrira pas la possibilité à la flore de se développer. Les pratiques agricoles ont donc un impact sur la présence de nature dans notre paysage.
En parallèle à cette biodiversité sauvage, les espèces qui ont été domestiquées pour la production contribuent également à la biodiversité agricole.
Au cours du temps, chez nous comme ailleurs, les agriculteurs ont sélectionné des espèces végétales et animales adaptées à leur environnement. Avec l’intensification, cette richesse s’est érodée. Aujourd’hui, vergers hautes tiges, chevaux de trait ardennais, moutons ardennais roux sont les témoins d’un patrimoine agrinaturel.
Agriculteurs-acteurs
Les agriculteurs jouent un rôle essentiel dans la préservation des paysages et de la vie sauvage des campagnes.
A l’échelle de leur exploitation, ils peuvent mettre en œuvre une multitude de pratiques agrinaturelles prenant en compte biodiversité, paysage, protection des eaux et des sols :
- les bâtiments peuvent accueillir des espèces sauvages (hirondelles, chouette, …) comme des animaux d’élevage de races wallonnes menacées de disparition (la ‘Fauve de Méhaigne’, le mouton ‘Ardennais roux’, le ‘Blanc-Bleu mixte’, …),
- les cultures et les prés sont susceptibles d’être valorisés au moins partiellement aux fins de l’AgriNature (prairies fleuries, bandes de parcelles aménagées, mares, haies, …),
- parfois c’est l’exploitation toute entière qui ouvre grand la porte à la nature (agriculture biologique, gestion des pâturages avec une faible charge en bétail, …)
La conditionnalité
Tout agriculteur percevant des aides est tenu de respecter, sur l’ensemble de son exploitation, la conditionnalité, c’est-à-dire les bonnes conditions agricoles et environnementales ainsi que des exigences réglementaires en matière de gestion. Très synthétiquement, en matière de nature, les obligations ont trait :
- au maintien des pâturages permanents;
- au maintien d’un niveau d’entretien minimal des terres (maintien des particularités topographiques: modification sensible du relief du sol, maintien des haies et arbres indigènes...);
- à la protection et la gestion de l’eau (établissement de bandes tampons le long des cours d’eau à partir de 2012, ...) ;
- à la loi sur la conservation de la nature (interdiction de détruire des espèces et des habitats strictement protégés, …) ;
- à Natura 2000 (interdiction de labour des prairies, interdiction d’herbicides...) ;
- à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques (bandes tampons, utilisation appropriée...).
A l’inverse, certaines impositions en matière de maintien d’un niveau d’entretien minimal des terres agricoles (fauche ou pâturage annuel) sont allégées sur les terrains à plus forte vocation pour la nature (réserves naturelles, prairies de haute valeur biologique...).
Aides aux agriculteurs
Méthodes agro-environnementales (MAE)
Les méthodes agro-environnementales (MAE) sont des compensations financières issues du Programme wallon de Développement rural (PWDR) destinées à récompenser les actions entreprises par des agriculteurs en matière d’environnement.
L’agriculteur qui s’engage en MAE fait un choix qui le conduit à respecter un cahier des charges qui va au delà des dispositions réglementaires de base en matière d’environnement, et cela pour une période de 5 ans.
En Wallonie, les MAE regroupent actuellement 11 méthodes qui visent à protéger les paysages ruraux, les sols, l’eau, la faune et la flore.
On distingue 7 méthodes accessibles directement, 3 méthodes plus ciblées qui nécessitent l’avis d'un conseiller en agro-environnement afin d'assurer une localisation pertinente et une meilleure efficacité environnementale, et une méthode « agriculture biologique »
Pour plus d’informations, contactez le conseiller MAE de votre région ou les services extérieurs de l’administration.
Centre de référence et d’expérimentation (CRE)
L’outil « Centre de référence et d’expérimentation » permet à la Wallonie de reconnaître certaines actions menées par des agriculteurs en matière d’expérimentation sur le terrain de résultats fournis par la recherche, d'application de nouvelles techniques culturales, d'amélioration de techniques existantes, de promotion de productions nouvelles, d’études économiques liées aux spéculations agricoles, de diffusion des résultats de travaux d'expérimentation ou de conseils aux agriculteurs.
Pour qu’une exploitation agricole soit reconnue par l’administration comme Centre de référence et d’expérimentation, il importe qu’elle développe un projet innovant, qu’elle ait acquis le savoir-faire, qu’elle dispose du matériel pour mener à bien ces actions. Sur le terrain, elle devra être encadrée au niveau méthodologique et expérimental soit par la Direction du Développement et de la Vulgarisation de la DGARNE, soit par un organisme spécialisé (ex : CEB , CRA-W , CER , etc.). Les résultats obtenus devront naturellement être transposés auprès d’autres agriculteurs.
La thématique agriculture-nature émarge au titre de CRE. C’est ainsi que depuis 2010, la ferme de Fancheumont à Theux gérée par Monsieur et Madame Jacques et Sylvie JANSSENS - CESSION est reconnue comme Centre de référence et d’expérimentation en matière de méthodes agroenvironnementales sous le nom « Développement et vulgarisation des méthodes agroenvironnementales dans une exploitation herbagère ».
Source : Agrinature
