Chasse en Ariège: L'alzheimer de Jean-Luc Fernandez

Aujourd'hui, une interview Jean-Luc Fernandez, le président des chasseurs d'Ariège dans la DDM.

"DDM : Que prévoit le nouvel arrêté préfectoral sur la chasse ?
Jean-Luc Fernandez
: Il y a deux cas :

  1. En cas de présence avérée d'une tanière, ce sont 50 hectares qui sont gelés autour. Aujourd'hui, les ours ne sont plus équipés. Personne n'est capable de localiser précisément les tanières. Je regrette que la chasse soit la seule activité concernée par ces mesures. Demain une tanière peut se retrouver au pied d'un télésiège ou du GR 10.
  2. Deuxième cas : quand l'ours est vu, validé par l'équipe locale de l'ONC, la chasse sera interdite pendant 48 heures sur la vallée ou la commune. Cette atteinte à la pratique de la chasse est pour nous inacceptable.

DDM : Inacceptable ?
L'ours est là et ça s'est toujours très bien passé. Il n'y a jamais eu de problèmes. L'ours n'a jamais été un problème à la pratique de la chasse. Il est anormal qu'une espèce protégée comme l'ours génère des interdictions. C'est une première pour le monde de la chasse. Selon nous, le préfet n'est pas compétent pour prendre des mesures de protection d'une espèce protégée. C'est du ressort du ministère."

La chasse a toujours été un problème pour la survie de l'ours

Mort de l'ourse Cannelle
Cannelle dans sa gibecière héliportée

Aujourd’hui, 21 septembre, c’est la journée mondiale de lutte contre la maladie d'Alzheimer. Aidons donc Jean-Luc Fernandez à se souvenir...

2010 : l'ours Aspe-Ouest disparait du noyau occidental. Cause inconnue

2009 : L'ours Boutxy disparait du noyau oreintal (Haute-Ariège). Cause inconnue, mais pas pour tout le monde.

7 septembre 2008 : Le chasseur Thierry Bergeaud (ACCA de Prades, Ariège) tire "à l'instinct" et blesse l'ours Balou qui s'enfuit. La cour d’appel de Toulouse a reconnu un chasseur ariégeois responsable de la mutilation de l’ours Balou

1er novembre 2004 : René Marquèze, ex président de l'ACCA d'Urdos, intimidé par une charge de l'ourse Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, tire et la tue dans le secteur du Rouglan (dans une réserve "Lalonde") entre Urdos et le fort du Portalet, en vallée d'Aspe. Il est "relaxé" en avril 2008.

2002 : L'ours Kouki ne donne plus signe de vie. On ignore ce qu'il est devenu.

29 septembre 1997 : un jeune chasseur, intimidé par une charge de l'ourse Mellba (elle est accompagnée de ses oursons) abat celle-ci (voir l’article Artus " La mort de Mellba "). L'affaire est classée "sans suite".

1994 : André Apiou (13 ours à son tableau de chasse) tue l'ourse Claude, l'avant dernière femelle de souche pyrénéene à «La Cristallère», dans une réserve "Lalonde" abandonnée l'année précédente. Ce n’est qu’en février 1997 qu’une dénonciation anonyme arrive aux gendarmes et à l’Office de la chasse: «Il y a une dépouille d’ours à la Cristallère et on peut dire qui l’a fait». A la dépouille d’ours, il manque la tête et les pattes de devant, vendues. André Apiou : «J’ai cru que c’était un sanglier. Si j’avais su que c’était la bête, j’aurais pas tiré»

1982-1984 : "au moins deux femelles et un ourson tués en 1982 et 1984 en Béarn". Citation trouvée dans "Une mortalité anormale des ours en Béarn" L'été 1993, un article parait dans Ours et nature n°2. Il s'agit d'un extrait d'une communication présentée à la IXème conférence internationale sur la connaissance et la gestion des ours (Grenoble 1992) intitulée "Eléments d'analyse démographique", par André Etchelecou, professeur à l'université de Pau et vice président du conseil scientifique du PNP. En janvier, au cours d’une battue au sanglier, une ours et un ourson sont abattus et consommés par des chasseurs à Laruns, en vallée d’Ossau. Je ne sais pas exactement quand et où a été tuée la deuxième femelle.

1972 : Interdiction totale de la chasse à l’Ours brun, y compris en battues administratives

1957 : La chasse à l’Ours brun n’est plus autorisée. Les battues administratives perdurent.

1961 : Mort du dernier ours du Pays basque.

En 1991, le ministère de l'environnement avait commandé un rapport à l'AREMIP, une association scientifique pyrénéenne. Le biologiste J.-M. Parde avait alors enquêté sur les causes de la disparition de l'ours dans les Pyrénées centrales au cours des 100 dernières années.

Extraits : "Sur un total de 123 ours étudiés entre 1890 et 1990 :

  • 28 animaux "ont disparu sans qu'il ait été possible d'en déterminer la cause".
  • 5 ours "ont été trouvés morts pour des causes supposées naturelles",
  • 90 "ont dû leur disparition à l'homme". Sur ces 90 cas, on note :
    • 58 ours "tirés au fusil",
    •   3 "pris au piège",
    •   7 oursons "capturés vivants",
    •   4 "empoisonnés"
    • 18 "autres causes".

Autre extrait de ce rapport : " La chasse délibérément orientée vers l'ours représente la moitié (54 % des cas) d'ours tués. La chasse opportuniste visant au départ d'autres gibiers, mais où les chasseurs  profitent d'une rencontre avec l'ours pour le tirer ou pour improviser une traque où il est tiré, est plus meurtrière que la battue administrative organisée pour tuer un ours jugé nuisible. L'autodéfense d'un chasseur surpris par un ours agressif ou semblant menaçant est un cas exceptionnel".
(Ours et Nature n°15)

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