Pays Toy story

Barèges-Gavarnie, l’appellation des usages locaux, déloyaux et inconstants. Une imposture !

Bareges_Gavarnie_imposture

« De nos jours, les éleveurs du pays Toy vont voir leurs bêtes dans les estives une fois par semaine et les troupeaux ne sont plus gardés. Il n'en a pas toujours été ainsi. Vous trouverez, de-ci de-là, et particulièrement vers Barèges, en montant vers Escoubous par exemple, d'anciennes cabanes de bergers qui étaient bien rudimentaires. Pour en savoir plus, un diaporama sur les cabanes de bergers est proposé mardi 28 juillet, à 18 heures, la Maison du Parc national et de la vallée à Luz, présenté par Céline Bonnal, de l'Agnouède. Celle-ci a aussi édité un livre qu'elle présentera ce soir-là et qui est fort intéressant. La découverte de ces cabanes de berger peut d'ailleurs être l'occasion d'une belle randonnée. » C'est en ces termes que PH.L. confirme l'imposture dans La nouvelle République des Pyrénées en 2015...

La Buvette affirme : à Barèges, le gardiennage de jour comme de nuit, la conduite permanente du troupeau, le regroupement nocturne du troupeau se pratiquaient  "depuis un temps immémorial", avec bergers et chien de protection, alors que l'ours "ne fesait guère plus parler de lui" !

Farid Benhammou, dans sa thèse, écrit : "De plus, affirmer l’absence depuis toujours de tout gardiennage est aussi une contre-vérité historique même en Pays Toy où il ne s’est mis à disparaître que dans les années 1960." Après la guerre 40-45, sont apparues des "bergères", les hommes n'étant pas tous revenus, les femmes sont devenues gardiennes des troupeaux. C'est de 1950 à 1970 que progressivement on a relancé un pastoralisme sans gardiennage. Mais l'ours passe en pays Toy...

La Buvette des Alpages consacre un dossier à l'histoire du Pays Toy, aux dessous de l'Appelation d'Origine contrôlée Barèges-Gavarnie. Elle a cherché à savoir si le "non gardiennage", obligatoire dans l'AOC, était réellement une pratique ancienne, une tradition "immémoriale"?   

Et bien NON! Cette obligation est loin des « usages locaux, loyaux et constants » dont le respect est l’expression consacrée qui rend le mieux compte de l’obligation à laquelle doit se soumettre un produit d'AOC.

En pays TOY, le gardiennage était une habitude (présence de bergers, usage des chiens de protection et regroupement nocturne des troupeaux). L'INAO s'est fait berner...

Cette enquête de la Buvette montre que les affirmations de Marie-Lise Broueilh, de Louis Dollo et des autres défenseurs de cette appellation sont fausses.

Louis Dollo interviewe Simon Crampe, éleveur d’AOC Barèges-Gavarnie à Gèdre-Dessus. Il présente cette vidéo comme “L’histoire du mouton barégeois devenu AOC Barèges-Gavarnie. Sa sélection au cours des âges, son mode de surveillance et de parcours libre en montagne sans gardiennage depuis la nuit des temps.

Sur son site piréniais, il explique : "Le Pays Toy est un des fers de lance de l'opposition à l'introduction d'ours dans les Pyrénées. (…) Traditionnellement, les éleveurs-bergers utilisent toujours les mêmes estives à l'intérieur desquelles chaque troupeau fréquente toujours le même secteur qui lui est propre.
L'habitude des animaux de séjourner toujours sur le même parcours fait que le gardiennage permanent n'est pas indispensable. Au cours de ses visites fréquentes, l'éleveur-berger sait à quelle heure et à quel endroit il retrouvera son troupeau, régulièrement surveillé par les gardiens de la Commission Syndicale."

Contexte

  • Création de l'appellation d'origine contrôlée "AOC Barèges-Gavarnie", le 15 septembre 2003.
  • L'abattoir : (DDM février 2003) "D'un coût de 800.000 euros par an subventionnable à hauteur de 40 %, le nouvel abattoir devrait traiter à terme 200 tonnes de viande par an, essentiellement du mouton mais aussi du veau et du porc à l'exception de la viande bovine. Mais compte tenu de la limitation de la production du « Barèges-Gavarnie », l'objectif quantitatif n'est nullement la priorité de l'abattoir qui s'inscrit avant tout dans une démarche qualitative et dans le respect des critères imposés par le cahier des charges de l'AOC."
  • Plus value pour les éleveurs : Paris Bistro en juillet 2011 "C’est sans doute l’une des plus petites AOC de viande par  son nombre d’éleveurs – une vingtaine - comme par son cheptel qui ne dépasse pas 3.000 têtes. Sans oublier son territoire qui ne s’étend que sur un canton, celui du Luz-Saint-Sauveur dans les Hautes-Pyrénées. C'est le "Pays Toy", comme on l’appelle avec ses 17 communes et ses 25.000 ha d’estives. Les collectivités locales supportent le déficit d'exploitation de l’abattoir (100.000 €/an) indispensable au maintien de la filière et donc à une activité pastorale sur le canton. Mais au final, comparé à une valorisation moyenne de 1,5 € par kg pour un agneau normal, le kg de brebis AOC atteint 4,58 € et celui du doublon 6,10 €. « Tout le monde nous envie » expliquent fièrement les éleveurs. Pour sa part, Slow Food a reconnu le mouton Barèges-Gavarnie comme produit sentinelle."
  • Le Plan de contrôle de l’AOC «Barèges-Gavarnie» est approuvé par l’INAO le 31 juillet 2008. Le Cahier des charges de l’AOC «Barèges-Gavarnie» est homologué par décret (n°2008-1067) le 17 octobre 2008.

Le Cahier des Charges de l'AOC

D'après le site de l'Association des éleveurs de l'AOC Barèges-Gavarnie, les 20 troupeaux sont petits (entre 80 et 370 brebis, 150 en moyenne). Un nombre qui ne permet pas d'engager un berger. Ce ne serait pas rentable, même en se regroupant.  

Le mode de conduite de l'AOC - des troupeaux qui "pâturent en liberté totale de jour comme de nuit" - a été construit sur cette réalité économique et sur cette facilité indispensable à la pluri-activité des éleveurs et non sur des "usages loyaux et constants".

Extraits du cahier des charges :

"En estive, les animaux pâturent en liberté totale de jour comme de nuit afin de trouver l’alimentation nécessaire à leur croissance et engraissement. Au minimum une fois par semaine, l’éleveur effectue une surveillance du troupeau, soit de manière visuelle, soit par rassemblement des animaux." (...)

"En estive, les animaux pâturent en liberté totale de jour comme de nuit. Cette liberté de pâture ne correspond pas à un abandon des animaux mais correspond au respect des usages en cours depuis le milieu du 19ème siècle. (NDLB : 1850)"

"La pratique du pâturage en estive est obligatoire pour la totalité du troupeau au minimum du 15 juin au 31 août sauf pour les animaux sortis de l'estive pour abattage."

Sergio Dalla Bernardina écrit : "Dans un monde où quatre ans suffisent pour qu’une fête à peine inventée soit déjà « très célèbre », en attendant de devenir « classique », voire « immémoriale », les choses vont manifestement très vite. Le processus est si flagrant: en jouant sur la naturalité du cadre (NDLB: ici la montagne verdoyante) et sur l’intemporalité du produit (NDLB: la bonne viande d'AOC), qui réapparaîssent ponctuellement à la même saison parfaitement identique à ses aïeux) on annule le passé historique, remplacé par un passé mythique, tout en croyant le perpétuer. On multiplie les gestes qui miment la tradition, mais ces répliques improvisées ne répondent plus aux mêmes raisons, ne respectent plus les mêmes rythmes et n’ont pas, ce qui est peut-être plus dérangeant, le même impact sur l’environnementent. "

Sources

Vallée de Barèges. Monographie de la vallée de Barèges par Jean-Pierre Rondou, instituteur à Gèdre, [1900-1934]. Tome 3 Langue, mœurs [1914], 441 pages.Le 30 janvier 2012, les Archives départementales des Hautes-Pyrénées publient l'actualité "Un document exceptionnel en ligne! : La monographie de la Vallée de Barèges." Le site du Conseil Général des Hautes-Pyrénées ne cache pas son enthousiasme ...

"Parmi les monographies communales, une place particulière doit être donnée à celle réalisée par Jean-Pierre Rondou, instituteur de Gèdre. Après avoir écrit en 1887 la monographie de la commune où il enseignait, il a consacré plusieurs décennies, entre 1900 et 1934, à compiler des informations sur la vallée de Barèges. Cet ensemble constitue aujourd’hui plus de 1.700 pages en quatre gros volumes. Vous pourrez le consulter dans son intégralité page à page ou de manière indexée à l’aide de signets correspondant à chaque chapitre."

Comme moi, vous pouvez consulter ces documents en ligne ! Ils révèlent les réalités pastorales des communes qui font partie maintenant de l'AOC Barèges-Gavarnie : Barèges, Betpouey, Chèze, Esquièze-Sère, Esterre, Gavarnie, Gèdre, Grust, Luz-Saint-Sauveur, Saligos, Sassis, Sazos, Sers, Viella, Viey, Viscos, Vizos ; et en partie Cauterets.

A propos du respect des usages loyaux et constants

Dans sa conférence "Le mouton Barèges-Gavarnie, un exemple de sauvegarde du patrimoine", Marie-Lise Broueilh explique bien l'origine de la race "barégeoise", les apports génétiques, les critères de sélection, sa quasi disparition, son retour et ses qualités.

"De nos jours, le mouton est une viande peu appréciée par le consommateur. Mais le bon Mouton de Luz, l’authentique, continue de se fabriquer avec la race locale. Heureusement, des éleveurs perpétuent la tradition ! Heureusement des consommateurs sont là pour l’apprécier!"

Il y a effectivement une tradition perpétuée tant au niveau de la race, de la qualité et du goût de la viande produite, mais cette tradition n'existe pas au niveau de l'absence de gardiennage comme vont le montrer les extraits des documents consultés par la Buvette des Alpages.

Marie-Lise Broueilh se réfère à un "ouvrage de référence" de 1931 : « La vie pastorale et agricole dans les Pyrénées des Gaves, de l’Adour et des Nestes », de Henri CAVAILLES qu'elle cite :

"Quelques éleveurs de Luz et des communes voisines savent utiliser les pâturages de la montagne pour pousser un certains nombres d’animaux, obtenir un engraissement suffisant et les vendre directement aux bouchers. La Vallée de Barèges s’est ainsi faite une véritable réputation comme productrice de mouton gras d’excellente qualité. Toutefois en montagne, l’engraissement est l’exception"

avant de préciser : "Il a été extrêmement révélateur pour nous, lancés dans la démarche AOC, de se rendre compte de l’exceptionnalité du travail fourni antérieurement, et de l'aspect exceptionnel de ce mouton. Les remarques faites déjà en 1931 par Henri Cavaillès et le maintien de cette tradition, aujourd’hui, nous amènent à en tirer deux enseignements : Nos aïeux avaient observé qu’il fallait au minimum deux années voire deux estives, pour arriver au produit fini ; Nos aïeux avaient su mettre au point un produit fini qu’ils valorisaient au maximum avec les ressources naturelles que sont les pâturages."

Si Henri Cavaillès parle effectivement de la qualité des "pâturages", d'une conduite pour "pousser" l'engraissement, de "l'excellente qualité de la viande", de "l'exception Barégeoise", il ne fait nullement allusion, nulle part, à une quelconque tradition de barégeoises qui "auraient pâturé en liberté totale de jour comme de nuit" comme c'est maintenant coulé dans le décret de l'appellation.

Marie-Lise Broueilh entretient cependant la confusion sur ce qui est traditionnel : "Depuis la nuit des temps, les éleveurs du Pays Toy ont utilisé au mieux l’espace dans lequel ils devaient évoluer."

S'il est clair (et les documents des archives départementales consultées par la Buvette le prouvent), que pour les éleveurs, "afin de satisfaire les besoins de subsistance et d’autonomie fourragère, la pratique de l’élevage devait être menée en fonction du relief et du climat" et que "ce sont ces deux paramètres (NDLB : le relief et du climat) qui ont conduits les éleveurs à utiliser et à faire utiliser par les animaux l’espace pastoral selon les altitudes aux rythmes des saisons" ; ces mêmes archives prouvent que :

Ce ne sont pas seulement les vaches qui étaient gardées, comme le prétend Louis Dollo (voir l'encadré çi-dessous). Les moutons aussi l'étaient ! Gardés de jour par des bergers et des "chefs bergers", montrant par là une hiérarchie imposée par leur nombre. Les bêtes étaient regroupés de nuit dans des enclos. Les chiens de protection étaient utilisés et appréciés à leur juste valeur pour les services qu'ils rendaient, malgré l'absence d'ours à l'époque racontée avec moultes détails par l'instituteur de Gèdre !

Louis Dollo : "Il est clair que les animaux sont en liberté jour et nuit. Le fait des regrouper la nuit dans un parc à proximité d'une cabane et gardé par un berger est exclue. De même le fait qu'un berger conduise le troupeau sur un parcours de son choix est à exclure. C'est la brebis qui décide, pas le berger.

Cette règle (et les autres) a été puisée dans le passé par des recherches historiques sur l'élevage dans les vallées du Barège.

Jadis, l'ours ne faisait que passer exceptionnellement et il y avait peu ou pas de prédation. De plus, les quelques vaches que chaque famille possédait pour produire du lait à des fins de consommation familiale étaient gardées (il fallait les traire tous les jours et descendre régulièrement au reste de la famille) sur des estives inférieures à celle des brebis. Ceci permettait d'avoir néanmoins une présence humaine permettant une observation lointaine des brebis en intervenant qu'un fois par semaine comme c'est le cas actuellement sans pour autant être présent en permanence.

L'élevage a évolué avec la scolarisation des enfants (les enfants gardaient les bêtes dés 12 ans), la réduction du nombre de jeunes dans les vallées, conséquences de deux grandes guerres (1914 puis 1939), l'évolution du niveau de vie n'acceptant plus de vivre dans des cabanes de pierre sèche sur un lit d'herbes sèches et l'absence d'hygiène, l'élevage s'est adapté au fil du temps. Dans le même temps nous pouvions constater la réduction du nombre d'ours. Là aussi l'élevage s'est adapté. 

Mais dans le cas des vallées du Barège (Pays Toy), l'ours n'a jamais été un gros problème jusqu'à l'arrivée de Papillon en 2003/2004, venu du Béarn pour s'installer et se servir jusque dans les villages (Sers). Jamais, historiquement, la vallée n'avait connu autant de prédations qu'en 2001 au-dessus de Betpouey au milieu des granges foraines dont certaines sont habitées.

Il se dit, selon les anciens, que par le passé, l'ours allait du Béarn au Luchonnais en passant par le versant sud. Mais aujourd'hui ce versant sud est un grand parc touristique avec des stations de ski, des parkings (Ordessa), etc… qui font que l'ours n'y trouve plus la tranquillité indispensable.  Conclusion, il a changé d'itinéraire et les conditions d'un bon accueil sur le nouvel itinéraire ne sont pas remplies." (Source)

 

Les références au temps qu'utilisent les promoteurs de l'appellation Barèges-Gavarnie : Les "depuis la nuit des temps" ou les "depuis des temps immémoriaux" de Marie-Lise Broueilh et Louis Dollo ne s'appliquent pas à l'abandon du gardiennage des troupeaux par les anciens éleveurs des communes concernées aujourd'hui par l'appellation Barèges-Gavarnie.

M.L. Broueilh : "Par contre, pendant la saison estivale, les animaux disposent d’un potentiel herbacé important. Les bergers ont organisé la conduite de leurs troupeaux en fonction des ressources naturelles à leur disposition. Cette adaptation au milieu a façonné un système d’élevage encore en vigueur, bien spécifique, de cette haute vallée …".

Là aussi, le "encore en vigueur" laisse sous-entendre que le "système d'élevage" de l'époque n'a pas varié, y compris le non gardiennage. On verra que le gardiennage était bien et complètement présent, bien après "le milieu du 19ème siècle", date utilisée comme justificatif des usages loyaux et constants dans le cahier des charges de l'AOC Barèges-Gavarnie.

Louis Dollo dénonce lui les critiques dont les éleveurs Toy font l'objet de la part des défenseurs de l'ours:

"Aujourd'hui, les éleveurs du Pays Toy se font critiquer parce qu'ils ne veulent pas changer leurs vieilles méthodes d'élevage, pire, les associations écologiques prétendent que les troupeaux sont abandonnés. Abandonnés ? Non, sûrement pas. Prétendre de telles choses c'est être ignorant des méthodes d 'élevage et de l'histoire de ces vallées. Mais encore pire, nous avons vu en cette fin d'été 2005 que même un troupeau gardé au Saugué pouvait faire l'objet d'une prédation. Alors, est-ce les méthodes d'élevage qui sont la conséquence des prédations ou la seule présence d'ours à laquelle personne n'est habitué?"

Qui dit que les troupeaux gardés ne peuvent pas être l'objet de prédation? Mais l'expériance montre que les prédations sur un troupeau gardé sont moins nombreuses et moins graves. L'historique montre aussi que l'absence de gardiennage est toujours, au niveau dégât, un facteur agravant. C'est la vraie source du problème du pays Toy (et du Couserans). En effet, le podium des dégâts depuis 20 ans en France est détenu par les Hautes-Pyrénées :

  • Franska, lâchée en 2006 à Bagnères de Bigorre, en 2007 : 127 bêtes ;
  • Papillon, l’emblématique ours béarnais, en 2004 : 70 brebis tuées ;
  • Néré, en transit des Pyrénées Centrales vers le Béarn en 2000 : 65 brebis tuées.

L'enquête

Il reste bien d'autres documents à fouiller : les registres de délibérations de la Commission départementale du Conseil Général des Hautes-Pyrénées ; plus encore, les registres de délibérations de la commisssion syndicale de la vallée de Barèges ainsi que toutes les monographies des communes concernées. Cela prend du temps, mais allez-y !

Heureusement, l'instituteur Jean-Pierre Rondou a une calligraphie propre et très lisible. La Buvette vous en propose quelques extraits qui prouvent que le gardiennage était complet (bergers, chiens de protections, regroupement nocturne) ET constant!

Dans son Avant-propos, Jean-Pierre Rondou écrit

"C'est donc un tableau d'ensemble que j'ai voulu faire. Mais pour ne pas priver le lecteur de la saveur des oeuvres originales, je présente la topographie de la vallée sous forme d'anthologie, empruntant à chaque auteur ce qu'il a dit de mieux ou de plus exact sur la région décrite, corrigeant les erreurs qui ont pu se produire et comblant les lacunes par la connaissance personnelle que j'ai de mon pays." (…)

La géographie politique ou économique n'a jamais inspiré d'articles : cela se comprend, le sujet est de minime importance. Les renseignements que je donne là-dessus ont le mérite de l'exactitude, car ils ont été puisés aux sources les plus authentiques : les documents administratifs qui se trouvent dans chaque commune, cadastres, budgets, statistiques, registres de l'état civil etc.."

 Extraits des Archives "Vallée de Barèges"

Thèmes Extraits de "Vallée de Barèges"
monographie Communale de Jean-Pierre Rondou
et commentaires
Géographie économique. (Tome 1) Les troupeaux à Gèdre et Gavarnie en 1923: le cheptel et les pâturages.
La Faune : Ours, loup, lynx, les ongulés sauvages, les vautours. (Tome 2) La faune de la Vallée de Barèges en 1907.
Pastoralisme : la cabane, la grange, la garde des troupeaux, les sonailles. (Tome 3) La garde des troupeaux en vallée de Barèges en 1914.
Pastoralisme : la Transhumance, gardiennage, rôle des bergers, des chiens de protection, regroupement nocturne, récolte de la "provende de la nuit" chaque matin. (Tome 3) La transhumance en vallée de Barèges en 1914
Croyances (Tome 3) Croyances à propos de l'ours en vallée de Barèges en 1914
Historique de nos pâturages (Tome 4) La propriété pastorale en vallée de Barèges en 1934
 Paysage de Barèges Barèges par P. Barbé (à l'époque hameau de Betpouey)

Autres textes, analyses ou recherches récentes en rapport direct avec l'AOC Barèges-Gavarnie, et qui complètent les archives.

Résumé Liens
Extraits de la thèse de Farid Benhammou pour obtenir le grade de Docteur de l'Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et Forêt de Paris. "Crier au loup pour avoir la peau de l'ours. Une géopolitique locale de l'environnement à travers la gestion et la conservation des grands prédateurs en France". Il y est question des positions des structures agricoles départementales, d'un foyer d'opposition radicale : le pays Toy et les vallées des Gaves, de Marie-Lise Broueilh, du poids des acteurs politiques locaux et de Chantal Robin Rodrigo. L’opposition politico-agricole à l’ours et le syndicat AOC Barèges-Gavarnie par Farid Benhammou.
Gérard Bozzolo est docteur-ingénieur agronome en zootechnie, maître de conférences à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse. Il est l'auteur de "Appellations d'origine contrôlée et productions animales". Il analyse les forces, les faiblesses, les menaces et les opportunités de l'appallation Barèges-Gavarnie.
(Texte déjà publié à la Buvette)
AOC Barèges-Gavarnie : une imposture ou une belle aventure? par Gérard Bozzolo.
Quel est le poids juridique des "usages locaux, loyaux et constants" dans une Appellation d'origine Contrôlée ?

AOC : définition de l’aire géographique de production et des usages locaux, loyaux et constants. (Jurisprudence)

Les hommes à la guerre, les femmes se sont mises à garder les troupeaux. Apparition du mot bergère "aulhèra" en pays Toy par Renaud de Bellefon.
Renaud de Bellefond : " A l’évidence en 40 ans à peine, les éleveurs barégeois ont abandonné ce qui faisait « la tradition », ont su s’adapter à de nouvelles conditions matérielles, techniques, démographiques, économiques et culturelles.
C’est évident que pour des éleveurs aujourd’hui en activité, dont les plus vieux sont pour la plupart nés dans les années 40-50 (60 à 70 ans), la « tradition », ce qu’ils ont grosso modo vu toute leur vie, est bien une pratique de non garde des troupeaux…

Une tradition récente, seulement récente… "
A propos du gardiennage des troupeaux en pays de Barège.

Autres sources

Sur la cohabitation, des textes qui envisagent des solutions

Les grands prédateurs contre l’environnement ? faux enjeux pastoraux et débat sur l’aménagement des territoires de montagne
par Farid Benhammou.
Extrait : La mise en avant des grands prédateurs comme objet anti-environnemental et lubie exclusive des écologistes urbains est un paravent des difficultés de l’évolution de l’élevage ovin dans les montagnes françaises. Le discours des syndicats agricoles, dans lequel abondent certains chercheurs, présente la défense d’un pastoralisme rêvé, souvent mal décrit dans ses formes, ses tenants et aboutissants, ses effets socio-économiques et écologiques.

La concurrence des « biodiversités » Flou sémantique autour des prédateurs et du pastoralisme 
par Farid Benhammou.
Extrait : La rhétorique environnementale a pu être intégrée par des acteurs historiquement réticents à la conservation de la nature. Le concept de biodiversité, de par le flou qu'il recouvre, a donc pu faire l'objet d'une instrumentalisation politique. La question du pastoralisme et des grands prédateurs en France en apporte une illustration. En premier lieu, c'est au nom de la biodiversité que la protection du loup a été mise en avant par ses défenseurs. Le pastoralisme lui, est mis en avant comme l'élément fondamental d'entretien de la biodiversité et des paysages de montagne.

Des Hommes, des Ours, des Montagnes 
par Farid Benhammou.
Extrait : La défense identitaire est un processus typique de mobilisation. Elle transcende tout et permet de réunir et fédérer contre un ennemi commun, l’ours, et derrière lui, Paris, Bruxelles et les lobbies environnementaux. Le réflexe identitaire transparaît dans le discours des porte-parole des mouvements contre l’ours.

Des solutions pour l'élevage ovin et la cohabitation par Gérard Bozzolo.
Extrait : Le partage des lieux avec l’Ours est un sujet de friction sans fond, et pourtant, avec une filière plus rentable, capable de rémunérer correctement des bergers professionnels et fournir des équipements satisfaisants pour une pratique aux normes de nos exigences qualitatives modernes devrait permettre de calmer les esprits. L’Ours fait partie intégrante de l’âme pyrénéenne, son histoire avec les Pyrénées possède des racines bien plus profondes que certains pyrénéens d’adoption tant sourcilleux de la survivance de leur patrimoine local. Avec la disparition de l’Ours, l’éleveur pyrénéen y perdra son âme et les produits d’accompagnement qui vont avec.

L'Ours des Pyrénées : allié objectif d'un pastoralisme d'altitude durable
par Gérard Bozzolo.
Extrait : L’alliance avec l’ours est une posture à mettre au bénéfice de l’activité des bergers chargés d’empêcher ou de réduire considérablement la prédation qui leur est imputée. Lorsque ces professionnels ne se contentent pas d’un simple gardiennage temporaire, ou même de suivre ordinairement le troupeau, mais agissent dans le cadre d’une conduite active, avec chiens de travail, beaucoup d’avantages en découlent...

La multifonctionnalité dans l'espace montagnard
par Gérard Bozzolo.

Dans l’espace montagnard, la multifonctionnalité a toujours existé. A cause des difficultés climatiques et géographiques, les hommes vivants dans ces espaces, tantôt recherchant refuge face aux invasions, tantôt cherchant à jouir des richesses naturelles devaient se débrouiller seuls une grande partie de l’année et vivre en autarcie. Ils ont donc développé plusieurs facettes dans leurs professions, leurs activités et leurs savoirs faire. (...) Cette tradition de pluriactivité a perduré jusqu’à aujourd’hui : sur le massif, 48% des agriculteurs sont des pluriactifs. (...) Dans certaines zones, les retombées économiques liées au tourisme peuvent aller jusqu’à 75% du chiffre d’affaire local. Face à cette tendance forte, le poids de l’économie agricole est devenu marginal.

Sources et références

Documents de l'AOC Barèges-Gavarnie / INAO Documents des Archives départementales
des Hautes-pyrénées (65)

Le Cahier des Charges de l'AOC Barèges-Gavarnie

Vallée de Barèges, par Jean-Pierre Rondou, s. d. [1900-1934] – Tome 1

Le Décret_du 15 septembre 2003 relatif à l'Appellation d'Origine contrôlée "Barèges-Gavarnie"

Vallée de Barèges, par Jean-Pierre Rondou, s. d. [1907] – Tome 2

Conférence de M.L. Broueilh, présidente de l'ASPP 65 et de l4AOC Barèges-Gavarnie (27/10/2001)

Vallée de Barèges, par Jean-Pierre Rondou, s. d. [1914] – Tome 3
Fiche descriptive de l'AOC Barèges-Gavarnie (INAO) Vallée de Barèges, par Jean-Pierre Rondou, s. d. [1934] – Tome 4
Guide des bonnes pratiques de l'AOC Barèges-Gavarnie  
Une sentinelle Slow Food France : le mouton de Barèges-Gavarnie"  

 

Marie Lise Broueilh

Sur le stand Euro Gusto 2009 : Marie-Lise Broueilh (qui parle) et Louis Dollo (qui cuisne) de l'ASPP 65  (vidéo)

"Notre produit Barèges Gavarnie est fait à partir des ressources naturelles de notre milieu, en respectant ce milieu naturel qu'est notre montagne. Donc on est bien dans le "propre" et le "juste".

 

Manifestation des éleveurs le 12 juin 2012 à Luz-Saint-Sauveur

Un des éleveurs : "Il y'a le label de qualité qui nous dit qu'on n'a pas le droit d'aller garder les moutons et de mettre des chiens et tout…"


 

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