Aire de répartition de l'ours des Pyrénées 2007 2011

par le CNERA Prédateurs et Animaux Déprédateurs – Equipe Ours

Aire de répartition et sites d’activités de l’ours brun dans les Pyrénées françaises. Période 2007 - 2011

Introduction

Aire de répartition de l'ours des Pyrénées 2007 2011
Illustration : http://linerouge.blogspot.be/
En 1989, une première cartographie réalisée par l’ONC présentait l’aire de présence de l’espèce Ursus arctos dans les Pyrénées françaises. Entre 1989 et 1996, seules les Pyrénées occidentales étaient concernées par la présence de l’ours brun et faisaient l’objet d’une cartographie.

Puis, entre 1996 et 2000, une cartographie spécifique concernant les ours issus de la réintroduction dans les Pyrénées centrales a été établie, parallèlement à la cartographie du noyau occidental.

Depuis 2005 - et à partir des informations récoltées entre 2001 et 2005 - une cartographie quinquennale résume les données recueillies sur l’ensemble du massif pyrénéen français. Cette cartographie a désormais vocation à être annuelle avec une fenêtre de 5 ans « glissante ».

Le présent document est la synthèse cartographique quinquennale de la présence de l’ours sur l’ensemble des Pyrénées françaises, sur la période 2007-2011.

Il permet de classer l’aire de répartition de l’ours brun en 2 catégories principales en fonction de l’intensité de présence et de cartographier certains sites considérés importants dans la biologie et la conservation de cette espèce.

Cette cartographie doit ainsi constituer un outil pour la gestion des dossiers liés au plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises : mesures d’accompagnement, gestion de l’habitat de l’ours, développement économique et touristique…

Définitions

La partition de l’aire de distribution de l’ours brun est réalisée à partir de la répétition, au cours de 5 années de suivi, de relevés de présence sur des entités spatiales appelées sous-massif.

Concrètement, un sous-massif (superficie de l’ordre de 1.000 à 7.000 ha) correspond au versant d’un massif montagneux et recouvre le territoire de plusieurs communes. Le massif qui regroupe plusieurs sous-massifs est délimité par des fonds de vallées avec routes, villages ou rivière ou par des lignes de crêtes. D’un point de vue fonctionnel, on peut considérer que le massif constitue l’entité géographique minimale (entre 8.000 et 50.000 ha dans le contexte écologique pyrénéen) sur laquelle un ours peut subvenir à l’ensemble de ses besoins au cours d’un cycle biologique complet.

Au sein de l’aire de distribution de l’ours on distingue, sur des critères qui privilégient la répétition au cours du temps de la présence de l’espèce plutôt que la quantité d’indices :

 

  • la zone de présence régulière : elle regroupe l’ensemble des sous-massifs où l’on a pu relever la présence de l’espèce au moins 3 années sur 5 années de suivi (consécutives ou non).
  • La zone de présence occasionnelle : elle regroupe l’ensemble des sous-massifs dont la présence de l’espèce n’a été confirmée au maximum que 2 années sur les 5 années de suivi (consécutives ou non).
  • La zone de présence probable : elle correspondait aux sous-massifs enclavés entre des zones de présence occasionnelle ou régulière mais aussi certains sousmassifs suspectés d’avoir été traversés par des ours équipés d’émetteurs en 2006. Cette typologie est supprimée à compter de 2011.

Méthode

On distingue l’aire de répartition de l’espèce et les sites d’activités.

La cartographie de l’aire de répartition est réalisée à partir des données récoltées et validées entre 2007 et 2011. Ainsi, tous les membres du Réseau Ours Brun (ROB) participent à la définition de cette zone.

Les données de localisation correspondent :

  • à l’ensemble des indices de présence indirects (empreintes, poils, crottes etc …) validés de façon certaine,
  • aux témoignages visuels confirmés,
  • aux localisations télémétriques ou GPS pour les ours équipés d’émetteur,
  • aux constats de dommages sur cheptel domestique ou sur ruches classés « imputables » d’un point de vue administratif et « ours non écarté » d’un point de vue technique.

Les sous-massifs contenant des indices validés au moins 3 années sur les 5 du pas de temps considéré sont classés « zone de présence régulière ». Les sous-massifs contenant des indices validés 1 ou 2 années sur les 5 du pas de temps considéré sont classés « zone de présence occasionnelle ».

Remarque : Les ours équipés de collier GPS et réintroduits en 2006 ont été intégrés comme n’importe quel autre animal sur le massif et ne font plus l’objet d’une information particulière. Ils sont considérés stabilisés sur leur domaine vital.

Résultats

Il y a 189 communes avec des indices relevés sur leur territoire et 592 communes qui ont tout ou partie de leur territoire en zone à ours à partir du découpage des sous-massifs (zones de présence Régulière, Occasionnelle). 3 régions administratives et 6 départements sont concernés.

Communes_en_zone_z_ours

Superfice_zone_a_ours
Evolution_zone_a_ours

L’aire de répartition quinquennale de l’espèce diminue entre 2010 et 2011 (- 13 %) car l’année 2006 n’est plus prise en considération sur le pas de temps considéré. En effet, les ours réintroduits en 2006 ont eu un comportement spatial exploratoire pendant quelques mois avant de se stabiliser. Ils avaient augmenté « artificiellement » l’étendue de l’aire de répartition. C’est donc principalement la zone de présence occasionnelle qui est touchée par cette baisse (- 16 %). La zone régulière ne baisse que de 3 %.

Les départements les plus concernés sont la Haute-Garonne (- 42 %) et l’Ariège (- 15 %).

L’effectif minimum de la population d’ours bruns détecté chaque année est en légère progression d’une année sur l’autre, ce qui laisse penser que la densité augmente aussi légèrement au cours du temps. Toutefois, seul le noyau central est concerné par la reproduction (l’Ouest de l’Ariège et le Sud de la Haute-Garonne)

Carte_presence_ours

Commentaires de la Buvette

1) La probable, et inévitable sans réintroduction, disparition du noyau béarnais va encore diminuer l'aire de répartition de l'ours des Pyrénées. Les communes du département des Pyrénées-atlantiques et celles de la zone des Hautes-Pyrénées qui se situent à l'ouest de la vallée de Luz-Saint-Sauveur seront à retirer du tableau 1 et de la carte ci-dessus. Il est très peu probable que les ours actuels changent de secteur. Et une fois l'ours disparu, les habitudes de protection se perdront en guerre plus d'une seule génération.

2) La zone en bleu (présence occasionnelle de l'ours) entre le noyau occidental (béarn) et le noyau central est trompeuse. Cette zone située entre deux zones de présence continue est considérée comme une zone de présence ocasionnelle à cause de la présence de l'ourse Francka avant août 2007. Or le 9 août 2007, Francka qui tentait de retourner (2 tentatives) sur le massif de l’Estibète, est heurtée par deux voitures sur la route nationale entre Lourdes et Argelès-Gazost (route qu’elle avait déjà traversée 2 fois). Cette zone ne sera plus en bleu pour la cartographie 2008-20012, car aucun ours n’a été détecté dans ce secteur.

3) Certains sous massifs (en bleu) enclavés entre des massifs en rouge ne sont pas en rouge car les ours n'y ont été détectés que 2 années sur 5. Ces zones sont peut-être des zones de présence permanente où l'on a pas réussit à les détecter plus souvent, ou alors ce sont des zones ou l'ours est peu présent.

4) Les massifs en bleu les + à l’Est correspondent à la "virée" de l'ours Balou qui depuis lors est revenu en zone centrale.

On se retrouve donc en 2012 avec un nombre d'ours en croissance lente sur un territoire plus petit, donc devant une concentration relative favorable à la reproduction. Mais cette concentration reste faible par rapport à d'autres pays comme la Slovénie par exemple. Il semble que cette lente augmentation du nombre d'ours puisse continuer. En effet, le nombre de femelles matures devient au fil des années et des naissances, plus important. J'ai peut-être été optimiste pour 2013 car toutes les ourses nées en 2010 ne seront peut-être pas matures en 2013 ; l'été prochain nous le dira. Par contre la consanguinité reste préoccupante, dominée par l'omniprésence et la puissance de Pyros. Il est grand temps que les autres males se reproduisent pour que les oursons changent de père.

Les dernières analyses génétiques dont les tableaux ne comportaient aucun commentaire n'ont rien apporté de neuf. Aucun nouveau ours n'a été repéré.

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