Impact du loup sur les ongulés sauvages : premiers résultats

ONCFS Rapport d’activité 2012L’incidence de la prédation du loup sur la dynamique, le comportement et la répartition spatiale des populations de quatre espèces d’ongulés sauvages connues pour être des proies du loup (cerf, chevreuil, chamois et mouflon) fait l’objet d’un important programme de recherche initié en 2004 par l’ONCFS en partenariat avec le CNRS, la FDC des Alpes-Maritimes et le parc national du Mercantour.

C’est une étude unique en France et en Europe. Plusieurs centaines d’ongulés sauvages ont été équipés d’un collier VHF et suivis par télémétrie. D’autre part, entre 2009 et 2011, quatre louves ont été capturées et équipées d’un collier GPS/GSM.

Ces suivis ont montré que les ongulés vivant sur l’ensemble du territoire de la meute subissent une pression de prédation plus forte que ceux vivant en périphérie, l’activité de chasse des deux femelles reproductrices étudiées étant plus importante au cœur de leur domaine vital.

Les résultats obtenus sur le chamois et le chevreuil montrent qu’il n’y a aucune différence significative des taux de survie entre Bauges (territoire sans loup) et Mercantour pour les deux espèces. Contrairement à ce qui pourrait être attendu de manière intuitive, chamois et chevreuils ne survivent pas mieux en l’absence du loup. Toutefois, les populations d’ongulés suivis par collier émetteur n’étaient pas dans la zone prioritaire de chasse.

Des hypothèses non-exclusives ont été posées mais des compléments de mesure restent à réaliser. Les informations recueillies par cette étude font émerger de nouvelles questions, notamment sur les modifications potentielles d’occupation spatiale des ongulés en réponse à la présence de loups, et sur la manière dont la pression de chasse et la prédation par le loup interagissent pour modeler les paramètres démographiques des proies.

Source : ONCFS Rapport d’activité 2012

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