Comment le loups changent les rivières

"Certains détracteurs de la conservation du loup vont également fabriquer un discours au centre duquel se retrouve la biodiversité... Le syllogisme est simple :

  1. le loup (ou l'ours) est responsable de la fin du pastoralisme,
  2. or le pastoralisme de montagne entretient la biodiversité en montagne,
  3. donc le loup (ou l'ours) est nuisible à la conservation de la biodiversité.

Ce raisonnement est activement porté par certains représentants professionnels agricoles et élus, relayés par les médias et certains chercheurs."  Voir ci-dessous...
(Farid Benhammou dans " Biodiversité, pastoralisme et grands prédateurs : entre instrumentalisation politique et flou scientifique)

Comment le loups changent les rivières

Quand les Loups ont été réintroduits dans le parc national de Yellowstone aux États-Unis après avoir été absent près de 70 ans, la plus remarquable "cascade trophique» s'est produite. Qu'est-ce qu'une cascade trophique et comment exactement les Loups changent les rivières ? George Monbiot explique dans ce film.

"Quand nous essayons de choisir quoi que ce soit par soi-même, nous trouvons qu'il est attelé à tout le reste de l'Univers." - John Muir

Réseau trophique

La notion de réseau trophique désigne l'ensemble des relations trophiques existant à l'intérieur d'une biocénose entre les diverses catégories écologiques d'êtres vivants constituant cette dernière (producteurs, consommateurs, décomposeurs). Il peut aussi se définir comme étant la résultante de l'ensemble des chaînes alimentaires unissant les diverses populations d'espèces que comporte une biocénose.

Voici une superbe courte vidéo (4,33 min) sur l'importance de la présence d'un top prédateur dans un écosystème à part entière. C'est de la réintroduction des loups dans le Yellowstone dont il est question ici, après 70 ans d'absence, et c'est magnifiquement bien expliqué dans un anglais limpide.

Il est vraiment fascinant de constater ou de découvrir le rôle primordial d'un prédateur comme le loup, que l'homme n'a guère réussi à remplacer au contraire, et qui a non seulement une répercussion sur tout restant du réseau trophique, mais également sur le caractère géographique et physique du lieu de manière durable.

Deux exemples ?

Propos de Bruno Besche-Commenge (ASPAP/ADDIP) - 20 mai 2013

"La biodiversité c’est pas du tout ce qu’ils disent, c’est même le contraire et c’est au nom de la biodiversité qu’on peut combattre loups et ours. Comme je l’ai dit à la réunion de Caille, les milieux où nous vivons ne sont pas « naturels » mais « semi naturels », le Grenelle de l’Environnement l’a fortement souligné à propos justement de la biodiversité : «  tous les paysages, réputés naturels ou non, sont le fruit d'une coévolution du travail de la nature et de l'homme ». C’est à dire qu’ils sont le fruit de ce que permet la nature et de ce que le travail de l’homme y a fait. Pour le pastoralisme dans nos montagnes on sait que ce travail a commencé au néolithique, il y a 5000 ans. Leur biodiversité ne serait pas ce qu’elle est sans le pastoralisme. S’il disparaît, disparaît aussi cette biodiversité exceptionnelle qu’on veut préserver !

En supprimant peu à peu les grands prédateurs parce qu’ils étaient incompatibles avec le pastoralisme, c’est pas Tchernobyl que les éleveurs ont créé. Au contraire c’est un milieu d’une très grande richesse parce que le passage du bétail a peu à peu contribué à le modifier dans le sens d’une biodiversité remarquable. Se battre contre l’ensauvagement de ce milieu, ce qui est le programme réel avec loups et ours, c’est se battre pour préserver cette richesse reconnue scientifiquement."

(Source : "Le loup et la pauvreté de la Biodiversité", sur le site "Le loup dans le Haut-Diois)

Certains détracteurs de la conservation du loup vont également fabriquer un discours au centre duquel se retrouve la biodiversité... Le syllogisme est simple : le loup (ou l'ours) est responsable de la fin du pastoralisme, or le pastoralisme de montagne entretient la biodiversité en montagne, donc le loup (ou l'ours) est nuisible à la conservation de la biodiversité.
"le loup est responsable de la fin du pastoralisme,
le pastoralisme de montagne entretient la biodiversité, donc le loup est nuisible à biodiversité."

Publication de la FNSEA,des  JA, de la FNO et des chambres d'agriculture - février 2014

"Oui, l’élevage en plein air est nécessaire pour les paysages et la biodiversité ! Depuis des millénaires, l’élevage est une activité paysanne fortement ancrée dans les terroirs, qui façonne les paysages ruraux français et européens. Malheureusement, l’élevage, avec les paysages et la biodiversité qu’il entretient, sont aujourd’hui menacés par la prédation du loup.

La fauche et le pâturage entretiennent des paysages remarquables, dont certains sont reconnus par l’UNESCO au Patrimoine mondial de l’Humanité, comme dans les Causses et les Cévennes. Les écosystèmes entretenus par les troupeaux, ovins, bovins, caprins, constituent la majeure partie des espaces protégés du territoire français : parcs nationaux, parcs naturels régionaux, habitats prioritaires de Natura 2000.

La biodiversité des prairies, des parcours et des alpages ne peut être préservée que par le maintien de l’élevage de plein air. C’est parce que les moutons vont chercher leur nourriture au pâturage tout au long de l’année qu’ils sont terriblement exposés à la voracité des loups !"

(Source :" le loup, 10 vérités à rétablir, la fin annoncée de l’élevage des moutons et une menace pour tous les animaux élevés en plain air", publié par Les Jeunes agriculteurs, les chambres d’agriculture, la FNSEA et la FNO)

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