Le Groupe National Loup du 7 mai

7 mai 2014, Christophe Castaner, sur sa page Facebook

 

Réunion Groupe National Loup du 7 mai 2014
Christophe Castaner : "Importante réunion cet après-midi à Lyon du Groupe National Loup."

 

Christophe Castaner : "Importante réunion cet après-midi à Lyon du Groupe National Loup. "

Après avoir rencontré les deux ministres Stéphane Lefoll et Ségolène Royal sur le sujet, j'anime nos travaux pour améliorer l'efficacité du Plan National.

S'il est notable que pour la première fois en 2013, depuis plus de 20 ans, le nombre d’attaque de loups a baissé en France (à titre d'exemple : - 9% du nombre de victimes dans le 04) il nous faut améliorer encore l'efficacité des mesures de protection des troupeaux et le protocole d'intervention contre les loups. Sans cela, la désespérance du monde de l'élevage se poursuivra et demain ce sont des territoires entiers qui seraient abandonnés1.

11 mai, commentaire de Phlippe Lemoine (Yéti 05), berger à Céuze dans les Hautes-Alpes

“Tous ces groupes de travail ne servent qu'à endormir le monde, où la decision la plus importante est de prévoir la date de la prochaine réunion.

Près de 7000 bêtes ont été tuées l'année passée (source ddt04) sans compter les disparues ou les animaux detenus par des particuliers.  Chiffres toujours en très nette augmentation.

Le gouvernement affiche malgré cela, un optimisme béat alors qu'il évoque désormais des aides à la reconversion2. Ni plus ni moins que des aides à vider nos campagnes de leurs habitants.

Réponse de Christophe Castaner, le même jour

Cher monsieur, c'est bien vous avez bien lu le communiqué de presse d'Eleveurs & montagne. Mais les chiffres sont les chiffres: 1862 attaques en 2013 contre 1874 en 2012... sur 22 départements contre 16 précédemment. Ce qui induit une baisse dans les départements ou le loup est présent depuis plus longtemps. Dans le 04 : -9% de victimes.

Cela alors que depuis 10 ans le chiffres ne faisaient qu'augmenter. Mais cela n’enlève rien au problème qui reste entier. C’est pour cela que des annonces ont été faites, notamment par le prélèvement de 10 loups supplémentaires avant l'été6. 10 l'ont été pour la seule année 2013, contre 5... pour les 4 années précédentes.

Alors si vous préférez on peut faire une gentille procédure pour déclasser le loup en animal chassable. Cela a peu de chance d'aboutir, prendra 10 ans pour le constater, et entre temps,  comme pour le sanglier, cela empêchera toute aide publique à la protection et à l'indemnisation. Si c’est ce que veut la profession, alors pourquoi pas… , mais il faudra l’assumer!3 Je serai près à le défendre, sur ces bases. Connaître ce dont on parle, c’est aussi cela l'intérêt de ces réunions.

Réponse de Philippe Lemoine (Yéti05 ), toujours le 11 mai

Information factuellement fausse...

D’une part, la prédation a baissé en 2003, 2006 et 2007 (en nombre d’attaques).  D’autre part, en 2013, si le nombre d’attaques a baissé (- 1,3 %), le nombre de victimes a augmenté (+ 0,6 %). 
Mais le nombre d’attaques et de victimes non reconnues, notamment dans les parcours boisés méditerranéens, est en très forte hausse.4  On peut parler, au mieux, d’une stabilisation à un niveau très élevé.  D'ailleurs quelqu'un au GNL (peut-être bien vous ...) a dit qu’il ne serait pas convenable de parler de baisse en 2013, et ce d’autant plus que la prédation a très fortement augmenté lors des 4 premiers mois 2014 : + 27 % d’attaques, + 16 % de victimes. Avec en particulier une hausse en 04, 06 et 83…

On demande essentiellement de sortir le loup de Berne pour le classer nuisible en zones d'élevage5 et habitées etc. Si on voulait le classer chassable on n'aurait pas besoin de sortir de la Convention de Berne .

Commentaires de la Buvette des Alpages

  1. Comparaison du nombre de victimes entre 2012 et 2013 par région :
    En baisse : Rhône-Alpes (-13%), Lorraine (-29%), Languedoc Roussillon (-7%) ;
    Stable : PACA (-0,01%) ;
    En hausse : Champagne-Ardennes (+719% en Haute-Marne) et Franche-Comté (+700% en Haute-Saône), deux départements où le loup est arrivé en 2013, les chiffres de 2012 étaient proche de zéro. 
    
Par département, cela donne : 

    En baisse : Alpes de Haute-Provence (-9%), Hautes-Alpes (-14%),Vaucluse (-29%), Ardèche (-68%), Isère (-45%), Savoie (-11%), Haute-Savoie (-56%), Vosges (-29%), Lozère (-11%) ; 

    Stable : Alpes-Maritimes (+ 0,6 %) ; 

    En hausse : Var (+13%), Drôme (+68%), Haute-Marne (+719%), Haute-Saône (700%), Pyrénées-orinetales (+100%)

  2. Philippe Lemoine (et d’autres éleveurs ou sites) semblent offusqués que le gouvernement évoque des aides à la reconversion.

    Lors de la réunion du Groupe National Loup, le terme de reconversion est apparu lors de la présentation faite sur les moyens de protection des troupeaux et les propositions d'évolution en général. Il faisait partie d'une liste de propositions soumises aux membres du GNL et appelées à être travaillées, écartées, approfondies, lors d'un groupe de travail dédié. Ce terme a en effet déclenché de vives protestations de la part des repésentants du pastoralisme. En séance, les représentants de l'Etat ont immédiatement expliqué qu'il ne s'agissait en aucun cas de pousser les éleveurs à se reconvertir mais qu'en cas d'une telle décision, de la part de l'un d'eux, un accompagnement dans cette démarche pouvait éventuellement constituer une action à mettre en place.

    Le sujet des attaques a été abordé tout à fait indépendamment. Il s'agit de pouvoir caractériser les zones à forte pression d'attaques et de déterminer les critères permettant de faire cette caractérisation. Les chiffres ont été présentés pour faire des suggestions d'approche de ce sujet.
 En effet on constate qu’un petit nombre d’estives concentrent un nombre très importants de victimes avec 21 attaques et plus (6 estives dans les Alpes-maritimes, 3 dans le Var et 1 dans les Vosges).  Ces chiffres posent question, soit que ces estives soient particulièrement indéfendables, soient que les conduites pastorales doivent y être modifiées. Il n’est donc nullement question de pousser les éleveurs à se recycler partout et dans tous les cas. Il s’agit de continuer à garder du pastoralisme ET l’espèce protégée et pas du tout de  “vider nos campagnes de leurs habitants”.

  3. La sortie du loup de la Convention de Berne est une démarche aléatoire, qui a déjà été refusée plusieurs fois à la Suisse, que les autres pays ne souhaitent pas, et qui demanderait plusieurs années de procédures, sans garantie de résultat. Le déclassement du loup en espèce chassable n'empêcherait pas de devoir garantir son bon état de conservation, et entraînerait la fin des aides européennes pour le pastoralisme.

  4. L’évolution du nombre de victimes non reconnues n’est en rien influencée par la population de loups, mais par les constats sur le terrain. Regretter que toutes les victimes ne soient pas reconnues équivaut à mettre tous les autres dégâts ou mortalité pour causes diverses sur le dos du loup. Non seulement, cela n’a aucun sens, mais cela montre bien les intentions cachées de certains bergers ou éleveurs : charger au maximum les prédateurs quels que soient les causes de mortalité. C’est l’illustration même de la définition de bouc émissaire.

  5. Il n’existe pas de statut variant en fonction de la localisation des espèces : intégralement protégées, protégée, chassable ou nuisible en fonction de facteurs géographiques locaux ou agricoles. C’est ignorer complètement les législations européennes ou françaises que de prétendre cela.

  6. Sur FB, Christophe Castaner parle d'annonce de prélèvement ("10 avant l'été"), ce qu'il n'a pas fait en GNL. Une telle annonce est juridiquement impossible, les tirs n'étant pas préalablement décrétables mais nécessairement basés sur des conditions concrètes qui ouvrent la possibilité à dérogation. On ne décrête pas préalablement des tirs, on peut les autoriser si les conditions dérogatoires sont remplies. Mais cela est révélateur de ses intentions…

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