Des mesures pour effrayer les vautours

Éric Fouquet, Inspecteur général des services vétérinaires, en mission dans l'Ariège pour le compte du gouvernement, et Nathalie Marthien, préfet de l'Ariège, se déclarent favorables à l' «effarouchement» des vautours et à la création de «placettes» de nourrissage de ces oiseaux qui font partie des espèces protégées.

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François Toulis, Nathalie Marthien, Eric Fouquet

Pour François Toulis, président de la Chambre d'agriculture de l'Ariège, la messe est dite. Et c'est plutôt un requiem. Pour le responsable professionnel ariégeois, le vautour est bien devenu un prédateur, en témoignent les multiples «attaques» qui auraient été déplorées par les éleveurs, dans notre département, au fil des dernières années.

Éric Fouquet, Inspecteur général des Service vétérinaires, à la tête d'un groupe de quatre experts en mission dans l'Ariège, a une vision plus… nuancée de la situation : «Au fil des constats qui ont été réalisés depuis 2007, certaines choses ont été reconnues par le ministère, rappelle-t-il. Nous avons qu'il y a des cas où le vautour consomme des animaux qui peuvent être vivants, mais très affaiblis, et peut parfois causer leur décès». Mais Éric Fouquet devient plus prudent quand il s'agit de parler d' «attaques» sur des animaux sains, en bonne santé : «les scientifiques sont formels, rappelle-t-il. Les vautours ne sont pas des prédateurs. Ils ne sont pas “équipés” pour tuer un animal qui ne serait pas affaibli ou malade». Et d'ajouter, en ce qui concerne l'expertise de cette brebis dépecée par des vautours à Saint-Félix-de-Rieutord : «Le docteur Alzieu est persuadé qu'il s'agissait d'une bête saine. Je ne peux pas me prononcer sur son expertise. Il faudrait qu'elle soit validée par un collège scienfique, au plan national».

Reste la question des mesures à prendre. Là, l'Inspecteur des services vétérinaires se dit favorable à l'effarouchement, déjà expérimenté dans les Pyrénées-Atlantiques, à condition qu'il soit «réglementé», associé à la mise en place de «placettes», comme cela se fait déjà dans certains départements, comme l'Aude : «Il s'agit de favoriser l'instinct d'équarrisseur des vautours, explique-t-il, en choisissant avec soin ces aires et en procédant à des effarouchements pour éviter tout débordement. Une mesure que Nathalie Marthien, préfet de l'Ariège, se dit prête à appuyer : «J'y suis tout particulièrement favorable», appuie le représentant de l'État. Par contre, pour la «régulation de l'espèce», demandée par la profession : c'est un «non» ferme : «Il faut une certaine progressivité dans les mesures qui seront prises», estime Éric Fouquet.

Source:  DDM

François Toulis : «On doit pouvoir les canarder»

«Les éleveurs sont exaspérés. Il y a cinq ans, le vautour était objectivement un allié de l'agriculture. Qu'on soit bien clair : nous ne voulons pas son élimination. Mais l'attitude des hommes a fait proliférer cette espèce. Il y a aujourd'hui 20 000 couples en Espagne, huit cents de ce seul côté des Pyrénées. L'animal a besoin de manger. À partir du moment où vous avez faim, vous prenez ce que vous avez à prendre» : François Toulis demande clairement une régulation de l'espèce : «On doit pouvoir les canarder, en liquider quelques-uns», affirme-t-il.

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