L'ours pourrait aider dans la recherche contre le diabète

par Ingrid SANCHEZ

L’homme n’est pas la seule espèce animale à souffrir de nombreuses maladies. Une récente étude a démontré que l’ours brun souffrait lui aussi de diabète. Sauf que pour l’ours, ce diabète est réversible et naturel. L’étude est surprenante.

Une étude réalisée par Lynne NELSON et Heiko SANSEN, de l’Université de Washington, et dont les résultats ont été publiés en début du mois d’août dans la revue « Cell Metabolism » (1), aurait mis en évidence un état naturel et réversible du diabète chez l’ours brun d’Amérique du nord.

L’ours et le diabète : une étude surprenante

L’étude a portée sur les Grizzlys pendant un an. L’ours étant un animal qui hiberne l’hiver, il a besoin pour cela de faire beaucoup de réserve de graisse, raison pour laquelle il peut pratiquement doubler son poids, pouvant emmagasiner jusqu’à 200 kg de graisse.

Ours diabetePour l’homme, doubler son poids aurait des conséquences extrêmement néfastes sur la santé, comme augmenter très fortement le risque de développer un diabète de type 2. Rappelons que, chez l’homme, certaines cellules ne sont plus capables de répondre à l’insuline, hormone aidant à la régulation de la glycémie (taux de sucre dans le sang). C’est ce que l’on appelle le diabète de type 2. Cette résistance à l’insuline est favorisée par l’obésité.

Chez l’ours, les conséquences de cette immense prise de poids sont très étonnantes. En effet, l’ours étant obèse au début de son hibernation, cette prise de poids n’a aucune influence sur son état de santé. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’un diabète va se développer chez l’animal. Et ce qui est encore plus étonnant, c’est que l’ours va « guérir » au printemps, lors de son réveil.

Cet effet réversible du diabète serait du à une hyper-sensibilité à l’insuline chez l’ours obèse, et ceci du à l’inactivité d’une protéine appelée PTEN. Cette protéine est présente dans les cellules graisseuses.

Alors que l’obésité chez l’homme est mauvaise pour sa santé, chez l’ours elle lui sert, en quelque sorte, à lui sauver la vie.

Le Docteur CORBIT, co-auteur de cette étude et chercheur dans la société de biotechnologie médicale Amgen en Californie, indique que « diabète et obésité peuvent coexister naturellement ». Pour l’instant, « l’extrapolation de ces observations à la recherche préclinique nécessite une grande prudence » ajoute-t-il. Il rappelle que chez certaines personnes, les mécanismes cellulaires impliquées dans l’obésité peuvent les protéger du diabète et inversement.

L’ours brun pourrait donc bien aider dans le futur les chercheurs à développer de futures thérapies contre le diabète, aidant également à mieux comprendre les relations entre obésité et diabète.

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