Les émetteurs intra-abdominaux sont-ils vraiment indispensables?

L'ONCFS va t-elle rester sur sa position, quitte à perdre le soutien des biocentriques ?

 Oncfs suivi dubarry"La jeune ourse Auberta, récupérée le 17 avril par les services espagnols du Conseil General du Val d’Aran dans le village d’Aubert, était condamnée à une mort certaine dans le milieu naturel.

Il a donc été décidé de la placer dans un enclos isolé afin d’être relâchée ultérieurement. La collaboration étroite entre les services franco-espagnols, avait permis à cette ourse de survivre et garder son instinct sauvage.

Sur proposition du Groupe Transfrontalier de Suivi de l’Ours dans les Pyrénées, l’animal de 34,5 kg a été équipé, le 9 novembre, d’un émetteur GPS de 60 gr (collé sur le poil et à durée de vie limitée) et d’un VHF de 95 gr (intra-abdominal programmé pour au moins 2 ans) afin d’en assurer le suivi post-lâcher (indispensable pour un ours passé par la captivité).

Le 20 novembre, elle a été trouvée morte dans l’enclos alors qu’aucun comportement de sa part (surveillance Webcam) ne laissait présager une telle issue. Selon l’autopsie pratiquée par l’Université Autonome de Barcelone, Auberta a succombée à une mort rapide due à un traumatisme accidentel, intervenu dans la zone abdominale de l’animal où l’émetteur avait été implanté, occasionné probablement par son habitude à grimper dans les arbres".

Source : L’Echo des Tanières, bulletin Mensuel Interne du Réseau Ours Brun n° 16 de Novembre 2014

Inversion de priorité

par Papours

Dans l'extrait de l'écho des tanières (bulletin de l'ONCFS), on s'aperçoit que ce dernier, sous couvert du GTSOP (Groupe Transfrontalier de Suivi de l'Ours dans les Pyrénées) fixe les règles comme il l'entend.

Ainsi, comme si c'était une loi de la physique, on nous explique que la pose d'un émetteur sur un ours passé par la captivité est... "INDISPENSABLE" ! Et bien justement, tout l'enjeu est de revenir sur cette obligation. Il faudra le dire aux prochaines réunions ROB et tenir cette position !

Essayer de profiter du bulletin du ROB pour tenter de justifier l'injustifiable sans remettre en question cette pratique consistant à ouvrir les animaux pour mieux les pister à l'aide d'un émetteur de près de 100 grammes et insupportable.

Sont-ils capables de se remettre en question ? Le tollé causé par la mort d'Auberta PAR LEUR FAUTE ne suffit pas ?

On apprend donc que l'émetteur d'Auberta pesait près de 100 grammes! Pour disqualifier l'émetteur inoffensif (deux fois moins lourd) qui avait initialement été fixé au pelage d'Auberta, on nous explique qu'il était "à durée de vie limité".

A cause de l'émetteur intra-abdominal de 95 grammes implanté après incision de l'abdomen, c'est Auberta qui a eu "une durée de vie limitée" ! Ca s'appelle une inversion des priorités et c'est souvent MORTEL !

Certains scientifiques sont vraiment aveuglés par leurs techniques ! L'Etat et l'ONCFS (et leurs homologues catalans) décident de tout comme ils l'entendent. Cela commence à ressembler à une véritable confiscation de la faune sauvage qui est pourtant un bien commun !

ONCFS, TU ENTENDS ?! Ehoh!

"Sur proposition du Groupe Transfrontalier de Suivi de l’Ours dans les Pyrénées, l’animal de 34,5 kg a été équipé, le 9 novembre, d’un émetteur GPS de 60 gr (collé sur lepoil et à durée de vie limitée) et d’un VHF de 95 gr (intra-abdominal programmé pour au moins 2 ans) afin d’en assurer le suivi post-lâcher (indispensable pour un ours passé par la captivité)."

"INDISPENSABLE" pour qui ? Pas pour nous en tout cas ! Il faut que ça change ! Halte au suréquipement électronique invasif de la faune sauvage !

Commentaire de la Buvette

L'ONCFS a une vision écocentrique, elle donne priorité à l'espèce, au suivi scientifique de l'ours qui passe avant la vie de chaque individu. Dans ce cas, le suivi est considéré comme plus important que la vie d'une jeune ourse qui de plus est consanguine (son père Pyros était aussi son grand père), surtout que le décès est considéré comme accidentel et n'est pas lié directement à la pose de l'émetteur. Sans cet accident, Auberta serait toujours vivante...

Je ne suis pas surpris des choix de l'ONCFS. Cependant, si l'ONCFS s'obstine à vouloir juger indispensable l'équipement des ours avec un émetteur intra-abdominal, elle va provoquer le rejet de la politique de suivi et de réintroduction par une part non négligeable de l'opinion, celle qui a une vision biocentrique qui donne priorité à l'animal (La même qui s'oppose à la "chasse à la française", aux corridas, à l'expérimentation animale, au gavage des oies et des canards, à la fourrure animale, aux élevages industriels etc...).

Ce qu'il faut mettre dans la balance est d'une part le côté indispensable de cet émetteur intra-abdominal et de l'autre la perte du soutien biocentrique aux réintroductions. Il faut savoir faire des compromis, l'arrachage d'une dent et la pose d'un émetteur intra-abdominal sont-ils vraiment indispensable?

Sans le soutien des naturalistes et des écologistes biocentriques, la politique de réintroductions sera encore plus fragilisée, coupée d'une partie de sa base, et à terme, que restera-t-il à suivre pour l'équipe de suivi?

C'est à eux de voir. Pour ma part, je pense qu'il faut se passer d'installer à l'avenir des émetteurs intra-abdominaux.

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