Oise - Destruction des renards: à vos plumes!

La direction départementale des territoires (DDT) de l’Oise met à consultation du public pour une durée légale de 21 jours (du 17 décembre 2014 au 6 janvier 2015) une note de présentation du projet d’arrêté préfectoral autorisant les lieutenants de louveterie à la destruction des renards. Cette consultation en pleine période des fêtes ne recueille que peu de commentaires. A vos plumes.

par Virginie Boyaval

Renard-tue-sans-queueJe sais que vous êtes en pleine période des fêtes, mais justement, les administrations profitent de cette période d'inattention pour préparer leur projet d'arrêté pour détruire les espèces.

Une consultation publique est lancée dans l'Oise concernant un arrêté pour la destruction des renards. Même si malgré nos remarques, l'arrêté est signé, il faut montrer aux administrations et au Préfet que la population n'est pas d'accord avec ces destructions. Avec une telle pression, nous arriverons à nos fins. Nous avons des arguments scientifiques et nous devons nous faire entendre.

Parfois, je suis pessimiste mais aussitôt je me relève, telle une guerrière quand je vois, par exemple la semaine dernière, ces pauvres renards avec leur queue coupée qui ont été massacrés gratuitement et laissés, là ,à l'abandon, à la vue de tout le monde, alors que je les avais observé sur un de mes terriers.

Grâce à vos commentaires (+ de 800) sur l'une des dernières consultations, la DDTM et le Préfet sont aujourd'hui très frileux et ont réduit la destruction des blaireaux sur plusieurs dizaines de communes. Le combat n'est pas complétement satisfaisant mais nous arrivons à force de persuasion à des petites victoires.

Je compte sur vous pour réagir à la consultation sur la destruction des renards avant le 6 janvier.

Virginie BOYAVAL
Association MELES

Le commentaire laissé par Virginie Boyaval

Monsieur Le Préfet,

Une fois de plus, vous vous soumettez aux seuls dires de la fédération de chasseurs et du milieu agricole, une fois de plus, les scientifiques et les naturalistes ne sont pas écoutés. Une fois de plus, ce projet d'arrêté n'est pas du tout justifié. On se permet de détruire une population animale sans en connaître les populations. Il est notifié que la population de renards n'est pas en diminution, mais connaissez-vous les chiffres ? Aussi, savez-vous que lorsqu'un renard est tué, il est aussitôt remplacé par un autre afin d'occuper le territoire vacant. Selon, des équipages de déterrage dans le 77, ils ont observé que les zones où les renards n'étaient pas détruits, les portées de jeunes étaient beaucoup moins importantes que sur les secteurs où la destruction était effective. C'est l'instinct de survie de l'espèce. Il est donc inutile de détruire cette espèce et de gaspiller de l'argent à indemniser les piégeurs (prime à la queue).

De plus, à partir de combien d'individus, considérons-nous que la population est correcte et non abondante ? Aucune étude scientifique n'a été menée sur le terrain pour justifier ces destructions. D'autant plus que le renard ne sera jamais en surpopulation car c'est une espèce qui s'autorégule en fonction de la disponibilité en nourriture. Bien au contraire, son rôle est indispensable à l'équilibre de l'écosystème, en régulant les populations de campagnols et de lapins malades évitant ainsi les contaminations.

Je pense que de stipuler que le renard véhicule des maladies tels que l'échinococcose alvéolaire, est un moyen de justifier sa destruction ... car dans ce cas, il faudrait éliminer tous les chats qui peuvent attraper cette maladie en ingérant des souris malades.

Concernant, les dégâts aux poulaillers, encore une excuse supplémentaire... comment expliquez-vous que je retrouve des cadavres de renards avec la queue coupée sur des zones 100% forestière ? et sur le petit gibier .... parlons-en, ils sont relâchés en très grand nombre afin de pallier à la mortalité inévitable dû notamment à l'inadaptabilité à la nature et aux maladies d'élevage (petit gibier issu d'élevage absolument incapable de survivre en nature)...

De plus selon l'ANCER: Effet sur l'autorégulation des populations prédatrices.

Des études nous démontrent que contrairement à ce qui est affirmé par certains: Les prédateurs ne régulent par les proies, mais c'est l'inverse qui se produit.

En effet, la quantité des proies agit directement sur la dynamique des populations prédatrices. Si le "garde manger " est copieux, les portées et les couvées seront menées à terme. Dans le cas contraire une partie des jeunes mourront.

Les conséquences en sont limpides: Il nous faut convenir que dans bien des cas l'introduction de gibier d'élevage pourra modifier considérablement le comportement et la densité des populations prédatrices.

  1. Ces animaux par leur différence de comportement et leur sensibilité accrue à la prédation seront des cibles privilégiées.
  2. En augmentant artificiellement et de façon massive les populations proies, on augmente parallèlement les populations prédatrices. (Après cela, on déclare la guerre au renard !!!)

Aussi, il convient de prendre exemple sur les secteurs où le renard n'est plus du tout chassé (Strasbourg) et de voir qu'il n'y a aucun problème de cohabitation, de maladie et de dégâts.

Je vous demande donc, Mr le Préfet, pour une fois, de ne pas suivre la logique de renouvellement d'arrêté de destruction (le renard est détruit depuis de nombreuses années) mais de réfléchir à de nouvelles perspectives pour notre environnement et notre biodiversité et de vous ouvrir au monde des naturalistes, scientifiques, associations de protection de la nature qui font un travail de fond remarquable sur les différentes espèces animales qui peuplent notre pays.

Le commentaire laissé par la Buvette des Alpages

par Baudouin de Menten

Le renard ne pullule pas, il adapte sa population aux proies à sa disposition. Le renard consomme des petits rongeurs, surtout des campagnols (principalement du genre Microtus) dans les régions où les lapins sont absents. Un seul renard assure chaque année à lui seul la destruction de 6000 à 10000 rongeurs : c'est donc un véritable auxiliaire de l'agriculture.

La Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement DREAL Haute Normandie a présentée en 2010 à la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage (CDCFS) de l’Eure (27) une note intéressante sur l'intérêt économique des mustélidés

Pour le renard, la problématique est la même. La régulation des renards, demandée à grands cris par les agriculteurs et les chasseurs aura des conséquences fâcheuses.

Les consultations populaires, quand on ne tient pas compte des résultats, ont pour seul but de laisser croire à une démarche démocratique. Il n'y a rien de démocratique à ne pas tenir compte de l’avis des français. Consulter ne suffit pas. les décisions prises après de nombreuses consultations précédentes le montrent parfaitement : loups, ours…)

Afin de ne pas être submergées par les critiques, les autorités profitent des fêtes et de leurs distractions pour faire passer leurs projets.  Quelles en seront les conséquences ?

  1. Vu le peu de réponses obtenues et même si elles sont majoritairement opposées au texte, le préfet le fera passer.
  2. Les «ravageurs» des cultures se multiplieront et provoquerons la colère des agriculteurs qui réclameront l’emploi de poisons de type bromadiolone.
  3. l’usage incontrôlé de ces poisons provoquera l’empoisonnement de toute une série d’espèces connexes qui se mangent également des petits rongeurs (des rapaces par exemple), y compris des espèces protégées. (Lire : Ce qui fait mourir la faune sauvage des Pyrénées)
  4. La destruction des renards ne l’empêchera pas de revenir plus tard. Le vide créé appellera les renards des régions voisines, cette mesure aura donc été inutile, inefficace et lourde de conséquences.

Voilà comment une seule mauvaise décision générera une cohorte de conséquences négatives en chaine alors qu’il suffit de laisser les renards faire leur travail : manger prioritairement et naturellement des petits rongeurs.

Laissons faire la nature qui se débrouille très bien toute seule (avant nous, après nous)

Pour publier vos observations ou commentaires, cliquez sur "réagir à cet article" en bas du premier cadre de cette page.

Lire aussi

 

Commentaires