Baudouin de Menten sur 15 avril 2010 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Pastoralisme - Prédations | Lien permanent | Commentaires (0)
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Concertation des autorités
C'est entre communes frontalières qu'une réunion internationale s'est tenue, au Perthus, entre les autorités de polices française et espagnoles et divers autres services. La volonté politique étant là, les autorités espagnoles ont eu vite fait, grâce à une étiquette numérotée agrafée à l'oreille des bêtes de retrouver les propriétaires. Cette identification est une sorte de numéro de carnet de vaccination et correspond un peu au tatouage de nos chiens et chats. Un troupeau de neuf têtes errant dans le domaine des Albères ayant été repéré, la mairie a donc pu appeler le propriétaire identifié qui est venu aussitôt de Recassens, près de La Junquera, récupérer son bétail pour le ramener en territoire espagnol.
Source : Midi-Libre
Le pacage en liberté est peut-être là aussi, comme pour l’appellation Barèges-Gavarnie AOC, une condition pour obtenir l'appellation ? C'est table ouverte pour les ours qui nuisent ainsi à l'appellation et cela permet de diminuer les coûts d’exploitation et de profiter des dédommagements. Pratique non ?Baudouin de Menten sur 02 janvier 2010 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Espagne, Pastoralisme - AOC Barèges-Gavarnie | Lien permanent | Commentaires (0)
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27 juin 2010. Il n'y a toujours pas de plan ours...
Plainte contre la France
L’extinction des espèces animales n’est pas une fatalité. Cette mauvaise cause a des partisans, des artisans. Un exemple ? La disparition de l’ours des Pyrénées ! La France a bien signé les traités internationaux mais n’a rien fait pour protéger efficacement cet animal menacé, qui gêne de nombreux intérêts.
Diverses associations de protection de la faune sauvage portent maintenant plainte contre la France devant l’Europe. Il n’y a pas de raison que ces documents accablants restent confidentiels, cantonnés aux circuits administratifs. On trouvera ici, dans ce dossier simplement abrégé pour être agréablement lisible, une chronique de l’extinction de l’ours, ses causes et ses remèdes.
Ce dossier est complété par un essai de Stéphan Carbonnaux, qui suit le dossier de l'Ours des Pyrénées depuis 16 ans, et qui apporte un complément affectif, personnel et documenté sur ce sujet : une élégie sur la tristesse des forêts sans ours.
Le livre "Plainte contre la France pour défaut de protection de l'ours des Pyrénées" est paru aux éditions IMHO, le 17 mars 2010 au prix de 15 euros. (15 x 21 cm - 192 pages)Lire aussi
Baudouin de Menten sur 30 décembre 2009 dans 2010 Année de la Biodiversité, Actualités ours des Pyrénées 2009, CARBONNAUX Stéphan, CHAROLLOIS Gérard, Justice, LAUZET Jean, Livres, Livres sur les prédateurs | Lien permanent | Commentaires (2)
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"II faut préserver les lieux où vivent tes espèces ; à quoi servirait-il de sauvegarder l'ours si on détruit son habitat ?"(François Mitterrand, 6 octobre 1988, discours prononcé à l'inauguration d'une exposition sur l'ours.)
En Octobre 2003 paraît le n°3 du Bulletin d’information sur l’élaboration du DOCOB Natura 2000 Pics de Gar et Cagire, Montagne de Rie, Hourmigue. Il est rédigé par l’Office National des Forêts (ONF de Saint-Gaudens) : «Ce bulletin d’information vous apporte toutes les informations sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre des dossiers Natura 2000 sur les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne. Il vous donne aussi les contacts pour en savoir plus et pour poser des questions sur ce dossier.» Il y est abondamment question de la forêt.La présence de l’ours brun a diminué dans ce massif dans les années 1970. Il y a eu des présences erratiques du plantigrade entre 1978 et 1980.
Dans le secteur de Soplan, sur la commune de Bezins-Garraux en Haute-Garonne, l’ourse Mellba a été tuée par un chasseur (Jean-Philippe Gausseran, un maçon de 21 ans) le 27 septembre 1997 à 10 heures au col de Matet. Elle y avait élevé en partie ses petits. Ensuite il y a eu la présence de l'ours(e?) dit "de Miramont" qui y a été vu à plusieurs reprises en particulier vers le col des Ares où il avait fait des dégâts sur des ruches.Le Genévrier thurifère, richesse exceptionnelle du site, hélas exposé aux incendies et qui en a été la victime cet été demeure un sujet d’attention particulière dans le cadre de la démarche Natura 2000 et de la Réserve forestière de Marignac. De nombreux experts se penchent sur cette rare population de la Montagne de Rié : génétique, dynamique, régénération...
Beaucoup de choses restent à découvrir. On a cependant établi que la poursuite des expériences déjà menées dans le cadre de la Réserve forestière (pâturage, enlèvement de chênes pubescents) pouvaient être envisagée dans le document d’objectifs. Reste un bilan post-incendie à faire avec le comité consultatif de la Réserve. Plusieurs outils de formation ou d’information ont aussi été envisagés vers les différents acteurs du site : motards, forestiers, promeneurs, bergers...»
Le DOCOB, un outil déjà utile à l’ONF4 ans plus tard, on ne parle plus de la forêt
Quatre ans plus tard, en novembre 2007 paraît un nouveau «Bulletin d’information sur l’animation des Documents d’objectifs Natura 2000».
Il est consacré au site :
«Après la Loi relative au développement des territoires ruraux et la Loi d’orientation agricole, la programmation française 2007-2013 de développement rural cofinancé par le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) est une nouvelle opportunité pour les espaces ruraux français.
Cette programmation marque une étape supplémentaire de la politique gouvernementale en faveur des territoires ruraux. Les nouveaux outils de soutien à l’activité agricole seront opérationnels en 2008. Les aides seront ciblés sur des enjeux considérés comme prioritaires en milieu rural, dont font partie les enjeux environnementaux pour lesquels les sites Natura 2000 ont été désignés. (...)Armand Sanséau.
Aie, je pense au "Contrat pas la contrainte" de l'IPHB de Jean Lassalle. Les éleveurs vont devoir s'engager à des actions qui devront permettre:
Vont-ils respecter l'équilibre entre bénéfices et contraintes ?
Le document de l’ONF présente :
Un des enjeux principaux sur les sites est de maintenir les pratiques existantes (pastoralisme extensif) et de limiter la déprise pastorale qui conduit à un embroussaillement et donc à un appauvrissement progressif des milieux et des espèces qui les composent. Une bonne gestion pastorale est donc garante de l’équilibre et de la diversité des milieux d’altitude. (...) »
On voit apparaitre de subtils changements d'objectifs. l'enjeu principal est le pastoralisme, l'embrousaillement et l'appauvrissement progressif entre en scène à la place des habitats forestiers protégés.
Quel projet Agro environnemental pour les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne ?Il est surprenant de constater que seulement quatre ans après, le «bulletin d’information sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre des dossiers Natura 2000 sur les sites Gar Cagire et Haute vallée de la Garonne» n'est principalement consacré qu'aux pratiques pastorales. Et la forêt ? On ne parle presque plus de la forêt ! Que sont devenus les :
C'était probablement des mesures trop contraignantes. Alors on oublie le "une amélioration ou un maintien de la qualité de l’environnement" et on garde dans le contrat les "retombées positives pour les exploitations." Du sur mesure pour les éleveurs en quelque sorte. Voilà "l'engagement volontaire des participants" des "contrats types". Cela ressemble furieusement au discours de l'IPHB. Et en effet, la biodiversité à visage humain est-elle passée par là.
Mais ce n’était que le début de la fin pour les préoccupations forestières ambitieuses du document de 2003. En effet, après la disparition de la forêt dans le document de 2007, 6 ans après ces déclarations pleines de promesses et de bonnes intentions, en octobre 2009...
6 ans plus tard, on trace des pistes pastorales en zone Natura 2000
Yvan Puntous, une ex responsable associatif de l’AMOPYC qui observe les Pics du Cagire de son domicile raconte sur le forum du site Internet «Pays de l’Ours – ADET» :
« Montant au Pic du Gar par un sentier, nous découvrons une nouvelle piste, 5 à 6 mètres de large, un véritable massacre de la nature, arbres (sapins, hêtres) arrachées par les buldozers, zones humides comblées, etc...
Au bout, pratiquement à l'estive du Gar jusqu'alors inaccessible aux engins motorisés, deux abreuvoirs nouvellement installés sur une source autrefois aménagée pour abreuver les troupeaux mais qui avait été laissée à l'abandon avec les environs transformés en zone marécageuse. Et une grande plateforme permettant de toute évidence de favoriser les demi-tours de camions.
La piste qui vient d’être tracée sur le Pic du Gar se situe en zone à ours et à grand tétras, en plein dans leur zone de chant et de nidification! La piste passe à 50 mètres d'un nid que je connaissais en 2008.
Mellba vivait ici et a été tuée à quelques centaines de mètres de la piste. On est :
Ce site est en zone Natura 2000 et la piste a été faite sans aucune concertation préalable des partenaires de cette institution. Et c'est l'ONF qui est garante de ce site Natura 2000 Gar-Cagire.» termine Yvan Puntous.
Il parait que le pastoralisme entretient les paysages, que les "contrats peuvent donner droit à une rémunération compensatoire (aides à l'investissement ou pluriannuelles) en contrepartie de modes de gestion respectueux de l'environnement allant au-delà de la bonne pratique." Madame Jouanno, il est temps de vous souvenir : "Quand on pense Pyrénées, on pense ours". J'ai l'impression que "Quand on pense Natura 2000, on pense brebis."
Alors, le site "FR7300884 Zones rupestres xérothermiques du bassin de Marignac, Saint-Béat, pic du Gar, montagne de Rié" est-il un site Natura 2000 contenant des "Habitats ou espèces prioritaires, en danger de disparition sur le territoire européen des Etats membres et pour la conservation desquels l'Union européenne porte une responsabilité particulière" ou un site Ovina 2000 ? Pyrénées, ta montagne fout le camp au profit de quelques-uns, au profit des brebis. Bêêê ! Y a pas de Mais ! Circulez, y a rien à voir.
Voilà des "contrats" qui ressemblent plus à un passage en force et qui feront du grain à moudre pour les députés européens qui ont décidé "d’interpeler la Commission européenne et se sont engagés à faire pression sur les autorités compétentes afin que soit donnée une suite au plan de restauration de l’ours brun, jusqu’à ce que la population soit considérée comme viable par les experts »la plainte contre la France."
Baudouin de Menten sur 15 décembre 2009 dans 2010 Année de la Biodiversité, Actualités ours des Pyrénées 2009, Biodiversité - Extinction des espèces, Forêts sauvages - Naturalité, Grands Tétras , NATURA 2000, Ours des Pyrénées - Territoires - Réserves, Pastoralisme - Entretien des paysages | Lien permanent | Commentaires (1)
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Premières analyses génétiques OURS 2009 : L'ours U8SLO16 est un mâle et l'ourse S1SLO5 une femelle, quelle poésie...
Résultats des analyses génétiques ours - 1ère session 2009
Un nouvel individu identifié et une fille de Caramelles toujours présente
Le Laboratoire d’Ecologie Alpine vient de nous envoyer le résultat des analyses génétiques effectuées sur les échantillons prélevés avant le 06 septembre 2009. Il est important de souligner que nous avons bénéficié une nouvelle fois d’un nombre important d’échantillons de nos collègues espagnols du Val d’Aran, en Catalogne. Ainsi, ce sont 27 prélèvements supplémentaires qui élargissent le champ d’action de ces analyses.
Sur les 84 échantillons envoyés :
Noyau Occidental
Les échantillons du noyau occidental ont permis d’identifier 3 ours mâles :
De l’ADN de souche pyrénéenne a été relevé sur St Engrâce (64) en juin et août, ainsi qu’à Urdos et Laruns (64) en juin, mais sans pouvoir préciser l’individu. Rappelons que Aspe-Ouest et Cannellito sont tous deux identifiés de souche pyrénéenne à travers ces analyses, même si Cannellito est hybride avec un père slovène (Néré) et une mère pyrénéenne (Cannelle). (NDLB : Alors que certains opposants continuent à croire et à affirmer que Cannellito est une femelle...)
On retrouve également de l’ADN de souche slovène sur Urdos et Etsaut (64) au cours de l’été, il s’agit très vraisemblablement de Néré.
Noyau Central
Les échantillons du noyau central ont permis d’identifier 6 individus dont 5 femelles :
D’autres prélèvements ont mis en évidence de l’ADN d’ours slovène sur Portet, Canejan, Alt Aneu, Arres et Arros (Val d’Aran), Antras, Couflens, Sentein et Saint-Lary (09) tout au long de l’année, mais leur qualité n’a pas permis de déterminer les individus.
Noyau Oriental
Les échantillons du noyau oriental ont permis d’identifier 3 individus mâles :
D’autres prélèvements ont mis en évidence de l’ADN d’ours slovène sur Ascou (09) en avril, mais leur qualité n’a pas permis de déterminer les individus.
L’ensemble de ces données confirme les présences détectées les années précédentes. Le génotypage de l’individu présent sur le Vicdessos et la certitude de la survie d’une fille de Caramelles sont des résultats très importants pour la connaissance de la population d’ours bruns sur les Pyrénées. Notons toutefois
qu’aucun échantillon n’a permis de sexer les oursons nés en 2009 de la femelle Hvala (Néou et Noisette).
La génétique est le principal outil qui contribue à déterminer l’effectif minimum de la population ursine sur la chaîne pyrénéenne. Néanmoins, il est couplé à l’analyse des tailles d’empreintes, aux photos prises par déclenchement automatique et aux présences simultanées pour déterminer un effectif minimum sur le massif.
Ces résultats seront communiqués via le prochain rapport sur le suivi de l’espèce pour l’année 2009, publié au printemps 2010.
Baudouin de Menten sur 25 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Combien d'ours dans les Pyrénées, Ours Aspe ouest, Ours Balou, Ours Boutxy, Ours Cannellito - Mohican, Ours des Pyrénées - Suivi, Ours Moonboots - U8SLO16, Ours Nheu Néou, Ours Noisette, Ours Néré, Ours Pyros, Ourse Bambou, Ourse Caramelles, Ourse Caramellita - S1SLO5, Ourse Hvala, Ourse Pollen | Lien permanent | Commentaires (19)
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L’avenir de l’ours brun et du pastoralisme dans les Pyrénées
Réunion d’information et d’échanges organisée par Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset et Catherine Grèze
Mardi 17 novembre dernier, les associations Pays de l’Ours - Adet, Ferus, FIEP et WWF France, invités par les eurodéputé(e)s Sandrine Bélier, Jean-Paul Besset et Catherine Grèze, ont participé à une réunion d’information et d’échanges au Parlement européen sur la restauration d’une population viable d’ours bruns dans les Pyrénées.
Lors de cette réunion, les associations ont demandé aux nombreux eurodéputé(e)s présent(e)s "d’intervenir auprès de la Commission européenne et du Gouvernement français sur la situation plus que précaire de l’ours en France". En effet, le plan de restauration de la population d’ours en France s’achevant le 31 décembre 2009, il faut désormais passer à une nouvelle phase : "demander la réintroduction d’un à deux ours par an, avec un rythme qui permette à tous les acteurs de s’adapter".
Les eurodéputés ont décidé d’envoyer une question écrite à la Commission européenne et se sont engagés à faire pression sur les autorités compétentes afin que soit donnée une suite au plan de restauration de l’ours brun, jusqu’à ce que la population soit considérée comme viable par les experts.
La buvette était présente à la sortie pour recueillir les impressions des participants: Selon les responsables de Pays de l'Ours - ADET : "Les contacts ont été très fructueux, certains députés seront sans doute pour nous de nouvelles ressources motivées qui s'intéressent au dossier et vont s'investir dans la défense de l'ours des Pyrénées au niveau européen. Nous seront surement appelés à nous revoir très bientôt. Nous ne sommes pas venus pour rien, la journée a été très bonne..."
Baudouin de Menten sur 19 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, BELIER Sandrine, Ours des Pyrénées - Mesures de protection, Pays de l'ours - ADET | Lien permanent | Commentaires (0)
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«Le plan de restauration de la population d’ours en France s’achève le 31 décembre 2009 !» avertit Alain Reynes, du Pays de l’Ours Adet. «Si les choses restent en l’état, la France ne fait plus rien pour l’ours ! D’une part, il y a la convention de Berne, et d’autre part la loi Habitat-Faune- Flore, qui font obligation à la France de maintenir une population d’ours viable dans les Pyrénées. Tout ce qui a été fait jusque-là reste relativement timide. Il est temps désormais de passer à une nouvelle phase : nous allons demander la réintroduction d’un à deux ours par an, avec un rythme qui permette à tous les acteurs de s’adapter.»
Mardi en début d’après-midi, Pays de l'Ours - Adet, Ferus, FIEP et WWF France, les quatre associations françaises les plus actives sur le dossier, animeront une réunion d’information et d’échanges au Parlement Européen à laquelle tous les eurodéputés sont invités.
«Nous leur demanderons d’intervenir auprès de la Commission européenne et du Gouvernement français sur la situation plus que précaire de l’ours en France. Il est en effet une des deux seules espèces de mammifères en danger critique d’extinction en France. Nous rencontrerons ensuite des responsables de la Direction Générale «Environnement » de la Commission européenne, afin notamment de leur présenter les plaintes déposées par plusieurs associations contre la France pour non-respect de la Directive « habitats – faune – flore. En effet, cette loi européenne, votée en 1992, impose à la France de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées, en la désignant « espèce prioritaire».
«Malgré le soutien massif des français et majoritaire des montagnards pyrénéens, nous considérons que les actions de restauration de la population d’ours brun en France sont trop timides, des coups ponctuels et limités, jamais inscrites dans la durée».
«Nous renouvellerons à Bruxelles notre demande de lâchers progressifs, au rythme de 1 ou 2 ours par an, jusqu’à ce que la population soit considérée comme viable par les experts. C’est la seule solution pour assurer la conservation de l’espèce tout en accordant aux acteurs locaux le temps de s’adapter, notamment en mettant en œuvre les actions de protection des troupeaux».
2010 sera l’année internationale de la Biodiversité. La France ne peut la commencer en renonçant à la conservation de l’ours ! C’est pourtant une crainte légitime si l’on considère que le plan de restauration de l’ours brun 2006-2009 reste à ce jour sans suite programmée.
Baudouin de Menten sur 15 novembre 2009 dans 2010 Année de la Biodiversité, Actualités ours des Pyrénées 2009, Belgique, FERUS, FIEP Fonds d'Intervention Eco-Pastoral, Pays de l'ours - ADET, WWF | Lien permanent | Commentaires (0)
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Ours disparus : l'omerta des montagnes
L'enquête judiciaire se poursuit aujourd'hui au sujet de la mort éventuelle d'un ou deux plantigrades. Producteur et éleveur aux Cabannes, en Haute-Ariège, Philippe Lacube, par ailleurs membre fondateur de l'ASPAP (Association pour la défense du patrimoine d'Ariège-Pyrénées), est convoqué aujourd'hui, à 9 heures, chez les gendarmes de Foix. Objet de cette convocation ? C'est lui qui a déclaré en septembre à «La Dépêche du Midi» qu'au printemps dernier deux ours ont été abattus en Haute-Ariège. Une déclaration retentissante qui a généré une enquête d'abord administrative puis juridique demandée par la secrétaire d'État à l'Ecologie, Chantal Jouanno. C'est dans le cadre de cette enquête que Philippe Lacube sera entendu, après des dizaines d'éleveurs ariégeois passés dans le bureau des gendarmes.
«J'ai été appelé sur mon portable pour venir à la gendarmerie de Foix. J'y serai. Mais je continue à assumer ce que j'ai dit et je ne lâcherai rien par rapport au fait qu'un ou deux ours aient été tués. C'est l'omerta des montagnes qui prévaut en la matière. En revanche, je considère la disproportion des moyens déplacés face à l'événement comme énorme. Pendant plus d'un mois, les gendarmes ont entendu les éleveurs ariégeois qui sont tous restés sous la loi du motus et bouche cousue. J'espère qu'ils ont compris qu'il ne fallait pas s'attendre à quoi que ce soit de notre part (...) »
Hier, un comité de soutien à Philippe Lacube s'est constitué immédiatement. Il viendra manifester ce matin devant la gendarmerie de Foix pour soutenir le producteur. Une nouvelle priorité après la manifestation monstre des chasseurs ariégeois sur les allées de Villote? Certainement. Car tous les agriculteurs du département ont décidé de soutenir leur chef de file. Nous ne saurons toujours pas ce soir si quelqu'un a tué « Boutxy » et un autre ours.
Source : extrait de la DDM
DétricotageL’ASPAP comme l’ASPP65 semble étonnés que la gendarmerie enquête et connaisse qui fait partie de quoi, de quelle association. Marie–Lise Broueilh déclarait à propos des chiens errants : «Ce sont des chiens qui ont des maîtres, il est facile de faire une enquête». Ne faisant pas partie d'espèces protégées, «il est plus facile de s'en débarrasser». Se débarrasser d’ours est illégal. Philippe Lacube, a force de prétendre que «la colère des Pyrénées est légitime» croit sans doute que les excès ne seront pas poursuivis et que tuer un ours est sans conséquence dans leur «territoire» au dessus des lois.
Il semble que le petit monde professionnel et public de Philippe Lacube se détricote peu à peu, et qu’il va finir par se retrouver seul, car il agasse tant de monde. Ce n’est pas une éventuelle manifestation bruyante de soutien qui y changera quelque chose, cela soutiendra encore un peu la facade. Pour combien de temps : trop, c’est trop, à jouer avec le feu on se brûle.
Baudouin de Menten sur 12 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, ASPAP, Justice, LACUBE Philippe - Mac'Arel, Ours des Pyrénées - Mortalité | Lien permanent | Commentaires (0)
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Sur FR3, dans l'émission «La voix est libre» du samedi 9 novembre, un intéressant débat entre François Arcangeli, maire d’ARBAS, président de l’ADET et Gérard Dubuc, maire de Saint-Lary en Ariège et vice-président de l’ASPAP. (Un des vice-président)
Patrick Noviello, le journaliste, en évoquant les enquêtes policières en Ariège suite aux propos de Philippe Lacube : «Les éleveurs de l’ASPAP ressentent ces démarches comme un harcèlement...»
Gérard Dubuc : «Les éleveurs de l’ASPAP se sont sentis dans le collimateur effectivement, ce n’est pas par hasard que certains ont été auditionnés. Ils le sont d’abord parce qu’ils sont éleveurs sur les vallées d’Ax et aussi par ce qu’ils sont adhérant à l’ASPAP, donc harcèlement est peut être un très grand mot, mais enfin, il y a quand même là une orientation de l’enquête vers certaines personnes qui ne se sentent pas plus coupables que d’autres si tant est qu’il y a des coupables dans cette affaire là.»
Les éleveurs de l’ASPAP n’en sont pas à leur première sortie. Lire :
Le titre de la page de Louis Dollo : «Rafles en Ariège pour deux ours perdus» semble à la foi évoquer les années 40, la rafle du «Veldiv» et le manque de valeur de l’objet des recherches policières. Les ultra pastoraux semblent découvrir avec horreur que la liste des membres de l’ASPAP est aussi dans les mains de la police, que les services spéciaux suivent le dossier ours et les différents acteurs depuis bien avant les réintroductions. Leur immunité acquise ne serait-elle donc pas si normale que cela, si éternelle? Prennent-ils des risques? Leurs appuis politiques ne sont-ils pas suffisant pour couvrir leurs actes? En tout cas, les membres s’organisent selon Louis Dollo : «A la sortie de la gendarmerie, les noms des suivants sont connus et les intéressés prévenus pour tenir le même discours.» On se tient les coudes contre les pandores de la justice et on essaie de répendre la peur : «Avec une telle méthode, tout le monde est concerné. Ne croyez pas que cela ne peut arriver qu'aux autres. N'importe quel nom peut être donné par n'importe qui et vous pouvez vous trouver " raflé " sans même savoir pourquoi.» Le grand complot escrolo.
«La destruction volontaire de l’ours est une infraction» fait bien de rappeler Antoine Leroy, procureur de la république de Foix. Il semble que pour certains, il n’en est toujours rien. L’ADET rappelle qu’en 1994, il a fallu attendre trois ans pour avoir la preuve que dans le Béarn, l’ourse Claude avait bien été abattue. Attendons donc, l’épée de Damoclès reste suspendue au dessus de la tête du ou des auteurs de ces actes.
François Arcangeli avance une hypothèse sur la sortie de Philippe Lacube : le bouillant opposant n’apprécierait pas de voir le nombre de dégâts d’ours diminuer alors qu’il avait annoncé la fin du pastoralisme et des Pyrénées. Dans le débat, j’ai trouvé Gérard Dubuc hésitant, tant sur les déclarations de Philippe Lacube que sur les prédations ou les raisons qui auraient pû pousser les éleveurs à tuer deux ours.Gérard Dubuc : «Nous ne demandons pas que les ours existant soient enlevés, nous demandons que les ours existants soient gérés ...» Sans plus d’explications. On y apprend que la chauve-souris «obtient grâce à ses yeux», non pas parce qu’elle est en voie de disparition, mais parce qu'il (l'animal en danger de disparition) «n’est pas dangereux et perturbateur des activités des hommes. Les activités des hommes, pour moi, c’est là l’essentiel. Est-ce qu’il faut à grands frais, réintroduire des ours (...) on nous dit que pour que la population d’ours soit viable, il en faudrait 150 sur le territoire. Si on multiplie les chiffres de Monsieur Arcangeli par 150, cela fait beaucoup... »
Première erreur de calcul. Voilà que Gérard Dubuc veut multiplier les dégâts de plus ou moins 20 ours par 150 au lieu de par 7,5. J’espère qu’il ne calcule pas ainsi le budget communal de Saint-Lary. Mais François Arcangeli retourne l’argument sur le fond et pas sur les chiffres : «Oui, mais la réalité vous donne tord : la population a augmenté ces dernières années et la prédation baisse. C’est bien la preuve que ce n’est pas du tout linéaire, que la protection des troupeaux est efficace (... ) »
Le journaliste de "La voix est libre" aborde alors l’opinion des hommes et les sondages. Les deux maires qui sont séparés par 5 kilomètres ont des visions opposées des résultats, ce qui ne surprendra personne. François Arcangeli : «A Saint Lary, il y a beaucoup de dégâts et de notre côté, il y en a beaucoup moins. Alors de deux choses l’une : soit les ours sont extrêmement taquins au point de considérer quand ils arrivent sur la crête de Cornudère, et ils disent oh la ! Là on va arriver du coté de Mr le maire d’Arbas, on ne touche pas aux brebis ; ou alors, l’autre explication plus rationnelle cela serait peut-être de considérer que d’un côté il y a un certain nombre d’éleveurs qui ont mis en place des actions de protection et que cela fonctionne et que de d’autres, d’un point de vue plus dogmatique refusent de mettre en place ces actions et donc effectivement subissent les prédations d’un ours qui a toujours, qu’il soit pyrénéen ou pas, fait des dégâts dans la montagne? »Outre que les images sanglantes de la Dépêche qui jouent sur l’affectif me viennent à l’esprit, une autre idée me vient en tête immédiatement, la voici, il suffit de changer quelques mots...
«L’image du berger est irrationnelle dans la mesure ou on veut jouer sur l’affectif des gens et qu’on écarte la raison et les constats de terrain qui sont accablants pour le pastoralisme en crise dans les Pyrénées. Vouloir livrer les Pyrénées à quelques centaines de milliers de bêtes domestiques sur nos territoires, cela veut dire le repli ou la disparition de la population d’ours, l'abandon des engagements de l’État et des espèces protégées.» Un argument que l'on retourne aussi facilement me semble bien creux.
François Arcangeli explique alors qu’il est autant sur le terrain que Gérard Dubuc, que les mesures de protection permettent de diminuer les prédations, toutes causes confondues de 90%. « Aujourd’hui on est devant le paradoxe qu’il y a dans les Pyrénées moins de pertes sur les troupeaux qu’avant le retour de l’ours, parce que les éleveurs qui ont mis en place des actions de protection ont tellement moins de pertes que les 123 brebis tuées cette année par les ours sont largement compensées par les autres. » Pour les autres, ceux qui refusent de se protéger, les pertes s’additionnent d’où l’effet de la goutte qui fait déborder le vase et le rejet «irrationnel» et aveugle du plantigrade qui perdure depuis plus de 10 ans.François Arcangeli termine alors sa démonstration : «La vraie question, et Monsieur Dubuc le sait, ce n’est pas le nombre de brebis qui sont tuées par les ours chaque année. Le vrai problème, c’est les conditions de vie et de travail des éleveurs de montagne qui font un métier difficile. Il suffit de regarder les chiffres. Les éleveurs, quand ils ont 100 euros de bénéfice, à la fin de l’année, ils reçoivent 200 euros de primes. Ils sont dans un tel état de difficultés financières que, quand ils travaillent toute la journée, toute la richesse qu’ils produisent par leur travail paie les dépenses et que la moitié des primes qu’ils reçoivent continuent de payer les dépenses et il ne reste plus que la moitié des primes pour vivre. Et ce sont des primes environnementales. Donc il faut bien que quand on accepte des primes...» Le journaliste le coupe et Gérard Dubuc refuse alors de lier les primes à l’environnement, «un mélange des genres», selon lui. Les éleveurs n'aiment pas qu'on dise qu'ils acceptent bien les primes..)
Gérard Dubuc regrette que l’ASPAP n’a pas encore été reçu par Chantal Jouanno. Des regrets qui me semblent bien aveugles : faut-il rappeler les différents boycotts, le dossier explosif des «mensonges de l'Etat» jeté par Philippe Lacube à la tête du tribunal et tous les autres refus du dialogue. N’y a t-il pas lieu pour l’ASPAP de changer d’attitude et de devenir plus responsable de ses actes, plus rationnel?
Gérard Dubuc : «L’ASPAP n’a pas encore été reçu, on ne sait pas si on le sera. Si nous ne devions pas être reçu, nous ferions le constat que ces associations, dont je suis un des représentant ici, n’est pas reconnu par le gouvernement comme étant un interlocuteur (..., il devient brouillon) Je demanderais à Chantal Jouanno si elle nous fait l’honneur de nous recevoir, qu’il faut interrompre cette action de réintroduction des ours. »
Chantal Jouanno doit désespérer; elle pourrait elle aussi regretter de «ne pas avoir été entendue», mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Dans la sensationnelle interview de la secrétaire d’Etat par Thierry Sentous (lire : Thierry Sentous interviewe Chantal Jouanno : Quand on pense Pyrénées, on pense ours, elle avait pourtant déclaré «On maintiendra la population d’ours. Nous poursuivons le plan qui est engagé et qui a toujours existé. La France ne renonce pas à ses engagements internationaux (…) La population d’ours est dans un état tellement faible que s’il n’y a pas d’opération de renforcement, à terme, elle ne se maintient pas ! C’est très clair (…) la pause, elle a eu lieu en 2006, parce que depuis 2006, il n’y a pas eu de réintroduction d’ours. (…) Le sujet n’est pas de dire moratoire ou pas moratoire. De toute façon, je suis contre le moratoire, cela n’amène à rien, cela ne fait que reculer le problème pour attendre que le suivant le gère. C’est très exactement cela la logique d’un moratoire. Il n’y a pas de logique de moratoire. C’est la logique du comment, qu’est ce qu’on fait et comment on le fait.”
Inutile de dire qu’avec une telle obstination, l’ASPAP va encore se plaindre de sortir bredouille de son entretien et nous aurons droit à des “nous ne sommes pas entendus” ou “on méprise les éleveurs, je ne réponds plus de leurs actes” etc. Toujours plus de la même chose qui ne marche pas.
François Arcangeli demande lui : «que l’Etat assume ses obligations et que l’on poursuive l’opération de maintien des ours dans la montagne et je regrette malgré tout une nouvelle fois que l’on ne puisse pas engager le débat sur le fond : la vraie question qui se pose à nous, ce n’est pas de savoir si on est pour ou si on est contre, c’est de savoir comment on fait pour que les choses se passent mieux et tant que vous refuserez ce débat, dans les montagnes, et bien, vous resterez dans cette situation d’échec qui est la vôtre depuis 10 ans.»
Un débat utile.
Baudouin de Menten sur 10 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, ARCANGELI François, ASPAP, DUBUC Gérard, Pays de l'ours - ADET | Lien permanent | Commentaires (1)
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Un "collectif du 31 octobre 2009" a publié dans trois journaux : Sud-Ouest Béarn et Soule, La République des Pyrénées et l'Eclair des Pyrénées, un texte en faveur de l'ours. Ce collectif citoyen s’est mobilisé, en dehors des associations, pour sauver l’ours des Pyrénées à l'occasion du cinquième anniversaire de la mort de l'Ourse Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne.
Le journal aurait retiré du texte publié le mot «lâcheté». Ce collectif, dont j'ignore encore presque tout sauf qu'en fait partie Yvan Puntous, un des anciens responsables de l'association AMOPYC possède une adresse de contact (contact at collectifdu31octobre2009.net). Les présentations suivront j'imagine.
«Collectif du 31 octobre 2009»Baudouin de Menten sur 02 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009 | Lien permanent | Commentaires (0)
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Patrice Sanchez interroge l'Association Sépanso-Béarn.
Article paru dans le journal Sud-Ouest
HAUT BÉARN - 5 ans après la mort de Cannelle, les écologistes attaquent de nouveau les chasseurs
Epaulés par leur fédération, les associations de chasseurs d'Urdos et de Borce reprendront le chemin du tribunal de grande instance de Pau le 16 novembre, dans le cadre d'une procédure civile. Ils devront s'expliquer sur le fondement de l'organisation de leurs territoires mis en réserves dans le but de sauvegarder les espèces protégées. Dont l'ours.
Le Code de l'environnement prévoit que 10 % des espaces naturels ne doivent pas être ouverts à la chasse. Dans quelle mesure est-il ou non respecté ?
À l'origine de ce nouveau bras de fer : la Sepanso, dont les membres dénoncent la validité des périmètres déterminés. « Selon nous, les associations de chasses d'Urdos et de Borce ne possèdent pas les documents officiels, approuvés par le préfet, prouvant l'existence des réserves en question », explique Jean Lauzet, un des spécialistes de l'ours en Béarn.Responsabilité
Dans la même veine, un autre recours a été déposé devant le tribunal administratif. Il vise cette fois les associations communales de chasse agréées de Laruns en vallée d'Ossau, et d'Etsaut en vallée d'Aspe. La Sepanso reproche au préfet d'avoir avalisé l'intégration des réserves de chasse dans la zone du Parc national. «Or, il est déjà interdit de chasser dans le Parc national. Nous demandons que les périmètres de protection soient déplacés là où l'on sait que l'ours ne se rend pas.»
«Il faut que les chasseurs évoluent dans leurs pratiques», ajoute François Ruffié, l'avocat de la Sepanso. «La montagne ne leur appartient pas. On fait appel à leur responsabilité individuelle et collective. S'ils ne parviennent pas à s'autogérer, ils s'exposeront, un jour, à une interdiction totale de chasse. Tel n'est pas notre objectif.»
Le président de la société de chasse d'Urdos n'en revient pas. «Je comprends les arguments des écologistes. Mais pourquoi n'attaquent-ils pas plutôt l'État qui n'a rien trouvé à redire au moment de la création de l'association en 1977 ? À l'époque, contrairement à ce que pense la Sepanso, le préfet a approuvé nos statuts. Je ne vois pas pourquoi les anciens auraient triché. C'est une histoire de fou. Autour de 60 % de la commune d'Urdos se trouvent dans le Parc national. C'est quand même énorme comme espace protégé. Notre territoire de chasse représente 1 600 hectares. Ils veulent finalement nous interdire de chasser partout.»
Le président de la fédération de chasse, Bernard Placé, dénonce, de son côté, «l'acharnement» des écologistes en général et de la Sepanso en particulier. «J'ai cru pendant longtemps que nous pouvions discuter et travailler ensemble. Tel n'est pas le cas. Ils sont dans une logique destructrice. Quand le Parc national a été créé, l'État a englobé les territoires qui étaient déjà classés en réserves. Ce même État n'a jamais bougé. On ne comprend pas.»Un million d'euros
À la Sepanso, Jean Lauzet ne dit pas non plus le contraire. À ses yeux, la France a de quoi rougir de sa politique à l'égard des espèces protégées dans les Pyrénées. C'est aussi la raison pour laquelle une procédure a également été engagée contre l'État. La Sepanso lui réclame ainsi un million d'euros de dédommagement pour la perte de Cannelle (300.000 euros à l'Institution patrimoniale du haut Béarn : IPHB) et le non-respect de conventions internationales.
D'autres plaintes sont aussi en cours à l'échelon européen non seulement à l'initiative de la Sepanso mais aussi du Fiep (Fonds d'intervention écopastoral) ou de Férus. «Elles visent à obtenir le renforcement de la population d'ours et la mise en place de mesures de protection spécifiques qui n'existent pas aujourd'hui», commente Jean Lauzet. «Dans ces affaires, on constate que l'on ne doit rien du tout à l'État français. À chaque fois, ce sont les associations qui font avancer les choses. Soit en le poussant directement à agir. Soit en saisissant la justice. Dernier exemple avec les recours contre les arrêtés du préfet sur les périodes de chasse. La Sepanso a obtenu l'interdiction de la chasse quand l'ours est susceptible d'être actif dans certains secteurs d'Aspe ou d'Ossau. La même action est d'ailleurs entreprise en Ariège.»Remplacer les femelles
«Aujourd'hui, la population d'ours dans les Pyrénées est de quinze individus. Il en faudrait le double si l'on s'en tient au plan de restauration initial», indique pour sa part Jérôme Houillon, du Fiep. «On pense que des lâchers massifs ne sont pas une bonne solution. Ils poseraient des problèmes. On demande donc une ou deux réintroductions par an. La suite doit dépendre du niveau de reproduction. Le plus urgent est de remplacer les deux femelles abattues : Claude en 1994 et Cannelle en 2004». Même si les préconisations des scientifiques portent plutôt sur une implantation de six femelles dans les Pyrénées occidentales.
Un seul ours en Béarn
Les chiffres sur la présence d'ours en Béarn ne font pas l'unanimité. Officiellement, on en compte quatre : Néré, Aspe-ouest, Camille et le petit de Cannelle. À la Sepanso, Jean Lauzet n'y croit pas. Pour lui, Néré serait le dernier à évoluer chez nous. Âgé d'une trentaine d'années, Camille pourrait être mort de vieillesse. Le fils de Cannelle semble être du côté de Cauterets. Aspe Ouest passerait le plus clair de son temps en Espagne.
Auteur : Patrice SanchezBaudouin de Menten sur 02 novembre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Béarn, IPHB Institution Patrimoniale du Haut-Béarn, Justice, LAUZET Jean, Ourse Cannelle , SEPANSO Béarn, Sud Ouest | Lien permanent | Commentaires (0)
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2010 Année de la Biodiversité : l’Etat français abandonne l’ours brun
Novembre 2004 : Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, tombe sous les balles de René Marquèze.
Novembre 2009 : 5 ans après, triste bilan. Où en est l’ours en France ?
Un collectif d'associations demande l'intervention de la Commission Européenne pour maintenir une population d'ours viable
En 1981, la France lançait « le plan ours » pour sauver l’espèce de l’extinction. Le 3 novembre 2004, le Président de la République Jacques Chirac, ému par la nouvelle, annonce au Conseil des Ministres que la disparition de Cannelle est une grande perte pour la biodiversité en France et en Europe.
Mais la France, soucieuse de ménager les lobbies menaçants opposés à l’existence de l’ours (chasseurs, éleveurs, promoteurs et aménageurs), ne s’est nullement donné les moyens de défendre sa cause. Malgré les promesses de restauration des populations et les programmes de réintroductions au compte-goutte de 1996 et de 2006, la population ursine dans les Pyrénées françaises est toujours à l’agonie.
Nous dénonçonsNous demandons
Depuis de trop nombreuses années, l’État français s’arrange pour faire disparaître une espèce menacée en faisant croire qu’il la protège. Aujourd’hui, nous demandons au Conseil des Communautés Européennes d’ouvrir une enquête et de mettre la France face à ses engagements communautaires.
2010 est l’année que s’est fixée la Communauté Européenne pour faire le point sur l’état de la Biodiversité, en espérant constater le ralentissement de sa dégradation.
A cette occasion, il est du devoir de tous de briser les murs du silence et les langues de bois. La France n’aura aucun droit, aucune légitimité à s’ériger en modèle. Les engagements pris ne sont pas respectés. Les espèces continuent à décliner, les habitats à se réduire, en raison de décisions visant à préserver ou accroitre les intérêts corporatifs au détriment des aspirations majoritaires des citoyens.
Il est du devoir des commissaires européens en charge de la biodiversité d’exiger de la France qu’elle respecte les obligations qui lui sont faites, pour lesquelles elle a adhéré aux programmes de conservation et protection, et pour lesquelles elle reçoit des aides financières.
Il est du devoir des citoyens des pays de la communauté européenne de soutenir les initiativesBaudouin de Menten sur 29 octobre 2009 dans 2010 Année de la Biodiversité, Actualités ours des Pyrénées 2009, Ourse Cannelle | Lien permanent | Commentaires (1)
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A la veille du 5ème anniversaire de la mort de Cannelle tuée par un chasseur le 1er novembre 2004, Chantal JOUANNO a reçu, le 26 octobre 2009, le président du FIEP Groupe ours Pyrénées, Gérard Caussimont, en compagnie de sa directrice de cabinet et du directeur général de la nature.
Le Président du FIEP a insisté sur :
Le besoin de prendre des mesures connues pour protéger les sites vitaux des ours, leur vie contre des tirs au cours de battue aux sangliers, cause de mortalité importante de l’espèce :
La secrétaire d’état et les membres de son cabinet ont affirmé au président du FIEP les grandes orientations indiquées aux médias il y a quelques jours en précisant que des décisions seraient prises avant la fin 2009.
Le «moratoire» 2006-2009 prendrait fin, le plan serait continué avec des lâchers quand il faudra pour éviter la disparition. La décision d’où, quand, comment n’est pas encore prise car la secrétaire d’État veut terminer une série de consultations en cours.
La volonté est de banaliser la gestion de cette espèce, avec moins de médiatisation pour les renforcements. La secrétaire d’état a bien perçu l’extrême urgence de remplacer les femelles tuées en Béarn afin d’éviter la dispersion des mâles encore présents ce qui reviendrait à la disparition du noyau occidental franco-espagnol et hypothèquerait l’avenir d’une population viable dans le massif. La secrétaire d’état a affirmé aussi sa volonté de s’appuyer localement sur les gens favorables à l’ours et à tout projet de soutien au pastoralisme de montagne et aux activités de développement durable.
Ces déclarations laisseraient penser que le Secrétariat d’état à l’Ecologie va peut être sortir d’une «hibernation» de trois ans sur le thème de la conservation de l’ours brun.
Le FIEP attend des actes concrets, par exemple remplacer Cannelle et Claude, c'est-à-dire appliquer le 2ème contrat de charte de l’IPHB et tenir les engagements pris par les divers partenaires à l’époque. En attendant, les plaintes auprès de la Commission européenne et du secrétariat de la Convention de Berne suivent leur cours.
Source : FIEPBaudouin de Menten sur 27 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, FIEP Fonds d'Intervention Eco-Pastoral, JOUANNO Chantal, Ourse Cannelle | Lien permanent | Commentaires (0)
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Des taupes dans les Pyrénées
Dans un communiqué de presse, le bureau de l’ASPP 65 informe que par arrêté ministériel du 16 août 2009, Marie-Lise Broueilh a été évincée du conseil d’Administration du Parc National des Pyrénées.
Marie-Lise Broueilh avait été nommée au conseil d’administration le 15 juillet 2009 par un arrêté de nomination pris par le Ministère sur proposition du Préfet. Cela n’avait pas manqué de faire réagir les associations de défense de l’environnement et posait la question de l’avenir de l’ours brun dans le Parc National des Pyrénées.
L’ASPP 65 (Hautes Pyrénées) est une association de défense du pastoralisme, une association agricole qui essaie de se faire passer pour une association de défense de l’environnement. Ce qui ne trompe évidemment personne. L’organisme qui fédère les associations de protection de l’environnement en France : "France Nature Environnement" a bien évidemment réagit face a cette tentative de faire rentrer un "cheval de Troie" anti-ours, dans ce cas, une jument opposée a toute mesure environnementale, dans le Parc National des Pyrénées.
Deux mois après le premier, un arrêté modificatif était pris pour retirer Marie-Lise Broueilh de la compétence environnementale et la placer dans la case "agricole" ce qui était sa place naturelle, vu ses activités.
La bouillonnante présidente de L’ASPP 65, proche de Philippe Lacube, qui se croyait déjà dans la place a, suite à cela, entamé une action en référé devant le tribunal administratif de Paris pour récupérer son strapontin. Le jugement devrait intervenir prochainement, le 27 octobre avant d’être traité au fond plus tard. Le 16 octobre, un troisième arrêté vire Marie-Lise Broueilh du CA du Parc des Pyrénées. Les deux places qui étaient destinées aux associations environnementales vont donc effectivement revenir à des associations dont l’objet social est la défense de l’environnement (Unimate 65 Nature Midi-Pyrénées et FNE MP). Les choses rentrent donc dans l’ordre et Marie-Lise Broueilh sort du PNP.
Dans une récente interview, Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat à l’Environnement a remis les choses au clair sur l’engagement de la France pour sauver l’ours des Pyrénées. Thierry Sentous a bien essayé de couper les propos peu favorables aux desseins des opposants au plantigrade, mais la diffusion de l’interview complète a permis de découvrir que Chantal Jouanno comptait maintenant rencontrer les acteurs afin de fixer "où, quand et combien d’ours" devront être réintroduits pour maintenir une population viable d’ours dans les Pyrénées.
Le nuage de sauterelles que la buvette prévoyait sur la tête de la ministre suite à cette interview est bien arrivé. Louis Dollo sur Tarbes-Infos.com y voit «des grandes manœuvres». Lire : Marie-Lise Broueilh évincée du CA du Parc National
Mais qui a essayé à manœuvrer et a placer ses pionts dans cette histoire? Quelles actions a mené l’ASPP 65 en faveur de l’environnement pour justifier sa respectabilité dans le cercle des associations environnementalistes? Au vu des personnes et organismes qui soutiennent l’ASPP 65, des actions et des communiqués de l’association, il est évident qu’il s’agit d’une association agricole ayant pour unique but la défense du pastoralisme et surtout d’œuvrer à la disparition de l’ours des Pyrénées. Essayer de faire disparaître une espèce protégée du patrimoine animal des Pyrénées n’est pas vraiment un but légitime pour une association qui se voudrait «association de défense de l’environnement». La forfaiture était évidente.
L’échec final d’une longue stratégie
Marie-Lise Broueilh est donc sortie du CA du Parc des Pyrénées à grands coups de bottes. Ce n’est que justice. Il s’agit pour les associations pastorales de l’échec d’une longue stratégie. Pour Louis Dollo, cette radiation est une sortie «sans aucune explication». La Buvette des Alpages va donc la lui donner.
En 2006, les ultra-pastoraux anti-ours mettaient en place une stratégie basée sur la création d’associations. Pourquoi ?
Toutes les associations qui se sont créées :
prévoyaient dans leurs statuts «la défense du patrimoine environnemental». Elles ont commencé à demander des agréments au Ministère de l'Ecologie. En effet, sur un plan purement administratif, elles avaient le droit d’être agréées. De plus, cela leur donnaient le droit de siéger dans tout un tas de commissions locales «dans le massif, les vallées et les territoires», (pour utiliser le language ipéhachebé), là où étaient peu actives les associations environnementales à vision moins locale et surtout l'espoir de partager le gâteau financier.
Je pense que c’est le "guide de pays" qui est à la base de cette stratégie du «cheval de Troie». Il leur a fournit les documents administratifs. Certaines associations pastorales, puisqu’il s’agit bien de cela et pas d’associations environnementales, ont même obtenus des «agréments départementaux». C’est ainsi que l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen, l'ASPP 65 de Marie-Lise Broueilh a été agréée «Association de Protection de l’Environnement» par le département des Hautes Pyrénées. Après l’intégration dans le texte de l’AOC «Barèges Gavarnie» d’une phrase justifiant l’absence de gardiennage des troupeaux, une nouvelle étape était franchie, cette fois-çi pour introduire des associations, des «taupes» pastorales dans le milieu des défenseurs de l’Environnement.
On était en 2006. En 2008, deux ans plus tard, toutes les commissions devaient changer de mains. La composition du CA du Parc National des Pyrénées devait être revue par la nouvelle loi et les places pourraient être ainsi bousculées. L’idée était d’installer les associations pastorales pour qu’elles puissent influer sur la nouvelle charte établie par les collectivités locales concernées, comme pour les PNR et pour qu’elles puissent siéger comme représentantes du mouvement écologiste et des associations environnementales. Des défenseurs de l’environnement issus des éleveurs de brebis anti-ours ! Le cheval de Troie entrait dans les murs de la forteresse qu'ils rêvaient de prendre, obnubilés qu'ils sont par le noyautage des ministères par la "mouvance" écologiste qui bien sûr organise un grand complot dans l'ombre.
C’est ce qui s’est passé pour l’ASPP 65. La stratégie de l'ancien comptable qui est membre de l’ASPP 65 a presque réussit, mais la ficelle était quand même grosse : des sièges destinés aux représentants de l’écologie occupés par les associations pastorales. La DIREN et les «escrolos» allaient donc voir leur influence, voir même leur existence remise en cause dès 2008. Le partage du gâteau financier réorienté vers les éleveurs de brebis devant provoquer, ils l’espéraient, des problèmes financiers et le licenciement du personnel associatif.
Marie-Lise Broueilh participant à une réunion du CA du Parc National des Pyrénées. Cherchez l'intrus. (Dessin de F'Murrr, extrait de la BD Le Génie des Alpages. C'est fou ce qu'il y a moyen d'illustrer de sujets avec F'Murrr.)
C’est à cet objectif qu’étaient destinées toutes les créations sémantiques de Bruno Besche-Commenge, le linguiste : verdir le discours des associations pastorales. Faire passer la rhétorique anti-environnementale de l’ASPP 65 pour de la «Biodiversité à visage humain». C’est cela qui a fait capoter cette tentative d’infiltration, le «storytelling» ou machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits du discours de l’ASPP 65 n’était pas au point.
Remarquez que cette stratégie n’a pas été appliquée que dans les Hautes Pyrénées; elle l’a été aussi en Ariège et dans les Pyrénées catalanes ou une «charte» était en cours d’élaboration.
Pour passer pour une association environnementale, le discours devait suivre, se peindre en vert et dissimuler les intentions profondes hostiles des associations. Ce n’était pas le public qui devait être trompés : impossible, les français ne sont pas dupes; mais par contre, le discours était utile aux politiques qui devaient participer à l’infiltration du système et à la mise en place de «taupes» dans les commissions départementales. C’était la tâche de Bruno Besche-Commenge. Vous pouvez relire à ce sujet les analyses de Farid Benhammou, de Marc Laffont, de Stéphan Carbonnaux et de la Buvette :
Le décalage entre le discours et la réalité était énorme.
Le boycott du Groupe National Ours des Pyrénées (GNOP)
Outre cette stratégie de «la jument de Troie», les ultra-pastoraux ce sont aussi opposés à la mise sur pied du Groupe National Ours des Pyrénées, le «GNOP» ! Les têtes pensantes de l’ASPP 65 ont échangés des informations avec Laurent Garde du «Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales des Alpes Méditerranée» CERPAM.
Laurent Garde est connu pour son étude sur les dégâts des chiens errants, dégâts qu’il, vu son opposition aux prédateurs, avait intérêt à minimiser pour charger un peu plus le loup. Le CERPAM a été créé en 1977 à l’initiative des Chambres d’Agriculture de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, est financé par le Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, par l’Etat, l’Union Européenne, les Conseils Généraux, les collectivités locales et les Chambres d’Agriculture.
Pour Laurent Garde, la création du GNOP, si elle devait servir à accompagner de nouveaux lâchers d'ours, était à rejeter absolument, par contre s’il elle devait servir à maintenir, à «gérer l’existant», qui de toute façon, vu les «accidents» de chasse réguliers, avait une furieuse tendance à décliner, cela serait par contre «à réfléchir». Pour Laurent Garde, l’opposition farouche à l’ours des associations pyrénéennes était plus payante que la volonté des alpins à discuter.
Laurent Garde était donc pour les pyrénéens une taupe au Groupe National Loup déjà avancé, un indicateur, un spécialiste de la négociation qui profitant de sa participation au Groupe Loup, les tuyautait sur le fonctionnement du groupe, les erreurs à ne pas commettre, pour un éventuel groupe Ours, et sur les prises de positions et stratégies du ministère. Il ne fallait absolument pas que les éleveurs pyrénéens mettent le doigt dans le mécanisme d’un groupe Ours, d’où sans doute, le boycottage (un mode d’action habituel) du GNOP par les associations pastorales.
Il était indispensable d’obtenir, avant d’accepter une participation au GNOP, l'abandon officiel de nouvelles réintroductions. Ce qui, vu le contenu des rapports BINET-ESCAFRE ( Évaluation à mi-parcours du plan de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009 et Évaluation ab initio du plan de soutien à l'économie agro-sylvo-pastorale pyrénéenne 2006-2013) ne s'est pas produit.
C’est ainsi que l’ASPP 65 a fait savoir officiellement à Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) qu’il refusait le terme de «groupe ours», proposant le terme de «Commission consultative sur le développement durable des Pyrénées» plus en accord avec le nouveau langage verdâtre de l’association. Il fallait utiliser les structures départementalisées, dont l’ASPP, fraichement labellisée «association environnementale» ; il était important d’avoir une vision globale, qui dépasse «le seul animal emblématique», reconnaissant ainsi implicitement ce statut à l’ours, statut qu’il ne peuvent plus nier.
D’autre part, en adoptant le vocable de «Développement Durable», l’ASPP 65 imposait le droit de ne pas parler que «d’écologie» ou du pilier Environnement du DD avec l’État et les interlocuteurs strictement écologistes, mais aussi de faire participer des partenaires sociaux et économiques, les élus des vallées qui sont favorables aux thèses des anti ours, des communes, gestionnaires d’espaces, agriculteurs, conseils généraux et régionaux, CCI, CA, Chambre des métiers, etc.
Le «greenwashing» de leur discours permettait de changer totalement d’équilibre dans le dialogue, du moins le croyaient-ils. Pour eux, cela aurait été tout bénéfice. Seul manquait l’aspect éthique dans le concept du Développement Durable, aspect qu’ils rejettent bien sûr, vu l’incompatibilité entre leur cause : la disparition désirée de l’espèce, et la défense de l’environnement. Le mensonge et la tromperie ne relève pas de l'équité.
Pour les ultra-pastoraux, Il était indispensable que chaque association de l’ADDIP participe au GNOP pour justifier les différences de pratique pastorale d’un bout à l’autre de la chaîne. Ils étaient inquiets car le caractère «national» affiché du GNOP (et non strictement pyrénéen), sous-entendait que des associations nationales comme FERUS, association ennemie, devaient y siéger. Impensable. S'ils pouvaient, seuls ceux qui pensent comme eux, les "valléens", ceux "du massif" participeraient, les autres étant contaminés par les influences écologistes, citadines ou parisienne.
Bruno Besche-Commenge pensait qu’il fallait «arrêter de parler des ours», que les associations environnementalistes voulaient réduire les associations pastorales à ce seul sujet, d’où le création du GNOP. Le théoricien de l’opposition pastorale préférait prendre les écolos à contre pied sur leur propre terrain en développant le concept de «la biodiversité à visage humain» et en parlant de «développement durable». Il était convaincu qu’ils en savaient au moins autant que la ministre sur le dossier de l’ours, du loup, des Pyrénées, de l'écologie, du DD etc.
Louis Dollo, la fleur au fusil (à la souris?), comme le général avant la bataille, était convaincu que les éleveurs n'avaient même pas conscience de la force qu'ils pouvaient représenter. Les têtes pensantes allaient s’occuper des dossiers et de la défense des éleveurs devant la cour européenne pendant que les éleveurs rentraient les foins. Ils espéraient que "la France allait perdre face aux éleveurs". C’est l’échec d’une stratégie, Chantal Jouanno, vient de le montrer.
De cela, la Buvette des Alpages prévoit une nouvelle poussée de «colère des Pyrénées», de nouveaux boycotts, de nouvelles sorties de «demoiselles». La stratégie ne marche pas, qu’importe. Nous allons avoir droit à «toujours plus de la même chose». Le pastoralisme pyrénéen aveugle fonce dans le mur, tête baissée en chantant Montagnes Pyrénéé-euh...Ces montagnes
Qui sont si hautes
Elles m’empêchent de voir
Où sont mes amours
Baissez-vous montagnes
Plaines haussez-vous
Pour que je puisse voir
Où sont mes amours
Ces montagnes
Tant s’abaisseront
Que mes amours
Apparaîtront
Ces montagnes
Qui sont si hautes
Elles m’empêchent de voir
Où sont mes amours
Longue vie à la population d'ours des Pyrénées!
Baudouin de Menten sur 24 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, ADDIP, ADIP Défense de l'Identité Pyrénéenne, ASPAP, ASPP 65, BESCHE-COMMENGE Bruno, BROUEILH Marie-Lise, Bêêêêst of de la Buvette des Alpages, CERPAM, de MENTEN Baudouin , DOLLO Louis, GARDE Laurent, JOUANNO Chantal, KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie, Ours des Pyrénées - Groupe National Ours, Pastoralisme - Biodiversité, Pastoralisme - Ultrapastoraux, Rhétorique anti-environnementale | Lien permanent | Commentaires (16)
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Thierry Sentous est un journaliste spécialisé en aéronautique de France 3 région Midi-Pyrénées.
Il est l'ancien maire de Seilhan, une petite commune du piémont
pyrénéen, et vice président de la communauté de communes du Haut Commingesl.
Thierry Sentous attaque sur les déclarations de Philippe Lacube qui affirmait que deux ours ont été tués en Haute ariège. Le
journaliste sait, on lui a dit la vérité, il est proche des anti-ours et il
dispose des détails de l’information, il l'avoue. Dans les Pyrénées et en Ariège, c’est L’omerta,
la police, les enquêteurs et Chantal Jouanno ne savent sans doute pas, mais qui sait. Thierry Sentous
cherche sans doute à savoir ce qu’elle sait…
Thierry Sentous : “S’il s’avère que c’est un acte
volontaire…”
Chantal Jouanno réagit de suite, elle désire réprimer,
porter plainte : “Il n’y pas de sous justice pour çà" (les meurtres d’ours, très
consciente que les éleveurs croient que la sous-justice, ou l’absence de justice,
l’impunité s’est installée. “Chaque ours tué doit être remplacé, sinon on donne
une prime à ceux qui tuent les ours…”.
Thierry Sentous : “tuer un ours, c’est un geste très
fort qui révèle une très forte opposition locale… , on sent chez la population
une hostilité persistante, il y a
eu des sondages qui montrent qu’il y aurait une majorité favorable, mais en
incluant les grandes villes qui sont souvent loin du massif…” Elles bougent les
grandes villes ? Puis Thierry Sentous essaie d’imposer sa vérité, qu’il sort d’où
? Mystère, pourtant il est affirmatif : “Si on ne prend que la population
vivant dans le massif, il y a une
forte hostilité, comment compter vous régler ce problème ?… ” A un moment, je
me suis dit, ce n’est pas possible, c’est Louis Dollo qui interviewe Chantal
Jouanno !
Chantal Jouanno : “Si on prend ceux qui vivent en montagne : il y a une adhésion
à l’ours! (…) Le pastoralisme a des difficultés qui ne sont pas liées à l’ours,
des difficultés structurelles plus importantes, ça, c’est un autre sujet.. Il
ne faut pas mélanger les deux…” Quant aux chasseurs : “C’est certains chasseurs
(sous-entendu qui s’opposent à l’ours), Il ne faut pas tout mélanger. (…) La
population montagnarde, sur la partie montagnarde adhère à l’ours, un des symboles
fort des Pyrénées. Quand on pense Pyrénées, on pense ours ! “
Thierry Sentous, déconfit : “Et pourtant ceux qui
vivent dans le massif …”, puis il réduit le “ceux” à ceux qui sans doute lui ont
“commandé” cette interview, en tout cas il exprime sa pensée, très proche de
celles des anti-ours: “… notamment les éleveurs, les bergers (les autres ne
vivent-ils pas dans le massif ?) restent résolument hostiles à la présence de
cet animal (ce n’est pas à la réintroduction qu’ils en ont, c’est à sa présence,
son existence, sa survie.) Il continue : ”Ce ne sont des populations pas forcément
majoritaire (il le reconnait) mais qui sont clés, elles aussi représentatives
du massif (il les met en opposition avec le symbole de l’ours, faché que l’ours
soit associé au mythe, au symbolique, à l’histoire des Pyrénées), à travers l’activité
du pastoralisme.”
Puis Chantal Jouanno défend le pastoralisme et explique sa politique pour le
pastoralisme : “Il suffit d’avoir des dispositifs de sécurisation autour des
troupeaux pour éviter les attaques. (…) L’essentiel des prélèvement sur les
troupeaux sont liés à des chiens. Il y a beaucoup d’autres causes. L’ours n’est
pas la cause de prélèvement majeure. Cela veut dire qu’il y a d’autres problèmes
à régler avant.”
Là, Thierry Sentous pose une question ahurissante de
mauvaise foi : “Vous avez le sentiment de continuer à payer les pots cassés de
l’opération de Nelly Olin, de réintroduction d’il y a 4 ans, avec ses paroles
parfois un peu malheureuse vis à vis de la population ? C’est quelque chose qui
remonte beaucoup de la part de “ces populations”! (Ce n’est plus une question,
il devient militant en disant celà, plus journaliste. Il est parvenu à placer
ses “pots cassés“, formule qu’il espérait choc. Pour lui, la population se réduit
toujours aux éleveurs opposants. Le reste des Pyrénées ne compte décidément
pas pour les opposants, ils sont considérés comme des étrangers, comme ceux des
grands villes qui votent oui à l’ours dans les sondages. Seuls comptent “les
habitants du massif”, les valléens aurait dit Jean Lassalle quand il parle ipéhachebé.)
Chantal Jouanno
: “L’ours est quelque chose qui doit valoriser, qui doit aider les Pyrénéens.”
Alors qu’elle dit “qu’une montagne sans pastoralisme se referme”, il est furieux de voir qu’il n’obtient
pas les réponses espérées. Alors il enchaine sur le mot “referme”, une autre obsession
des anti-ours : “Une montagne sans pastoralisme est une montagne qui s’enfriche
et qui devient impraticable, même pour le tourisme.” Chantal Jouanno aquiesce, je ne suis pas sûr qu'elle en soit convaincue, sans doute
prise de court, et alors Thierry Sentous capitalise “Tout le
monde est d’accord sur ce constat” (Une généralisation abusive de plus : l’imprécision,
la généralisation, la stigmatisation sont les armes des manipulateurs.)
Thierry Sentous : “Vous savez aussi que le pastoralisme en montagne, surtout autour des
ovins (Ouah! Une nouvelle notion : le pastoralisme autour des ovins, à replacer) est une
activité dont l’équilibre économique est extrêmement précaire, voire en déséquilibre chronique ”. Ce que
tout le monde sait depuis longtemps, sauf eux. Il suffit de relire les analyses
économiques de Marc Laffont dont : le point sur la filière ovine : octobre 2009.
“Le fait de rajouter un problème supplémentaire,
avec la présence de “fauves” (ce n’est pas un mot neutre pour un journaliste,
un mot au hasard) comme les ours n’est-il pas contradictoire avec cette nécéssité
de sauvegarder ce patrimoine paysager (là Thierry Sentous mélange tout : paysage et pastoralisme,
patrimoine, ours et sauvegarde…) qui est garant de la stabilité du terrain (La
stabilité du terrain ? Parle-t-il des avalanches? Sans pastoralisme, les Pyrénées
se transforment-elles en plaines?) et de la beauté des paysages (Sans
pastoralisme, les Pyrénées sont laides, en plus d’être plates et effondrées, tous les stéréotypes de la rhétorique ultrapastorale y passent.)
J’imagine Thierry Sentous avec un T-shirt noir "Un ours en liberté, des hommes en danger" et son
bérêt, vissé sur la tête . Chantal Jouanno ne se laisse pas démonter par les
envolées lyriques de Thierry Sentous : “On ne rajoute pas un problème, les ours
font partie des Pyrénées. Les ours sont dans les Pyrénées. C’est historique, on
ne rajoute pas quelque chose de nouveau. On n’impose pas une espèce nouvelle
qui n’aurait jamais été une espèce pyrénéenne. L’ours fait partie des Pyrénées,
c’est une espèce qui existe dans les Pyrénées.”
Ce n’est pas ce que Thierry Sentous aimerait entendre,
il semble sonné, contrarié par le discours de Chantal Jouanno qui dément ses
affirmations d’opposant affiché, alors il revient à la charge sur les 2 ours qu’il
sait disparus et sur les informations qu’il a, et qu’elle n’a pas: “Alors,
vous avez dit que les deux, (un blanc... il a une idée) ou l’ours qui a disparu
(soudain, le chiffre deux devient embarrassant puisqu’il faudra les remplacer,
un ours ce serait mieux, alors qu’il sait qu’ils sont deux, il change la portée
de la déclaration de Philippe Lacube…) Si c’est un acte volontaire (comme si ce
ne l’était pas. Un anti-ours rentre chez lui : Tiens à propos, ce matin, en me
promenant, j’ai tué un ours) serait remplacé, c’est une information qui va être
perçue dans les jours qui viennent dans le massif (Thierry Sentous ne sait plus ce qu’il
dit, et fait des phrases sans aucun sens, une information qui va être perçue…
Euh, vous pouvez reformuler votre pensée?). D’un autre côté (en fait, c'est toujours du même, et là il
se fait menaçant) les éleveurs, les bergers, les propriétaires disent “chaque
fois qu’un ours nous posera un problème, on le fera disparaitre” (Qui cite-t-il?
Il faut l’interroger le gars. La loi, il semble l’ignorer, comme les autres.
La voilà la “sous justice” dont parle Chantal Jouanno!)
Chantal Jouanno : “Si les ours posent problème, il y a
des experts qui peuvent effectivement identifier si l’animal a un comportement
dit anormal. Si l’ours tombe tête à tête avec une brebis, effectivement il ets
probable qu’il la tue, ce n’est pas un comportement anormal chez ce type d’animaux,
il y en a bien d’autres qui le font.. on a un protocole qui est prévu,
scientifique, avec les services de l’Etat, bien organisés (…) On maintiendra la
population d’ours. Nou poursuivons le plan qui est engagé et qui a toujours
existé. La France ne renonce pas à ses engagements internationaux.”
Thierry Sentous, encore vif malgré que son interview tourne à la Bérésina, voyant une possibilité de
limiter la portée des mesures de renforcement : “Plutôt maintien que
renforcement si je vous comprend bien?” (Acquiesce s’il te plait Chantal, acquiesce!)
Chantal Jouanno :”Les deux sont liés. Si vous n’avez plus que des mâles quelque part, il n’y a pas maintien de la population. Donc les deux sont liés. (ce qui laisse entrevoir une réintroduction de femelles en Béarn) le renforcement n’est pas une réintroduction, les ours ont toujours été là. La population d’ours sera maintenue dans les Pyrénées et on veillera à ce que se soit une population viable.” Un mot qui a toute son importance quand on connait les études qui parlent des conditions de viabilité de la population d’ours dans les Pyrénées.
Thierry Sentous s’acharne : “Maintenir, cela veut dire
qu’elle n’augmentera pas, vous veillerez à ce qu’elle n’augmente pas, elle se
maintient?” (Quel maladroit, il fait en même temps les questions et les réponses
et espère que cela va passer pour pouvoir faire croire qu’il s’agit des paroles
de Chantal Jouanno. La ficelle est énorme. Il est journaliste ce monsieur
manipulateur ou guide de pays et membre de l’ASPAP?
Chantal Jouanno, visiblement amusée - on le serait à
moins : “Je n’ai pas dit cela. La population d’ours est dans un état tellement
faible que s’il n’y a pas d’opération de renforcement, à terme, elle ne se
maintient pas ! C’est très clair…”
Thierry Sentous, ne sachant plus comment essayer de
remonter le courant des paroles de la Ministre qui ne lui plaisent pas trop : “Est-ce
que vous seriez pour une pause, sur l’année 2010, éventuellement 2011 (Allez s’il
vous plait Madame, et 2012 aussi tant qu'on y est, pour nous faire plaisir à nous, “les habitants
du massif”), sur un moratoire (C’est dingue comme ce journaliste a bien fait
sien le vocabulaire de l’ASPAP et de l’ASPP, “moratoire”, on dirait du Louis Dollo
ou du Bruno Besche-Commenge!) sur la nouvelle vague de réintroduction (quel
cauchemar pour lui). Vous pensez qu’il est urgent de patienter un petit peu? (Et
voilà qu’il rêve tout haut, il lit dans ses pensées et en pleurerait presque.)
Chantal Jouanno, le regard plus pinçant, il exagère maintenant, je me vais te le remettre à sa place : “Mais la
pause, elle a eu lieu en 2006, parce que depuis 2006, il n’y a pas eu de réintroduction
d’ours!”
Thierry Sentous : “Mais en 2010, cela devait
reprendre.” Chantal Jouanno : “Depuis
2006, il n’y a rien qui a été fait, très clairement. (…) Le sujet n’est pas de
dire moratoire ou pas moratoire. De toute façon, je suis contre le moratoire,
celà n’amène à rien, cela ne fait que reculer le problème pour attendre que le
suivant (sous entendu ministre) le gère. C’est très exactement cela la logique
d’un moratoire. (mettre l’ours au frigo, comme BHV, vous suivez? Non, je parie.
Pas grave, Bruxelles Hal Vilvorde) Il n’y a pas de logique de moratoire. C’est
la logique du comment (sa décision est prise), qu’est ce qu’on fait et comment
on le fait.”
Thierry Sentous, soit il ne comprend rien, soit cette
nouvelle frappe tellement dans sa tête qu’il fait semblent d’être sourd : “Est-ce
qu’il y aura de nouvelles réintroduction en 2010 ? Est-ce que vous y êtes
favorable ? Ou est-ce que vous pensez qu’il est préférable d’attendre encore un
peu (il devient risible à quémander une pause.)
Chantal Jouanno, très souriante - elle se marre de plus
en plus : “Je vous dit très exactement et je vous le répête, c’est ce dont on débat
avec les uns et les autres, le où, quand, combien, c’est ce qu’on débat avec
les uns et les autres. Je vous remercie.” Et elle éconduit le pauvre bougre qui
n’est plus qu’une flaque de journaliste sur le parquet du bureau lambrissé. Drame de la montagne à Paris. Le téléphérique fou a encore frappé.
Avec l’intégralité de l’interview, il est maintenant
très clair que le “coupage au montage” avait pour but de minimiser l’annonce d’un
prochain renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées, de dissimuler
les informations qui ne vont pas dans le sens des opposants au plantigrade. Quel sens de l'équité, du travail de pro de la désinformation.
La maladresse du journaliste, sa capacité à ne pas entendre,
écouter et comprendre Chantal Jouanno et sa manie de revenir sans cesse avec ce qu’il a
envie de lui faire dire démontre très clairement que cette interview n’est qu’une
tentative de manipulation grossière.
Chantal Jouanno ne s’est pas laissée prendre. Je
parie mon pantalon que les Dollo, Commenge et les autres grands communicateurs des
ultrapastoraux vont, dans les jours qui viennent, tomber sur Chantal Jouanno comme une nuée
de sauterelles : "La ministre de Paris reste sourde aux voix des vrais habitants de la montagne vivante, de la colère des Pyrénées qui monte. Cette nouvelle provocation, cette absence de concertation, cette mainmise des associations escrolos sur la politique du gouvernement va remettre le feu aux Pyrénées. Les demoiselles en blanc vont ressortir dans la rue, avec le peuple, les chasseurs et les élus, représentants des habitants du massif et bla bla bla ..."
Cette interview ressemble au interview rélalisées sur
Lourdes-Infos ou Tarbes-Infos. A
revoir sur les vidéos du web (tapez Dollo + ours + Tarbes ou Lourdes, vous trouverez. Ecoutez la voix...)
Comment s’appelle ce journaliste de France 3, dont on ne voit pas la tête? J’ai oublié. Oubliez-le. Il ne restera que les paroles fortes de Chantal Jouanno : “Quand on pense Pyrénées, on pense ours."
Remarquez que cette interview au contenu trop favorable au plantigrade ne provoque aucune réaction de la DDM, et des autres canards comme AriègeNews, et autres gazettes toujours rapides à sauter sur l'ours pour augmenter leurs ventes. A la place de l'analyse du fond, la DDL et Kairn Dollo parlent des ariégeois qui auraient compris que deux ours auraient été lâché. Ils ont eu peur parait-il. Chantal Jouanno n'aurait rien promis. L'ASPAP publie "l'intégrale" de l'interview qui ne comporte que les passages qui l'intéressent, ceux du montage bidon. Propaganda.
En savoir plus :
Dans l'Express, j'ai lu que Thierry Sentous avait dit :"Mieux vaut faire de la politique au grand jour, que de le faire caché derrière sa plume." Nous sommes d'accord, vous faites de la politique, pas du journalisme.
Baudouin de Menten sur 23 octobre 2009 dans ACP Association Cohabitation Pastorale, Actualités ours des Pyrénées 2009, JOUANNO Chantal, Ours des Pyrénées - Groupe National Ours, SENTOUS Thierry | Lien permanent | Commentaires (15)
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Deux mois après ces évènements, Chantal Jouanno vient de débuter une série de 11 rencontres avec les acteurs favorables ou bien opposés à la présence de l’ours dans les Pyrénées.
Première annonce : les ours tués seront remplacés.Chantal Jouanno avait directement réagi à l’annonce faite par Philippe Lacube.
Chantal JOUANNO : J'ai demandé au préfet de région Midi-Pyrénées, le préfet de massif, d'ouvrir deux enquêtes. Une enquête administrative, menée par la gendarmerie, puis une enquête technique, diligentée par l'ONCFS. Je viens de recevoir le résultat de ces deux enquêtes. L'enquête administrative n'a rien donné. Mais l'enquête menée par les techniciens de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage fait état d'une suspicion. J'ai demandé à l'Office de poursuivre cette enquête. A l'heure actuelle, on ne peut pas dire si un ours a été tué, ou non : il n'y a qu'une suspicion.
DDD : La chasse à l'ours aurait repris dans les Pyrénées : c'est en tout cas ce qu'affirme une association ariégeoise.
Chantal JOUANNO : Si tel est le cas, c'est inadmissible ! Ce serait un échec pour tout le travail de préservation mené depuis des années. L'ours est une espèce protégée, menacée. Dès que j'ai eu connaissance de ces déclarations, j'ai demandé au préfet de l'Ariège de transmettre au procureur. A lui de déterminer quelle suite il va donner.
"Les ours tués pour des raisons anthropiques seront remplacés." Chantal Jouanno a pris sa décision : il y aura de nouveaux ours ! Elle s'intérroge sur "où, quand, combien", pas sur l'éventualité d'un remplacement.
Chantal Jouanno n’utilise ni le passé, ni le futur. La question est bien de savoir s'il y aura confirmation qu’en plus des deux ours tués en Haute Ariège, cet été, puisque que leur disparition est considérée comme «établie», d'autres ours seront remplacés.
Les autres ours tués «pour des raisons anthropiques» sont : Claude, Mellba, Cannelle et Franska.
Novembre 1994 : lors d’une battue aux sangliers, dans une ancienne réserve dite "Lalonde", l’ourse "Claude" est tuée par des chasseurs de Borce (André Apiou). Dénoncés plus tard, ils seront jugés par le TGI de Pau et condamnés en janvier 1999. Claude était l’avant dernière femelle de la lignée pyrénéenne.
27 septembre 1997, l’ourse "Mellba" est abattue par un jeune chasseur, Jean-Philippe Gausseran, sur la commune de Bézins-Garaux (Haute-Garonne), un fief d’opposants aux ours. Alain Suberbielle, photographe et naturaliste, présent ce jour- là dans le village, voit le jeune chasseur fier, nullement ému par son acte, assis sur un tracteur. La plainte est classée sans suite. Malgré bien des rumeurs sur le prétendu suicide du chasseur, ce dernier est toujours vivant.
Le 1er novembre 2004. La dernière femelle de souche pyrénéenne, "Cannelle", alors accompagnée d’un ourson né dans l’année, est tuée par un chasseur sur le territoire de la commune d’Urdos. Cette femelle est connue pour se cantonner depuis plusieurs automnes sur Urdos. Elle est présente avec son petit depuis deux mois dans le secteur qui sera l’objet de la battue fatale. Le chasseur est jugé mais relaxé par le TGI de Pau le 21 avril 2008 puis reconnu responsable civilement en septembre 2009 et condamné à une peine de 11 000€.
Août 2007 : l’ourse "Franska", lâchée au printemps 2006, est tuée par un véhicule conduit par un militaire sur la RN 21, route à quatre voies, sur la commune de Viger (65).Il semble évident que l’interprétation des paroles de Chantal Jouanno va alimenter les discussions et les forums. Au sens strict : 6 ours sont morts de causes anthropiques depuis 1994, 4 femelles : Claude, Mellba, Cannelle, Franska, ainsi que les 2 ours tués en Ariège, probablement 2 mâles, dont peut-être Boutxi.
Si la ministre souhaite "maintenir la population" d'ours, il faut envisager le remplacement de 6 ours dans les Pyrénées. Le journaliste de France 3 fait la même interprétation quand il dit : « Chantal Jouanno a annoncé aujourd'hui que tous les ours tués seront remplacés.»
Les pyrénéens ne souhaitent pas la disparition de l’ours dans les Pyrénées.Protocole des ours à problèmes
En cas d’attaque à répétition ou de comportement trop familier, c’est à dire d’ours dit «à problèmes», Chantal Jouanno utilise deux verbes différents : «recapturer» ou «prélever». Dans la différence : la vie de l'ours, pas moins. Le contenu du protocole existant n’est donc pas remis en cause. Ces mesures qui existaient déjà prévoient le remplacement de tous les ours «prélevés» ou éliminés. Il n’a juste jamais été mis en pratique, puisque le débat était de savoir si l’ourse Franska était ou n’était pas une ourse à problèmes et si les conditions du protocole étaient respectées (mesures de protection, effarouchement etc.) On devra s'attendre dans le futur a des ours "retirés" puis remplacés. Faut-il comprendre capturés ou tués ?
Suivi
Il semble (à confirmer), que Chantal Jouanno désire que tous les ours soient équipés d'émetteurs. L'équipe technique ours devra dans ce cas être sérieusement renforcée. Cela fait partie des conclusions des rapports qu'elle avait demandé et qui ont servis de base au "Groupe National Ours des Pyrénées", GNOP, GNOP ! Les ours des Pyrénées y perdront en sauvagerie et en liberté. Gagneront-ils en sécurité en échange ? La survie de la population est-elle à ce prix ? L'homme doit-il toujours gérer et intervenir pour tout contrôler ? Demain les loups, les lynx, les vautours, les gens? L'instrumentalisation des ours est en marche. Hy tech made in Pyrénées ! Et pourquoi pas le collier à décharges électriques tant qu'on y est?
MédiatisationBaudouin de Menten sur 21 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, de MENTEN Baudouin , JOUANNO Chantal, Ours des Pyrénées - Groupe National Ours | Lien permanent | Commentaires (2)
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Coup de gueule, par Gérard Bozzolo
En parcourant les notes et prises de position sur "La buvette", site bouillonnant dédié aux relations élevage-montagnes-espèces sauvages-biodiversité, chacun peut s’imprégner du vif de l’actualité, commenté en flux tendu. En particulier, les manifestations organisées par les collectifs anti-ours locaux sont stigmatisées à bon escient. On pourrait ajouter que ces manifestations bruyantes, régulièrement organisées à grands renforts de gazettes locales, sont comme un écho exagéré et disproportionné renvoyé par les montagnes d’intérêts privatifs de quelques lobbys locaux.
Une étude de la composition de ce panel de manifestants anti-ours montrerait à l’évidence:
Une absence de vrais bergers
Une absence de vrais bergers, sinon quelques rares sujets extraits de cette profession, peut-être à la limite de l’analphabétisme et manipulés par leurs employeurs éleveurs. Les bergers d’aujourd’hui ne sont plus les anciens cadets de famille maintenus dans un statut de "demeurés", mais bien des professionnels formés et qui, par vocation, ont choisi cette orientation. Il ne faut pas confondre, en effet, le métier de berger, salarié par essence, de celui d’éleveur, même si ce dernier s’en accapare trop souvent l’image porteuse à défaut de la fonction.
Il est clair que la survie de la profession des bergers est intimement liée à la présence des prédateurs. Leur absence provoquerait l’extinction de ce métier, excepté dans les Pyrénées Atlantiques, notamment en Béarn, où la traite des brebis en estive justifie la présence de bergers "trayeurs-fromagers" et la charge salariale inhérente. Bien sûr, au grand dam de la qualité paysagère montagnarde, de la valeur fourragère des pelouses d’altitudes et au risque de la dégradation de certains sites sous l’action partiellement érosive des troupeaux non gardées et non guidés.
La réticence des éleveurs à employer des bergers, et donc à endosser la charge économique correspondante, peut se mesurer à la fronde qui se lève dans les Pyrénées Atlantiques, car les salaires des gardiens, grâce aux aides du plan ours, se sont envolés. Beaucoup de ces bergers préfèrent désormais proposer leurs services pour s’occuper de bétails à viande, mieux rémunérés, plutôt que laitiers. Les éleveurs, de leur côté, restent circonspects en constatant que leurs "employés" disposent d’un salaire souvent supérieur à leur propre revenu.
On peut donc dire que la profession de bergers est très directement dépendante de la présence des prédateurs et du même coup que la qualité des estives est aussi intimement liée à cette présence humaine, le temps de la transhumance. Quand, de surcroît, certains prédateurs protégés comme l’ours génèrent des plans d’aides contribuant, entre autres, à proposer des apports budgétaire au profit de l’élevage, ces chasseurs-éleveurs tonitruants donnent l’impression de se "tirer une balle dans le pied".
Une frange minoritaire
Parmi la catégorie des éleveurs en démonstration, ceux-ci ne représentent qu’une frange minoritaire par rapport à celle qui reste silencieuse mais qui se trouve un peu en porte à faux, n’osant s’affirmer, solidarité professionnelle oblige.
Le bruit de leur discours est proportionnel à leur angoisse et au manque de visibilité de leur avenir, mais aussi de leur faible adaptabilité. La Société évolue sans cesse, de plus en plus vite, déstabilisant l’inertie paysanne coutumière, déboussolée, notamment au regard des valeurs apprises comme un catéchisme durant le dernier demi-siècle productiviste. L’élevage se définissait alors comme «l’art de gagner de l’argent avec les animaux dont on dispose et sur le lieu où on se trouve».
Ce concept matérialiste, s’il reste toujours globalement d’actualité pour exprimer que le premier ingrédient de la durabilité des exploitations consiste à pouvoir vivre correctement de son métier, se fissure quant à son orientation axée exclusivement sur les fonctions de production directes : lait, viande. La laine a déjà anticipé depuis longtemps ce mouvement de déclassement. Ce slogan ne résiste plus face aux nouveaux besoins marchands exprimés par la Société. Or, les éleveurs ne voient pas d’issue à leurs problèmes de survie et d’espérance réduite en terme de transmissibilité. Beaucoup sont tentés de pratiquer la politique de "la terre brûlée" et cherchent des boucs émissaires de proximité pour libérer leur rancœur, faute de pouvoir atteindre les causes exogènes où bien même, faute de se remettre en question.
L’Ours est jalousé pour l’intérêt qu’il suscite, l’argent qu’on lui réserve et la disgrâce que répandent assez généreusement sur leur profession d’éleveur-pastoraliste les courants écologistes dits "intégristes". En effet, le taux de prédation des ours sur le Massif pyrénéen se résume, en moyenne sur un pas de 10 ans, à 300 brebis/an dans des conditions où les animaux étaient majoritairement non gardés. La tendance actuelle, avec les mesures d’aides du plan ours, montre une diminution régulière des prélèvements imputés aux ours. Cette prédation reste marginale par rapport aux pertes annuelles régulièrement constatées sur les troupeaux de montagne et d’ailleurs ne tourmente pas que les éleveurs des Massifs. Le dégât du aux ours est minime par rapport aux déboires que connaissent leurs collègues installés en zones périurbaine (chiens errants, vols) et ne peut justifier les discours extravagants et excessifs de "cohabitation impossible" ou de "fin de l’élevage ovin en présence d’ours".
Pourtant, ces mêmes éleveurs bénéficient aussi d’aides considérables, mais leurs origines, leurs finalités, son tellement entremêlées et multiples qu’une certaine opacité les entoure et que leur image publique est désastreuse. Avec plus de transparence et plus de clarté, la profession n’aurait pas à rougir de gagner justement le produit de son labeur au profit de la Société. Les allocations familiales, la sécurité sociale généralisée, aujourd’hui la taxe carbone ne colportent pas ce fardeau qu’est l’image de l’assistanat.
En particulier, leur participation effective à l’entretien du territoire, en partie intégrée dans le second pilier des aides communautaires mériterait d’être mieux affichée comme un produit marchand collectif. Il conviendrait de clairement l’identifier en rémunérant ce travail de cantonnier et sortir de la fonction de production à sens unique pour les élevages de montagne, incapables, même avec une politique de SIQO, de se confronter à la productivité des exploitations situées en zones favorisées, à fortiori dans une économie de libre échange international.
Enfin, ce club d’éleveurs particulier a pris de mauvaises habitudes lors de la reconquête pastorale dans les années 70. Le temps de la transhumance, ceux-ci ont oubliés les fondements de leur métier en laissant leurs troupeaux en errance sans trop se préoccuper de leur devoirs de soins contre les maladies, de protection contre les intempéries et les prédateurs, et restant peu soucieux de l’évolution de la qualité fourragère des estives, domaine collectif par essence. Revenir en arrière leur paraît impossible au regard du contexte économique actuel, d’autant que le surcoût du gardiennage salarié finirait par achever un élevage déjà sinistré.
A l’opposé, le retour aux équilibres naturels entre prédateurs et prédatés comme ce pourrait être le cas dans des réserves naturelles, mis en avant par quelques doux rêveurs naturalistes, relève de la chimère dans nos massifs anthropisés depuis plus de 6 millénaires.
Il est donc nécessaire de bien mesurer ce que la Société désire mettre en face en moyens financiers, avec un affichage clair. En effet, la valorisation économique des seules fonctions productives débouche sur une impasse car les consommateurs son toujours aux aguets d’un coût alimentaire réduit en jouant sur le levier concurrentiel. Il devient donc évident que la rémunération du travail des éleveurs doit se reporter sur la valorisation d’une fonction qui soit en phase avec les aspirations et la demande sociétale, en direction de la qualité environnementale, de l’industrie du tourisme et des loisirs (cf. les parts actuelles de la ressource des ménages consacrée aux secteurs de l’alimentation et des loisirs, respectivement). La prévention sécuritaire liée à la réduction des risques d’incendies et des départs d’avalanches est aussi à considérer.
Les chasseurs coalisés
Les chasseurs coalisés, aux origines diverses (citadins, ruraux, éleveurs, locaux, adjudicataires forains) en territoire conquis, soufflent sur les braises, car ils se sentent menacés dans l’étendue de leur loisir et sur leur périmètre d’activité. La présence d’espèces protégées, en particulier d’ours, ne peut aboutir qu’à réglementer les pratiques de la chasse sur les zones de présence dans le Massif. Il s’agit surtout de la chasse en battue, privilégiée pour tirer sangliers et cervidés, et qui reste la pratique la plus dérangeante, notamment pour la quiétude de l’ours, mais aussi la plus populaire. En outre, les consignes de tir sont assez souvent peu scrupuleusement respectées dans cette modalité de chasse (distinction des sexes, des catégories d’âge du gibier, des lignes de tirs pour éviter les partenaires) et s’effacent devant le "tir à l’instinct" et l’excitation jubilatoire, causes de tous les dangers et accidents.
Les adjudication de droits de chasse étant assez élevées et restreintes, beaucoup de bénéficiaires en veulent pour leur argent et se considèrent en terrain conquis, dans leur domaine privatif, forts de leurs droits de location, quand certains même, plus rares, ne s’imaginent pas en hobereaux locaux cultivant le mythe du mi-contrebandier mi-braconnier pyrénéen.
L’ours apparaît donc comme un empêcheur de chasser, un hôte à éliminer sans autre procès. Il serait devenu un animal d’importation, exogène, et donc n’aurait pas sa place en tant qu’espèce régionale caractéristique, éléments souvent servis comme le quidam qui cherche arguments pour tuer son chien. Rien, en revanche, sur la réintroduction des marmottes, des bouquetins ou des mouflons, encore moins des cochongliers, sans aborder le gibier d’élevage lâché peu de temps avant l’ouverture.
Étrangement, sur ce sujet, la catégorie des pêcheurs reste très discrète et ne semble pas encore avoir été inquiétée ou menacée par des ours !
Opportunisme
L’urne constituée des élus locaux qui gravitent dans ces manifestations ne fait que saisir par opportunisme les revendications de ce microcosme local comme un fait d’arme du régionalisme face à l’étatisme jacobin, dans une forme de surenchère clientéliste pour drainer tous les mécontentements dirigés vers l’extérieur et assurer la tranquillité réélective de leur siège, en bons potentats locaux. Appuyer les mécontentements contre la "bureaucratie" étatique des ministères, permet d’engranger des voix supplémentaires en valorisant l’ostracisme, tout en plaçant à un haut niveau de prétention la demande des aides, à diffuser sans droit de regard.
Cette attitude, ressort d’une démarche mercantile, peu responsable, exploitant les peurs et la désinformation comme guide de ralliement. Heureusement, il ne s’agit que d’une faible fraction, la majorité œuvrant plus heureusement dans le sens de l’intérêt général.
Représentativité ?
On constaterait sans surprise que la population des randonneurs ou adeptes de sports de montagne jusqu’aux cueilleurs de champignons, pour qui tous les dangers de rencontre avec l’ours sont prophétisés (paradoxalement, ce sont toujours les chasseurs armés qui se trouvent en état de légitime défense), est absente du cortège de ces démonstrations bruyantes prétendant s’approprier la représentativité patrimoniale locale.
En conclusion : Vive les Pyrénées, vive l’agriculture de montagne, vive l’ours, vive l’État et la libre circulation sur tout le territoire national, à bas les corporatismes.
Gérard Bozzolo
Ingénieur Agronome, maître de conférences à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse.
Gérard Bozzolo est l'auteur de "Appellations d'origine contrôlée et productions animales" aux éditions Lavoisier.
Baudouin de Menten sur 19 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, BOZZOLO Gérard, Bêêêêst of de la Buvette des Alpages, Chasse - Ours en France, Pastoralisme - Ultrapastoraux, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (5)
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Après une attaque de l'ours en Barousse, ce week-end, les éleveurs du secteur demandent, entre autres, si on peut les prévenir de la présence du plantigrade pour pouvoir prendre leurs précautions. De leur côté, les défenseurs de l'ours trouvent que l'animal a bon dos. «Qui sait que pendant le mois de juillet, deux chiens errants ont sévi en Ariège, dans le Couserans, du côté de Soueix et Alos ? demande Alain Reynes, de Pays de l'Ours-Adet. Ils ont tué non pas une, mais 92 brebis, un veau, un poulain une chèvre ! Et personne n'en a parlé.» Il rappelle que justement, l'année 2009 a été une de celles où l'ours s'est montré le plus discret.
Depuis le début de l'année, on ne compte que 80 attaques attribuées à l'ours, la moitié de l'année précédente. Certaines années, il y a eu jusqu'à 300 indemnisations. «Et a-t-on dit qu'il y avait eu 132 brebis mortes foudroyées le jour de la transhumance en Ariège ? reprend Alain Reynes. Sait-on qu'il y a 50 000 brebis qui meurent chaque année, toutes raisons confondues sur le massif ? L'ours, c'est donc bien moins que 1%!»
Une mise au point des défenseurs de l'ours, après la manifestation de Foix, samedi. Où, bien au-delà des revendications concernant le droit de chasse, la présence des plantigrades slovènes a été conspuée par les manifestants. «Il y avait eu des accords de chasse pour les zones à ours dans tous les départements, rappelle Alain Reynes. Mais la Fédération des chasseurs de l'Ariège a dénoncé ces accords, ce qui a abouti à ce jugement. Les chasseurs doivent choisir entre la concertation et les tribunaux.»
Source : DDM
Et pendant ce temps, les fermiers et les ménagères au Québec regardent 21 ours entrain de manger dans un champ d'avoine. J'imagine le tableau en Ariège, et les titres des journaux ! Pourtant, ils n'ont pas l'air de s'affoler. C'est des niaiseux les grenouilles.
Baudouin de Menten sur 06 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Pastoralisme - Prédations , Pays de l'ours - ADET, REYNES Alain | Lien permanent | Commentaires (0)
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Variation sur le syndrome du Titanic ?
Par Marc Laffont
On peut lire et entendre désormais couramment le mot biodiversité, accommodé à un nombre assez incalculable de sauces. La sauce greenwashing, utilisée par beaucoup de secteurs d’activité n’ayant jamais fait grand cas de la préservation de l’environnement, n’est pas la moins usitée.
En cherchant bien, on finit souvent par trouver une ou quelques espèces favorisées par une activité humaine. Il suffit donc de dire que la préservation de ce groupe d’espèces revêt plus d’importance que celles qu’on fait disparaître, pour s’octroyer le beau rôle. Même si c’est la surdensité de ces espèces qui est induite, et non leur présence, nettement antérieure à une quelconque activité humaine (inutile d’ennuyer les gens avec ce genre de détail…). Et ainsi, celui qui aurait logiquement dû passer pour un destructeur devient le sauveur de la biodiversité. Celle à visage humain, par exemple.
Si elle est à visage humain, elle est forcément supérieure à l’autre, par déduction à visage inhumain. Donc opposée à l’homme. Donc ceux qui la défendent, derrière les oripeaux de l’écologie, sont en fait contre l’homme. Ce sont de dangereux extrémistes, khmers verts, et autres ayatollahs, qui glisseront facilement vers l’écoterrorisme si on ne les arrête pas tout de suite. Et il n’y a évidemment aucune raison de témoigner un quelconque respect à leur encontre, vu qu’ils souhaitent la destruction de l’homme…
Ce sophisme n’a rien de très novateur. En fait, c’est à peu de choses près un copié-collé du concept de «Démocratie Populaire».
Quel meilleur régime politique que la démocratie ?
Et qui de plus légitime que le peuple pour l’exercer ?
Il en découle naturellement que le pouvoir doit être détenu par le parti qui prétend représenter le peuple. De fait, celui qui s’oppose au parti du peuple ne peut être que l’ennemi du peuple. On a le droit de l’insulter, le calomnier, le rabaisser…juste conséquence de son idéologie sectaire et anti-populaire. Il devient de surcroît parfaitement moral de le mettre davantage à contribution. Notamment au bénéfice de ceux qui défendent vraiment le peuple.
Dans notre cas, la subvention massive est perçue comme un légitime retour en faveur des humanistes sauveteurs de la biodiversité. Ces subventions sont très largement financées par des «zécolos-citadins», de la région ou d’ailleurs, mais qui ont en commun d’être les ennemis des «vrais écologistes». Leur point de vue étant nul et non avenu, ils n’ont logiquement aucunement voix au chapitre pour ce qui est de l’usage de ces crédits. Comme du reste d’ailleurs. Crédits qui ne sont donc plus justifiés par des raisons économiques devenues caduques, mais par la préservation de l’environnement. Aspect dont on ne s’est jamais trop préoccupé, mais qui est devenu subitement un bien meilleur argument pour pérenniser les subsides publics.
Et la préservation de l’environnement, cela n’a pas de prix. Inutile donc de trop communiquer sur le fait que chaque exploitation professionnelle exclusivement ovine pastorale (3 000 en France selon les critères retenus par l’Institut de l’Elevage) va toucher entre 35 à 50 000 €uros par an à partir de 2010 (voir le lien suivant : Hors Série "spécial PAC" - mars 2009 (page 16). Ni de s’interroger sur ce qui aurait pu être fait d’autre avec cet argent, tant au niveau économique qu’environnemental.
L’augmentation moyenne en subventions européennes par rapport à la dotation pour 2009 va représenter 13 000 €/an par exploitation majoritairement orientée en production viande ovine (10 000 en France selon les critères retenus par l’Institut de l’Elevage) à partir de 2010. Soit à peu près l’équivalent d’un SMIC net annuel. Alors que la consommation de viande ovine d’origine hexagonale n’a jamais été aussi basse : moins de 1,6 kg/an et par français en 2008. C’est à dire la moitié des chiffres relevés vers 1980.
A l’instar de ce qui s’est passé dans les démocraties populaires, la chute de la nomenklatura qui tient le pouvoir à l’échelon local finira bien par subvenir. Et elle fera forcément quelques nostalgiques. Notamment chez les grands bénéficiaires du régime précédent, qui se recrutent toujours dans deux grandes catégories : les proches du pouvoir, et ceux incapables de s’adapter à la réalité du monde dont ils ont été «préservés» un peu trop longtemps. Les deux caractéristiques étant bien sûr cumulables…
En attendant ce jour, je crains que l’on n’applique au pastoralisme une politique qui s’apparente à celle déjà menée avec la sidérurgie à partir des années 60 : investir des sommes colossales pour maintenir des activités sous respiration artificielle, sans les réorienter. Et des secteurs géographiques entiers, par ricochet. Pour finalement les abandonner un jour, totalement sinistrés, et avec bien peu d’alternatives de développement.
Errare humanum est. Perseverare diabolicum (attribué à Sénèque).
En France, on aime bien les traditions : on s’applique donc à donner raisons aux proverbes. Gageons qu’il y aura encore alors quelques irréductibles à tenir l’ours pour responsable du résultat…
Cette issue n’est cependant pas une fatalité. C’est maintenant qu’il faut essayer de répondre à cette question : est-ce que ce sont des brebis ou des hommes que l’on veut maintenir dans les zones de montagne ?
L’avenir agricole des Pyrénées, est-ce que cela doit se résumer à des troupeaux ovins de plus en plus gros, de moins en moins surveillés, et de fait, davantage exposés aux prédations émanant d’animaux sauvages ou vaguement domestiques ? Pratiques d’élevage qui n’ont d’ailleurs rigoureusement plus rien de traditionnel : le mot «pastoralisme» contient dans son étymologie la notion de gardiennage, de nos jours largement dévoyée.
Ou alors l’avenir passe t-il par des troupeaux correctement surveillés, générateurs dans des conditions décentes d’emplois à forte valeur patrimoniale (bergers), et compatibles à la fois avec les traditions et les engagements environnementaux d’un pays comme la France ? Qu’on ne se leurre pas : le pastoralisme, comme l’élevage ovin en général, ne pourra plus jamais se passer de subventions. Aucun modèle destiné à préserver le pastoralisme ne sera viable économiquement. Ni celui se traduisant par l’éradication des prédateurs, ni celui qui organisera la meilleure cohabitation possible avec eux.
Et ni, surtout, l’actuel, aussi coûteux qu’inefficace, que ce soit du point de vue social (revenu des éleveurs) ou du point de vue environnemental [préservation de l’ours, espèce protégée (si,si…)].
Mais en jouant à fond la carte de l’ours (et des grands prédateurs en général), les éleveurs gagneraient une légitimité populaire à la subvention bien plus forte qu’en s’y opposant. Car beaucoup de secteurs d’activités, tout aussi patrimoniaux que le pastoralisme, n’ont pas, hélas pour eux, l’opportunité de bénéficier de tels subsides publics.
Pourquoi donc davantage aider le pastoralisme, lorsqu’il devient éradicateur, plutôt que d’autres professions dont les besoins pourraient être moindres ? Qui plus est, dans les Pyrénées, l’installation généralisée du loup ne semble absolument pas anticipée. Si les défenseurs du tout-pour-le-pastoralisme peuvent toujours exercer un chantage à l’ours envers l’Etat, ils ne pourront rien face au loup, bien plus adaptable, carnivore, et prolifique que l’ours. Lui, n’attendra pas, pour s’implanter, les conclusions d’un énième inutile programme d’évaluation et de concertation, destiné à étudier la faisabilité socio-économique de son possible retour… Et son impact sur le cheptel ovin replacera l’ours à sa vraie place : celle d’un «petit» prédateur de bétail.
Un territoire comme les Pyrénées dispose de formidables atouts environnementaux pour assurer son développement de manière durable. Ils existaient avant l’arrivée du mouton, originaire d’Asie Mineure. Ils perdureront après le déclin des exploitations ovines tel qu’on l’organise, et qui est déjà bien entamé. A condition que les politiques locaux adoptent une véritable vision d’avenir.
La sémantique des adeptes de la «biodiversité à visage humain» n’induit pas seulement un statu quo idéologique destiné à freiner la prise de conscience écologique : c’est bien d’un retour en arrière dont il s’agit : pas une seule espèce de mammifère n’a été éradiquée de France depuis le loup dans les années 30.
Il faut que la population du massif pyrénéen, majoritairement et légitimement fière d’habiter le dernier territoire français susceptible encore d’accueillir une population d’ours, en prenne conscience et se saisisse franchement de la question.
Les «bobos» citadins se remettraient bien vite de la désillusion idéologique liée à une possible disparition de l’ours. Ce n’est pas en effet leur survie (à court terme…) qui est en jeu, et ils se trouveront d’autres combats à mener. Mais les valléens, outre leur identité et la couverture médiatique, perdront là un attrait sans équivalent en France. Atout susceptible de générer des emplois qui, eux, ne seraient pas délocalisables en Europe de l’Est ou en Asie. Ce dont ont su tirer profit pour leur développement d’autres régions d’Europe. Mais au delà de ça, ils gagneront de la part des français et des générations futures quelque chose d’autrement plus fort ...
Le Respect.
Technicien en agriculture et environnement. Titulaire d'une maîtrise en Ecologie.
Baudouin de Menten sur 05 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, ASPP 65, Bêêêêst of de la Buvette des Alpages, LAFFONT Marc, Pastoralisme - Biodiversité, Pastoralisme - Cohabitation Prédateurs, Pastoralisme - Coûts, Pastoralisme - Crise ovine - Conjoncture, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (1)
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Baudouin de Menten sur 04 octobre 2009 dans Actualités ours des Pyrénées 2009, Ariège, ASPAP, Chasse - France, DUBUC Gérard | Lien permanent | Commentaires (4)
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