Xavier de Canet, maire de Bruges dénonce dans "La république des Pyrénées" du 26 décembre, la rumeur qui ferait de son chien-loup tchécoslovaque le responsable des dégâts sur le troupeau de Bernard Allègre. Dégâts que par ailleurs Philippe Jamet, le sous-préfet d'Oloron refuse d'indemniser ! Au drame de la montagne, voilà t'y pas qu'on rajoute le scandale.
Xavier de Canet s'emporte liriquement : « Une nouvelle espèce vient de naître dans les Pyrénées : la rumeur. » La rumeur est bien présente dans les Pyrénées et depuis longtemps. Certains en font même une spécialité. J'avoue que j'ignore tout de l'éventuelle responsabilité de son chien-loup, mais...
Dans cet article (lire l'intégralité ci-dessous), on peut lire entre les lignes :
- qu’il est interdit aux agents de l’ONCFS d’enquêter sur les causes des dégâts occasionnés aux troupeaux, surtout lorsque le propriétaire est maire et que son chien a «des antécédents» judiciaires. Ce serait «Pagnolesque» ajoute le maire de Bruges!
- que les agents de l’ONCFS ne font pas leur travail : «Ils n’avaient pas pris la peine d’enquêter sur… une autre affaire.» Pourquoi les agents viendraient-il chez lui pour travailler sur une affaire «qui n’est pas de son ressort» ? Quelle argumentation surprenante. On dirait que Xavier de Canet dénonce une cabale. Préparerait-il sa défense?
- que la date de naissance d’un chien, son pedigree ou ses excellents résultats à des concours pouraient disculper un chien d’un éventuel comportement prédateur ou du moins être des "circonstances atténuantes".
- qu’un chien qui a bouffé plusieurs brebis est un «brave canidé» et
- qu’une assurance qui dédommage les dégâts causés pourrait empêcher une éventuelle récidive !
- que les éleveurs ne se rendent en groupe dans les mairies "pro ours" que «sur invitation». Bruges n'est pas Arbas!
La loi du silence étant la règle dans les Pyrénées, face aux différentes pressions dans anti-ours, il n’est pas courant qu’une personne qui se dit «bien informée» ose l’ouvrir. Cela dérange, alors le maire anti-ours se fait «un film» : un coup monté! Il faudrait "démasquer" l'informateur...
Xavier de Canet est-il anti-ours? "Violence et intimidations. Jusqu’où iront les anti-ours?" titrait en juin Christophe CORET sur le site de l’association AVES : "Certains éleveurs béarnais qui ont manifesté à Nay cette semaine devant le cabinet de Nicolas Delamarche, accompagnés par Xavier de Canet, maire de Bruges, assurent que l’ours est ingérable. La présence de Franska sur le territoire de la commune et les récentes prédations attisent leur colère : « On lui laisse 48 heures pour la tuer. Sinon, c’est nous qui allons faire le travail »." Cela pourrait suffire pour en faire un anti-ours.
Monsieur Xavier de Canet est surpris par la rumeur : «une nouvelle espèce vient de naître dans les Pyrénées.» C'est fou ce qu'il y a des gens qui pensent qu'il est possible de créer une espèce. C'est une particularité de la "biodiversité à visage humain." Pourtant, la même République des Pyrénées publiait le 13 octobre 2008 : «Xavier de Canet, le maire de Bruges, qui a montré les clichés (NDLB : des brebis prédatées) à des "anciens" du village, enfonce le clou : « On nous ment ! » D’autres avancent même qu’il y a plusieurs ours, et peut-être eu "des introductions cachées". Ambiance. »
Voici donc quelqu'un qui cotoie la rumeur de longue date et qui de surcroit a un œuf à peler avec les agents de l’ONCFS ! Son interview pourrait donc bien ne pas être sans arrières pensées, et sa surprise feinte, soyons prudent. Un Sherlock Holmes en herbe émettrait de suite l’hypothèse que ses attaques contre l’ONCFS pourraient bien être une manière de couvrir son «brave canidé», s’il s’avérait que c’est bien son chien qui serait impliqué dans «l’affaire de Bruges». Laissons l’enquête se poursuivre. Pour ma part, c'est le comportement du maitre qui m'intéresse, pas celui du chien.
Drame dans la montagne
Qui a-t-il à redire à ce que des fonctionnaires fassent une enquête sur un chien qui aurait déjà attaqué des brebis alors que dans leur enquête ils disculpent ours, loup et lynx: rien. Peut-être qu’une analyse génétique effectuée sur les traces laissées sur les brebis attaquées pourrait mettre fin à la méchante «rumeur» et disculper le «brave canidé» pour s’orienter vers d’autres chiens errants; ce ne serait pas la première fois. Une empreinte génétique a-t-elle été prise sur les brebis ? Allez savoir?
Un informateur mystérieux
«Pierre» serait à la source de la rumeur. Que dit «Pierre» lorsqu’il «se répand sur la toile». En fait, il s’agit de 2 interventions de quelques lignes datant d’octobre 2008 sur le forum du «Pays de l’Ours» :
« Oui c'est un chien qui sévit sur Bruges ET TOUT LE MONDE LE SAIT! Il y en a marre de ces escroqueries! Certains avides d'argent ont fait leur trou là bas. Il y a de moins en moins d'ours en Béarn et on les voit chaque année dans un endroit justement réputé depuis plus de 100 ans pour ne pas être un territoire à ours ! C'est un sketche ! Ca suffit Mr B. et Mr A. ! Vous allez beaucoup trop loin maintenant ! Tout ça pour cet argent que vous jurez sur la tombe de vôtres que vous ne voulez pas. C'est un chien point ! Passons à autre chose ! Avant que tout ce petit monde ne s'excite.... Et puis que fait tout ce bétail dans la neige ? BASTA YA! » et
« La présence n'est pas prouvée et la piste du canidé domestique est ultra méga privilégiée par l'ONCFS.»
Pas de quoi fouetter un chat. Qui sont Mr B. Et Monsieur A.? Il y a bien des intervenants directs dans cette affaire dont les noms commencent par A. et par B, il suffit de lire la presse. Sont-ce ceux-là ? Mystère.
Résistance
Ce n’est pas bien de dire tout haut ce que les évènements passés avaient laissés entrevoir (l’affaire des veaux d’Aston, n’en est qu’un exemple) : il y aurait une grosse escroquerie aux remboursements des dégâts d’ours ! Pas bien pour les ultrapastoraux.
Les antis-ours en veulent donc à l’ONCFS et au sous-préfet d’Oloron qui osent s’opposer à ce qui pourrait bien être une belle grosse magouille basée sur des… rumeurs savamment «répandues sur la toile» par quelques spécialistes qui maintenant s’acharnent sur ceux qui ne gobent pas leur version et enquêtent. Du côté des anti-ours, on n'apprécie pas ceux qui résistent à la manipulation.
«On touche le fond estimait de son côté Jean-Louis Birou, président du groupement pastoral de Bruges» écrivait la République des Pyrénées le 17 décembre avec sous une photo la légende «Bernard Allègre a du mal à encaisser la décision du sous-préfet d’Oloron et il parle aujourd’hui de vendre.»
Effectivement, on touche le fond. «Il y en a marre de ces escroqueries» écrit le mystérieux «Pierre». Tous les éléments sont là. «Pierre» et le sous-préfet d’Oloron auraient-ils découvert le pot-aux-roses?
Pas évident de résister aux pressions des éleveurs et politiciens anti-ours, ainsi sur le net Louis Dollo écrit :
- « Quand l’ONCFS confond loup et chien-loup »,
- « Les prédations des estives de Bruges : une affaire pas nette »,
- « La lettre du sous-préfet Philippe Jamet »
- « Consternation : le sous-préfet ne suit pas la commission d’indemnisation »
- « L’ours mohican poursuit le massacre »
- « Hier à Oloron : commission d’indemnisation des dégâts d’ours ou tragi-comédie »
C’est la curée !
Ne trouvez-vous pas surprenant cet acharnement médiatique sur ceux qui fouillent où ils ne doivent pas? Ne trouvez-vous pas surprenant cette abondance de communication sur Bruges et son "affaire", et celà après la même prolixité à propos des prédations de l'ourse Franska, des battues, du danger de l'ourse Hvala et du calvaire du "Pobre Luis", de la partialité de l'ETO et des veaux d'Aston ? Moi bien et je trouve que cela ressemble au champ du cygne! Et si ce n'est pas un cygne «ce doit être un canard ou un lapin» dirait Xavier de Canet.
Une grosse magouille ? Tu exagères ! Qu’en pense le journaliste Jean Ribes de JRTV qui avait publié une vidéo interview encore visible ailleurs avant de, harcelé, la retirer. Mais la vidéo a été sauvegardée. On y voit un autre témoin, un autre informateur masqué "lâcher le morceau" et dénonçer un éleveur qui utiliserait une planche à 5 clous pour faire passer des dégâts «autres causes» comme des dégâts d’ours. Il y a de l'argent à prendre. Menacé depuis, Jean Ribes a décidé de pousser plus loin son enquête. Va-t-il aussi parvenir à lancer un pavé dans la marre? La loi du silence serait-elle entrain de se perdre, le vernis à se craqueler ?
« Le vent tourne » aiment écrire certains opposants au plantigrade à chaque publication d’un «manifeste pyrénéen» ou autre théorie fumeuse sur la "biodiversité à visage humain" ou autre "montagne vivante".
Attention aux changements de vents. A force de lancer des campagnes de «propagande médiatique», à force de faire le «grand écart», viendra un jour la bétise de trop, celle qui fera que l’ensemble de la «plateforme transfrontalière» s’effondrera comme un château de carte, comme la viabilité du pastoralisme malade de la conjoncture …et pas de l’ours.
Lire aussi :
Lire l'article de la République des Pyrénées ci-dessous.
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