par Ziad Abdelhadi
La Tribune (Alger)
13 Mars 2006
Dans une grande partie de la steppe, le surpâturage constitue l'action la plus dévastatrice sur la végétation pérenne et le principal facteur de désertification durant les deux dernières décennies.
Surpâturage
Au risque de voir la grande zone steppique algérienne perdre son unique vocation de terre du mouton, il ne restait plus aux pouvoirs publics que d'envisager deux solutions pour sa sauvegarde, ô combien importante sur le plan socio-économique de la région et du pays :
- soit de réduire au quart le cheptel ovin, ce qui permettrait d'arrêter la dégradation des parcours pastoraux pour cause de surpatûrage,
- soit de dévier les eaux des oueds en crue, nombreux dans cet espace, de leur lit naturel pour qu'ils s'épandent sur des centaines d'hectares, régénérant ainsi la couverture végétale, disparue, nécessaire pour le pâturage.
De nombreux spécialistes qui ont beaucoup travaillé sur ces territoires, la décennie passée, nous ont affirmé lors de notre passage dans la capitale de la steppe, à savoir la ville de Djelfa, là où se trouve le siège du Haut-Commissariat au développement de la steppe (HCDS), que la croissance du cheptel steppique a eu des conséquences néfastes sur les parcours pastoraux. Et d'arguer : «la capacité de charge de la steppe algérienne n'est plus que de 1/4». Selon nos interlocuteurs qui travaillent sur ces zones, le territoire steppique, qui ne supportait en 1985 que 1/4 du cheptel qui y existait, s'est vu donc soumis à un surpâturage.
«Dans une grande partie de la steppe, le surpâturage constitue l'action la plus dévastatrice sur la végétation pérenne et le principal facteur de désertification durant les deux dernières décennies», rapporte une étude signée Aïdoud A. éditée en 1994. Il est encore souligné dans cette édition, que « le cheptel en surnombre détruit le couvert végétal protecteur, tout en rendant, par le piétinement la surface du sol pulvérulente. En tassant celui-ci, il réduit la perméabilité donc les réserves en eau et augmente le ruissellement».
En définitive, les travaux réalisés par les spécialistes en la matière ont fait ressortir que les parcours steppiques supportent un cheptel au moins quatre fois plus important que leur capacité d'accueil réelle ne le permet. En conséquence, cela s'est traduit par une pression animale plus intense sur un espace de parcours de plus en plus réduit. Pour preuve, en 1995, le cheptel existant sur le territoire steppique s'élevait à 12 359 573 têtes, toutes espèces confondues, dont 11 071 548 têtes d'ovins, soit près de 90% du cheptel total (la taille du cheptel ovin national est passée de 13 millions de têtes en 1980 à un peu plus de 17 millions de têtes en 1995, soit un accroissement annuel d'environ 262 112 têtes par an, pour arriver en 2000 à près de 18 millions de têtes).
En clair, le cheptel des zones steppiques a vu sa taille passer de 7 millions à 11 millions de têtes pour la même période, soit un accroissement annuel de l'ordre de 257 287 têtes par an. Il apparaît donc que le cheptel steppique à une croissance plus rapide dès que les conditions climatiques sont favorables.
Impossible de réduire les troupeaux
«Il existe d'autres raisons qui expliquent cette croissance», est-il écrit dans une étude sur le sujet. On citera, en autres, la demande soutenue et croissante de la viande ovine et notamment à la haute rentabilité de l'élevage en zones steppiques du fait de la gratuité des fourrages. Dès lors, penser à réduire le cheptel pour mettre à l'abri d'une désertification les parcours pastoraux ne paraissait pas tout à fait indiqué. D'autant plus qu'en haut lieu, on s'est vite aperçu, et après avis des experts, que la solution en question était définitivement à exclure tant celle-ci avait de lourdes conséquences économiques sur le pays, car il faudrait répondre au déficit engendré en matière de consommation nationale de viande ovine par des importations massives.
Des conséquences aussi sur le plan social : obliger des éleveurs à mettre en hibernation leur seule activité, chose impossible à concevoir tant ceux-ci sont très attachés à leur métier d'éleveurs de mouton.
L'irigation comme solution
Il ne restait donc plus qu'à mettre en pratique la deuxième solution plus facile à réaliser et par ailleurs moins onéreuse et à l'impact immédiat. En effet, il suffit qu'une digue en gabion soit érigée, à des fins de dévier son parcours, pour que les terres avoisinantes deviennent du coup le réceptacle d'eaux de ruissellement, en d'autre termes, deviennent une zone d'épandage qui, par la suite, va donner naissance à une couverture végétale assez florissante.
De mettre en place un plus grand nombre de points d'abreuvement, pour éviter aux troupeaux de longs parcours. Avec ces nouvelles conditions, les éleveurs de la région ou de passage trouveront l'eau et l'herbe nécessaires pour leurs besoins d'autant plus que c'est là deux éléments vitaux pour une bonne croissance. Depuis les actions menées sur le terrain par le HSDC ont commencé à porter leurs fruits.
Et pour preuve, le premier responsable du Haut-Commissariat nous a révélé que le poids moyen de la carcasse de viande des ovins est passé depuis quelques années (2002, 2003) de 13 kg à 22 kg. « Une telle croissance dans le poids s'explique par le fait que les troupeaux trouvent de quoi manger sur les parcours pastoraux », nous a déclaré ce dernier. Et d'ajouter, dans ce même contexte de résultats atteints : « Le nombre de têtes d'ovins présents sur la steppe est de 18 millions dont quatre à cinq millions dans la seule wilaya de Djelfa. »
Ce responsable signale également : « Nous sommes passés de 25% des couvertures de besoins nationaux à 55%, ce qui est tout à fait considérable » et de rapporter « La valeur ajoutée du cheptel serait estimée à près de cinq milliards de dollars ».
Les trois modes de production d'élevage
Lors de notre séjour dans la steppe, nous avons cherché à comprendre sur quoi repose le mode de production de l'élevage ovin ou système dominant actuellement. A priori, il en existe trois qui se différencient selon l'importance du capital mouton et des équipements à usage personnel tels que les camions, les citernes, les motopompes, les bergeries, etc.
Une exploitation maximale des ressources naturelles et des aménagements
Il concerne les individus possédant les moyens de production en quantité relativement importante par rapport aux autres systèmes (plus de 600 têtes). Il se base ainsi sur une exploitation maximale de la force de travail, des ressources naturelles et des aménagements à usage collectif (pâturages, points d'eau ) nous ont rétorqué les connaisseurs en la matière qui nous souligneront également au passage : « C'est un système entièrement tourné vers le marché puisque la plus grande part du croît du cheptel y est destiné. »
Selon nos interlocuteurs, « il fonctionne pour un objectif de réalisation d'un profit maximal en combinant exploitation intense de la force de travail, exploitation abusive des ressources naturelles et spéculation dans le marché de la viande ». Ce système réunit donc deux activités économiques : production et commercialisation (maquignonnage).
La production familiale marchande
Celui de la production familiale marchande qui est un système où les individus ont un cheptel qui ne dépasse guère les 400 têtes. L'élevage constitue la source principale de revenu, bien que la céréaliculture soit pratiquée exceptionnellement. Il se caractérise par le fait qu'il vise comme objectif la réalisation d'un profit maximal capable d'assurer l'existence et la sécurité de la famille, c'est-à-dire sa reproduction simple, par l'utilisation des ressources propres à lui, autrement dit, une autoconsommation importante, une auto utilisation de la force de travail et une maximisation du travail familial.
« En d'autres termes : l'existence de l'élevage en tant qu'activité motrice et principale source de revenus », nous expliquent nos accompagnateurs.
La production de subsistance
Il est appelé aussi système de production agropastorale, il résulte de la décomposition du pastoralisme du fait que le revenu procuré par l'élevage est devenu insuffisant, nous est-il encore expliqué. Pour être plus explicite, les études de terrain ont démontré que la taille du cheptel possédé par les éleveurs de ce système n'excède jamais les 100 têtes et acceptent donc de prendre en charge des troupeaux de propriétaires absentéistes et sont, de ce fait, des bergers possédant un troupeau.
Les éleveurs paupérisés de ce système pratiquent aussi de la céréaliculture. Les produits de cette dernière sont autoconsommés dans une large partie. Pour l'élevage, «on produit pour vendre mais la finalité c'est la subsistance», lit-on dans cette même étude. En fait, ce système représente le dernier maillon de la chaîne de décomposition de l'activité pastorale.
En résumé donc, 10,7% des éleveurs, soit la catégorie possédant plus de 100 têtes et représentent 68,5% du cheptel steppique. Par contre, la majeure partie des possédants, soit 89,3%, ne possèdent que 31,5% du cheptel. Cette inégale répartition du cheptel est à l'origine à l'inégalité dans la répartition des moyens de production. Des études ont montré également que la répartition des moyens de production par catégorie d'éleveur, obéit largement à celle du cheptel. «Ce sont, en effet, les gros éleveurs qui possèdent le plus de moyens. Ces derniers mettent à la disposition de leurs troupeaux plusieurs facteurs, à savoir des camions, des camions-citernes, des tracteurs et remorques ainsi que des motopompes pour l'abreuvement». Tels sont les résultats d'une enquête réalisée dans le sud de la wilaya de Saïda, ont révélé différentes catégories d'éleveurs.
L'exploitation inégale des parcours
Les gros éleveurs qui possèdent, comme nous l'avons déjà vu, des moyens considérables, n'ont pas de problèmes de déplacements ni encore d'approvisionnement en eau pour l'abreuvement de leurs cheptels.
Ils sont, de fait, avantagés par rapport à la majorité des éleveurs démunis concernant l'exploitation des pâturages. En effet, on nous fera savoir que les petits éleveurs, généralement localisés autour des points d'eau, exposent les parcours avoisinants à un surpâturage, du fait qu'ils sont nombreux à s'y installer. Le choix des parcours est donc déterminé en fonction de sa proximité des points d'eau et non en fonction de sa qualité. Et par voie de conséquence, les gros éleveurs, au vu des moyens qu'ils possèdent, s'approprient de meilleurs pâturages non accessibles à la majorité des petits éleveurs. Aussi, ils n'ont plus besoin de faire traverser de longues distances à leurs troupeaux pour les abreuver puisque l'eau est amenée sur place à l'aide des citernes.
On nous signale aussi qu'il existe des cas où, les gros piétinent le «territoire» des petits qui sont victimes d'agressions. A titre indicatif, des gros éleveurs qui viennent dessécher le point d'eau à l'aide de motopompe, sous prétexte que l'eau «appartient à Dieu», donc à tout le monde.
L'inégalité sociale devant le marché
Même à ce niveau, les moyens de production et de déplacement dont disposent les gros éleveurs sont déterminants. En effet, du fait qu'ils possèdent des bergeries, ils peuvent stocker les animaux et procéder à leur engraissement. En outre, avec la facilité de déplacement qu'ils possèdent, les gros éleveurs peuvent accéder facilement aux marchés les plus lointains et aux meilleurs moments. Une grande partie d'entre eux forme un ensemble d'intermédiaires, de maquignons, de chevillards, de spéculateurs de tous genres.
La même enquête a aussi mis en évidence que dans la daïra de Mecheria (au sud-est de Saïda), au moins 30% des maquignons enquêtés possèdent un cheptel de plus de 100 têtes et 20% des éleveurs ont déclaré avoir fréquenté plusieurs marchés se situant dans d'autres wilayas. Sans trop d'exagération, on peut avancer que l'écart entre gros et petits éleveurs se creuse de plus en plus. Les spécialistes des lieux indiquent que «la baisse du niveau de vie n e concerne que la catégorie des petits et moyens éleveurs qui s'inscrivent dans un cycle de paupérisation continue. Les gros éleveurs, quant à eux, ont les moyens de faire face aux différentes perturbations, qu'elles soient naturelles ou économiques, c'est-à-dire la conjoncture du marché». Et de faire remarquer :
« Les ressources se répartissent autrement dans l'espace pastoral. L'ère de l'intérêt collectif de la tribu est révolue, c'est actuellement l'ère de l'intérêt individuel qui domine et qui met de côté les plus démunis dans une situation de combat continu pour la subsistance et de l'autre côté, les plus fortunés dans une course vers l'appropriation. »
L'avenir de la steppe
Aujourd'hui, il faut croire qu'au vu de la vitesse de réalisation du programme d'intervention du HCDS qui consiste en l'édification de 1 000 points d'abreuvement et d'autant de digues de déviation des crues d'oued pour les utiliser comme eaux d'épandage ainsi que la mise en défense de zones dégradées, la crise pastorale va, à coup sûr, se dissiper et, partant, on ne saurait plus parler de diminution du cheptel pour cause de réduction des parcours pastoraux mais bien au contraire d'intensification de l'élevage ovin grandement étendu compte tenu de ce que la demande de consommation en viande ovine va aller crescendo.
le Haut-Commissariat au développement de la steppe
La steppe, cet espace fortement menacé par la désertification et s'étalant sur 32 millions d'hectares (dont 12 millions en zones présahariennes) pour 7,2 millions d'habitants répartis à travers 23 wilayas, est prise en charge par le Haut-Commissariat au développement de la steppe (HCDS), un organisme dont la mission principale est de stopper la dégradation continue des parcours pastoraux de manière particulière et de contribuer efficacement au développement socio-économique de cette zone agropastorale, par excellence, qui a souffert pendant plusieurs années du problème de surpâturage.
Créé en 1981, dans le cadre de la lutte contre la désertification, le HCDS, établissement public à caractère administratif et à vocation technique et scientifique, oeuvre aujourd'hui pour l'application de la politique nationale en matière de développement intégré des zones steppiques et pastorales, et ce, à travers ses différentes techniques et administratives et sur ses cinq commissariats régio naux.
Après la phase de mise en place (1981-1985) et celle d'expérimentation (1986-1993), l'équipe du HCDS, composée de 230 cadres techniciens et administratifs et de plus de 5 400 personnels de soutien et ouvriers, n'a entamé son travail à grande échelle que vers la fin de 1994. 200 cadres (dont 40% sont contractuels), pour la majorité des ingénieurs d'Etat en agronomie et en hydraulique, sillonnent des centaines de kilomètres à travers les zones steppiques pour assurer le suivi des projets lancés dans le cadre du programme du HCDS. En dépit de leurs mauvaises conditions socioprofessionnelles, les travailleurs du HCDS sont armés d'une volonté de fer pour sauvegarder la steppe après des années d'abandon en raison, entre autres, de la sécheresse de la fin des années 80 et du terrorisme de la décennie 90.
La participation de la population
Ce qui les encourage à persévérer, c'est surtout la satisfaction des populations qui ont vu leurs conditions socio-économiques s'améliorer de jour en jour grâce aux projets réalisés par la jeune équipe du HCDS.
On assiste d'ailleurs, aujourd'hui, à un début de repeuplement de ces zones grâce au travail réalisé ces dernières années. «Ce sont des volontaires qui ont aimé ce métier. Ils ont donné à la steppe sans compter», témoigne le haut-commissaire, M. Kacimi Belkacem, en parlant de ses ingénieurs pour lesquels il demande l'élaboration d'un statut particulier.
«Les dotations financières pour la mise en oeuvre du programme du HCDS n'ont cessé d'augmenter ces dernières années, mais c'est toujours la précarité pour les travailleurs. Il n'y a eu ni augmentation de salaires ni augmentation des effectifs.
Et pourtant, 200 ingénieurs pour 23 wilayas c'est largement insuffisant», avance un autre cadre du HCDS en précisant que le salaire moyen d'un encadreur oscille autour de 12 000 DA/mois. Cependant, cette précarité n'a pas constitué un facteur de blocage pour les jeunes du HCDS qui ont décidé de relever le défi en se mettant au travail après une période où le pays était presque à l'arrêt. Optant pour une manière rationnelle et méthodique, l'équipe du HCDS a réussi, en l'espace de quelques années, à changer le visage de la steppe.
Plusieurs projets ont vu le jour (intensification des espaces fourragers, mobilisation des eaux superficielles à travers la réalisation des barrages ) dans cette région où l'élevage ovin (avec un cheptel avoisinant les 18 000 têtes dont les besoins ne sont assurés qu'à hauteur de 25% par les parcours pastoraux) participe à plus de 80% dans l'économie de la région et est caractérisée également par une forte croissance démographique des populations indu isant une pression sur les ressources naturelles soumises à une forte dégradation. Et ce, à travers, entre autres, un défrichement anarchique des parcours au profit d'une céréaliculture aléatoire, à très faible rendement, et un surpâturage exercé par un cheptel en surcharge maintenu artificiellement.
Des coûts réduits et des matériaux locaux pour des projets importants
Ces points semblent être la devise du HCDS qui a opté pour des méthodes simples dans la réalisation de ses projets basés sur des coûts réduits, une main-d'oeuvre locale et des matériaux de construction locaux, tout en accordant la priorité à la valorisation du potentiel existant.
Ce qui s'est soldé par la réhabilitation des parcours dégradés, l'intensification de la production fourragère par l'exploitation des eaux de surface en zones d'épandage et l'amélioration des performances des élevages. De même que la réhabilitation de l'agriculture au niveau des ksour, oasis et vallées et la promotion de l'utilisation des énergies renouvelables. Au total, ce sont 3 millions d'hectares (en attendant les 4 autres millions) qui ont été préservés par la mise en défense et 300 000 autres hectares réhabilités par la plantation pastorale.
Plus de 630 ouvrages de dérivation des eaux de crues ont été construits
L'ensemble de ces réalisations a permis la création de 140 000 emplois en milieu rural entre 2000 et 2005. Ces résultats, bien qu'encourageants, sont insuffisants aux yeux des cadres du HCDS qui estiment que l'ensemble des opérations assurées jusque-là n'ont touché que 25% de la superficie des parcours dégradés, 20% du potentiel en eau superficielle et 30% en terres favorables à l'irrigation par épandage.
Il reste beaucoup à faire
Le programme complémentaire spécial Hauts Plateaux adopté par le Conseil des ministres avec une enveloppe financière de 9 milliards de dollars est venu au bon moment. Car, face à l'immensité de la steppe, il faut de la patience, des moyens et des efforts. «L'argent, sans une approche pragmatique et adéquate avec l'implication des principaux concernés, à savoir la population, ne peut régler le problème», estime d'ailleurs, à ce sujet, le haut-commissaire au développement de la steppe qui a, d'ores et déjà, tracé un planning pour la période 2006-2009à la lumière du programme gouvernemental (voir tableau).
L'équipe du HCDS a même préparé une répartition de l'enveloppe financière dégagée par le Président par régions selon les besoins. Une proposition qui sera soumise au gouvernement pour approbation.
Source : allafrica
Images : Naturevivante
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