L'APPAM
Association pour la Promotion du Pastoralisme dans les Alpes Maritimes (APPAM) est une association loi 1901, créée en février 2001 par un petit groupe d'éleveurs sur l'initiative d'un technicien pastoral. L'association cherche à apporter des solutions aux éleveurs des Alpes Maritimes, désarmés depuis l'arrivée du loup en 1992. Depuis cette date, 8 agents pastoraux et 1 animatrice ont été embauchés.
Les agents pastoraux de l'APPAM secondent les éleveurs (ovins viande pour la plupart) face à la surcharge de travail occasionnée par la présence de loups. Les agents pastoraux apprennent ainsi le métier de berger et d'éleveur. De nombreux agents pastoraux ont pour projet de s'installer à leur compte.
L'APPAM s'est structurée et ses missions augmentent. 8 personnes tournent en permanence chez les exploitants de l'association. L'APPAM est un endroit où les éleveurs peuvent s'exprimer, partager leurs idées et connaissances. De cet échange sont nées de nombreuses idées nouvelles.
Les zones concernées par la prédation des loups
Depuis l'arrivée du loup en 1992, les troupeaux, à l'extérieur près de 8 mois sur 12 sont à chaque instant en péril. Presque tous les éleveurs du département sont concernés par la prédation du loup ou du lynx :
- les éleveurs transhumants (attaqués uniquement durant la saison estivale)
- les éleveurs locaux du massif du Mercantour (attaqués toute l'année)
- les éleveurs des Préalpes de Grasse (touchés dernièrement)
Les dégâts
Depuis 10 ans, les pratiques pastorales qui s’étaient installées en dehors de la présence de prédateurs ont dû être fortement modifiées. Les conditions de pratique du métier de pasteur sont devenues plus difficiles.
- 1 152 brebis tuées et indemnisées en 2001. L’Etat est intervenu pour un montant de 203.000 €.
Les bergers se plaignent des dommages qui ne sont pas pris en compte :
- Les brebis disparues et dont on ne retrouve pas les cadavres.
- Les répercussions sur le travail de sélection effectué sur le troupeau.
- Le stress subi par les animaux qui se traduit par des avortements et des pertes de poids.
- Les nouveaux investissements
Les besoins
Le loup est là. Les bergers doivent donc "faire avec" et tenter de protéger les troupeaux au mieux :
- Construire de nouveaux abris, de nouvelles cabanes pour être présent en permanence près des bêtes.
- Equiper les cabanes pour pouvoir y disposer d’un confort minimum.
- Acheter de nouveaux chiens de protection. Ils doivent être plus nombreux autour des brebis. Les élever aux milieu des bêtes pour que l’instinct de protection des chiens s’installent envers leur « nouvelle famille ». Les nourrir et les soigner.
Les changement dans l’organisation du travail
Vivre avec le troupeau en montagne demande une réorganisation du travail.
- Il faut passer du temps à rechercher les brebis disparues pour espérer être indemnisé. Il faut rassembler les brebis affolées après chaque attaque, soigner les blessées, participer à des réunions.
- Le pacage des brebis doit être changé. Les quartiers difficilement défendables (trop escarpés ou situés contre des bois) sont progressivement abandonnés.
- Le retour nocturne des brebis vers les parcs entraînent des déplacements aller-retour qui ne permettent plus d’accéder aux endroits éloignés et entraînent un piétinement des Drailles et une mise à nu du sol.
- Si les parcs sont mobiles, le déplacement permanent des parcs occasionnent des charges de travail supplémentaire. Plusieurs parcs sont donc nécessaires sur un même alpage.
- La stabulation des brebis dans les parcs la nuit occasionne des concentrations de déjection fortes, une surdose d'engrais et un piétinnement important.
Les changements dans la vie privée
Les loups, les gens de la ville en rêvent et c’est les bergers qui ne dorment plus ! Le loup est omniprésent dans les esprits ; la vigilance doit être de tous les instants. Le repos complet et la détente sont difficiles. Les discutions légères se font rares. Les bergers n'ont plus une vie normale. En dehors de la garde de leurs bêtes : ni congés, ni fêtes familiales, ni loisirs, ni repos. Lorsqu' ils s'aventurent en ville, la peur au ventre, pour faire quelques courses indispensables, on leur reproche d’abandonner le troupeau.
Nice Matin du 8 juillet 2002 : " Dans plus de 90% des attaques recensées, il n'y avait aucune présence humaine à proximité du troupeau ". Les éleveurs savent que le loup attaque quand ils ont faim.
Les épouses et les mères des éleveurs subissent aussi le contre coup des attaques. Elles sont souvent seules, les hommes passant le plus clair de leur temps avec les bêtes . Rentrés, ils sont épuisés, déprimés ou manquent de sommeil. Les parents qui ont travaillés dur pour léguer un beau troupeau à leurs enfants, voient aujourd'hui ce labeur remis en question. Leur métier autrefois sacré est aujourd’hui dévalorisé et critiqué dans les médias : "Les bergers sont devenus des profiteurs vivant des primes de l'Etat.
Les indemnisations
L'Etat avec le concours de l'Europe, avait mis en place depuis 1996, un programme d'indemnisations et de subventions aux éleveurs touchés par la prédation : le programme LIFE Loup qui a été renouvelé et a pris fin en décembre 2003. Lorsque un éleveur est situé dans une zone où la présence du loup est avérée, il peut faire constater ses dégâts par un agent assermenté et être indemnisé si le fait du loup est confirmé. Ce système d'indemnisation se poursuit actuellement.
La reconduction d’un plan Loup 2004-2008
Les représentants des ministres de l'Ecologie et de l'Agriculture ont distribués aux professionnels, aux élus et aux associations la version définitive du Plan Loup 2004-2008, qui était en gestation depuis le mois de mai dernier et qui s'inspire nettement des travaux réalisés par le groupe en 2003-2004.
Ce plan, dont les "prélèvements" décidés en juillet dernier - deux loups ont été tués cet hiver par des agents de l'Etat - n'étaient qu'un des nombreux axes, prévoit une série de mesures reprenant les propositions émises par l'ensemble des experts du Groupe au printemps dernier.
Les moyens de protection
Trois grands moyens de prévention ont été mis en œuvre par le programme pour défendre leur troupeau . D'autres mesures ont également été testées ou mises en place. Chacun de ces moyens, si l'éleveur le demande fait l'objet d'une subvention couvrant totalement ou partiellement les frais. Quels sont les moyens utilisés ou proposés aux éleveurs ?
La présence de ces chiens à l'intérieur du troupeau doit permettre de dissuader les attaques de prédateurs. Les chiens sont principalement de race "Maremme-Abruzzes " ou "Montagne des Pyrénées " mais il existe également d'autres races comme le " Berger d'Anatolie". Ils sont généralement appelés Patous.
Aujourd'hui dans les Alpes Maritimes on estime à 150 le nombre de Patous ou assimilés. De nombreux éleveurs situés en zone à loups les utilisent. Leur efficacité est reconnue par une majorité de propriétaire; cependant un certain nombre de problèmes non négligeables demeurent.
- Les parcs de regroupement nocturne
Des parcs de regroupement nocturne des troupeaux ont été financés. Ces parcs sont généralement constitués de filets mobiles ou de fils électriques alimentés par des appareils photovoltaïques.
Dans les Alpes Maritimes, 17 alpages et/ou parcours ont été équipés en 2002. Sur un même alpage, plusieurs quartiers doivent en général être équipés de parcs pour permettre les déplacements du troupeau. Dans l'enceinte de ces parcs, les déjections des animaux s'accumulent. Les risques de piétin (maladie du pied) augmentent en cas de mauvais temps.
L' "aide-berger LIFE" a pour rôle de participer au renforcement de la surveillance du troupeau pour soulager le travail du berger. L'éleveur pouvait jusqu'à présent bénéficier de 3 à 4 mois d'embauche au SMIC. En moyenne 75 mois ont été subventionnés par an dans les Alpes Maritimes ces trois dernières années.
La difficulté principale de cette mesure a été sa mise en œuvre : Il n’est pas simple de recruter une personne compétente, de confiance, et de vivre avec elle 24 heures sur 24 dans une cabane de quelques mètres carrés ou sur le même alpage.
L'APPAM propose de nouvelles solutions
L'APPAM essaye d'apporter de nouvelles solutions :
- Faire participer activement les éleveurs à la prise de décision, à l'organisation et à la gestion des actions. Les inciter à travailler ensemble.
- Répondre à un besoin de personnel toute l'année (pas seulement pendant la période d’estive).
- Dynamiser le secteur dans le but de créer des vocations durables. Former une relève et du personnel en faisant directement participer les éleveurs qui valorisent et partagent leurs connaissances de terrain.
- Ne pas séparer le problème du loup des autres problèmes de la filière ovine.
- Montrer les pistes à suivre pour résoudre le manque d'équipements pastoraux.
- Aider les bergers à monter des projets agri-environnementaux
Pour en savoir plus sur l'APPAM.
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