Thierry Sentous est un journaliste spécialisé en aéronautique de France 3 région Midi-Pyrénées.
Il est l'ancien maire de Seilhan, une petite commune du piémont
pyrénéen, et vice président de la communauté de communes du Haut Commingesl. Son nom est à retenir.
Il était présent sur
la liste Moudenc, le maire de Toulouse sortant, centriste apparenté UMP.
Revenons sur cette risible d’interview (elle ne vole pas très haut) réalisée
par Thierry Sentous. Début
de l’interview, le journaliste bafouille, visiblement ému de se retrouver en
tête à tête avec Chantal Jouanno, très à son avantage : “re-relativement grarare,
relativement grare, rare, grave”, les mots ne suivent pas sa pensée. Le “non verbal” devait être
amusant à observer, tremblements et transpiration sans doute.
Thierry Sentous attaque sur les déclarations de Philippe Lacube qui affirmait que deux ours ont été tués en Haute ariège. Le
journaliste sait, on lui a dit la vérité, il est proche des anti-ours et il
dispose des détails de l’information, il l'avoue. Dans les Pyrénées et en Ariège, c’est L’omerta,
la police, les enquêteurs et Chantal Jouanno ne savent sans doute pas, mais qui sait. Thierry Sentous
cherche sans doute à savoir ce qu’elle sait…
Thierry Sentous : “S’il s’avère que c’est un acte
volontaire…”
Chantal Jouanno réagit de suite, elle désire réprimer,
porter plainte : “Il n’y pas de sous justice pour çà" (les meurtres d’ours, très
consciente que les éleveurs croient que la sous-justice, ou l’absence de justice,
l’impunité s’est installée. “Chaque ours tué doit être remplacé, sinon on donne
une prime à ceux qui tuent les ours…”.
Thierry Sentous : “tuer un ours, c’est un geste très
fort qui révèle une très forte opposition locale… , on sent chez la population
une hostilité persistante, il y a
eu des sondages qui montrent qu’il y aurait une majorité favorable, mais en
incluant les grandes villes qui sont souvent loin du massif…” Elles bougent les
grandes villes ? Puis Thierry Sentous essaie d’imposer sa vérité, qu’il sort d’où
? Mystère, pourtant il est affirmatif : “Si on ne prend que la population
vivant dans le massif, il y a une
forte hostilité, comment compter vous régler ce problème ?… ” A un moment, je
me suis dit, ce n’est pas possible, c’est Louis Dollo qui interviewe Chantal
Jouanno !
Chantal Jouanno : “Si on prend ceux qui vivent en montagne : il y a une adhésion
à l’ours! (…) Le pastoralisme a des difficultés qui ne sont pas liées à l’ours,
des difficultés structurelles plus importantes, ça, c’est un autre sujet.. Il
ne faut pas mélanger les deux…” Quant aux chasseurs : “C’est certains chasseurs
(sous-entendu qui s’opposent à l’ours), Il ne faut pas tout mélanger. (…) La
population montagnarde, sur la partie montagnarde adhère à l’ours, un des symboles
fort des Pyrénées. Quand on pense Pyrénées, on pense ours ! “
Thierry Sentous, déconfit : “Et pourtant ceux qui
vivent dans le massif …”, puis il réduit le “ceux” à ceux qui sans doute lui ont
“commandé” cette interview, en tout cas il exprime sa pensée, très proche de
celles des anti-ours: “… notamment les éleveurs, les bergers (les autres ne
vivent-ils pas dans le massif ?) restent résolument hostiles à la présence de
cet animal (ce n’est pas à la réintroduction qu’ils en ont, c’est à sa présence,
son existence, sa survie.) Il continue : ”Ce ne sont des populations pas forcément
majoritaire (il le reconnait) mais qui sont clés, elles aussi représentatives
du massif (il les met en opposition avec le symbole de l’ours, faché que l’ours
soit associé au mythe, au symbolique, à l’histoire des Pyrénées), à travers l’activité
du pastoralisme.”
Puis Chantal Jouanno défend le pastoralisme et explique sa politique pour le
pastoralisme : “Il suffit d’avoir des dispositifs de sécurisation autour des
troupeaux pour éviter les attaques. (…) L’essentiel des prélèvement sur les
troupeaux sont liés à des chiens. Il y a beaucoup d’autres causes. L’ours n’est
pas la cause de prélèvement majeure. Cela veut dire qu’il y a d’autres problèmes
à régler avant.”
Là, Thierry Sentous pose une question ahurissante de
mauvaise foi : “Vous avez le sentiment de continuer à payer les pots cassés de
l’opération de Nelly Olin, de réintroduction d’il y a 4 ans, avec ses paroles
parfois un peu malheureuse vis à vis de la population ? C’est quelque chose qui
remonte beaucoup de la part de “ces populations”! (Ce n’est plus une question,
il devient militant en disant celà, plus journaliste. Il est parvenu à placer
ses “pots cassés“, formule qu’il espérait choc. Pour lui, la population se réduit
toujours aux éleveurs opposants. Le reste des Pyrénées ne compte décidément
pas pour les opposants, ils sont considérés comme des étrangers, comme ceux des
grands villes qui votent oui à l’ours dans les sondages. Seuls comptent “les
habitants du massif”, les valléens aurait dit Jean Lassalle quand il parle ipéhachebé.)
Chantal Jouanno
: “L’ours est quelque chose qui doit valoriser, qui doit aider les Pyrénéens.”
Alors qu’elle dit “qu’une montagne sans pastoralisme se referme”, il est furieux de voir qu’il n’obtient
pas les réponses espérées. Alors il enchaine sur le mot “referme”, une autre obsession
des anti-ours : “Une montagne sans pastoralisme est une montagne qui s’enfriche
et qui devient impraticable, même pour le tourisme.” Chantal Jouanno aquiesce, je ne suis pas sûr qu'elle en soit convaincue, sans doute
prise de court, et alors Thierry Sentous capitalise “Tout le
monde est d’accord sur ce constat” (Une généralisation abusive de plus : l’imprécision,
la généralisation, la stigmatisation sont les armes des manipulateurs.)
Thierry Sentous : “Vous savez aussi que le pastoralisme en montagne, surtout autour des
ovins (Ouah! Une nouvelle notion : le pastoralisme autour des ovins, à replacer) est une
activité dont l’équilibre économique est extrêmement précaire, voire en déséquilibre chronique ”. Ce que
tout le monde sait depuis longtemps, sauf eux. Il suffit de relire les analyses
économiques de Marc Laffont dont : le point sur la filière ovine : octobre 2009.
“Le fait de rajouter un problème supplémentaire,
avec la présence de “fauves” (ce n’est pas un mot neutre pour un journaliste,
un mot au hasard) comme les ours n’est-il pas contradictoire avec cette nécéssité
de sauvegarder ce patrimoine paysager (là Thierry Sentous mélange tout : paysage et pastoralisme,
patrimoine, ours et sauvegarde…) qui est garant de la stabilité du terrain (La
stabilité du terrain ? Parle-t-il des avalanches? Sans pastoralisme, les Pyrénées
se transforment-elles en plaines?) et de la beauté des paysages (Sans
pastoralisme, les Pyrénées sont laides, en plus d’être plates et effondrées, tous les stéréotypes de la rhétorique ultrapastorale y passent.)
J’imagine Thierry Sentous avec un T-shirt noir "Un ours en liberté, des hommes en danger" et son
bérêt, vissé sur la tête . Chantal Jouanno ne se laisse pas démonter par les
envolées lyriques de Thierry Sentous : “On ne rajoute pas un problème, les ours
font partie des Pyrénées. Les ours sont dans les Pyrénées. C’est historique, on
ne rajoute pas quelque chose de nouveau. On n’impose pas une espèce nouvelle
qui n’aurait jamais été une espèce pyrénéenne. L’ours fait partie des Pyrénées,
c’est une espèce qui existe dans les Pyrénées.”
Ce n’est pas ce que Thierry Sentous aimerait entendre,
il semble sonné, contrarié par le discours de Chantal Jouanno qui dément ses
affirmations d’opposant affiché, alors il revient à la charge sur les 2 ours qu’il
sait disparus et sur les informations qu’il a, et qu’elle n’a pas: “Alors,
vous avez dit que les deux, (un blanc... il a une idée) ou l’ours qui a disparu
(soudain, le chiffre deux devient embarrassant puisqu’il faudra les remplacer,
un ours ce serait mieux, alors qu’il sait qu’ils sont deux, il change la portée
de la déclaration de Philippe Lacube…) Si c’est un acte volontaire (comme si ce
ne l’était pas. Un anti-ours rentre chez lui : Tiens à propos, ce matin, en me
promenant, j’ai tué un ours) serait remplacé, c’est une information qui va être
perçue dans les jours qui viennent dans le massif (Thierry Sentous ne sait plus ce qu’il
dit, et fait des phrases sans aucun sens, une information qui va être perçue…
Euh, vous pouvez reformuler votre pensée?). D’un autre côté (en fait, c'est toujours du même, et là il
se fait menaçant) les éleveurs, les bergers, les propriétaires disent “chaque
fois qu’un ours nous posera un problème, on le fera disparaitre” (Qui cite-t-il?
Il faut l’interroger le gars. La loi, il semble l’ignorer, comme les autres.
La voilà la “sous justice” dont parle Chantal Jouanno!)
Chantal Jouanno : “Si les ours posent problème, il y a
des experts qui peuvent effectivement identifier si l’animal a un comportement
dit anormal. Si l’ours tombe tête à tête avec une brebis, effectivement il ets
probable qu’il la tue, ce n’est pas un comportement anormal chez ce type d’animaux,
il y en a bien d’autres qui le font.. on a un protocole qui est prévu,
scientifique, avec les services de l’Etat, bien organisés (…) On maintiendra la
population d’ours. Nou poursuivons le plan qui est engagé et qui a toujours
existé. La France ne renonce pas à ses engagements internationaux.”
Thierry Sentous, encore vif malgré que son interview tourne à la Bérésina, voyant une possibilité de
limiter la portée des mesures de renforcement : “Plutôt maintien que
renforcement si je vous comprend bien?” (Acquiesce s’il te plait Chantal, acquiesce!)
Chantal Jouanno :”Les deux sont liés. Si vous n’avez
plus que des mâles quelque part, il n’y a pas maintien de la population. Donc
les deux sont liés. (ce qui laisse entrevoir une réintroduction de femelles en
Béarn) le renforcement n’est pas une réintroduction, les ours ont toujours été
là. La population d’ours sera maintenue dans les Pyrénées et on veillera à ce
que se soit une population viable.” Un mot qui a toute son importance quand
on connait les études qui parlent
des conditions de viabilité de la population d’ours dans les Pyrénées.
Thierry Sentous s’acharne : “Maintenir, cela veut dire
qu’elle n’augmentera pas, vous veillerez à ce qu’elle n’augmente pas, elle se
maintient?” (Quel maladroit, il fait en même temps les questions et les réponses
et espère que cela va passer pour pouvoir faire croire qu’il s’agit des paroles
de Chantal Jouanno. La ficelle est énorme. Il est journaliste ce monsieur
manipulateur ou guide de pays et membre de l’ASPAP?
Chantal Jouanno, visiblement amusée - on le serait à
moins : “Je n’ai pas dit cela. La population d’ours est dans un état tellement
faible que s’il n’y a pas d’opération de renforcement, à terme, elle ne se
maintient pas ! C’est très clair…”
Thierry Sentous, ne sachant plus comment essayer de
remonter le courant des paroles de la Ministre qui ne lui plaisent pas trop : “Est-ce
que vous seriez pour une pause, sur l’année 2010, éventuellement 2011 (Allez s’il
vous plait Madame, et 2012 aussi tant qu'on y est, pour nous faire plaisir à nous, “les habitants
du massif”), sur un moratoire (C’est dingue comme ce journaliste a bien fait
sien le vocabulaire de l’ASPAP et de l’ASPP, “moratoire”, on dirait du Louis Dollo
ou du Bruno Besche-Commenge!) sur la nouvelle vague de réintroduction (quel
cauchemar pour lui). Vous pensez qu’il est urgent de patienter un petit peu? (Et
voilà qu’il rêve tout haut, il lit dans ses pensées et en pleurerait presque.)
Chantal Jouanno, le regard plus pinçant, il exagère maintenant, je me vais te le remettre à sa place : “Mais la
pause, elle a eu lieu en 2006, parce que depuis 2006, il n’y a pas eu de réintroduction
d’ours!”
Thierry Sentous : “Mais en 2010, cela devait
reprendre.” Chantal Jouanno : “Depuis
2006, il n’y a rien qui a été fait, très clairement. (…) Le sujet n’est pas de
dire moratoire ou pas moratoire. De toute façon, je suis contre le moratoire,
celà n’amène à rien, cela ne fait que reculer le problème pour attendre que le
suivant (sous entendu ministre) le gère. C’est très exactement cela la logique
d’un moratoire. (mettre l’ours au frigo, comme BHV, vous suivez? Non, je parie.
Pas grave, Bruxelles Hal Vilvorde) Il n’y a pas de logique de moratoire. C’est
la logique du comment (sa décision est prise), qu’est ce qu’on fait et comment
on le fait.”
Thierry Sentous, soit il ne comprend rien, soit cette
nouvelle frappe tellement dans sa tête qu’il fait semblent d’être sourd : “Est-ce
qu’il y aura de nouvelles réintroduction en 2010 ? Est-ce que vous y êtes
favorable ? Ou est-ce que vous pensez qu’il est préférable d’attendre encore un
peu (il devient risible à quémander une pause.)
Chantal Jouanno, très souriante - elle se marre de plus
en plus : “Je vous dit très exactement et je vous le répête, c’est ce dont on débat
avec les uns et les autres, le où, quand, combien, c’est ce qu’on débat avec
les uns et les autres. Je vous remercie.” Et elle éconduit le pauvre bougre qui
n’est plus qu’une flaque de journaliste sur le parquet du bureau lambrissé. Drame de la montagne à Paris. Le téléphérique fou a encore frappé.
Avec l’intégralité de l’interview, il est maintenant
très clair que le “coupage au montage” avait pour but de minimiser l’annonce d’un
prochain renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées, de dissimuler
les informations qui ne vont pas dans le sens des opposants au plantigrade. Quel sens de l'équité, du travail de pro de la désinformation.
La maladresse du journaliste, sa capacité à ne pas entendre,
écouter et comprendre Chantal Jouanno et sa manie de revenir sans cesse avec ce qu’il a
envie de lui faire dire démontre très clairement que cette interview n’est qu’une
tentative de manipulation grossière.
Chantal Jouanno ne s’est pas laissée prendre. Je
parie mon pantalon que les Dollo, Commenge et les autres grands communicateurs des
ultrapastoraux vont, dans les jours qui viennent, tomber sur Chantal Jouanno comme une nuée
de sauterelles : "La ministre de Paris reste sourde aux voix des vrais habitants de la montagne vivante, de la colère des Pyrénées qui monte. Cette nouvelle provocation, cette absence de concertation, cette mainmise des associations escrolos sur la politique du gouvernement va remettre le feu aux Pyrénées. Les demoiselles en blanc vont ressortir dans la rue, avec le peuple, les chasseurs et les élus, représentants des habitants du massif et bla bla bla ..."
Cette interview ressemble au interview rélalisées sur
Lourdes-Infos ou Tarbes-Infos. A
revoir sur les vidéos du web (tapez Dollo + ours + Tarbes ou Lourdes, vous trouverez. Ecoutez la voix...)
Comment s’appelle ce journaliste de France 3, dont on
ne voit pas la tête? J’ai oublié. Oubliez-le. Il ne restera que les paroles
fortes de Chantal Jouanno : “Quand on pense Pyrénées, on pense ours."
Remarquez que cette interview au contenu trop favorable au plantigrade ne provoque aucune réaction de la DDM, et des autres canards comme AriègeNews, et autres gazettes toujours rapides à sauter sur l'ours pour augmenter leurs ventes. A la place de l'analyse du fond, la DDL et Kairn Dollo parlent des ariégeois qui auraient compris que deux ours auraient été lâché. Ils ont eu peur parait-il. Chantal Jouanno n'aurait rien promis. L'ASPAP publie "l'intégrale" de l'interview qui ne comporte que les passages qui l'intéressent, ceux du montage bidon. Propaganda.
En savoir plus :
Dans l'Express, j'ai lu que Thierry Sentous avait dit :"Mieux vaut faire de la politique au grand jour, que de le faire caché derrière sa plume." Nous sommes d'accord, vous faites de la politique, pas du journalisme.
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