Etienne H. Boyer est l’auteur du roman « Mauvais berger », une nouvelle autobiographique illustrée. Elle a été écrite à partir des notes publiées en 2006 sur son blog et qui raconte son expérience d'aide berger (NDLB : il travaillait pour M. M. (Non pas Marylin Monroe, ne rêvez pas !) lors de plusieurs saisons en estives en Haut-Béarn (1998, 1999 ...). Un récit qui trace un portrait peu flatteur de certains bergers. "Je ne veux pas faire de généralités et affirmer que tous les paysans des Pyrénées Atlantiques sont des bourrins esclavagistes, mais ceux sur lesquels je suis tombé étaient particulièrement gratinés."
Etienne H. Boyer ne tape pas sur le milieu agricole, mais sur un certain milieu agricole. "Je connais des tas de bergers tout à fait honnêtes et très sympathiques. On ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, ce serait injuste pour tous ceux (que je veux croire plus nombreux qu'on le pense) à qui l'on ne peut pas reprocher d'être des gens sans scrupules (à bien des égards), ni d'inciter à l'éradication de l'ours des Pyrénées."
Questionné à propos de la "dernière sortie" médiatique de Madé Maylin (lire la note de Gérard Bozzolo) Etienne H. Boyer m'a dit : «Il est possible que Madé Maylin (quoi que fort peu probable) ait vu l'ours depuis 1999 (NDLB : à défaut de voir le loup), date à laquelle je travaillais chez elle. Mais vu que ses amis de CPNT les ont tous plus ou moins décimés depuis, que le Grand Papillon a été retrouvé mort (de sa belle mort mais truffé de plomb), je ne vois pas comment elle aurait pu voir l'ours... »
Bien que dans le livre, les noms des personnages et des lieux sont tous des noms d'emprunt, il n’est pas compliqué de reconnaître les personnages ! Voilà ce Etienne H. Boyer écrit dans «Mauvais berger» au sujet de ce que j'interprète, sans avoir été contredis, comme étant les rapports entre la passionaria des estives et l’ours... :
Etienne H. Boyer : "Christophe arrive enfin et prend le relais. Sa mère (NDLB : Nanette alias M.M.) redescend sur Sallurnes et se consacre désormais à son activité préférée, qui consiste à accueillir des touristes en mal de ruralité, à les faire "randonnouiller" jusqu’à la cabane, avec visite de l’estive, démonstration de fabrication fromagère, et passage obligé au saloir de Saint-Gabriel pour une dégustation/vente à la clé.
Nanette est accompagnatrice en montagne. Elle n’a jamais passé l’examen d’état, ni aucune formation, mais a eu le diplôme «à l’ancienneté». Son minois buriné, son air «authentique», et ses histoires d’ours et de brebis lui valent l’attention et l’estime de ses clients.
En grattant un peu la sur-couche de vernis, on a tôt fait de se demander comment on peut passer son temps à cracher sur la réintroduction de cette pauvre bête en voie d'extinction alors qu'on ne l'a jamais vue de sa vie, ni même rencontré l'ombre d'une de ses crottes?
D’autant que les brebis sont rassemblées dès la nuit venue dans un enclos proche de la cabane, et le patou -jamais bien loin- constitue sans doute la meilleure défense contre celui que la bergère traite de «grand fauve». Comment peut-on dans le même temps tout faire pour attirer les touristes sur les lieux d'estives avec des images de cartes postales, et de vraies fausses expériences personnelles impliquant le plantigrade ?
Bref, si son cinéma m’horripile, je n’en montre rien…"
Plus loin, dans la dernière partie de «Mauvais berger», Etienne H. Boyer raconte ...
"En redescendant sur le plateau par le chemin presque invisible qui serpente derrière la vieille cabane en ruine d’Ousse, la Fernande croit voir (ou veut nous faire croire qu’elle a vu) une trace d’ours dans une flaque de boue. Aussitôt, elle nous fait un speech quasi-scientifique comme quoi elle reconnaît bien là l’implantation des griffes, la taille des coussinets, etc. Puis elle nous dit –à la limite de la panique- qu'elle va signaler ça aux autorités car son troupeau est désormais sérieusement menacé.
Christophe et Alexandrine semblent avaler cette couleuvre avec de grands yeux écarquillés. Dubitatif, j’ose un : "Z’êtes sûre? On dirait plutôt la patte du Patou qui nous précédait!" Le regard dissuasif qu’elle me lance à ce moment là en dit long sur sa pensée... Je n’insiste pas, car après-tout, elle peut bien croire ce qu’elle veut, cette bougresse : peu m’en chaut!" Evidemment, ce n'était pas un ours...
Pour ceux que cela intéresse, Etienne H. Boyer a publié sur son blog des anecdotes «bonus» qui ne sont pas dans le livre.
Lire aussi à la buvette :
- Le paradoxe ursin par Etienne Hugues BOYER
- Mauvais berger (le livre, où l'acheter)



Les commentaires récents