La vie d'une famille de castors dans les Ardennes belges (à Wibrin, mais il y en a partout...)
La vie d'une famille de castors dans les Ardennes belges (à Wibrin, mais il y en a partout...)
Baudouin de Menten sur 01 novembre 2011 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0)
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Depuis peu de temps, des castors vivent à nouveau en Belgique. Une étude de l'Université de Gand montre que les barrages de castors sur les petits ruisseaux jouent un rôle important dans la réduction des inondations.
Des scientifiques Gantois ont examiné avec un checheur italien, une série de six barrages de castors sur un affluent de l'Ourthe, la Chevral. Le bassin de l'Ourthe a aussi été étudié car on peut y trouver la plus grande concentration de barrages.
Les barrages de castors semblent jouer un rôle important dans la gestion locale de l'eau. Ils réduisent les fluctuations du débit en aval du barrage et limitent le nombre d'inondations majeures. Lorsque, à un endroit donné, une grande innondation a lieu en moyenne tous les 3 à 4 ans, après la création de barrages par les castors, cette grande innondation n’a lieu en moyenne que tous les 5 à 6 ans. Le nombre des petites inondations est, en outre, considérablement réduit.
Ces résultats appuient les recommandations que les ressources naturelles peuvent remplacer ou compléter les mesures d'intervention de l'homme pour contrôler les inondations des rivières.
Croissance de la population de castors
Après une absence de plus de 150 ans, le Castor fiber est actuellement bien implanté en Belgique. À la fin du 19ème siècle le nombre de castors en Europe était tombé à environ 1.200 individus en raison d’une chasse excessive. Depuis 1920, l’espèce est protégée et leur nombre a augmenté.
Le castor a à nouveau été repéré en Belgique dès 1991. Actuellement, il y a plus de 1.000 individus dans les Ardennes, mais pas uniquemlent; on en trouve aussi en Flandre.
Les castors qui vivent en Belgique ont construit des barrages sur plus de 120 sites "castors". En Europe, l'impact des barrages de castors et l’effet combiné de plusieurs barrages sur la gestion de l'eau n'avait très peu été étudiée jusqu’à ce jour : aucune information n'était disponible avant la publication de cette étude par l’Université de Gand.
Source : Effect of beaver dams on the hydrology of small mountain streams: example from the Chevral in the Ourthe Orientale basin, Ardennes, Belgium. J. Nyssen and J. Pontzeele (Department of Geography, Ghent University, Belgium) and P. Billi (Department of Geography, Ghent University, Belgium and Department of Earth Sciences, University of Ferrara, Italy)
Contact & Informations : Professeur Jan Nyssen, Vakgroep Geografie. Tel. +32 92 64 46 23
Baudouin de Menten sur 31 mars 2011 dans Belgique, Castors, Sciences - Recherche | Lien permanent | Commentaires (4)
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Un reportage de la RTBF sur le "retour" du castor en Belgique. 101 castors ont été relâchés. Actuellement la population est estimée entre 1.000 et 1.500 spécimens.
2ème partie 3ème partie 4ème partie 5ème partie 6ème partie
Baudouin de Menten sur 06 février 2011 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0)
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Publiée dans l’European Journal of Wildlife Research, une étude polonaise montre que le castor, réintroduit dans le pays, en abattant des arbres et en construisant des barrages, crée des terrains de chasse idéaux pour de nombreuses espèces de chauves-souris.
En abattant des arbres, le castor rend plus espacée la couverture forestière, et donc la canopée, libérant le passage aux chauves-souris volant à ces hauteurs, qui, en outre, sont moins gênées par la réflexion de leurs signaux d’écholocalisation sur les branchages, lorsqu’elles traquent les insectes. De plus, en construisant des barrages, les castors créent des zones d’eau stagnante propices à la prolifération des insectes dont se nourrissent les chauves-souris, tels les moucherons.
Une conséquence inattendue de la réintroduction, entre 1943 et 1986, du rongeur dans le nord de la Pologne, d’où il avait disparu. Contrairement à ses prédictions, Mateusz Ciechanowski, de l’Université de Gdansk, responsable de cette étude, constate que ce sont les chauves-souris du genre Pipistrelle, chasseurs "d’altitude", qui ont ainsi été favorisées par les travaux de besogneux rongeurs, et non le Vespertilion de Daubenton (Myotis daubentoni), chauve-souris pourtant inféodée aux zones humides, mais gênée dans sa chasse aux insectes aquatiques par les lentilles d’eau qui prolifèrent sur les biefs bâtis par les castors.
Source Maxisciences
Baudouin de Menten sur 23 janvier 2011 dans Castors, Pays de l'Est | Lien permanent | Commentaires (0)
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Le retour du castor européen en Belgique
Le castor européen (Castor fiber) avait disparu de la Région wallonne. Il a été revu pour la première fois sur la Roer, en 1990, à la faveur du développement des populations de l’Eifel allemand issues de réintroductions. Son installation y daterait de 1997.
D’autre part, différents lâchers de castors européens sur le territoire régional ont été réalisés illégalement entre 1998 et 2000. Aujourd’hui, plusieurs populations se sont établies. elles étaient estimées à plus de 100 fin 2006, principalement au sud du sillon Sambre-et-Meuse et dans la vallée de la Dyle. Depuis 2006, les populations de castors ont continués à conquérir de nouveaux territoires en Wallonie en remontant le cours des rivières et ruisseaux. Chaque année de nouveaux sites castors comprenant barrages et huttes sont découverts, parfois, les retenues d’eau et constructions sont impressionnantes. Actuellement on estime le nombre de familles de castor établies sur les rivières et ruisseaux de Wallonie à de 250 à 300 familles, soit une population de 1.000 à 1.500 castors. (La famille pouvant comporter le couple parental (2) à un nichée de castorins de l'année (+2) et de castorins de l'année précédente (+2).
La région Wallonie précise que : «Malgré le rôle positif joué par l’animal sur des milieux de fond de vallée (aménagement de retenues d’eau, restauration de zones humides…), les problèmes de cohabitation avec l’homme sont nombreux. Le développement des populations est tel que les dégâts causés sont parfois importants ».
Des castors canadiens évadés
Parrallèlement à ces “retours”, il semble que quelques castors canadiens (Fiber canadiensis) cette fois se seraient échappés régulièrement d'un parc animalier de Prüm, petite ville d’Allemagne près de la frontière belge du côté de Saint-Vith. Ce parc possédait des castors canadiens depuis des décennies. Depuis lors, les castors canadiens de ce parc ont été remplacés par des castors européens.
Peu après le retour du castor au Grand-Duché-de-Luxembourg, celui-çi a publié une brochure à la gloire du retour du bâtisseur des rivières européen. C'est qu'un alors qu'un responsable de la Conservation de la Nature au Grand-Duché (M. Schley) a eu des doutes sur cette population car la distance qui séparait la population luxembourgeoise de castors était trop grande par rapport aux populations voisines de castors en Allemagne.
Dans son numéro 40 de nov-déc 2010, la revue Natagora publie un article un peu alarmiste sur “une petite Invasion du Castor canadien en Europe”...
“Le castor canadien tend à remplacer peu à peu les castors autochtones dans les pays du nord de l’Europe et il semble que ce soit aussi le cas en Belgique.
Les castors nord-américains ont été introduits sur le vieux continent, parfois involontairement suite à leur ressemblance morphologique avec les animaux européens ; il est en effet impossible de les distinguer sans les capturer. Il a fallu attendre les années 1970 pour que des chercheurs russes révèlent des différences génétiques importantes entre les deux espèces. Elles diffèrent notamment par leur nombre de chromosomes (40 pour le canadien, 48 pour l’européen). Malheureusement, à l’heure de cette révélation, les castors nord-américains avaient déjà été introduits en grand nombre en Europe.
Les deux espèces ne peuvent se reproduire entre elles et la canadienne est favorisée biologiquement car les individus sont plus rapidement matures sexuellement et les femelles ont un taux de fertilité plus élevé.
En Finlande, il a été démontré que l’espèce américaine est extrêmement invasive : elle y a déjà colonisé les deux tiers du territoire au dépend des animaux indigènes.
Récemment, des recherches ont confirmé la présence des castors canadiens au Luxembourg et dans l’est de la Belgique, elles ont aussi permis d’en estimer la dispersion. Les résultats indiquent également qu’au Luxembourg la situation des deux espèces est équilibrée tandis qu’en Wallonie les données sont plutôt rassurantes. En effet, seuls certains sites de l’est sont colonisés.
Reste maintenant à étudier les risques de colonisation le long des rivières où l’espèce a déjà été détectée et y intervenir pour éviter le développement des populations de castors canadiens.”(
Eugène M., Michaux J. [2010]. Chronique d’une invasion annoncée. Natagora 40 : 21-23 (3 p., 1 fig.).
"Quoi, ces cohortes étrangères feraient la loi dans nos foyers!
Quoi, ces phalanges mercenaires terrasseraient nos fils guerriers!
Grand Dieu! par des mains enchaînées nos fronts sous le joug se ploieraient
. De vils despotes deviendraient les maîtres des destinées. Tremblez, tyrans et vous perfides, l'opprobre de tous les partis
. Tremblez! vos projets parricides vont enfin recevoir leurs prix!
Tout est soldat pour vous combattre, s'ils tombent, nos jeunes héros
. La Belgique en produit de nouveaux, contre vous tout prêts à se battre." (paroles de la Marseillaise)
Le castor européen étant une espèce protégée, en février 2010, le Conseil Wallon de la Conservation de la Nature (CSWCN) a accepté la demande de dérogation émanant du DEMNA (Département de l'Etude du milieu naturel et agricole) “concernant, d'une part, la perturbation et la capture de castors en vue de leur identification et, d'autre part, l'éradication des familles de castor canadien (Castor canadensis), le tout dans le cadre d'un plan de gestion du castor canadien en Région wallonne.” (Contact : Benoit Manet 081/626432 benoit.manet @ spw.wallonie.be)
Le castor canadien est morphologiquement proche de son cousin européen, dont il se distingue physiquement par un moindre poids, un pelage plus foncé, un os nasal crânien aux bords plus convexes et génétiquement par son nombre de chromosomes. Castor canadensis possède huit chromosomes de moins que Castor fiber.
La situation est très différente en Finlande, en Belgique ou au Luxembourg. Dans ces deux petits pays, parler de “petite invasion” me semble exagéré.
En Finlande, des castors canadiens ont été réintroduits dans les années 1930. On peut véritablement parler d’invasion de castors canadiens dans ce pays puisqu’on estime la population de castors canadiens à plus de 10.000.
Au luxembourg, les 8 sites connus peuplés par des castors canadiens ont été contrôlés. Les castors capturés ont été donnés à des zoos ou ont été euthanasiés. Seul reste une famille de castors européens qui a pour mission de recommencer la conquête du territoire luxembourgeois et des ex-sites peuplés par les castors canadiens.
En Belgique, Benoit Manet estime la population de castors canadiens “à plus ou moins 5 familles avec en plus peut-être quelques errants solitaires, tout au plus 20 à 25 castors. Tous ces sites sont extrèmement localisés, dans la vallée d’Our", à la frontière du Luxembourg et de l’Allemagne. Une seule famille aurait franchit une crète pour aller se positionner dans le Glain près du village de Beho. “L’espèce est identifiée après l'analyse génétique de poils prélevés sur des pièges à poils, disposés dans les coulées utilisées par les castors. Les analyses ont permis d’identifier 4 sites où les castors canadiens capturés ont été euthanasiés. 3 autres sites de castors canadiens identifiés sont actuellement sous surveillance”.
La source de cette “invasion” semble contrôlée :
Le croisement entre les deux espèces étant stérile, la petite population de castors canadiens a besoin de rester très concentrée pour se reproduire. Comme les captures et les stérilisations ont lieu sur ces noyaux, la reproduction du castor canadien devrait être fortement limitée voire maitrisée à relativement court terme. Les quelques castors canadiens qui pourraient passer entre les mailles du filet devraient à terme se diluer et disparaître car entourés par les trois populations de castors européens de la Wallonie, de la Sarre et de la Moselle.
Le suivi du castor
En région wallonne, il n’existe pas de "réseau castor" officiel comparable aux réseaux “ours brun” ou au “réseau loup” en France ; mais les informations remontent par les propriétaires terriens, les forestiers, les naturalistes et par les membres du réseau des piégeurs de rats musqués. Ces informations permettent la tenue d’un cadastre des sites qui évolue rapidement au rythme de la conquête du territoire par les familles de castors. Le castor est un animal très territorial qui s’autorégule quand toutes les zones adaptées voisines sont peuplées.
Naissance d’un tourisme castor
Dès 2008, RTL écrivait : “Le tourisme castor connaît un succès grandissant en Wallonie, et en particulier dans les Ardennes qui attirent chaque week-end et en toutes saisons, de nombreux groupe de promeneurs guidés, qui profitent également des spécialités locales, à la grande joie des cafetiers et restaurateurs ardennais.
Pour faire connaître cet animal impressionnant, dont le moyen avoisine les 26 kilos et qui mesure environ 1,3 mètre de long, l'association "Pays des Castors" organise des expéditions et des excursions "castor" qui conduisent les promeneurs sur les sites de vie des animaux.
"Il est possible de voir des choses aussi exceptionnelles qu'au Canada par exemple. Le plus haut barrage wallon mesure près de 3 mètres de haut. Les constructions sont totalement inattendues et exceptionnelles", a expliqué Olivier Rubbers, responsable, entre autres, de la communication à l'association.
"Bièvre, Beveren, Bever, Beerschot, Bevel, Beverdonck, Berneau, Bierwart…" : le flot ininterrompu des mots sort de sa bouche en cascade... "Les Ardennes, pays du sanglier ? Je vous mets au défi de trouver un seul nom de village ou de rivière qui se réfère au sanglier, alors que des noms qui se réfèrent au castor, ou plutôt à son vieux nom d'origine celtique, “bièvre”, il y en a partout. Aucun pays n'en compte même autant que la Belgique ! " C'est reparti : " Biesme, Breuvanne, Beverlo… " Et de le décliner dans toutes les langues. La Belgique est le pays du castor.
Baudouin de Menten sur 11 janvier 2011 dans Belgique, Castors, RUBBERS Olivier | Lien permanent | Commentaires (0)
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Canada: le plus grand barrage de castors au monde découvert grâce à internet
MONTREAL — Un barrage de castors, le plus grand au monde, a été découvert dans une région reculée et sauvage du nord du Canada par un écologiste qui dit l'avoir repéré sur des photos satellite et le site internet Google Earth.
Le barrage, qui est situé dans le Parc national Wood Buffalo, dans le nord de l'Alberta, mesure 850 m de long, nettement plus que la norme pour ces ouvrages qui ne dépassent généralement guère 100 m au Canada. En règle générale, seulement une digue sur 1.000 fait plus de 500 m de long.
La construction de ce chef-d'œuvre de la nature a vraisemblablement commencé dans les années 1970, croit Jean Thie, qui l'a découvert en tentant de mesurer à l'aide de photos satellite l'étendue de la fonte du permafrost (les terres gelées en permanence) dans le nord du Canada.
"Plusieurs générations de castors ont travaillé sur ce barrage, qui continue de grossir", a-t-il déclaré mercredi à l'AFP. La digue était déjà visible sur des photos de la Nasa datant du début des années 1990, a ajouté M. Thie.
Des responsables de la réserve naturelle, la deuxième plus grande du monde, ont survolé le barrage à basse altitude l'an dernier, mais n'ont pu se poser, la zone étant trop marécageuse, a indiqué pour sa part un porte-parole du parc national, Mike Keizer.
Ils ont néanmoins pu confirmer que la digue "est très ancienne. Lorsqu'une digue est récente, il y a plein de rondins fraîchement coupés. Or, sur celle-ci, l'herbe pousse, c'est tout vert", a expliqué M. Keizer.
M. Thie note pour sa part que les castors sont en train de construire deux autres digues de chaque côté du barrage principal et que d'ici dix ans, toutes ces structures pourraient n'en former qu'une seule, mesurant plus de 950 m.
"C'est un phénomène unique, les digues de castors comptent parmi les rares structures construites par des animaux qui soient visibles de l'espace", souligne M. Thie.
Les vaillants rongeurs construisent des digues pour créer des réservoirs d'eau profonds où ils peuvent se mettre à l'abri des prédateurs, faire flotter leur nourriture et les matériaux de construction qu'ils utilisent.
Jusqu'à la découverte de ce barrage, on considérait que la plus longues digue de castors connue dans le monde était un ouvrage de 652 m situé dans l'Etat américain du Montana, frontalier de l'Alberta.
Poussé au bord de l'extinction par le commerce des fourrures aux XVIIe et XVIIIe siècles, le castor effectue un retour en force dans ses anciens habitats partout en Amérique du Nord, certains vivant même aux portes de grandes villes, comme à Montréal.
"Il y a des digues partout au Canada et certaines colonies de castors comptent jusqu'à 100 animaux au km2", souligne M. Thie. "Ils refaçonnent le paysage", dit-il.Baudouin de Menten sur 06 mai 2010 dans Canada - Québec, Castors | Lien permanent | Commentaires (0)
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Le journal Le Monde consacre un article à Olivier Rubbers, le père des castors en Belgique, celui qui a compris que les plus grands défenseurs du rongeur sont ceux qui les connaissent. Alors il fait de l'information tout en faisant vivre le tourisme en Ardennes. Ce qu'il faudrait faire pour les ours dans Pyrénées, mais là, il est étrangement absent des offices du tourisme, par ordre de politiciens opposés au plantigrade... (Un grand reportage de 4 pages avec photos couleurs sur le Pays des Castors en Belgique paraitra dans le Monde2, le magazine week-end du Monde, qui sera disponible en kiosque, en France et en Belgique, avec l’édition du Monde de vendredi 22 mai datée samedi 23.)
Robin des bois et les 101 castors
"Bièvre, Beveren, Bever, Beerschot, Bevel, Beverdonck, Berneau, Bierwart…" : le flot ininterrompu des mots sort de sa bouche en cascade... "Les Ardennes, pays du sanglier ? Je vous mets au défi de trouver un seul nom de village ou de rivière qui se réfère au sanglier, alors que des noms qui se réfèrent au castor, ou plutôt à son vieux nom d'origine celtique, “bièvre”, il y en a partout. Aucun pays n'en compte même autant que la Belgique ! " C'est reparti : " Biesme, Breuvanne, Beverlo… " Et de le décliner dans toutes les langues. "Pourquoi Sartre appelait-il Beauvoir le “Castor” ? parce que “beauve” en est une variante dialectale romane. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que le terme savant gréco-latin est passé dans l'usage… "
Le gars est intarissable comme la drache qui inonde les Ardennes belges, entre Liège et Luxembourg. A peine un rayon de soleil d'avril remplace-t-il les tourbillons de neige que déjà de gros nuages de pluie menacent. Olivier Rubbers a le pantalon encore humide de s'être enfoncé dans l'eau jusqu'à mi-cuisses pour reconnaître un nouveau barrage de castors. Il fait de grandes enjambées, fendant la bise de son front chauve et brut qui le fait ressembler à Tarass Boulba : 1,88 m, une centaine de kilos, un sourire angélique, et dans la tête des rêves d'enfant qui l'ont fait devenir au regard de la loi une sorte de dangereux éco-terroriste.
D'octobre 1998 à juin 2000, la bande du "mercanti" – comme les ennemis d'Olivier Rubbers l'ont surnommé en référence à son passé d'ingénieur commercial – a réintroduit en Belgique cent un castors. "Pas à cause des 101 Dalmatiens. Juste un hasard : le nombre de têtes que les services des eaux et forêts allemands pouvaient fournir." Des actions commando faites non pas illégalement, puisqu'à l'époque la réintroduction d'espèces n'est pas interdite par la loi, mais en cachette car, après avoir demandé l'autorisation officielle – et s'être fait éconduire –, Olivier Rubbers a compris que son action serait perçue comme un crime de lèse-majesté par une administration soucieuse de ses prérogatives.
Jeu de cache-cache
Officiellement, nos écolos de grands chemins libèrent donc les castors de l'autre côté de la frontière, en Allemagne. Don d'ubiquité ? On retrouve les braves rongeurs aux incisives puissantes comme des ciseaux à bois montant des barrages et des huttes à des dizaines de kilomètres de là ! La première fois, Olivier Rubbers a convoqué la presse. Las, pendant le voyage, lui et ses complices prennent du retard. La police les attend là où ils doivent libérer les bêtes. Avertis, ils bifurquent. Un jeu de cache-cache. Trois mois plus tard, un chasseur donne l'alarme sur le ruisseau de Martin-Moulin : les castors sont entrés en Belgique !
Depuis, Olivier Rubbers, facilement traqué – il avait laissé toutes ses traces à l'administration allemande –, perquisitionné, arrêté, condamné, est devenu une sorte de Robin des bois des forêts ardennaises. Un drôle de malfrat qui a pignon sur rue, est salarié d'une association très légale d'éducation permanente en matière d'environnement, les Rangers, fait vivre l'hôtellerie locale en donnant à la région un nouveau motif de fierté et une nouvelle activité pour les touristes désœuvrés : ses visites des barrages de castors… Mais un Robin des bois malgré tout, qui n'a plus d'adresse officielle en Belgique et continue d'être poursuivi, d'appel en cassation, par une administration qui a la mémoire longue et une partie civile qui lui réclame 380 000 euros de dommages et intérêts, non pour réintroduction mais pour "transport et détention d'une espèce protégée". Bienvenue chez Kafka.
C'est que les cent un castors ont proliféré et transformé la géographie de la Belgique. On en compte aujourd'hui 800 dans les Ardennes répartis en 170 familles. Qui dit famille dit un territoire de 2 à 5 kilomètres le long d'un ruisseau, où le père, la mère (le castor est monogame et reste avec la même compagne toute sa vie) et leurs enfants (pendant deux ans) vont aménager le territoire à leur guise. Oubliez votre haie de bouleaux et votre pelouse en miroir !
Les arbres sont coupés, transportés, leur écorce est mangée ; et les tiges servent d'armature aux barrages cimentés par la terre. Les terrains sont inondés, transformés en marais, le lit des rivières est dévié…
Mais voilà que s'opère une étonnante métamorphose : le fond des vallées s'éclaire, l'eau se clarifie, les poissons et les grenouilles se multiplient, pour le plus grand plaisir des martins-pêcheurs, des hérons et des cigognes qui s'en repaissent, les cerfs y gambadent. Et paradoxalement, alors que la justice suit, elle, son cours, les services de l'Etat virent leur cuti : les offices du tourisme prônent la visite des sites de castors, la région subventionne la diffusion de DVD dans les écoles, et l'on peut lire dans un rapport du très officiel Centre de recherche de la nature, des forêts et du bois : "C'est toute la gestion de nos cours d'eau qui doit être réfléchie. Accepter le retour du castor, c'est accepter de laisser vivre nos rivières."
Foururre inimitable
Olivier Rubbers, lui, n'en finit plus d'énumérer les atouts de cette espèce "clef de voûte" : créant des zones humides, le rongeur sauve la biodiversité ; en consolidant la ripisylve, cette forêt qui borde les cours d'eau, il consolide les berges, combat l'érosion des sols et gère une véritable station d'épuration des pesticides qui dégoulinent des champs cultivés ; en élevant des barrages, il régule les cours, prévient les inondations et crée des réserves en cas de sécheresse. A l'écouter, tout est bon chez l'" ingénieur des écosystèmes" : sa fourrure est inimitable, ses sécrétions sentent délicieusement, et les paysages qu'il réagence en permanence sont un spectacle dont il ne se lasserait jamais.
Tout le monde évidemment n'est pas de cet avis. Ici, ce sont des chênes américains qui ont été abattus; là, un champ de jeunes peupliers. Sur le versant luxembourgeois, en montant un barrage sur une rivière qui ne faisait pas deux mètres de large, les castors ont noyé 35 hectares...
"Les souris, les rats, ça gêne pas, mais les castors, c'est dégueulasse. Ce qu'ils font à la forêt, c'est dégueulasse." Emile le vieux a une gueule de pirate accrochée de guingois au bout d'un long corps anguleux. Des mains taillées comme des battoirs et noires comme le charbon. "C'est le tanin des chênes, j'ai beau frotter, ça ne part guère", explique cet ancien paysan ardennais qui, face aux normes européennes, a préféré vendre ses vaches et se lancer dans l'exploitation forestière. "Et c'est dégueulasse d'avoir mis des castors sans en parler à personne. Même que maintenant, on veut nous remettre des lynx ! Dégueulasse…" Olivier Rubbers sourit. "Il y a de l'inquiétude. Mais c'est très subjectif. Comme cette dame qui me dit que le castor a mangé tous les poissons de son étang : “Ah bon, madame, je lui dis, mais c'est un scoop. Si c'est le cas, on va vous inviter au prochain symposium international sur les castors qui se tiendra cet automne en Lituanie... Parce que, jusqu'ici, le castor est herbivore", raconte-t-il avec son accent du Tournaisis qui ralentit sur les voyelles. Et plus sérieusement : "Quand il y a des problèmes, il y a des remèdes. Si on veut protéger les arbres, il suffit de mettre du treillis à poules à leur base sur une hauteur d'un mètre – un castor, c'est à peu près l'équivalent d'un gosse de 11 ans. Et si on veut éviter des inondations qui peuvent être gênantes, par exemple pour les voies ferrées, il suffit de passer un long tuyau dans le barrage – ne pas le détruire, il le reconstruirait aussitôt – et, s'il cherche à boucher cette buse, d'y piquer des fers à béton et du treillis à poules."
Olivier Rubbers est né à Tournai, aîné d'une fratrie de quatre, dont les parents – le père a une petite entreprise et la mère est psychologue – laissent aux enfants l'autorisation de battre la campagne quand ils n'étudient pas. A 16 ans, le benjamin traverse le Mali tout seul. Il est aujourd'hui anthropologue. Olivier, lui, nourri des BD de son père – Buck Danny, les collections de Spirou des années 1958-1959 –, parcourt depuis l'enfance ces Ardennes qui, à l'autre bout du pays, sont un terrain d'aventure dont il connaît aujourd'hui le moindre bois, le moindre ruisseau. "Ici c'est le ressourcement. Il y a des moules perlières dans les cours d'eau, des écrevisses… J'ai toujours aimé la nature, je l'aimais avec la ferveur d'un croyant qui va à la messe en latin et n'y comprend rien."
Ingénieur commercial, il vend du double-face lorsque, en 1996, il tombe sur un article consacré au castor dans une revue naturaliste. Révélation. Il contacte l'auteur et décide de réintroduire en Belgique ce drôle d'animal dont le dernier spécimen a été abattu à la fin du XIXe siècle pour sa fourrure, l'équivalent d'un mois de salaire d'un ouvrier à l'époque.
Vingt guides castor
Ni patenté, ni assermenté, ni diplômé, Olivier Rubbers se voit reprocher de n'être pas du sérail. Mais c'est un communicant et son " Pays des castors ", comme il a baptisé l'association qui organise les visites guidées des barrages, fait florès. Vingt moniteurs ont déjà passé l'examen de guide castor qu'il a très sérieusement mis au point – on ne rigole pas avec les rongeurs. Encore moins avec la satisfaction du client. Et, sous le crachin, ce sont ce jour-là douze groupes de 10 à 25 personnes qui crapahutent, guidés par Jurgen, employé communal d'une banlieue d'Anvers qui a fait ses 300 kilomètres pour venir accompagner les touristes ; Hank, journaliste flamand, ou Jorn, agent des forêts à Malines, qui un jour, au zoo de Munich, en attrapant un castor, s'est fait entailler le torse. Son seul commentaire fut extatique : "J'espère que la cicatrice va rester…" "Les gens chopent méchamment le virus", constate sobrement Olivier Rubbers, plongé dans l'observation d'une hutte recouverte de mousse. "Vous savez, en écologie, on fait des grand-messes, comme votre Grenelle de l'environnement, et puis rien… C'est comme les gens qui vont à l'église le dimanche et ne changent pas leurs habitudes. Si on ne fait que causer, qu'on “berdèle” comme on dit chez nous, c'est pire que tout… Le castor, lui, vous rappelle que vous n'êtes pas les seuls sur terre à pouvoir tout modifier. Et ça, ça vous fait descendre du piédestal."
Source : Le monde
Lira aussi :
Le castor en Belgique
Laurent Carpentier
Baudouin de Menten sur 24 mai 2009 dans Belgique, Castors, RUBBERS Olivier | Lien permanent | Commentaires (2)
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Interview d'Olivier Rubbers de www.paysdescastors.be
La Buvette : Les périodes hivernales de grand froid sont idéales pour observer la présence des castors sur les ruisseaux et les rivières belges, pourquoi ?
Olivier Rubbers : Effectivement, l’hiver est le bon moment pour visiter les habitats «castors» et pour surveiller l’extension de sa répartition. En hiver, la végétation est au repos et les bords de rivières sont accessibles. Les indices laissés par le castor sur les arbres sont bien visibles. Les copeaux et les troncs rongés sont blancs ou jaunes, et contrastent bien avec le fond sombre des bois et de la terre.
© Photo BdM : Tronc d'arbre rongé par des castors. Le blanc du tronc est visible de loin.
Les indices (sentes de passages, coupes, copeaux) sont tellement caractéristiques qu’il est pour ainsi dire impossible de les confondre avec celles d’autres animaux qui s’en prennent eux aussi aux arbres, comme les cervidés ou les campagnols (qui peuvent tous deux en ronger l’écorce).
La Buvette : Les castors coupent-ils du bois durant les quatre saisons ?
Olivier Rubbers : Non, le castor ne ronge pas des arbres en permanence. Lorsqu’il s’installe sur un territoire, il peut consommer de grandes quantités d’arbres pour se procurer les matériaux destinés à la construction de ses barrages. Mais par la suite, il s’attaque aux arbres seulement pour se procurer l’écorce dont il se nourrit.
Au printemps et en été, les attaques du castor contre les arbres sont peu fréquentes car l’animal se nourrit principalement de plantes herbacées. Dès l’automne, le castor fait des provisions de rameaux pour l’hiver : pour récolter suffisamment de rameaux et de branches, il peut alors couper des arbres.
© Photo BdM : Un tronc coupé par des castors. Chaque partie prend la forme d'une pointe de crayon.
Les coupes s’intensifient par temps de gel comme actuellement. Les castors craignent la fermeture complète des plans d’eau et de ne plus pouvoir accéder aux arbres si la couche de glace est trop épaisse. Alors, ils coupent des arbres à proximité immédiate des rivières, tronçonnent les branches latérales le long du tronc à des dimensions réduites. Ensuite, ils emportent les branches sous la glace pour se constituer des réserves d’écorces disponibles dans de l’eau libre.
La buvette : A quoi ressemblent les coupes de castors ?
Olivier Rubbers : Souvent, le castor se tient en position debout pour attaquer un arbre, à quelque 40 à 50 cm du sol. Les arbres les plus gros sont attaqués tout autour du tronc et finissent par tomber, laissant une souche dont le sommet a la forme caractéristique d’un bout de crayon taillé. Les traces des incisives supérieures de l’animal, larges d’environ 8 mm, se distinguent nettement sur la section de coupe.
Lorsque la coupe est fraîche, le bois coupé et les copeaux, très clairs, s’aperçoivent souvent d’assez loin. C’est pratique pour l’observation.
© Photo BdM : Sur de petits troncs, le castor laisse une trace de coupe en biseau
Les arbustes moins volumineux ne sont attaqués que d’un seul côté, les souches présentant l’aspect d’une demi-pointe de crayon d’un côté tandis que de l’autre côté, on peut voir les fibres fracturées lors de la chute. Les petites branches et les rameaux sont coupés d’un seul coup de dents : la section est donc nette et lisse.
La buvette : les réserves alimentaires des castors sont-elles toujours stockées sous l’eau ?
Non, quand il ne gèle pas, il peut aussi débiter de petits troncs en rondins d’environ un mètre de longueur, qu’il entasse sur un «garde-manger» extérieur. Il se nourrit d’abord de l’écorce puis utilise les rondins écorcés pour renforcer ou réparer ses barrages.
© Photo BdM : écorce rongée par des castors.
Les petites branches et les rameaux dont l’écorce a été consommée par le castor ont un aspect très caractéristique : on peut facilement distinguer les traces des dents de l’animal sur toute la longueur. La présence de ces bâtons blancs flottant accrochés sur les rives est caractéristiques des sites fréquentés par les castors, en tenant compte qu’ils peuvent dériver aussi. Il suffit donc de remonter la rivière en ouvrant l’œil à la recherche de terriers, de terriers-huttes ou de huttes en île.
La buvette : les castors s’éloignent-ils de la rivière ?
Olivier Rubbers : Non, l’eau est leur refuge. Sur certains sites, le castor creuse de véritables canaux d’une profondeur suffisante pour pouvoir les emprunter en nageant et desquels il a dégagé tous les obstacles. Ces canaux lui servent entre autres à transporter facilement les rondins débités des arbres qu’il a abattus vers les barrages ou vers son garde-manger.
© Photo BdM : sentier de retour à l'eau le long de l'Ourthe à Mery.
Ces canaux, bien souvent perpendiculaires à la rivière lui permettent d’agrandir son champ d’action et de garder une porte de sortie vers la rivière quand il travaille sur la terre ferme.
Rarement, quand les subadultes sont repoussés par les parents pour aller conquérir de nouveaux territoires et qu’ils ne peuvent s’installer plus loin sur le même cours d’eau parce que la place est déjà prise, il leur arrive de passer une crête pour éviter les luttes territoriales. Ils redescendent alors dans une autre vallée.
Comment a évolué la population de castors en Belgique en 2008 ?
Olivier Rubbers : La population de castors se développe dans la presque totalité des bassins du Sud du sillon Sambre-et-Meuse: la Semois, le Viroin, l'Hermeton, la Lesse et la Lomme, l'Ourthe, l'Our, la Berwinne et la Meuse elle-même. La population de castors se développe aussi dans le bassin de l'Escaut, dans la Dyle. Dans toute cette zone d'expansion, les nouveaux sites sont nombreux.
Les castors en Belgique ont-ils, comme les belges une brique dans le ventre ?
Olivier Rubbers : Le castor réalise des constructions spectaculaires (barrages, canaux, etc.) essentiellement sur les plus petits cours d'eau. Le bâti castor connaît un boom immobilier principalement sur les affluents de l'Ourthe et de la Semois.
© Photo BdM : ce barrage de 3m de large provoque une retenue d'eau de plus de 150m de long. Remarquez en haut à droite du barrage, le trou dans la glace qui prouve la surveillance du barrage par le castor. Cette sortie gele par grand froid si elle n'est pas utilisée régulièrement.
En l’absence de hutte de castor en France, les spécialistes ont longtemps cru que le castor européen ne construisait pas de hutte. Qu’en est-il en Belgique ?
Olivier Rubbers : Si la berge est haute et en terre, le castor creuse généralement un terrier. Pourquoi en effet se fatiguer à construire une hutte alors qu'il lui suffit de creuser dans un volume existant et tendre? Si la berge est basse, le volume de cette dernière n'est pas suffisant pour creuser un terrier et il construit une hutte. Dans les deux cas, l'entrée de la hutte se trouve sous le niveau de l'eau, ce qui permet des entrées/sorties discrètes.
© Photo BdM : Une hutte de berge. Au premier plan, une rampe pour accéder au sommet et au bas de cette rampe, un trou dans la glace. La hutte est habitée. Ruisseau se jetant dans l'Ourthe, près de Tilff (Province de Liège).
Pour la première fois, un cas de destruction d’une hutte a été observé en 2008. Quelqu’un qui ne connait pas le mode de vie du castor y a bouté le feu. Une plainte a été déposée, mais elle a été classée sans suite par manque de preuve.
A combien estime-t-on la population de castor en Belgique ?
Olivier Rubbers : Il doit y avoir entre 600 et 800 castors en Belgique. C’est difficile à estimer, ils sont discrets et il est parfois difficile d’estimer le nombre de castors par famille. Nous n’avons pas observé de mortalité cette année, ni aucun dégât significatif d’ailleurs.
Quel est l’Etat des recherches sur le castor en Belgique. Le castor est-il suivi et recensé ?
Olivier Rubbers : Un Réseau Castor de plus en plus large et de plus en plus professionnel assure un suivi permanent des populations de castors. Les cours d'eau sont suivis systématiquement et les sites de castors sont recensés dans le but d'assurer leur protection. Des contacts sont pris avec les propriétaires, le réseau apporte une information à ceux qui découvre surpris, qu’ils sont des castors dans leur jardin. Le réseau castor gère les conflits potentiels et s’occupe également du développement de l’écotourisme castor qui est en forte progression.
Vous avez été condamné par la Cour d’Appel de Mons à une amende de 2500€ pour «transports de castors»...
Olivier Rubbers : Le raisonnement de la Justice relève de la débilité. Je devrai plaider la folie, mais pas la mienne. Voici le mécanisme tordu par lequel certains s'évertuent de me condamner pour des faits qui ne sont pas condamnables. Le procès tourne autour de la réintroduction d'une espèce indigène. A l'époque, la réintroduction d'espèces indigènes n'était pas réglementée par la loi, donc réintroduire des castors n’était pas interdit.
Comment procède alors la justice pour me condamner, puisque le but est de me condamner pour la réintroduction du castor ?
La justice me condamne pour les dommages causés par la réintroduction qui a été effectuée en toute légalité. Pervers, non ? Le procès suit son cours …
Interview La Buvette des Alpages.
Baudouin de Menten sur 11 janvier 2009 dans Belgique, Castors, RUBBERS Olivier | Lien permanent | Commentaires (0)
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Le journal flamand "De Standaard" relate qu'en raison du réchauffement climatique, les rivières flamandes vont s'assécher de façon drastique pendant l'été, selon une récente étude de la KU Leuven.
Dans les 67 plus grosses rivières du pays flamand considérées par l'étude, le niveau d'eau chuterait de 50%! Cette étude permet de déduire que le rôle du castor va devenir absolument stratégique et vital dans la perspective du réchauffement climatique et de ses conséquences.
De nombreuses autres études scientifiques ont quant à elles démontré que le castor, en construisant des barrages, atténue les extrêmes des cours d'eau que sont l'étiage (niveau d'eau le plus bas du cours d'eau en période de sécheresse) et la crue (niveau particulièrement élevé du cours d'eau en période de précipitation): le bien-nommé architecte des rivières est un formidable régulateur de débit certifié. Et c'est tout de même extraordinaire: en cas de grande sécheresse, le castor réagit de façon dynamique en construisant de nouveaux barrages afin de compenser la rareté de l'eau.
Si l'étude de la KU Leuven chiffre l'ampleur du désastre pour la Flandre, il n'en reste pas moins que l'assèchement des cours d'eau n'est pas une spécialité flamande mais concerne aussi la Wallonie et tout le reste de l'Europe.
Les autorités belges utiliseraient adéquatement les moyens publics en renforçant la politique de restauration écologique des cours d'eau, toujours gravement dégradés. Le castor fera le reste, augmentera la biodiversité, améliorera l'infiltration de l'eau dans les nappes phréatiques, épurera les eaux polluées par lagunage et régulera les débits.
Source : Pays des castors
Evolution de la population de castors en 2008, en Belgique
Questions posées à Olivier Rubbers
Comment a évolué la population de castors en Belgique?
Actuellement, le castor a reconquis la totalité des plus grands cours d'eau wallons (Our et Sûre, Rur, Vesdre, Amblève, Ourthe, Lesse, Lomme, Semois, Meuse, Dyle, etc.) et nombre de leurs affluents. Sa popualtion est estimée entre 600 et 800 individus. Ils continuent à conquérir de nouveaux territoires.
Quelles sont les difficultés rencontrées dans cette conquête, pour l'homme et pour le castor?
Dans les deux cas, aucune difficulté objective n'est rencontrée jusqu'à présent.
Y a t-il enfin un suivi officiel en Belgique, un Plan castor comme en Suisse?
Le castor est suivi principalement par le Réseau Castor, c'est à dire notre organisation composée de bénévoles. Sur le plan officiel, Benoît Manet du Centre de Recherche Nature Bois et Forêts est chargé par la Région wallonne du suvi du castor. En pratique, nous collaborons les uns avec les autres.
En quoi la présence du castor favorise t-elle la biodiversité et l'entretien des rypisilves? Quelle succession d'évènements favorisent l'apparition de nouvelles espèces dans les milieux où vivent les castors?
Le castor joue un rôle écologique vital. En construisant des barrages, le castor crée des habitats naturels sous la forme de zones humides (lacs, marécages, étangs, nouvelles rivières) et cela de façon massive! Mais, en plus, il offre le service après vente car il gère ces habitats naturels en coupant les arbres.
Ces coupes éclaircissent les berges augmentent la quantité de lumière qui arrive à l'eau et donc la photosynthèse. C'est tout l'écosystème qui ressuscite! En profitent en chaîne le plancton, les insectes, les batraciens, les poissons, les chauves-souris, martins-pêcheurs, hérons, cigognes, blaireaux, putois, etc.
Sans l'action stratégique du castor, la végétation se referme sur les zones humides, la quantité de lumière qui arrive à l'eau diminue, faisant chuter successivement les populations de plancton, batraciens, poissons, etc. Là où le castor s'installe, la biodiversité explose! De plus, les sommes consacrées aux débroussaillages des berges sont économisées. C'est le castor qui se charge du travail.
Baudouin de Menten sur 25 août 2008 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0)
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Les autorités suisses reconnaissent officiellement que les castors augmentent la biodiversité des milieux où ils vivent.
En suisse, le castor gagne du terrain et améliore la biodiversité
Berne, 23.08.2008 - Les résultats du dernier recensement des castors sont réjouissants: ils sont aujourd'hui quelques 1600 à peupler les cours d'eau suisses. En 1993, année du précédent recensement, ils n'étaient que 350.
Quelques 1600 castors fréquentent aujourd'hui les cours d'eau suisses et leur distribution s'est aussi étendue: presque tous les grands fleuves et lacs du Plateau sont désormais colonisés (télécharger la carte de répartition). Cette évolution est remarquable, si l'on pense que le castor a été totalement exterminé au 19e siècle et qu'il a été réintroduit seulement dans les années cinquante .
Le castor exterminé en Suisse au 19e siècle Chassé dans toute l'Europe pour sa viande, sa fourrure et son castoreum (sécrétion glandulaire très recherchée pour ses propriétés médicinales), le castor a été exterminé en Suisse dès le 19e siècle. Il doit sa réapparition à l'engagement de personnes privées, qui ont relâché au total 141 animaux en différents endroits entre 1956 et 1977, dans le cadre d'un projet mené par plusieurs cantons. Un premier comptage en 1978 a montré que seuls 130 individus avaient survécu, puis, en 1993, la population a été estimée à 350 individus.
En 1993, lors du précédent recensement, les effectifs ont été estimés à seulement 350 individus, qui plus est dispersés en plusieurs petits groupes isolés. En raison de la faiblesse et de la fragmentation de sa population, le castor a donc été mis sur la liste rouge et classé comme en danger critique d'extinction.
L'hiver passé, sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), le Service conseil castor de Neuchâtel a procédé à un recensement des effectifs de castors sur l'ensemble du territoire suisse. Les résultats ont été présentés aux Journées lyssoises de la faune, le 23 août 2008.
250 volontaires sur la trace des castors
Seize cantons et 250 volontaires, gardes faune et professionnels de l'environnement ont participé au recensement. Ils n'ont pas compté les castors directement - ces animaux timides sont très difficiles à apercevoir - mais ont relevé seize différents indices de leur présence. Arbres abattus, barrages ou huttes ont ainsi été recensés et inscrits sur 2500 cartes des cours d'eau. Au total, quelque 6500 km de rive ont été fouillés et 16 000 traces relevées.
Ces traces sont actuellement analysées pour en déduire les différents territoires colonisés par le castor. La fréquence des indices détectés et la taille des empreintes de dents laissées sur les résidus de nourriture permettent de déterminer si un tronçon de cours d'eau est habité par un seul individu, par un couple ou par une famille entière. Toutes ces informations permettent d'obtenir une estimation de la taille de la population de castors dans notre pays. Au vu de la richesse des données récoltées, les interprétations de détail prendront encore un certain temps.
L'avenir du castor en Suisse
La population se développe favorablement, mais elle se voit déjà confrontée aux problèmes typiques de notre paysage rural: de nombreuses rivières n'ont pas encore été colonisées car la présence de centrales hydroélectriques ou d'autres obstacles bloquent la migration de l'espèce. Les cours d'eau ont pour la plupart été rectifiés et sont enclavés entre des voies de communication et des infrastructures.
En outre, la colonisation de toujours plus de petits cours d'eau multiplie les conflits avec les activités humaines. Ainsi par exemple, il peut provoquer l'effondrement de sentiers le long des rives en y creusant ses galeries ou s'attaquer aux cultures de betteraves sucrières ou de maïs. Le castor passe 90 % de son temps à moins de 10 m du cours d'eau: les conflits dus à sa présence sont également limités à ce périmètre. Il est donc dans la plupart des cas possible de les résoudre de manière durable, si l'on accorde plus de place à nos rivières en leur laissant suivre un cours plus naturel.
Plus de biodiversité grâce au castor
En creusant le sol et en abattant les arbres, le castor influence et aménage activement son environnement, plus que tout autre animal. Il crée ainsi une multitude de petites niches le long des cours d'eau, ce dont profitent la faune et la flore. Là où s'installe le castor, la biodiversité augmente.
Cependant, cet animal peut aussi devenir une source de problèmes lorsqu'il barre des ruisseaux, abat des arbres, creuse sous les chemins ou s'attaque au maïs et aux betteraves. Le meilleur moyen d'éviter les conflits reste la prévention, par la renaturation et l'élargissement des cours d'eau. Si ceci n'est pas possible, des mesures d'aménagement peuvent réduire la portée des dommages, mais elles doivent être adaptées au cas par cas. Le Service conseil castor à Neuchâtel offre aide et conseils spécialisés dans ce domaine.
Le Concept Castor Suisse
Pour promouvoir le maintien de l'animal protégé aux niveaux national et international, l'OFEV a développé un concept de gestion qui est entré en vigueur au milieu du mois de mars 2004. Il s'agit non seulement de protéger l'animal, mais aussi de fixer des critères uniformes pour le versement d'indemnités en cas de dégâts causés par le castor.
Le rôle de l'OFEV est de coordonner la protection du castor au niveau national, d'autoriser le déplacement de castors isolés ou leur réintroduction. Les cantons se chargent de la mise en œuvre du concept sur leur territoire et veillent à instaurer un dialogue avec les autorités locales et régionales ainsi que les groupes d'intérêts. (Source)
Concept Castor Suisse 2004 (pdf, 38 ko)
Concept pour des mesures de protection et de gestion en faveur du castor.
Renseignements:
M. Thomas Briner
Division Gestion des espèces
Office fédéral de l'environnement (OFEV)
tél. 076 401 79 41
M. Christof Angst, Service conseil castor, Neuchâtel, tél. 032 725 70 23,
Source: Site web officiel des autorités suisses
Contact en Belgique / Luxembourg : Olivier Rubbers, www.paysdescastors.be
Baudouin de Menten sur 25 août 2008 dans Castors, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)
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Olivier Rubbers est le père des castors en Belgique. Faisons avec lui le bilan de l'année 2007 pour la population de castors belges. Interview d'un des acteurs principaux de la réapparition des castors en Belgique.
La buvette des alpages (BA) : Vous suivez de prêt la population de castors en Belgique. Comment a évolué cette population et les sites castors belges en 2007 ?
Olivier Rubbers : « En Wallonie, de nombreux nouveaux sites de castors ont été découverts cette année dans les bassins de l'Ourthe, de la Semois, de la Meuse et de l'Hermeton. La situation évolue aussi dans le bassin de la Lesse mais plus lentement. En Flandre, de nouveaux sites apparaissent sur la Dyle et l'Escaut. En France, les populations de castors évoluent également très favorablement sur la Meuse, le Bar et la Chiers.
La population de castors en Belgique est estimée à au mois 600 individus. Rien qu’en Wallonie, on compte quelques 130 sites castors. Les sites les plus spectaculaires se situent :
Un barrage impressionnant de plus d'1,5m de hauteur et une belle hutte en île. Photo Paysdescastors.
B.A. : Quelle est la particularité des sites castors en Belgique ?
Olivier Rubbers : « De très nombreux sites sont impressionnants, avec des barrages, des canaux et des huttes de dimensions exceptionnelles ! La Belgique possède les plus beaux sites de castors en Europe avec la Norvège et la Pologne.»
B.A. : Y a –t-il beaucoup de problèmes de dégâts ou de cohabitation entre les hommes et les castors ?
Olivier Rubbers : « Il n'existe aucun dégât objectif significatif. Cette réjouissante réalité est reconnue par le Centre de Recherche Nature Bois et Forêt de la Région wallonne en charge du suivi du castor. Nous sommes attentifs à prévenir les éventuels dégâts objectifs potentiels. Un important travail de médiation est réalisé, via la presse et de nombreux contacts personnels sur le terrain. L'information permet d'apaiser bien des craintes et de réaliser le bonheur inouï de revoir le castor chez soi. Beaucoup de personnes ignorent que des castors vivent si près de leurs jardins. Quand ils s'en rendent compte, ils sont remplis d'admiration devant les travaux de ces bâtisseurs des ripysilves»
B.A. : Qu’est ce qui freine encore la colonisation de certaines rivières ou régions du pays ?
Olivier Rubbers : « Rien de particulier. Avec le temps, le castor sera à peu près partout en Belgique.»
B.A. : Y-a-t-il un suivi scientifique de la population de castors en Belgique ?
Olivier Rubbers : « Il existe en Belgique un Réseau Castors composé d'une cinquantaine de personnes qui assurent le suivi et la protection du castor. Le Réseau Castor, qui est une initiative privée, travaille de façon permanente. D’autre part, le Centre de Recherche Nature Bois et Forêt assure lui-aussi le suivi avec l'ensemble des ingénieurs et agents des forêts de la Région wallonne. Les échanges d'informations se produisent également entre ces deux structures qui, dans les faits, collaborent.
A l'échelle de la Région et des communes, sur le plan officiel, certains ingénieurs et agents des forêts s'impliquent fortement pour la protection du castor. Certaines communes mettent fortement le castor en avant sur le plan touristique, comme Gedinne et La Roche-en-Ardennes.»
B.A. : Que pense la population de la présence récente des castors et comment réagissent les touristes et les familles qui sont emmenées sur le terrain par les guides castors que vous avez formés ?
Olivier Rubbers : « La population est généralement favorable. Les touristes sont enchantés car les réalisations des castors dépassent souvent leur imagination. Voici ce qu'a écrit un journaliste du magazine Humo à propos du castor, suite à une visite: «Ses œuvres sont éblouissantes mais lui-même reste invisible: Dieu est un castor ! Le castor est travailleur, modeste et un peu maladroit. En fait, c'est un belge typique ! La population se sent proche de cet animal attachant.» Le nombre de personnes intéressées par les castors augmente. Nous cherchons encore à former de nouveaux guides.
Un barrage de castor de plus de 150 m de largeur. Photo Jorn Van den Bogaert.
B.A. : Certains vous reprochent de faire un véritable tourisme autour des castors : journées à thèmes où, outre le castor, on retrouve la découverte de la gastronomie locale, fromages, bières et autres spécialités sympatiques. Quelle est l’influence de ses visites sur la population de castors et sur son acceptation ?
Olivier Rubbers : « Le tourisme Castor ne nuit en rien à la prospérité des castors en Belgique. Au contraire, il améliore encore l'acceptation, déjà bonne, du castor par les populations locales.
Le castor est de plus en plus perçu comme une source de revenu, aussi en basse saison, et mieux encore, une source de différentiation touristique par rapport à d'autres régions présentant une offre touristique semblable à l'Ardenne comme les Vosges, le Jura ou l'Eifel. Le castor fait la différence et attire aussi les touristes étrangers ! Une délégation de spécialistes français est venue pour découvrir les sites belges remarquables. En France, on ne trouve pas d'huttes en îles semblables aux nôtres.
En hiver, en Ardennes, quand il n’y a pas de neige, il y a très peu de touristes ; or c’est une très bonne période pour découvrir les indices de présence des castors. La progression le long des rivières facile, la végétation est au repos, l'observation des coulées, des coupes, des barrages et de la constitution de réserves alimentaires pour la saison froide est aisée.
L'échevin du tourisme de La Roche-en-Ardenne, Guy Gilloteaux, a choisi le castor comme nouvel emblème de la région touristique La Roche – Houffalize ! Le castor deviendra le nouvel emblème wallon, à la place du coq, pour des raisons évidentes (rire)..»
B.A. : Comment évoluent les populations de castors dans les autres pays d’Europe ?
Olivier Rubbers : « Les castors recolonisent leur ancienne aire de répartition naturelle en Europe. L'ensemble des cours d'eau seront à nouveau redynamisés par sa présence durant le XXI ème siècle.
B.A. : Que diriez-vous en conclusion à ceux qui se demandent à quoi peuvent bien servir les castors ?
Olivier Rubbers : « Le castor est bien plus qu'une espèce animale indigène et bien sympathique à protéger. C'est un promoteur immobilier en réserve naturelle ! Il développe les zones humides massivement et en assure par dessus le marché la gestion en coupant la végétation sur les berges. Ce travail permet d'augmenter l'afflux de lumière jusqu'au milieu aquatique et de développer le cycle de vie des zones humides. D’abord la lumière provoque l’arrivée du zooplancton, du phytoplancton. Cela permet le développement des batraciens, des insectes, puis apparaissent martin-pêcheur, hérons, cigognes noires, putois, blaireaux, chauves-souris, etc.
Le castor crée de la richesse naturelle et améliore la biodiversité des zones humides qu’il entretient facilement sans interventions humaines ni budgets à dégager !»
Olivier Rubbers
Pour participer à une journée de visite des sites castors, pour devenir guide castor ou pour recevoir la lettre d'information du site "pays des castors", contacter le bureau des Guides - Ferme des Castors (Organisme agréé par la Région wallonne) - GSM 0498.04.30.68 - Le Pays des Castors - La Chaîne des Terrils, "les petites Alpes en Sol mineur"
Baudouin de Menten sur 08 janvier 2008 dans Belgique, Castors, RUBBERS Olivier | Lien permanent | Commentaires (3)
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Une dizaine de castors a décidé d'investir une plage du bord de la Bottenaa, à 150 km de Stockholm. Ces rongeurs, d'ordinaire pacifiques, ont déjà agressé deux baigneurs. Mais que fait le gouvernement ?
Suède - Une grand-mère a été surprise lors de sa baignade. Elle s'est retrouvée face à face avec un castor, qui lui a lacéré la peau et l'a violemment frappée avec sa queue. Son bain d'eau s'est malheureusement terminé dans une chambre d'hôpital. Un autre baigneur avait été attaqué au même endroit quelques jours plus tôt.
Les autorités qui redoutent d'autres violences de la part des castors ont décidé d'éliminer les nouveaux résidents de la plage suédoise, qui ne semblent désormais plus craindre les êtres humains.
Source : Paris Match
Monsieur Phïl Lerön, secrétaire à vie de L'ASPAP, (L'Association Suédoise des Propriétaires d'Abri de plage) à déclaré : « L'inquiétude monte, nous avons pu le constater l'autre jour, des maisons de repos nous ont contacté pour nous dire que des dames âgées revenaient de plus en plus tard de la plage avec des griffes dans le dos.» « C'est à cause des coups de queues», auraient-elles déclaré en cœur.
Jbörn Lassalle, un député suédois, récemment réélu pour cinq ans, mais un peu en manque d'argent actuellement a décidé de commencer sur le champ une grève de la faim sur la plage par sympathie avec son électorat: « plus de beignets aux pommes, de harengs crus aux oignons et d'aquavit».
Le député Lassalle «s'oppose fermement à la délocalisation de la plage.» et au «viol des forces moins vives du terroir et des zones côtières par des animaux introduits.» Il demande même à ce qu'une «commission d'enquête parlementaire soit nommée pour enquêter sur la manière dont les castors ont été nourris avant leur réintroduction.» «Ces comportements agressifs et atypiques sont la preuve que les castors étrangers ne sont pas adaptées aux plages suédoises» avant de demander «le retrait inconditionnel de la population des animaux à queues plates» et «un moratoire immédiat pour respecter les populations locales outrées par la non concertation de la part du gouvernement à la solde des associations écologistes ... (Bon je le coupe, il est intarissable et va se mettre à chanter «Je suis le chevalier blanc...»)
Auguste Bonnesieste, un seigneur local à la retraite à quant à lui demandé à ce qu'on «vérifie si les rapports bucco-génitaux (une habitude courante entre les castors et plusieurs espèces de canards suédois) ne représentaient pas un danger pour la transmission de la grippe aviaire aux personnes âgées griffées.» L'IPHB (Institut Provincial d'Hygiène et de Bactériologie) a été contacté et fera diligence, s'il reste de l'argent en caisse.
Plusieurs français, des représentants d'une association de chasseurs ariégeois en vacances sur cette plage ont par ailleurs annoncé que « leur loisir ancestral était parfaitement adapté à la situation et aux impératifs de gestion des espèces en accord avec les potentialités des milieux naturels et la présence des activités humaines.» (lire par ailleurs le délire des chasseurs ariégeois)
L'un d'entre eux a même fait remarquer que «les potentialités d’accueil de la plage étaient nulles et que les activités humaines locales (la location de parasols) était en danger». Ils se sont proposés pour l'éradication des castors agressifs : «Si les castors étrangers (surement nourris à la viande) descendent des vallées de montagnes pour venir agresser les personnes âgées sur les plages, demain ils s'attaqueront à vos enfants jusque dans les villages et viendront faire les poubelles la nuit ». La population suédoise est depuis terrorisée.
Les courageux porte-flingue se sont proposés pour nettoyer le problème en précisant «qu'en France, les chasseurs ont également un rôle prépondérant dans la régulation des espèces, la biodiversité et dans la protection de l’environnement … et qu'on n’en parlait pas suffisamment». Voilà qui est fait.
Sur base d'un fait réel (Les 3 premiers paragraphes seulement). Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite, bien évidement.
Lire le dossier de la Buvette sur la réintroduction des castors en Belgique et les autres notes insolites.
Baudouin de Menten sur 12 août 2007 dans ASPAP, BONREPAUX Augustin, Castors, Insolite Humour, LASSALLE Jean, Pays du Nord | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
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A l'aise comme un castor dans l'eau
Le grand rongeur se porte comme un charme dans nos cours d'eau. Et devient une source d'attrait écotouristique.
La sombre pinède où ruisselle un affluent de l'Ourthe cède la place à une vaste zone humide. À mesure que l'on s'enfonce dans le maquis, des troncs taillés tels des crayons affûtés éclaircissent le paysage d'où émerge un fortin de rondins. Au coeur du plan d'eau dessiné à coups de dents, une hutte trône, impériale.
Habitué des lieux, Daniel-Etienne van Ryelandt pose avec précaution sa caméra sur une berge du barrage. Accroupi, l'homme distingue dans les reflets bleutés de l'eau l'ombre d'une apparition.
«Ils ne devraient pas tarder à pointer leur museau hors de l'eau, sourit le cinéaste naturaliste. Un couple de castors vit dans cette hutte avec sans doute des jeunes qui sortiront d'ici à la fin juillet.»
Nos hôtes du soir semblent avoir entendu leur contemplateur. À une heure d'intervalle, «père et mère castors» débarquent en faisant le tour du propriétaire. Rondement mené, le tour de garde fait place à quelques menus travaux d'aménagement. Déplaçant ici un rondin ou là une branche, les bièvres se dirigent enfin, entre chien et loup, vers une zone végétalisée pour y casser la graine à l'abri avant de reprendre le travail.
Il fait presque nuit. «Le bruit du cours d'eau et l'intensité de son débit leur donnent des indications précises sur les réparations à effectuer, pointe Daniel-Etienne Ryelandt. Si une le barrage cède, ils iront jusqu'à créer une deuxième retenue en aval pour diminuer l'intensité de la rivière avant de réparer le barrage principal.»
Magique, cette vision crépusculaire des castors au boulot dans la région d'Houffalize est devenue un fait courant au sud du sillon Sambre-et-Meuse. Avec l'aide de l'homme à la fin des années nonante, la recolonisation de nos cours d'eau par le plus grand rongeur d'Europe semble acquise. Quelque cinq cents castors barbotent désormais dans nos rivières. Et plus personne ne paraît contester, aujourd'hui, le bien-fondé de cette présence riche pour les écosystèmes.
«Je peux passer des heures à les observer sans me lasser», note Bernard De Wetter, consultant au WWF, auteur d'un petit guide sur l'observation des castors. «Là où le castor s'installe, le visage des vallées se transforme et s'enrichit. Saumons, hérons, martins-pêcheurs... une foule d'animaux trouvent un gîte ou un couvert de qualité dans les zones humides gérées par les castors.»
À moult égards, le rongeur donne un souffle nouveau à la forêt, qui ne pâtit pas de ses coupes sélectives et mesurées. Après avoir fait son nid, le castor limitera ses coups de dents à l'entretien de sa hutte et du barrage.
Outre ses qualités d'architecte des rivières, les défenseurs du castor, offices du tourisme en tête, mettent désormais en avant l'attrait de cette reconquête territoriale pour le grand public. En témoignent les différentes initiatives qui fleurissent autour de sa présence.
Sur la route de Wibrin, un autre site majestueux façonne la forêt en contrebas d'une route. «Ici, c'est le drive-in castors, on pourra même faire venir des cars de Japonais, sourit Olivier Rubbers, promoteur de la réintroduction du castor en Wallonie. De la route, on peut les observer aux jumelles sans les déranger. Le castor devient une image de marque liée à la découverte de la nature en Wallonie. De notre côté, nous soutenons le développement d'un nouvel écotourisme lié aux castors et de son observation dans des conditions respectueuses. De Bièvre à Strombeek-Bever, on oublie que la Belgique est le pays où l'animal a laissé le plus d'évocations dans la toponymie et qu'il fait partie de notre patrimoine culturel.»
Et au pays des castors, on ne badine plus avec la protection du gardien de nos cours d'eau. Témoignage de la fermeté des agents de la division nature et forêt, Olivier Rubbers en personne s'est récemment fait arrêter en dehors d'un sentier balisé à proximité d'un site protégé. Le bouillant naturaliste et ses congénères ont eu droit à un interrogatoire en bonne et due forme.
On rit sous cape face à ce zèle protectionniste lorsque l'on se souvient de la guerre menée il n'y a pas si longtemps par la Région wallonne à l'égard du même Olivier Rubbers, poursuivi et condamné pour avoir «transporté» illégalement, à la fin des années nonante, des castors dans le but de les réintroduire (et donc de les protéger).
Olivier Rubbers s'est pourvu en appel, qui devrait être jugé à l'automne.
La justice prendra-t-elle en compte l'avis des castors ?
Christophe Schoune, Le soir
Baudouin de Menten sur 17 septembre 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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4ème Symposium International sur le Castor
Du 11 au 14 septembre 2006
Comme tous les 2 ans, une centaine de scientifiques, de naturalistes et de représentants des autorités, de toute l’Europe et d’Amérique du Nord, se réunissent dans un pays européen, cette année à Freising en Bavière (D), pour échanger leurs nouvelles découvertes sur le castor, «l’architecte des rivières», «l’ingénieur des écosystèmes aquatiques».
Depuis l'organisation du premier Symposium International sur le Castor à Aiseau-Presles (Belgique), en octobre 1999, un Symposium International sur le Castor est organisé tous les 2 ans dans un pays européen.
Le castor est le seul animal à susciter un tel enthousiasme scientifique international ! Cet intérêt s’explique notamment par son interactivité extrêmement forte et positive avec le milieu naturel. Le castor, pour rappel, est considéré comme une espèce «clef de voûte». De très nombreuses espèces de la faune bénéficient directement et massivement de son action : poissons, batraciens, martin-pêcheurs, hérons, cigognes, cingles, grèbes, sangliers, chevreuils, cerfs, reptiles, etc..
En outre, le castor joue un rôle également spectaculaire contre la sécheresse, les inondations, l’érosion, et pour l’épuration des eaux de surface. Les possibilités d’études de grand intérêt sont nombreuses !
Le quatrième Symposium International sur le Castor se tient du 11 au 14 septembre à Freising en Bavière. Il réunira une centaine de scientifiques, naturalistes, voyagistes en écotourisme, et de représentants des autorités, de toute l'Europe et d' Amérique du Nord.
Lors de ce symposium, l’organisation «Pays des Castors» donnera une conférence sur le tourisme au Pays des Castors - Tourism in Beaverland (Belgium) -, en collaboration avec un agent de la DNF de la Région flamande (Natuur & Bosbeheer).
Les sites de castors en Wallonie, à Houffalize, Gedinne et Etalle, ont acquis une réputation d'être parmi les plus beaux d'Europe. Cette réalité est aussi une source de fierté, de restauration de la biodiversité (création de paysages riches) et de développement écotouristique bien encadré pour la Wallonie.
Mais attention à la ligne ! Car le Pays des Castors valorise également la gastronomie du terroir, au travers des formules «Castor et Chouffe», «Cast’Orval», «Castor et chocolat », «Castor, gastronome ?». La Belgique est le pays de la bière, du castor, du chocolat et de la gourmandise.
Communiqué de presse du Pays des Castors - Beaverland - Beverland - Biberland
Devise: "Qu'à ce tort fit beurre!" Attention!
Les castors et leurs habitats sont strictement protégés par la loi.
Pays des Castors Rue du Centre, 78 à 6250 Aiseau
GSM : +32.498.04.30.68 - www.paysdescastors.be
Baudouin de Menten sur 09 septembre 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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Dossier - Le retour des castors en Belgique: fête ou défaite? |
Le pragmatisme gouvernemental face à l’idéalisme environnemental
Le castor, cet énorme rongeur, a été décimé par l’homme à la fin du 19ème siècle, alors que le castor occupait une place prépondérante dans nos écosystèmes. 100 ans plus tard, les castors sont de retour en Belgique (Wallonie, Flandres, Région Bruxelloise). Réintroduction illégale, ou migration naturelle ?
L’association des Rangers dirigée par Olivier Rubbers aurait organisé des lâchers sauvages de castors. Ces initiatives défraient la chronique et provoquent l’indignation aussi bien des autorités locales et régionales que d’associations environnementales. Selon le point de vue, les castors seraient : des architectes de la nature, favorisant la biodiversité, luttant contre l’érosion, ou des animaux nuisibles, responsables de nombreux dégâts, et dont la gestion est coûteuse pour la collectivité.
Olivier Rubbers: Monsieur Castor
Découvrir le Castor d'Europe
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Le castor d’Europe (Castor fiber L.) est un mammifère à part: en Belgique, il détient la place du plus gros rongeur et n’a pas de prédateur.
A quoi ressemble-t-il ? Où vit-il ? Que mange t-il ? Quel est son mode de vie? Quel est son mode de colonisation? Qu’en est-il de ses prédateurs ? Petite biographie de notre ami à grandes dents, souvent très mal connu.
Carte d'identité du castor d'Europe, découvrir le castor
Cirsconstances de la disparition et de la réintroduction
du castor en Belgique
Quelles sont les circonstances de la disparition du castor en Belgique ?
La réapparitoion des castors en Belgique laisse place à plusieurs hypothèses: Réapparition ou Réintroduction? Hypothèses contradictoires ou complémentaires?
Cirsconstances de la disparition et de la réintroduction du castor en Belgique.
Influences du castor sur l'écosystème belge
Le castor a souvent été accusé de beaucoup de dégâts, mais il est aussi parfois à l’origine d’actions positives pour l’environnement. Possédant une capacité certaine à modifier son lieu de vie, le castor a une influence sur l’écosystème et sur les possibilités de développement de nombreuses autres espèces. Ceci fait du castor une espèce « clé de voûte » pour les rivières. Rapide bilan de son activité dans la nature sous forme d’avantages et d’inconvénients, suivi d'exemples.
Influences du castor sur l'écosystème belge.
Conflits subjectifs et objectifs entre l'homme et le castor
À différents endroits, plusieurs exemples de conflits avec les castors existent. Malgré tout, leurs défenseurs se battent ardemment pour que la présomption d'innocence prévale. La source du problème et les conséquences invoquées ne seraient-elles pas réelles? Explications sur la nature exacte de ces conflits : subjectifs et objectifs.
Conflits subjectifs et objectifs entre l'homme et le castor.
La réglementation autour de la réintroduction des castors en Belgique
La Région Wallonne a longtemps été en retard quant à établir une réglementation sur les espèces menacées, disparues ou invasives. Contrairement à l’Europe, il aura fallut attendre 2001 pour qu’une véritable réglementation soit instaurée en Wallonie. Ces notions sont importantes pour bien saisir les tenants et aboutissants de la controverse et du procès.
Statut du castor en Belgique et réglementations.
La réhabilitation des castors en Europe
De nombreuses actions ont été prises quand à la réhabilitation des castors en Europe, et de nombreuses organisations gouvernementales ou privées existent et s'entraident. Des colloques internationaux sont même organisés chaque année depuis 4 ans. Le combat des castors a commencé, mais qu’en est-il exactement?
Histoire de la réhabilitation des castors en Europe
Le procès de la réintroduction des castors en Belgique
Suite au refus du Conseil supérieur wallon de la Conservation de la Nature (CSWCN) à la demande pour la ré-introduction des castors en Wallonie, Olivier Rubbers aurait effectué des réintroduction sauvages de castors aux frontières belgo-française et belgo-néérlandaise. Ces actions défraient la chronique. Procès d’un homme engagé.
Le procès de la réintroduction des castors en Belgique
Réintroductions d'espèces indigènes disparues ou renforcement d'espèces menacées
On constate que plus les années passent, plus la controverse s’amenuise. Parallèlement d’autres combats sont en cours pour la réintroduction d’espèces indigènes disparues en Europe, ou plus généralement pour une restauration et une réhabilitation des espaces naturels. De quelles espèces s’agit-il et la problématique est-elle la même que l’affaire des castors?
Réintroductions d'espèces indigènes disparues ou renforcement d'espèces menacées.
Le cas de l'ours des Pyrénées
L’ours brun des Pyrénées pose un grand débat. Depuis l’abattage de Canelle (la dernière ourse femelle de la souche pyrénéenne), la situation est devenue critique pour ces ours qui ne sont plus queques-uns aujourd’hui. Si aucune mesure n’avait été prise, l’extinction de ces ours était assurée. Le gouvernement français a réintroduit 4 ours en 2006. Un cinquième ourse est prévue pour l'automne 2006. Même avec cette réintroduction, la viabilité de la population d'ours des Pyrénées n'est pas assurée. L'objectif est d'arriver en 2008 à une trentaine d’ours.
Le renforcement de la population d'ours des Pyrénées
Documents sur les castors
Rapport d'activité 2002 du Centre de Recherche de la Nauture, des Forêts et du Bois
(PDF 52 pages, 1540 Ko)
A l'aise comme un castor dans l'eau (Journal Le Soir 17 juillet 2006)
(PDF 1 page, 3250 Ko)
Le castor en région Wallonne, dossier d'information asbl Bienausaut
(PDF 11 pages,435 ko)
Pour en savoir plus sur les castors en Belgique
Le site Internet de l'asbl Rangers : Le Pays des Castors
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Olivier Rubbers est le père des castors en Belgique. Rencontre avec un des acteurs principaux de la controverse de la réapparition des castors en Belgique. Olivier Rubbers est le président de l’association « Rangers » accusée de transport illégal de castors. Le procès s’est terminé il y a quelques mois et une condamnation a été prononcée. Olivier Rubbers a décidé d'aller en appel.
Les auteurs du rapport "actusciences" ont rencontré Olivier Rubbers en mai 2005 à Tournai pour discuter de la présence des castors en Belgique et de la controverse sur la réintroduction. Baudouin de Menten a complété cette interview d'Olivier Rubbers lors du visite sur des sites à castors en Ardennes belge en août 2006.
Actusciences: Qu’est-ce qui vous a incité à vous investir dans ce combat pour les castors ? Etes-vous également investi dans un autre combat pour d’autres espèces ?
Olivier Rubbers: Lors de mes études à Louvain-la-Neuve (Ingénieur commercial), je connaissais le castor comme tout le monde (Canada, Davy Crockett etc.) Un jour, j’ai lu une revue qui parlait des castors en Europe. J’ai été surpris. J’ai contacté l’auteur belge et nous avons discuté longuement d’une possible réintroduction en Belgique.
Le castor s’adapte bien aux rivières (il est peu sensible à la pollution de l’eau) et, dans les Ardennes belges, il n’y a pas beaucoup de cultures dans les fonds de vallées (peu de vergers, peu de cultures). Bref, toutes les conditions étaient réunies pour la réintroduction du castor.
L’asbl Rangers est une association qui défend la protection de l’environnement et qui s’occupe d’autres dossiers que le castor. Par exemple, les déchets et les terrils (La chaîne des terrils, notre chaine de montagne en sol mineur ;-)) sont aussi deux dossiers importants.
Actusciences: Pourquoi êtes-vous pour le maintien des castors en Wallonie, en quoi peuvent-ils être utiles au point de vue de la biodiversité, de la construction de barrages, des écosystèmes ?
Olivier Rubbers: Le castor ne fait des barrages que lorsque le cours d’eau est peu profond (il n’y a pas de barrage sur le Rhône, le Rhin). En effet, il ne peut alors se cacher contre des menaces. L’entrée de son terrier n’est pas sous eau, par conséquent il construit un, voire plusieurs barrages sur la rivière. Comme dit le proverbe : « A petit ru, grand bièvre » (bièvre étant l’ancien mot français du castor). Les barrages de castors bloquent le cours d’eau (par exemple sur la Houye) et celui-ci se divise en une multitude de petits cours d’eau contournant le barrage et replongeant dans le lit de la rivière en aval.
Ces barrages permettent donc la création de nouvelles zones humides ; bases fondamentales pour la biodiversité. En plus de cela, les barrages retiennent les terres et freinent l’érosion. Le mélange de terre et de vase s’accumule et est bloqué par le barrage. Cette terre retenue est originaire de l’érosion et aboutit normalement dans les grands cours d’eau où elle s’entasse et empêche donc la circulation fluviale. Tout le monde connaît les problèmes de dragage de cours d’eau. La région wallonne doit investir beaucoup d’argent dans le dragage des cours d’eau. Les étangs de castors créent des zones de lagunage, de véritables petits bassins d’épuration des eaux, comme à Etalle.
Les barrages des castors favorisent le ralentissement dynamique de l’eau, cela permet d'éviter les crues causées par ue ruissellement trop important. C’est pourquoi les barrages de castors sont une excellente chose. Des travaux sont faits en ce sens sur la Meuse aux Pays-Bas où les néerlandais constituent de nouveaux bras de fleuve et y introduisent des castors pour la gestion des berges.
La ripisylve (en latin : ripes, la berge et sylva, la forêt), donc la végétation des berges est considérée comme un habitat stratégique entre le monde terrestre et le monde aquatique. Le castor est un gestionnaire de cette ripisylve. En effet, en coupant les arbres, il évite le développement excessif de la ripisylve qui pourrait se refermer sur le milieu aquatique. Les travaux des castors provoquent un afflut de lumière pour la rivière, donc plus de phytoplancton et de zooplancton, donc plus de poissons et de batraciens.
[NDLB : Les arbres abattus par les castors repoussent en faisant des rejets. Ces rejets sont à nouveau taillés par les castors ou par le grand gibier qui raffole des pousses tendres. De cette manière, la végétation reste en partie arbustive le long des rives, mais profite de l’enracinement profond dont des arbres avant la coupe par les castors.]
Grace à la présence de castors, la ripisylve ne pousse pas de façon exagérée et ne ferme pas les paysages le long des ruisseaux et rivières. Nous avons depuis une biodiversité plus riche le long des cours d’eau. La ripisylve gérée par le castor devient une strate arborescente qui présente un grand avantage: un volume racinaire conséquent pour un faible poids ; ce qui stabilise les berges. Les castors luttent contre l’érosion des berges par la gestion de la ripisylve.
De plus, cette ripisylve, riche en petits arbres tendres, est appréciée par les ongulés (cerf, chevreuils) qui mangent l’écorce. Cela devient une zone de gagnage pour le gibier ; particulièrement intéressante pour les chasseurs.
Le futur des rivières passe par la restauration des ripisylves, avec le castor comme gestionnaire, pour empêcher l’homme de détruire celles-ci chaque année (champs cultivés). Le castor est créateur d’équilibre: il est capable de créer des habitats naturels de qualité et de les entretenir. Sans les castors, des déséquilibres écologiques se créent.
Actusciences: Comment les castors ont-ils disparu de nos contrées, il y a de ça cent ans ?
Olivier Rubbers: Le castor est un animal vivant dans l’hémisphère nord. Il y a deux espèces actuelles descendant d’une espèce ancestrale, le castor gigantica : castor fiber en Europe et castor canadensis en Amérique. Le castor canadensis a subi une pression avec la venue de l’homme blanc qui l’a chassé alors qu’il était une des divinités indiennes. Malgré cela, le castor canadensis n’a jamais été menacé de disparition à cause des grandes étendues américaines et de son taux de reproduction plus élevé que celui du castor fiber (6 castorins en moyenne pour le castor canadensis contre 2,5 castorins chez le castor fiber).
Le castor fiber était présent de l’Irlande à la Mongolie. Il commence à disparaître déjà à l’antiquité romaine. Il faut attendre le 19ème siècle pour que son déclin s'accélère. il est chassé pour sa fourrure, sa viande et pour le castoréum, une substance odorante agréable secrétée par des glandes du castor et utilisée pour marquer son territoire. Le castoréum était utilisé en médecine. Evidemment, moins il y avait de castors, plus ceux-ci étaient chassés car le prix des fourrures montaient. L’espèce s’est éteinte au début du vingtième siècle sauf en Norvège, dans quelques pays de l’Est et sur les bords de grands fleuves alluvionnaires (Elbe, Rhône). La réintroduction des castors fut amorcée par les scandinaves dans les années cinquante, suivis par la Suisse, la Françe, l’Allemagne, les Pays-Bas, mais pas la Belgique!
Actusciences: Quels arguments ont été avancés par la région wallonne pour refuser votre demande de réintroduction des castors ?
Olivier Rubbers: Le premier projet de réintroduction vient d’un certain M. Schmitz qui l’a soumis au conseil supérieur de la conservation de la nature. Ce conseil, constitué essentiellement de botanistes à l’époque, a refusé, étant par principe contre les réintroductions.
Mon association «Rangers» a introduit une demande auprès du ministre Lutgen en insistant sur le fait que la réintroduction se passait dans tous les pays limitrophes de la Belgique. Après la demande des Rangers, le conseil supérieur a émis un avis favorable.
Le conseil était d’accord sur le principe parce que :
Le conseil a bien montré toutes les fonctions importantes remplies par le castor.
Mais le conseil supérieur de la conservation de la nature a refusé cette réintroduction pour trois raisons :
Si on rentrait dans ce processus, c’était la garantie que les demandes de réintroductions n’auraient jamais aboutis. Il est important de dire, et c’est surprenant, que l’origine de la controverse est le fruit de personnes qui font partie du milieu de la « conservation de la nature » ou « d’association de conservation de la nature. »
Ce qu’il faut faire, et que nous avons fait, c’est lâcher des castors, les laisser vivre et résoudre les conflits d’intérêt hommes-castors qui peuvent se créer. C’est ce qui s’est passé en France et aujourd’hui ces conflits ont presque disparus.
Le gouvernement wallon a alors commandé des études pour analyser les conséquences d’une éventuelle réintroduction du rongeur. Mais entre-temps, le castor était déjà réapparu en Belgique! Ils n’ont pas attendu la fin des études.
Actusciences: Que répondez-vous quand on vous parle des dégâts que les castors peuvent provoquer dans certaines régions ?
Olivier Rubbers: Tous les pays ayant réintroduit le castor fiber ont mis en place des structures de suivi du castor (l’ONCFS en France par exemple) pour éviter des conflits d’intérêt hommes-castors. Si un champ est cultivé en bordure d'un ruisseau où vit une famille de castors, on clôture ce champ afin d’éviter tout ennui. Autre exemple, si un barrage de castor inonde une zone que l’on veut garder au sec, on éventre le barrage et on met une buse pour laisser passer l’eau ( l’entrée amont du tuyau est maintenue dégagée pour éviter que le castor ne rebouche le tuyau).
Bref, les conflits d’intérêt peuvent très facilement être résolus et les équipes de suivi du castor disent qu’il y a beaucoup de conflits subjectifs. Certains en font une maladie : pour eux, lea présence de castors, c’est l’inconnu, et tout ce qui est inconnu est effrayant.
Il y a beaucoup de conflits subjectifs qui sont le fruit d’une inquiétude des hommes plutôt que de réels problèmes causés par les castors. Par exemple, à Houffalize, une habitante s’est plaint parce qu’elle ne savait plus écouler les eaux usées de son habitation. Elle avait dans le fond de son jardin une petite rivière où des castors avaient construits un barrage. Les 2 événements coïncidant, elle en a conclu que son problème était dû à la présence des castors. Les médias ont évidemment gonflé l’affaire. Le barrage a été détruit et les autorités voulaient même capturer les castors. Mais la dame avait toujours des problèmes de robinets. Nous avons contre-attaqué et montré que le problème n’avait rien à voir avec les castors. C’était un problème interne de canalisations bouchées.
Il y a aussi des conflits objectifs quand les castors «pillent» les champs cultivés (maïs, betteraves). Ces conflits peuvent être résolus par une simple clôture. Les travaux agricoles dans un champ à côté d’un cours d’eau entraînent un lessivage des terres agricoles vers la rivière lors des gros orages et l’érosion des berges quand il n'y a pas d'arbustes ou d'arbres le long des rives. Celà peut être considéré comme un conflit.
Tous les scientifiques admettent que les dégâts occasionnés par les castors sont insignifiants par rapport aux autres éléments de la faune: blaireaux et sangliers provoqiunet plus de dommages dans les champs cultivés.
Pour les forestiers, le problème des castors n’est rien par rapport à celui des ongulés sauvages, cerfs et chevreuils qui mangent l’écorce des arbres et provoquent leur mort. Les castors eux, coupent les arbres et les emmènent dans l’eau pour les barrages. Ces coupes permettent à la lumière de faire pousser d’autres plantes. En plus, le castor ne fait cela que sur les berges longeant les rivières tandis que les ongulés occupent toute la forêt.
Le castor est végétarien. Il se nourrit de l’écorce des arbres en automne et en hiver et de la strate herbacée au printemps et en été. Les castors construisent des barrages qu'ils entretiennent en coupant des arbres mais globalement les coupes d’arbres diminuent d’année en année. Le castor n’est donc pas un ravageur de la ripisylve mais bien un gestionnaire comme je l’ai déjà expliqué.
Les conflits d’intérêts dans les autres pays européens ont tous diminué drastiquement sauf en Bavière, nous allons voir pourquoi :
Actusciences: Pourquoi est-ce que la réintroduction des castors en Allemagne et en France est légale. Quels sont les arguments des gouvernements ?
Olivier Rubbers: Beaucoup de pays européens ont contribué à la réintroduction des castors. La raison principale étant que le castor est un animal autochtone, indigène, suscitant l’intérêt de tous.
L’histoire des réintroductions de castor est liée à des individus. Ce sont des particuliers qui ont lancé des projets et qui ont ensuite été suivis. En France par exemple, des spécialistes ont estimé que la réintroduction dans le Rhin serait très utile. Ils l’ont fait tout en résolvant les conflits d’intérêt créés par les rongeurs. Les pays limitrophes de la Belgique ont accepté la réintroduction du castor parce qu’ils ont bien compris les effets bénéfiques d'une population de castors. La présence du castor permet de nombreuses économies pour les gouvernements :
La présence du castor favorise la biodiversité :
Actusciences: A t’on une idée précise du nombre et de la localisation des castors ? Est-il vrai que ces espèces, sans prédateurs, parviennent à s’autoréguler ?
Olivier Rubbers: Les castors sont officiellement observés en Belgique depuis 1998. Il y a les 101 castors que j’ai réintroduit sur le Viroin français et sur la Meuse hollandaise entre 1998 et 2000 mais il y aussi eu une opération de réintroduction menée en Flandres. Tout cela sans compter les lâchers de castors faits dans les années 80 par les allemands et les hollandais dans des affluents de la Meuse pas loin de nos frontières.
Actuellement, la population de castors en Belgique s'élève à plus ou moins 600 castors (couples avec castorins et célibataires à la recherche de nouveaux territoires) sur à peu prêt 100 à 110 sites à castors. D’ici une bonne dizaine d’années, le castor sera à saturation sur tout le bassin hydrographique de la Meuse. Le territoire d’une famille de castors est en moyenne de 5,5 kilomètres le long d’une rivière.
Il n’y a jamais de risques de pullulation. Lorsqu’on réintroduit une population de castors à un endroit, il va d’abord croître à raison de 25% par an. La population va ensuite atteindre un niveau de saturation (étendue dans tout le bassin hydrographique) et va donc se stabiliser. Le taux de mortalité va compenser le taux de natalité.
Le castor est territorial, et en l'absence de nouveau territoire disponible, il n'augmente pas sa population. Par exemple, la population de castors du Rhône reste constante depuis 40 ans. Il a un mode de colonisation extensif et non séquentiel (territoires les uns à coté des autres). Certains se sont inquiétés de l’absence des prédateurs naturels (loups, ours, lynx) pour réguler la population de castors. Dans les pays où ces prédateurs sont présents, les populations de castors se portent aussi bien que dans nos contrées où ils sont absent. En effet, cette prédation est accidentelle et ne fait en rien chuter les populations de castors.
Actusciences: Où en est votre procès, quels sont les faits qui vous sont reprochés par la région wallonne ? Quelles sont les attentes de la région wallonne quant à l’issue du procès ?
Olivier Rubbers: Contrairement à ce qui est dit dans la presse, je ne suis pas poursuivi pour « réintroduction sauvage de castors », qui sont des animaux protégés, pour la bonne et simple raison qu’on ne peut pas poursuivre quelqu’un en justice pour une loi qui n’existait pas au moment des faits. Entre 1998 et 2000, période pendant laquelle on me soupçonne d’avoir réintroduit le castor en Belgique, il n’y avait pas de loi interdisant la réintroduction de castors. Cette loi a été mise en application en 2002.
On me cite pour « transport et détention de castors ». Le castor est protégé. Il est interdit de le tuer, de le transporter et de le capturer. On me reproche d’avoir « porté atteinte » aux castors par un acte qui est à l’origine même de leur existence! Les castors qu’on me reproche d’avoir transportés, je ne les ai pas capturés dans la nature . Ils m’ont été livrés officiellement par la division nature et forêts d’Allemagne, et j’ai toutes les preuves. On me reproche donc un transport d’espèces capturées légalement. On ne m’a même pas pris sur le fait!
Ces castors étaient réservés et prévus pour la Belgique, c’est vrai, mais après le refus du conseil supérieur de la conservation de la nature, le projet était au point mort.
Les castors ont été réintroduits en dehors du territoire belge. Les lâchers ont eu lieu sur le Viroin français et la Meuse hollandaise, ce qui n’était pas interdit. Le juge croit que j’ai réintroduit les castors en Belgique et donc transporté les castors sur le territoire de la Wallonie.
Comme je vous l’ai dit, le mode de colonisation extensif du castor et sa croissance de 25% justifient la colonisation de la Wallonie par les castors. La région wallonne essaye de trouver une infraction pour me punir d’avoir réintroduit le castor. La région veut sans doute donner une leçon pour qu’on ne commence pas des réintroductions abusives.
Les parties civiles dans ce procès se situent par rapport à une réintroduction et non par rapport à une atteinte aux castors. C’est ce qui est « tordu » dans ce jugement. Le verdict est tombé et j’ai été condamné à verser 2500€ d’amende mais 4/5 avec sursis. J’ai bien sûr été en appel de la décision.
Actusciences: Qu’en est-il de la réintroduction d’autres espèces ?
Olivier Rubbers: La reconstitution de la grande faune dans les Ardennes est un débat fort intéressant au niveau économique :
D’autres animaux peuvent jouer un rôle important en matière de tourisme voire être intéressant aussi pour la chasse à cause du prix des trophées et des parts de chasse: ce sont les grands herbivores : chevaux sauvages ou tarpans, les élans et les bisons d’Europe. Ils étaient présents dans nos régions il y a des centaines d’années. Si la Belgique voulait jouer le rôle de pionnier en matière de réintroduction de ces espèces, imaginez les conséquences économiques pour le tourisme! Cela mérite réflexion.
Bien sûr, toutes ces espèces n’ont pas autant d’intérêt écologique que le castor qui est pour beaucoup de scientifiques, l’espèce « clef de voûte ».
Olivier Rubbers
Interview réalisée en mai 2005 par les auteurs du rapport "Actusciences" et complétée par Baudouin de Menten en aout 2006 sur des sites à castors des Ardennes belges.
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors, RUBBERS Olivier | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
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Le castor d’Europe (castor fiber) est un mammifère à part: en Belgique, il détient la place du plus gros rongeur et n’a pas encore de prédateur. Le retour du Lynx le long de la frontière allemande pourrait changer celà, mais sans danger pour la population de castors belges en pleine croissance.
Le castor d'europe est souvent très mal connu
Le castor fiber, ou castor d'Europe a été décimé par l'homme à la fin du dix neuvième siècle, alors qu'il occupait une place prépondérante dans nos écosystèmes. Aujourd'hui, il a été réintroduit dans de nombreux pays d'Europe, tels que la France, la Suisse, la Finlande, la Suède, les Pays-Bas, et dernièrement la Belgique. Dans notre pays, cette réapparition a soulevé une polémique.
Certains scientifiques et écologiques s’étaient en effet heurté à la région wallonne en introduisant une demande pour réintégrer le rongeur. Commençons par dresser une fiche de ce rongeur protégé qui fait de nouveau partie de notre faune.
Morphologie et anatomie
Le castor européen adulte mesure de 100 à 120 cm de long, dont 30 cm pour sa queue plate, et pèse de 20 à 35 kg, il est donc le plus gros rongeur d’Europe. Sa fourrure brune comporte deux types de poils : des poils courts qui contribuent à l’isolation thermique, et des poils plus longs qui permettent de retenir l’air et qui facilitent le glissement de l’eau, car ils sont enduits d’une substance grasse (le castoréum). Le castor possède un orifice unique pour l’excrétion et la reproduction. Dans ce pseudo-cloaque se trouvent les glandes anales et les glandes à castoréum. Le castoréum est cette substance grasse que le castor vaporise pour marquer son territoire. Les caractères sexuels n’étant extérieurement pas apparents, le sexage est indispensable pour déterminer s’il s’agit d’un mâle ou d’une femelle.
Habitats du castor et construction de barrages
Le castor vit aux abords de nos rivières, lacs, étangs, ou même grands cours d'eau, dans des zones appelées ripisylves (Le terme "ripisylve" vient du latin "Ripa" qui signifie rive, berge et de "Sylva" qui signifie forêt). Nous verrons plus tard que le castor a une importance capitale dans la gestion de ces zones, qui représentent l’interface terre-eau, en les stabilisant très bien, permettant ainsi le maintien de la biodiversité locale. Le castor se déplace principalement dans l’eau, et ne fait que de très courtes distances sur la terre ferme, ce qui explique que son territoire ne dépasse pas les limites de la ripisylve. Deux facteurs sont donc primordiaux à l’habitat du rongeur: l’eau et une végétation arborescente riveraine.
Le rongeur vit dans des eaux calmes dont la profondeur est suffisante pour y nager et immerger l'entrée du gîte, soit au minimum une soixantaine de centimètres. Son terrier est creusé dans la berge. Si cette berge n’est pas assez haute, et que le castor a percé le plafond en la creusant, il construit un terrier-hutte, c’est-à-dire qu’il compense la hauteur manquante en empilant différents matériaux (bois, branches, pierres, colmatés de terre ou de boue). Si la berge est vraiment très basse, il peut construire une hutte sur la berge. Enfin, si les berges n’offrent pas les conditions nécessaires de sécurité, il construira une hutte en île au milieu du plan d’eau.
Si la profondeur du plan d’eau n’est pas suffisante pour immerger l’entrée de son gîte, le castor va alors construire un ou plusieurs barrages pour assurer ainsi la montée des eaux. Pour ce faire, il procède comme suit: il place des branches d’arbres qu’il aura coupées lui-même parallèlement au sens du courant. Il place ensuite d’autres branches perpendiculairement aux premières. Il colmate enfin le tout avec de la boue, ou de la terre. Il procède ainsi jusqu’à ce que le niveau d’eau ait la hauteur souhaitée. Il est important de noter que dans les pays ou le castor a été réintroduit, des réseaux castors s’occupent régulièrement de la vérification de ces barrages, surtout s’ils se trouvent près de sites habités. Un bon exemple est celui de la France avec l’ Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.
Régime alimentaire des castors
Le castor est végétarien, cependant, selon les saisons, différents mets s’offrent à lui. En automne et en hiver, le castor se nourrit de l’écorce d’une série d’espèces ligneuses. En été et au printemps, il se nourrit des strates herbacées que l’on trouve le long des cours d’eau, ainsi que des feuilles de certains arbres. Les activités principales d’abattage du castor sont concentrées dans les dix premiers mètres à partir de l’eau, c’est à dire qu’elles ne dépassent que très rarement la zone de la ripisylve.
Mode de reproduction du castor
Le castor vit en famille. Le couple est monogame et se reconstitue après avoir été séparé. Une castorette fiber a en moyenne 2.5 castors durant toute sa période de fécondité, qui commence vers l’âge de 2-3 ans. Quand les jeunes castors deviennent adultes, vers l’âge de 2-3 ans donc, ils sont chassés par leurs parents et partent alors à la recherche d'un nouveau territoire pour s'y installer.
Territoire du castor et mode de colonisation
Le long d’un même cours d’eau, le territoire d’un castor s’étend en moyenne sur 5.5km, mais cela peut varier selon l’écosystème local. Le castor a une mode de colonisation extensif (par opposition au mode séquentiel), ce qui veut dire qu’il va étendre son territoire en deux dimensions, sur toutes les berges accessibles des cours d’eau avoisinants.
Lorsque le castor se reproduit, les familles se dispersent le long de toutes les berges jusqu’à saturation du biotope d’accueil. A ce moment-là, il ne va se reproduire que pour équilibrer la perte des individus décédés. Le taux de natalité est alors égal au taux de mortalité. C’est ce qu’on appelle «l’autorégulation». C’est également ce qui nous permet de dire qu’il n’y a aucun risques de «pullulation» de castors.
Prédateurs
Les prédateurs naturels du castor tels l’ours, le loup, le lynx , la Loutre ont aujourd’hui majoritairement disparu de nos contrées (la loutre est encore présente par endroit et reste donc prédatrice des petits castors). Les causes anthropiques comme la chasse, le braconnage, l’aménagement des cours d’eau (et donc la destruction des barrages) sont les causes principales de mortalité du castor.
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (8) | TrackBack (0)
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Quelles sont les circonstances de la disparition du castor? La réapparition du castor en Belgique laisse place à plusieurs hypothèses: contradictoires ou complémentaires?
Le castor européen a totalement disparu à la fin du 19 ème siècle sous l’influence de fortes pressions anthropiques. Près d’un siècle plus tard, il est de retour en Wallonie. Plusieurs explications sont aujourd’hui avancées par les différentes parties qui s’opposent dans ce combat pour ou contre le retour du plus gros rongeur d’Europe.
La disparition du castor
Pendant la préhistoire, le castor gigantica occupait tout l’hémisphère Nord. Il a ensuite disparu et deux nouvelles espèces de castors sont alors apparues; le castor fiber (castor européen) et le castor canadensis (castor américain). À la fin du Moyen-Age, les deux espèces de castors ont subi des pressions anthropiques fortes, qui les ont menacées d’extinction. Cependant, le sort réservé aux deux rongeurs ne fut pas le même.
Le castor canadensis a vu son aire de répartition fortement diminuée mais il n’a jamais été réellement manacé d’extinction totale, non seulement grâce à son abondance aux Etats-Unis, mais également parce qu’il a un haut taux de reproduction. Une castorette canadensis a en effet un potentiel reproducteur moyen de 6.6 bébés par vie, contre seulement 2.5 pour la castorette fiber. Aujourd’hui, le castor américain a recouvré la majeure partie de son aire naturelle.
Le castor fiber, lui, a vu son nombre déjà diminuer depuis l’Antiquité, mais ce n’est que vers la fin du 19ème siècle qu’il a complètement disparu. Il était en effet chassé pour plusieurs raisons :
Après cette disparition massive, il ne restait des castors fiber qu’en Norvège, dans l’Elbe et le Rhône, deux grands cours d’eau.
Réapparition ou réintroduction?
Ce n’est qu’au début des années trente que certains pays ont décidé de réintroduire le castor. Les écologistes et les scientifiques pensaient en effet qu’il n’était pas capable de ré-immigrer par lui-même dans ses anciennes contrées. Ci-dessous la liste des pays qui ont réintroduit le rongeur :
Tous les pays qui ont décidé de réintroduire le castor ont mis en place des unités de « suivi du castor» pour éviter tout conflit d’intérêt castors/hommes. En France, par exemple, L’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) a créé un «réseau castor» pour régler les conflits éventuels provoqués par le retour du rongeur.
En Belgique, de telles initiatives n’ont pas été prises par le gouvernement. Dans les années 1970, un groupe de naturaliste a introduit une demande pour pouvoir réintégrer les castors en Belgique, mais le Conseil supérieur wallon de la conservation de la nature (CSWCN) a refusé, avec pour seul argument que cette réintroduction n’était pas nécessaire.
Dans les années 1990, l’association des Rangers, dirigée par Olivier Rubbers, a réintroduit une nouvelle demande auprès du Ministre Guy Lutgen mettant en avant certains points positifs du castor comme son rôle hydrologique ou son rôle de gestionnaire de la biodiversité aux abords des cours d’eau. Le ministre s’est dit alors favorable au principe, tout comme le Conseil supérieur wallon de la conservation de la nature, mais le projet est tout de même rejeté selon différents arguments, le principal étant le risque de mécontenter certains propriétaires.
Des études ont alors été commandées par le gouvernement pour analyser les conséquences d’une réintroduction éventuelle du rongeur, mais entre-temps, le castor était déjà ré-apparu dans nos régions. Ce retour du castor aux abords de nos rivières est du à plusieurs raisons. Olivier Rubbers aurait effectué des lâchers sauvages de castors (101) aux frontières belgo-française et belgo-néérlandaises. Les flamands l’auraient eux aussi réintroduit dans les années 1990. La migration rapide et le mode de colonisation expansif du castor expliqueraient pourquoi on le retrouve déjà aujourd’hui au cœur de la Wallonie.
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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Le castor a souvent été accusé de beaucoup de dégâts, mais il est aussi parfois à l’origine d’actions positives pour l’environnement. Possédant une capacité certaine à modifier son lieu de vie, il influence directement l’écosystème et les possibilités de développement de nombreuses autres espèces. Ceci fait du castor une espèce « clé de voûte » pour les rivières. Quels sont pour l'environnement, les avantages et les inconvénients de la présence d'une population de castors en Belgique. Quelques exemples.
Le castor a un grand impact sur son environnement, aussi bien du point de vue de ses activités alimentaires que par ses constructions. Et bien que le bilan avantages-inconvénients puisse semblé assez mitigé, on peut voir assez rapidement pourquoi le castor fait parler de lui: cet animal fait peur. Encore trop souvent perçu comme un animal nuisible responsable de nombreux dégâts, on lui attribue aussi des dégâts qui ne sont pas les siens (rat musqué, gibier).
Si l’on tente malgré tout d’analyser le problème par le coté désavantage on se rend rapidement compte que peu de chiffres alarmants concernant des dégâts réels existent. Comme il est expliqué dans les exemples suivants, ces dégâts de castors restent finalement assez insignifiants par rapport à ceux d’autres éléments de la faune. La notion de dégât est liée à la perception que l’on a de ce dégât! De plus, des moyens de protection et de dédommagement existent. Comme souvent dans ce type de débat, il s’agit surtout d’une question de priorités au niveau humain.
Castors: Avantages pour l'environnement
Alimentation du castor: le castor est totalement herbivorie , il ne constitue pas un prédateur pour la faune piscicole à l'image de la loutre.
Le castor et la coupe d’arbres: Le castor ne coupe les arbres que dans un rayon de 30 mètres autour de sa rivière constituant la ripisylve. Au delà, il aurait de la peine à les ramener et serait trop éloigné de son refuge, l'eau. Le castor ne ne parcourt que des courtes distances sur la terre ferme (sauf circonstances exceptionnelles) où il est lent et pataud. Il est malgré tout possible de protéger facilement les arbres contre les attaques du castor. On pose des grillages, des répulsifs sur les troncs ou encore des clôtures autour de la plantation pour éviter les attaques sur cultures.
Le castor et l'érosion des sols: Le castor aide à lutter contre l’érosion des berges par l’élaboration de ses barrages. En ralentissant le cours des eaux, les barrages permettent d'éviter les grandes crues rapides. De plus, il entretient la ripisylve qui, par sa masse racinaire conséquente, stabilise les berges.
Envasement: Les barrages limitent l’envasement des cours d’eau en aval en retenant les alluvions des les mailles des barrages.
Nappes phréatiques: L’infiltration des eaux est renforcée par le ralentissent du flux des rivières. L’eau retenue permet aussi de faire monter le niveau des nappes phréatiques. Le castor agit donc comme un protecteur contre la sécheresse.
Biodiversité des sites à castors: La réapparition du castor est un bénéfice pour la biodiversité, car la création de nouvelles zones humides permet le retour de nombreuses espèces aquatiques (poissons, plantes, insectes, batraciens, oiseaux). Les bassins d’accumulation créés par les aménagements des castors sont autant de zones calmes idéales pour la reproduction de la faune et sa restauration. En entretenant la ripisylve, ils empêchent également le recouvrement de la rivière par une flore ligneuse dense. Ce maintien d’un biotope riche, ouvert et diversifié empêche l’eutrophisation du milieu.
Le castor est adaptable: Le castor est peu sensible à la pollution de l’eau, contrairement à la loutre par exemple. Les castors disposent aussi d’une grande faculté d’adaptation au milieu.
Avantage indirect: La Région wallonne a mis en place un régime d’indemnisation pour les dégâts occasionnés par des espèces protégées (Gouvernement Wallon 8/10/98).
Castors: Inconvénients pour l'environnement
Coupes d’arbres: Le castor coupe certains arbres et arbustes proches de l’eau. Principalement des salicaceae (peupliers, saules) et plus rarement bouleaux, aulnes, coudriers, frênes, sorbiers et arbres fruitiers. Il s’attaque le plus souvent à des tiges de faible diamètre (5-8 cm), parfois plus. S’il ne trouve pas de nourriture directement au voisinage de l’eau, il peut aussi s’en prendre à des plantes cultivées (avoine, blé, maïs, betteraves) lorsque les cultures sont proches ou à des plantations d’arbres non protégés. Mais les dégâts sont rarement importants.
Inondations: Lorsqu’il construit un barrage, le castor fait inévitablement monter le niveau des eaux, ce qui conduit parfois à des inondations de parcelles onsacrées aux cultures, à élevages, voire des parcelles d'habitations. De plus, ces barrages n’étant pas des constructions indestructibles, il pourrait leur arriver de se briser sous la pression de l’eau. Des conditions de crues extrêmes peuvent alors mener à des inondations.
Coûts des castors: La gestion et la surveillance par l’administration des constructions du castor engendrent un coût certain pour les communes et donc pour le citoyen.
Régulation: Le castor n’a pas de prédateur naturel. Les populations se développent jusqu’à ce qu’elles atteignent la capacité limite du biotope (autorégulation). Malgré tout, il n’y a pratiquement aucun risque de pullulation et l’attitude du castor envers le milieu qu’il consomme est celle d’un écologiste. Le castor limite ses prélèvements de sorte que le milieu puisse se régénérer facilement.
Exemples
La Suède, qui a commencé à réintroduire le castor dans les années 30, en compte environ 200000 aujourd’hui. Cela ne pose aucun problème aux forestiers, ontrairement aux ongulés sauvages, élans nottament, qui détruisent la forêt de manière dévastatrice en consommant l’écorce des arbres de manière abusive.
Un autre bénéfice qui peut être chiffré est la lutte contre l’envasement des cours d’eau avals. Les barrages évitent en effet que la terre et les alluvions aboutissent dans les voies navigables belges qu’il faudra draguer une fois envasées. En région wallonne, des problèmes énormes de draguage de cours d’eau existent et sont notamment à l’origine de l’absence de péniches sur le canal Charleroi-Bruxelles.
La Sambre a en effet une capacité nominative de 1350T et n’est plus pratiquée que par des péniches de 600T. Cette restriction de capacité est due à l’envasement du canal. Toute cette terre retenue par les barrages de castors dans les affluents pourrait provoquer des économies substancielles. Chaque mètre cube de terre qui aboutit dans une voie navigable devra être enlevé par draguage.
Pour tempérer ces éloges, certaines réserves sur le rôle écologique du castor pourraient tout de même être émises. De fait, il n’y a à l’heure actuelle en Belgique qu’à Etalle (Gaume) où les castors sont à l’origine de retombées positives clairement visibles. Non loin de ce village, un barrage a permis d’augmenter la retenue d’eau dans un marais, permettant ainsi une meilleure épuration. La commune a ainsi économisé 50 000€ en évitant les travaux nécessaires. Malgré tout, si le village grandit, la zone de lagunage crée par les castor ne suffira plus et il faudra songer à autre chose.
Les économies que vont permettre les castors ne sont donc pas minimes, mais pas toujours faciles à chiffrer. Les retombées touristiques ne sont pas à négliger. L'année 2006 voit naître en Belgique un "phénomène castor", de plus en plus de touristes demandent à découvrir les sites à castors et leurs habitants et participent ainsi à l'essort touristiques des zones visitées. Nous n'en sommes encore qu'au début du phénomène.
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack (0)
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À différents endroits, plusieurs exemples de conflits avec les castors existent. Malgré tout, leurs défenseurs se battent ardemment pour que la présomption d'innocence prévale. La source du problème et les conséquences invoquées ne seraient-elles pas réelles? Explications sur la nature exacte de ces conflits: subjectifs et objectifs.
La plupart des conflits anthropiques liés à la présence du castor sont de type subjectifs. Les hommes ne connaissent pas le castor. Ils en ont peur, et les préjugés font loi. Il n’y a d’ailleurs bien souvent même pas de problème technique à la base. Mais il peut arriver que certains intérêts entrent en jeu, on parlera alors de conflits objectifs.
En 1987 en France, un réseau castor fut constitué par l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) pour assurer les constats techniques de dégâts et proposer des mesures de protection. Aujourd’hui, ce réseau ne s’occupe plus que de suivre l’évolution des populations sur les différents cours d‘eau et d’apporter son expérience au programme de réintroduction. Car cela fait plusieurs années qu’aucun conflit réel avec les castors n’a été recensé. Le fait est que les Français ont toujours maintenu une bonne ripisylve où le castor peut vivre en paix!
En Belgique, la solution à long terme la plus appropriée semble être la restauration de la ripisylve avec le castor comme gestionnaire. C’est un idéal écologique futur, mais tout à fait réalisable.
Conflits dits « subjectifs »
Ci-dessous, trois exemples de conflits subjectifs issus de notre interview avec Olivier Rubbers mis en parallèle avec ce qui peut être trouvé dans la presse.
Un barrage a été construit sur une rivière derrière une maison. Suite à des refoulements d’eau dans les canalisations, les propriétaires ont tout de suite fait le rapprochement avec les castors. Un technicien est venu et a mesuré un dénivelé de 2,5m entre le niveau de la maison et la sortie d’égout. De surcroît, la bouche se situait en aval du barrage et au dessus du niveau de l’eau. Il était donc impossible que les castors soient responsables du problème. La presse est cependant venue et des titres tels que «Une maison inondée par les castors» ont été lus. Le barrage a tout de même été détruit mais les castors, animaux têtus, ont très vite reconstruit l’édifice. Aujourd’hui, un nouveau propriétaire habite la maison et le problème a été résolu: canalisation bouchée. Le nouveau propriétaire admire le travail d'architecte des rongeurs.
A proximité d’Houffalize, le STP (Service Technique Provincial) de la province de Luxembourg est intervenu, à la demande d’un riverain influent, pour démonter un barrage sur le Sommerain. Ce démantèlement exécuté sans analyse technique préalable a été condamné par Les Rangers (asbl pour l'environnement en Wallonie). La réponse technique du STP à la plainte portée par l’asbl a été de dire que la petite ville d’Houffalize aurait pu être inondée si le barrage avait cédé. Mais un barrage de castor ne casse pas comme un barrage humain. Un barrage est une agglomération dense de terre glaise et de branches, l’eau ne passe que petit à petit au travers. Ici, la rupture en une seule fois du barrage n’aurait tout de même jamais pu provoquer l’inondation d’Houffalize, étant donné la distance d’environ 35 km qui les séparait. Mais il est vrai qu’une route proche aurait pu être inondée.
Finalement, le cas d’un propriétaire piscicole est édifiant. Celui-ci rendait le castor responsable de la disparition de poissons dans son étang. Les Rangers se sont donc rendus sur place pour constater qu’aucun castor ne vivait là et que les traces observées aux abords de l’étang ne correspondaient en aucun cas à celles qu’aurait pu laisser un castor.
Conflits dits «objectifs»
Si la ripisylve est détruite et qu’il y a des cultures jusqu’à la rivière, le castor peut faire des dégâts. On peut malgré tout dire que le castor fait de petits dégâts là où l’homme en fait de grands. Dans de telles circonstances de milieu, le lessivage des flux agricoles est maximum tout comme l’érosion des terres vers le cours d’eau.
En Bavière, par exemple, l’agriculture jusqu’au bord des rivières est pratiquée dans plusieurs champs. Certains castors ont colonisé ces rivières sans arbres et, suite à l’impossibilité de construire des huttes, ont creusé des terriers. Ne trouvant pas leur nourriture habituelle dans cet endroit, ils volèrent des betteraves en été, en minant littéralement le champ de galeries souterraines.
Il est important de souligner ici que le nombre de conflits d’intérêt n’est donc pas proportionnel au nombre de castors, mais plutôt à d’autres facteurs annexes. Dans les Ardennes, la structure du paysage n’est pas propice à ce genre de conflits. Il faut malgré tout laisser le temps aux gens de s’habituer au retour du rongeur en Belgique.
Baudouin de Menten sur 16 août 2006 dans Belgique, Castors | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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