Réintroduction de l’ours dans les pyrénées : Frédéric Nihous (Chasse Pêche Nature et Tradition) écrit admirablement au Président de la République
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“Monsieur le Président,
L'Etat mène actuellement une réflexion, avec décision imminente apparemment, sur la possible réintroduction d’un ours dans les Pyrénées.
Ainsi que je l'ai directement évoqué avec vous lors de notre récente entrevue le 13 mai dernier, j'ai l'honneur de vous renouveler mon opposition à cette opération en tant qu'élu régional, mais aussi en tant que responsable du parti politique CPNT que je préside. Mon opposition répond à de multiples raisons.
Tout d'abord, parce que les montagnards et leurs élus, dont moi-même, se sont déclarés, nombreux et depuis longtemps, contre ces lâchers d'ours à de multiples reprises.”
La Buvette : Disons plutôt “. Toutes les études d’opinion le montrent, malgré la désinformation menée par les opposants. Les 6.800 soutiens qu’ils revendiquent représentent moins de 2% des Pyrénéens consultés en 2011 sur le lâcher d’une ourse en Béarn. Les dernières manifestations des opposants ne regroupaient que plus ou moins de 200 personnes, toujours les mêmes, éleveurs et chasseurs, le « vivier » de certains politiciens locaux.
- Mai 2010, sondage TNS Sofres « Les Français et la biodiversité » : 95 % des Français estiment importante la préservation de la biodiversité. 61% les réintroductions d’ours dans les Pyrénées ont un impact positif sur la biodiversité.
- 2008 sondage IFOP pour la DREAL Midi-Pyrénées : 76% des Français favorable au maintien de l’ours dans les Pyrénées, 69% des Pyrénéens. 58% des Français (56% des Pyrénéens) favorables à de nouveaux lâchers.
“Pour ce qui est de l'ours lui-même, la population ursine d’origine pyrénéenne est éteinte; c'est malheureux mais c'est ainsi.”
La Buvette : Quelle langue de bois! Frédéric Nihous n’a pas le courage d’utiliser le mot en vogue dans son parti et qui serait plus représentatif du font de sa pensée à propos des prédateurs et autres "nuisibles" : l’éradication. Et hop! Comment se débarasser d’un tour de bras de plus de 40.000 ans de présence de l’ours dans les Pyrénées. L’ours pyrénéen et l’ours slovène sont tout deux de l’espèce Ursus arctos. Faire la distinction entre les deux relève d’un racisme biologique qui n’a pas lieu d’être. Ce sont tous des ours bruns.
“L’opération de lâcher prévue n’est donc qu’une délocalisation d’ours slovènes, sans intérêt pour le patrimoine naturel européen, et même mondial. Ce projet apparaît alors d'autant plus inutile que justement, à cet échelon international, l’ours brun n’est pas une espèce menacée.”
La Buvette : Le mot “délocalisation” est un mot à connotation péjorative utilise dans le domaine des enterprises. Le mot “renforcement” représente lui l’opération qui consiste à empécher l’extinction d’une population par un apport de nouveaux spécimens (comme le lâcher de faisans, d’isards, de bouquetins, d’éléphants ou de castors). Des renforcements ont lieu dans tous les pays, avec des espèces chassables ou des espèces protégées. En fait, il s’agit d’un double sauvetage : les ours slovènes sont retirés d’un plan de chasse (pour eux commence une nouvelle vie, une deuxième chance), et pour la population pyrénéenne, un espoir de subsister (à très court terme actuellement).
"En outre, rien n'oblige à ce lâcher au titre du Droit car les accords internationaux n'obligent en aucun cas la réintroduction d’espèces; ils se bornent à de simples recommandations. Procéder au lâcher ne serait alors qu'une opération artificielle."
La Buvette : Faux !
En France
- L'ours brun est protégé par arrêté interministériel du 17 avril 1981 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire, modifié par l'arrêté du 22 juillet 1993 (intégrant les dérogations prévues par la Convention de Berne et la Directive Habitats.
Au niveau de l'Union Européenne
- L'ours brun est protégé par une Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (dite Directive "Habitats").
- L'ours brun est une espèce prioritaire de l'annexe II (espèces animales et végétales d'intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de zones spéciales de conservation intégrées dans le réseau Natura 2000).
- L'ours brun est également en annexe IV (espèces animales et végétales d'intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte).
- Dans la plupart des pays européens (dont la France). L'ours brun bénéficie de la protection de la Convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe du 19 septembre 1979 ou Convention de Berne (exception: Bulgarie, Rép. Tchèque, Finlande, Slovaquie, Ukraine, Turquie).
Au niveau international
- Selon la Convention CITES, ou Convention de Washington, l'ours brun est classé dans l'annexe II (espèce dont le commerce international est réglementé). Une autorisation est nécessaire pour les importations et les exportations (par exemple pour faire venir des animaux de Slovénie).
Chantal Jouanno, ministre de l’Ecologie : "La logique, elle est très simple. C’est de dire : les ours sont dans les Pyrénées, et on a un engagement international, un engagement dans la convention de Berne et un engagement européen. On ne va pas se mettre au ban de l’Europe et quitter l’Europe. Donc nous les respectons. Mais très simplement, quand un ours est tué pour des raisons anthropiques, on le remplace, parce que, je n’ai vu nulle part que les pyrénéens souhaitaient la disparition de l’ours dans les Pyrénées."
“Par ailleurs, une telle opération de lâcher est très coûteuse pour le contribuable français, tant pour le lâcher lui-même que pour son suivi (prise en charge d'Etat et subventions des collectivités aux structures de suivi), sachant qu'aucune évaluation en termes d'efficacité, d'impacts notamment écologiques et économiques, n'est réalisée ou en tout cas portée à connaissance. Une politique écologique raisonnable devrait davantage être mobilisée sur la biodiversité ordinaire que sur une biodiversité extraordinaire dont l'ours fait partie.”
La buvette : Le coût des grands prédateurs (Ours, loups, lynx) représente un budget annuel de 6,3 millions d’euros est ventilé par catégorie de dépenses et par importance :
- 69% pour l’aide au pastoralisme (4,363 millions d'€),
- 13 % pour l’indemnisation des dégâts (833 000 €),
- 11% pour le suivi des espèces (715 000 €),
- 6% pour les actions d’informations et de développement local (390 000 €).
Par contribuable français et par an
6 301 000 € = 0,10 € de subsides «grands prédateurs» par français et par an dont :
- 4 363 000 € = 0,07 € /français/an qui retournent au pastoralisme dont :
- 3 400 000 € (0,055 € /français/an payés par le budget «loup») et
- 963 000 € (0,015 € /français/an payés par le budget «ours»)
- 1 938 000 € = 0,031 € français/an de subsides réels destinés aux grands prédateurs dont :
- 1 026 000 € = 0,017 € /français/an pour le loup et
- 912 000 € = 0,014 € /français/an pour l'ours
L’ours coûte donc 0,014 € par français et par an ! Comparons…
Les subventions agricoles par français et par an :
- 12 871 600 000 € = 207,60 € de subventions agricoles par français et par an (233 € en 2006) dont :
- 630 000 000 € (10,16 € de subventions à la filière ovine /français/an) dont :
- 275 000 000 € (4,43 € de subventions à la filière ovine de montagne/français/an)
Ce qui représente respectivement :
- Pour les subventions agricoles: 2076 fois le coût brut annuel «grand prédateurs».
- Pour la filière ovine: 100 fois le coût brut annuel «grand prédateurs».
- Pour la filière ovine en zone de montagne: 45 fois le coût brut annuel «grand prédateurs».
Et malgré cette aide démentielle qui n'existe pour aucune autre profession, le pastoralisme se meurt pour de multiples autres causes. L’ours ne représente que 300 pertes ovines par an. La mortalité totale varie entre 20.000 et 30.000 bêtes ! Cherchez l'erreur...
(sources : "Impots, le coût des prédateurs, le coût du pastoralisme").
“Monsieur le Président, la population pyrénéenne et nos montagnes ont davantage besoin de soutien pour leur quotidien, pour leurs activités économiques notamment agricoles, pour leurs infrastructures et équipements publics, pour le maintien de leurs écoles et de leurs services publics. Elles ont plus besoin de tout cela, d'accompagnement et de développement, que de lâchers d'ours et des sommes colossales d'argent public qui leur sont réservées et qui n'apportent rien concrètement pour améliorer la vie quotidienne et le bien-être de chacun, comme pour la croissance.”
La buvette : “des sommes colossales d'argent public“, 0,014 € par français et par an : un eurocent et demi!
“En période de difficultés économiques, doublée d'une crise agricole sévère notamment sur l'élevage de montagne, ces réintroductions d'ours ne sont ni prioritaires, ni même nécessaires; pire, mal perçues dans le contexte ambiant, elles risquent fort de mettre en ébullition la montagne et ses acteurs fondamentaux dont les activités sont impactées négativement par l'ours : agriculteurs, chasseurs, élus, habitants.”
La Buvette : Il s’agit d’une obligation internationale, d’un engagement de la France, et de la sauvegarde d’une population. Les réintroductions sont “mal perçues” par un noyau dûr de 200 personnes : chasseurs qui n’acceptent pas de partager le territoire avec une bête sauvage, éleveurs qui refusent de protéger leurs troupeaux et crient à la cohabitation impossible, une exception française ! Partout en Europe c'est différent, même si ce n'est pas facile et qu'avec les moyens de protection on n'arrive pas à zéro dégât. Dégâts qui sont remboursés à des taux bien supérieurs à ceux du marché.
“Procéder à un tel lâcher d'ours ne pourrait qu'être vécu comme une agression par les montagnards et comme un gage aux seules associations écologistes extérieures. Ce ne pourrait qu'être source de conflits et dégâts importants vis-à-vis de l'activité pastorale comme cynégétique. A l'évidence, des contentieux vont naître : est-ce bien le rôle de l'Etat d'y contribuer ?”
La Buvette : les menaces et exactions répétées des extrémistes de l’ADDIP ne doivent pas être des freins pour n’importe quelle politique. Le respect des lois est une obligation pour tous. Faut-il rappeller que les statuts de l’ASPAP prévoient les dégâts causés par les troupes “incontrôlables” : «L’association et ses représentants ne pourront pas être tenus pour responsables d’éventuels dommages occasionnés sur le territoire par des personnes par ailleurs adhérentes à l’association.» Des pratiques répandues également du côté des chasseurs : non respect des dates d’ouverture et de fermeture, tir d’animaux appartenant à des espèces protégées etc. Pour ces adeptes de la « tradition », le non droit est la règle ; les pyrénées, une république bananière.
“Or, le rôle de l'Etat n'est pas de créer des problèmes et des conflits; au contraire, il doit les empêcher, les limiter, il doit les régler ainsi que vous l'avez fort justement rappelé sur de multiples sujets.”
La Buvette : Quant des extrémistes (d’ailleurs condamnés par la justice) saccagent le village d’Arbas, pour Frédéric Nihous : "c’est l’Etat qui crée des problèmes et des conflits "! L’Etat doit effectivement empêcher et limiter les conflits et pour cela, il serait utile de metre fin à l’impunité qui rêgne actuellement dans les Pyrénées, autant pour le pastoralisme que pour les chasseurs (braconnage d’espèces protégées, vandalisme, menaces et pressions diverses).
“En outre, à termes et ainsi que nous l'entendons "remonter du terrain", ceci pourrait également avoir une répercussion et un impact forts, mais néfastes, dans les urnes lors des prochaines consultations électorales avec le risque d'une radicalisation du vote montagnard qui risque fort bien d'être tenté par une sanction contre le gouvernement qui procéderait à ce lâcher. En tant que dirigeant d'un parti partenaire de la Majorité Présidentielle, je ne le souhaite bien évidemment pas et il est de mon devoir et de ma responsabilité de vous en alerter.”
La Buvette : La menace habituelle des responables cynégétiques. Si un homme politique n’est pas à 100% favorable aux revendications des chasseurs, ceux-çi mettent dans la balance, en principe, mais cela diminue chaque année, 1,3 millions de votes! C’est ce qu’on appelle le lobby de la chasse, tout partis confondus. Et que font-ils les politiques sans vision à long terme ? Ils se couchent (voir les lois sur la chasse, les exceptions pour les périodes d’ouverture et de fermeture, les décrets pour la descruction des espèces dites “nuisibles” etc… Chaque année on a droit à une “grand messe”, un “grand oral” où tous les politiques viennent faire allégence devant les chasseurs et présidents de fédérations réunis.
“Pour conclure, il est évident que la seule question qui vaille est "quel avenir pour les Pyrénées, pour son développement et le bien-être de leur population ?”
La Buvette : Bonne question, mais quel rapport avec l’ours ? On pourrait rajouter pour plus d'équlibre “quel avenir pour la sauvegarde de son patrimoine culturel et naturel”
“J'estime pour ma part que l'ours n'est pas cet avenir. L'Homme doit être replacé au centre du débat et des préoccupations, surtout publiques, et nos montagnes doivent bénéficier d'une approche équilibrée, humaine, rationnelle et réaliste. Je sais que vous êtes attaché à cette juste conception des choses, ainsi que vous me l'avez dit lors de notre récente rencontre.”
La Buvette : Une vision anthropocentrique du monde, largement partagée, dominante depuis des décénies qui nous a emmené là ou on est. L’homme central exploite le vivant qui "l'environne" comme des ressources minières ou agricoles, sans compter, en ne voyant que les pilliers anciens du Développement Durable : l’économique est prioritaire pour la droite, le social pour la gauche, le “socio-économique” pour les deux puisque le pouvoir se partage en fonction des élections entre droite et gauche, entre PS et UMP.
L’arrivée récente des écologistes dans la sphère politique s'accompagne de la naissance d'un nouveau pillier, jeune : “L’environnement” (encore un mot teinté d’anthropocentrisme, avant on parlait de "nature"). Droite et gauche voient dans les écologistes de nouveux adversaries, jugés comme extremistes parce qu’ils tentent de corriger le tir, de conscientiser le monde sur l’Etat de la planète Terre et l'absurdité irresponsable de nos comportements. Pour surfer sur la vague et ratisser plus large, droite et gauche rajoutent une fine couche de vernis vert à leurs discours. L’ADDIP parle de Développement Durable, cet oxymore qui leur permet de revendiquer plus de la même chose, de ne rien changer à nos modes de consommation. Les chasseurs deviennent des protecteurs de la nature, les éleveurs des créateurs de biodiversité, les syndicats agricoles des organisations de défense de l'environnement ou du patrimoine. Le nucléaire une industrie propre, la polution agricole n’est qu'une lute contre les plantes d’adventices, le chauffage au mazout c'est l'avenir, les voitures qui consomment un litre de moins, des voitures propres. Tout le monde prend les vessies pour des lanternes et est adepte du petit lexique de l'optimisme officiel.
La solution est dans l’équilibre entre les pilliers cités auxquel il est utile de rajouter, non pas le pillier culturel (qui sert de couverte pour les traditions les plus abjectes) mais le pillier de l’éthique !
“C'est pour toutes ces raisons qu'en tant qu'élu et président de CPNT, je vous demande, Monsieur le Président, d'empêcher ce lâcher d'ours dans les Pyrénées et vous en remercie par avance.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mon plus haut respect.”
Frédéric NIHOUS
Conseiller Régional CPNT d’Aquitaine
Adjoint au Maire de Baudreix (64)
La Buvette : Joli cirage de pompes entre amis pour qui “l’environnement, ça commence à bien faire”. Pour moi aussi, la vision anthropocentrique du monde et le suicide collectif, ça commence à bien faire. Je suis pour la réduction de nos nuisances collectives et individuelles et la protection du peu de nature qu’il nous reste ! Le CPNT et son discours, le sirop dégoulinant de Frédéric Nihous, c’est “Casse toi pauv’con !”
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