13 janvier 2005

Témoignage d'un éleveur utilisant des patous comme chien de protection

Claire de Dreuille utilise des patous pour protéger son troupeau. Elle a gentiment accepté de répondre à quelques questions.

La Buvette des Alpages : Depuis combien de temps utilisez-vous des Chiens de protection? Comment avez-vous commencé?
Tout à fait par hasard : une personne avait acheté une chienne Montagne des Pyrénées et ne pouvait plus l'assumer (car en appartement), elle nous l'a donnée à Patou_hiver_1l'âge de 2 ans en 1996. Bien qu'ayant été élevée en ville, très vite nous avons constaté que Bambou avait un instinct impressionnant de protection sur nos brebis. Très facilement, en lui interdisant la caresse lorsqu'elle dépassait les limites de notre exploitation, on lui a appris son territoire.

Elle s'interposait naturellement entre ce qui lui semblait être un danger et nos brebis ou nous. Attentive aux brebis, attachée à nous. Un problème toutefois, elle ne supportait pas les béliers ! Et en disposait à sa façon, les ramenant vers leur pré de repos pendant la nuit....
Nous avons donc décidé de lui faire faire des chiots pour les mettre au troupeau en protection continue.

Comment s'est déroulée l'éducation du chien? Avez-vous été aidé pour cette éducation?
A cette époque, il y avait une tentative pour introduire des Sharplaninac en France. Mon mari a donc profité de cette occasion pour suivre un stage d'initiation à l'élevage et au dressage d'un chien de protection.

De plus, nous avons été aidés par Monsieur Etienne Serclérat, très connu dans le monde du chien en France. C'est lui qui nous a guidés pour l'éducation première des chiots.

Tout de suite après la naissance,   nous avons aménagé une case dans la bergerie à côté des brebis et agneaux pour Bambou et ses chiots. Le plus difficile a été d'empêcher nos enfants de caresser et cajoler ces superbes boules de poils si craquantes ! Nous aussi d'ailleurs... c'était difficile de ne pas y toucher... Le but est de laisser les chiots s'imprégner de leur condition de membre de la famille des moutons et non de l'homme.

Ensuite, nous avons enlevé la séparation et les chiots pouvaient circuler à leur guise au milieu des agneaux élevés au biberon : nos brebis ne connaissant pas ces chiens, nous craignions leur réaction ! (c'est de cette époque que date la photo que vous avez.)

Après, ce fut le sevrage et nous avons choisi notre chiot, Nymphe, pour sa beauté, son élégance, mais aussi car elle semblait très courageuse, voire téméraire. Nous avons aussi offert Nuit Blanche à Monsieur Serclérat en remerciement de ses multiples conseils. Nous avons vendu les autres.
Une fois seule, Nympho (c'est ainsi que nos fils ont décidé de l'appeler) a pris sa place au milieu du lot de tous les agneaux que l'on venait de sevrer. Soit 200 environ. A la fin de la vente de ces agneaux, tout doucement nous l'avons introduite dans les brebis prêtes à mettre bas. Attachée au départ pour ne pas les effrayer, les brebis présentes s'y sont vite habituées. Mais il a fallu pratiquement deux ans pour toutes  les habituer à sa présence !

Avez-vous des anecdotes sur la période d'éducation du chien?
Petite, Nympho adorait découvrir le monde et n'hésitait pas à monter sur les barrières en bois pour sauter de l'autre côté... Combien de fois l'a-t-on retrouvée en promenade ! Jusqu'au jour où cela s'est terminé chez le vétérinaire avec une bonne entorse...

Une autre fois, elle avait sauté dans le lot à côté où les brebis ne la connaissaient pas : un tas de brebis affolées nous attendait dans le coin de la bergerie ! Nympho ne comprenant pas pourquoi celles-la refusaient de la laisser circuler parmi elles...

Quels sont les rapports entre le chien et les animaux?
Le Patou n'aime pas les autres chiens de l'exploitation, pour lui, ce sont des prédateurs potentiels. Il les tolère car il les connaît et fait confiance au berger.
Par contre, il se considère comme le congénère des Patou_brebismoutons et ne se sent bien qu'au milieu d'un lot de brebis ou agneaux.

Nous avons eu aussi quelques problèmes les premières années avec les agneaux  naissants : le Patou n'est pas un modèle de douceur avec les jeunes, et les jeux se finissaient très très mal pour les tout petits. Il faut absolument attendre que les cordons soient très secs, sans quoi cela attire le chien avec les odeurs de sang. De toutes façons, nous avons deux périodes de mises-bas donc toujours des lots de brebis où il n'y avait pas de petits agneaux.

Quels sont les rapports entre le chien, l'éleveur et sa famille?
Excellents rapports d'affection réciproque. On n'avait pas besoin de la prévenir de notre approche : elle ne bougeait pas ou venait réclamer des câlins, mais jamais elle ne nous aboyait ! Si une personne étrangère nous accompagnait, elle s'approchait avec méfiance en aboyant sourdement. Son préféré était bien sûr mon mari, puisque c'est lui qui la nourrissait tous les jours.

Comment réagissait-il face aux facteurs extérieurs humains (promeneurs, VTT)?
Par contre lorsqu'il était seul avec son lot de moutons, la moindre alerte de bruit suspect déclenchait toujours le même réflexe : s'interposer entre les moutons et le bruit, la queue en « aroundera » c'est à dire très haute et arrondie (position de domination) en aboyant puissamment. Combien de promeneurs l'ont vue les accompagner tout le long de la clôture en les dissuadant de s'approcher davantage !

Avez-vous eu des expériences de protection avec des prédateurs ou des chiens errants?
Saut_patou Nous avons des sociétés de chasseurs qui chassent régulièrement dans les bois contigus à notre exploitation et nous avons parfois des brebis égorgées, des lots de brebis entiers écrasent des clôtures pour échapper à des chiens égarés ou en mal de gibier... Nous avons retrouvé ces joies cet automne après la disparition de Nympho... Tant qu'elle a été là, elle sillonnait le bord du bois toute la durée des chasses et aboyait avec sa voix très sourde : jamais alors le moindre chien n'avait osé rentrer chez nous.
Bambou le fait bien aussi, mais il y a deux parties de bois de chaque côtés d'un chemin, et si elle aidait bien Nympho, elle ne peut tout gérer seule.

Quelles charges de travail représente l'utilisation de tels chiens?
La période de dressage au troupeau représente un travail énorme si l'on ne veut pas d'histoires avec les voisins (apprentissage des limites à ne jamais dépasser, connaissance des voisins à ne pas effrayer...), mais aussi le choix des brebis : notre race élevée en plein air est relativement sauvage et sur la défensive, il a fallu beaucoup de temps pour que toutes les brebis acceptent cet intrus. Il est aussi resté régulièrement des brebis souffre-douleur (souvent des brebis faibles au départ) que Nympho considérait presque comme un doudou : leur grignotant surtout les oreilles, les obligeant à rester à part etc.

Croyez vous que le fait de posséder un chien de protection est une protection suffisante contre le loup ou l'ours?
Des chiens qui n'ont jamais eu affaire aux loups ne seraient pas aptes à défendre leur troupeau : il faut de l'expérience pour cela ! Et il faut plusieurs chiens pour établir une vraie stratégie de défense (toujours avec des chiens d'expérience).

Utilisez-vous d'autres moyens de protections (âne, regroupement nocturne en enclos, clôtures...)?
Shalom1 Nos brebis sont dans des prés clôturés (ursus), mais sur les lisières stratégiques, nous ajoutons des clôtures électriques. Cela n'arrête pas les sangliers donc on peut douter que cela arrêterait les loups ou les ours... Cela arrête bien les renards et les renards « à deux pattes » (traduisez les voleurs d'agneaux).

Quelle était la proportion de temps où le troupeau était seul avec le chien?
Avec un seul chien nous ne pouvions protéger qu'un seul lot de brebis à la fois, mais alors le chien restait à 100% avec elles. Les autres brebis étant dans d'autres parcs. Nympho acceptait de changer de lot et de rester dans celui qu'on lui confiait !

Quels conseils pouvez-vous donner à ceux qui envisagent d'acquérir un chien de protection?
Prendre le chiot à 5 semaines maximum et accepter de faire son éducation à fond donc en prenant beaucoup de temps au départ ainsi que toutes les dispositions nécessaires :

  • agneaux du bon âge pour l'imprégnation,
  • limites faciles à expliquer au chien (on ne peut lui interdire un jour de passer quelque part et y passer ensuite avec lui, il ne peut gérer ça !)
  • interdiction absolue de caresser le chien au moins un an ou jusqu'à ce qu'il soit parfaitement attaché au troupeau.
  • Surveillance de tous les instants pour éviter à tout prix qu'il ne se mette à chasser ou à jouer avec les moutons ou à quitter ses lots de moutons.

Quelle est l'importance du troupeau?
Nous avons 470 brebis de race Ile de France plus les béliers et les agneaux.

Pratiquez-vous la transhumance?
Non. L'élevage dans notre région se fait sur des exploitations, et nous avons la chance d'avoir des terres bien regroupées autour de la bergerie.

Avez-vous d'autres chiens ? De protection, de troupeau ?
Nous avons aussi des chiens de troupeau : une Beauceronne de 3 ans et demi (Shalom) et une Border Collie de 2 ans et demi (T'chiche). Nous les utilisons pour déplacer les lots et les changer de parcs, ramener les lots à la bergerie, stabiliser le troupeau pour donner à manger sans se faire bousculer ou regarder de près un animal qui semble avoir un problème.
Et bien sûr, nous avons toujours notre chère Bambou.

Claire de Dreuille

Rédigé par Romuald le 13 janvier 2005 à 11:49 dans Chiens, Pastoralisme | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack

10 janvier 2005

(Ha) Laine de chien

Kommondor, le retour !

Pandourgp_1 Non, ce n’est pas une descente de lit sur un séchoir. Ni un pull. Mais c’est un chien de caractère. Des magyars nomades l’auraient introduit il y a mille ans. Quand ils traversaient les steppes.

Le Komondor est un étonnant chien de berger. Hardi, il ne craint pas d’attaquer les loups.

Il pourrait même envisager une carrière diplomatique, en évitant une bataille dans le sud-est de la France. Un chien hongrois au secours de la paix. L'Europe en marche, à quatre pattes !

Mais quand les esprits des bipèdes s'échauffent ... D’un côté ceux qui souhaitent que les terres libres existent autrement que sous le nom de réserves. De l’autre les adeptes du réglementons-réglementons encore un peu. Méfions-nous du vivant, surtout s’il a fière allure. Deux ou trois loups inquiètent le pays tout entier. Des bergers se tourmentent. Des chasseurs sans courage nettoient leurs armes. ce chien lui n’en manque pas, il sait chasser sans fusil, et seul.

Plus gracieux qu’un arrêté préfectoral? Plus turbulent peut être. Plus léger qu’un chasseur? Oui: 60 kg. Et si l’on songe aux brebis et à leurs bergers, plus présent, le jour et la nuit, de par les plaines et les montagnes.

A l’écosystème français : loup + brebis + berger + chasseur + arrêté n°.., je propose de substituer celui-ci: loup + brebis + berger + komondor.

Il n’est pas rare que des promeneurs laissent ouvertes les barrières quand ils traversent un pâturage (où sont les chasseurs?). Un aboiement à l’accent inconnu aurait un double effet, dépaysant et salutaire. Economie sur la signalétique pastorale, encouragement à une meilleure hygiène de vie (contourner les obstacles). Repos mérité de Messieurs les Préfets, tenaillés entre écologistes , chasseurs, Ministère et espace européen, j’en frémis. Repos du berger. Comment peut-on hésiter ?

Merci à Elisabeth de Budapest...

Rédigé par Romuald le 10 janvier 2005 à 21:29 dans Chiens | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack

07 janvier 2005

Komondor, le chien de protection rasta

Komondor_profil Le Komondor est une très ancienne race de chiens de berger hongrois d’origine asiatique.

Très probablement, ses ancêtres primitifs ont accompagné les anciens Magyars, un peuple nomade qui vivait de l’élevage du bétail, dans la plaine circonscrite par les Carpates.

Le Komondor est grand et fortement charpenté. Son aspect externe attrayant et son attitude noble suscitent le respect du public, voir de la peur. De nature, il n’est pas cajoleur. Son corps robuste est recouvert d’un poil feutré, floconneux, partout serré et long. Vu de profil, le corps a la forme d’un rectangle couché très proche du carré. La tête bien fournie de poil dépasse le corps. La queue est portée pendante avec l’extrémité relevée presque à l’horizontale. La robe est de couleur ivoire.

La longueur du corps dépasse de peu la hauteur au garrot. La hauteur de la poitrine correspond environ à la moitié de la hauteur au garrot. La longueur du museau est un peu inférieure à la moitié de la longueur totale de la tête.

Dent_komondor_1Pour la garde et la protection du troupeau confié à sa surveillance et pour la défense de la propriété et la maison de son maître, il fait preuve d’un courage inébranlable. Il attaque silencieusement et avec hardiesse. Il considère le secteur confié à sa garde comme sa propriété et n’y tolère la présence d’aucun étranger. Il est méfiant de nature. Pendant la journée, il se couche volontiers de manière à garder une vue d’ensemble sur son territoire. Pendant la nuit il va et vient sans cesse.

Taille_komondorTout le corps est couvert d’un poil long. La toison est formée d’un poil de couverture plus rude et d’un sous-poil plus fin. La qualité de la robe est déterminée par le rapport entre le poil de couverture et le sous-poil. La présence de poil floconneux et feutré est d’une importance fondamentale. Il existe cependant aussi un poil tout aussi dense, ondulé et cordé. Les touffes de poil plus petites sont peu ou pas feutrées.

Le poil est le plus long sur la croupe, dans la région lombaire et à la face postérieure des cuisses (au moins 20-27 cm) et de longueur moyenne sur le dos, les faces latérales de la cage thoracique et dans la région des omoplates (au moins 15 à 22 cm); il est plus court sur les joues, les arcades sourcilières, le sommet de la tête, les oreilles, au cou et sur les membres (10 à 18 cm); le poil est le plus court sur les lèvres et sur les parties inférieures des membres (9 à 11 cm). Ni le poil peigné ni le poil totalement négligé ne sont recherchés.

Le Komondor est un chien de grande race encore trop rare en France. De la famille des bergers, c'est un protecteur de troupeau au même titre que le Montagne des Pyrénées ou Patou. Le rôle du Komondor au sein du troupeau n'est pas de diriger les bêtes (brebis), mais de monter la garde et de les défendre contre loups, chiens errants et intrus.

Avec l’aimable autorisation de Francis Vandersteen pour une partie du texte. © Crédit photo et texte: Sébastien Schmitt de komondor.fr

Rédigé par Romuald le 07 janvier 2005 à 20:18 dans Chiens | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack

22 décembre 2004

L'élevage des chiens de protection

La présence de chiens de protection est un des moyens préconisés pour protéger le troupeau des attaques de chiens errants ou des grands prédateurs, loup et ours. Un suivi des chiens de protection chez des éleveurs ovins permet aujourd'hui d'établir des recommandations pour un bon élevage des chiots et leur dressage au sein du troupeau.

Comment élever les chiens de protection ?
L'attaque d'un troupeau ovin par un ou plusieurs prédateurs de type chiens errants ou faune sauvage peut avoir des répercussions importantes, allant bien au-delà des pertes recensables au travers des animaux morts ou gravement blessés. En effet, le stress subi par les brebis "rescapées" peut provoquer des baisses de fertilité dues à des avortements ainsi que des troubles du comportement qui peuvent amener l'animal (brebis ou agneau) à ne plus s'alimenter.
Difficilement recensables, ces attaques, pour la plupart causées par des chiens errants, toucheraient  mortellement environ 100 000 brebis par an, ce phénomène n'allant pas en s'atténuant.

Patou_protection Sollicité dès 1985 pour apporter une réponse à ce fléau, l'ITOVIC, puis à partir de 1991 l'Institut de l'Elevage, a misé sur une méthode ancestrale de protection des troupeaux ovins : l'utilisation  de chiens molossoides de race ''Montagne des Pyrénées".
Au démarrage de l'action, la quasi-absence de références concernant cette technique nous a conduit à bien connaître ses conditions de mise en place pour assurer son efficacité. Ces conditions ont pu être précisées grâce aux travaux menés de 1992 à 1996 conjointement par l'Institut de l'Elevage et l'Association pour la Promotion des Animaux de Protection (APAP).
Les résultats de ces  travaux ont été confirmés ou complétés par un suivi des chiots placés par l'APAP ainsi que par les témoignages des éleveurs utilisateurs de chiens de protection adhérents à cette association.

Ces données conduisent à des recommandations concernant l'introduction dans un troupeau et l'utilisation d'un chien de protection.

Les aptitudes du chien de protection
Un chien de protection se doit, pour être efficace, de répondre à trois exigences.

  • Il doit être attaché et attentif au troupeau, en maintenant un contact permanent avec celui-ci. Plonger le chiot dès sa naissance dans le troupeau et limiter volontairement les relations avec les hommes fait qu'il reporte toute son affection et son attention sur les brebis.
  • Il doit être loyal envers le troupeau : il ne doit alors causer aucune blessure aux brebis ou aux agneaux et ne doit pas interrompre ou gêner l'activité des animaux. 
  • Enfin, le chien doit être attentif aux mouvements du troupeau et à la présence d'éléments perturbant sa sérénité (prédateurs, présence humaine…).

Cette aptitude du chien à la protection s'apprécie par des aboiements puissants et  par un déplacement rapide vers l'intrus.

L'expression de ces trois comportements attendus se fera d'autant plus efficacement que le chiot sera, au sein de sa race, issu d'une lignée pastorale. Il s'agira alors de vérifier si ses deux parents sont efficaces au troupeau. Pour la race "Montagne des Pyrénées", ces chiens de la lignée "travail" sont appelés "Patous".

La valeur génétique du chien ne suffit pas (même si elle est un élément  déterminant et majeur) pour assurer l'efficacité future du petit chiot "Patou". Les trois comportements de base du chien de protection décrits précédemment vont progressivement se mettre en place au cours des douze premiers mois de sa vie, et ce d'autant plus efficacement qu'un certain nombre de conditions seront remplies. Ces conditions concernent la phase d'intro¬duction du chiot dans le troupeau et l'éducation à apporter au chien ainsi que la structure de l'exploitation et la conduite d'élevage.

Réussir l’introduction du chien dans le troupeau
Tout jeune, le chiot est introduit en bergerie pour établir une relation avec les brebis et recevoir une éducation par le berger. La présence d'un premier chien de protection est positive pour l'éducation du plus jeune.

Patou_bergerie_1Pour garantir la réussite de la phase-clé qu'est l'introduction du chien dans le troupeau, celle-ci doit impérativement avoir lieu lorsque le chiot a entre 2 et 4 mois. En effet, c'est à cet âge que le chiot va être le plus en mesure d'établir une relation et un attachement sociaux rapides et privilégiés avec les animaux qu'il aura par la suite à protéger. Il va alors reporter toute son attention et toute son affection sur les brebis comme il l'aurait fait avec ses parents ou avec les autres chiots de la portée. Si le chiot choisi est issu d'une portée qui est née et a été élevée en bergerie, cette opération n'en sera que plus simplifiée.
Pour que l'attachement au troupeau se réalise rapidement et facilement, il est recommandé d'introduire le chiot lorsque le troupeau est en bergerie. Cette situation a un double avantage :

  • la surveillance du chiot par l'éleveur est facilitée et quasi-permanente. Les fautes commises par le chiot, comme par exemple serrer les brebis dans le fond de la bergerie, mordiller les oreilles ou la queue des animaux ou tirer la laine, doivent être corrigées au moment même où elles sont commises ;
  • cet environnement "confiné" oblige ou accélère le contact entre les deux espèces ovine et canine. L'aménagement d'un recoin au fond de la bergerie procure au chiot un refuge (où il trouvera aussi couche et nourriture) parfois utile durant les premiers jours suivant l'introduction dans le troupeau, les brebis cherchant à repousser l'intrus. De plus, le chiot peut faire la connaissance de l'ensemble du troupeau et non pas d'un seul lot comme cela pourrait être le cas au pâturage.

Phase d’éducation : Des liens chien-troupeau
Tous devront se familiariser avec le chien

Patou_agneau_1La période de bergerie doit être la plus longue possible pour deux raisons essentielles :

  • pour que les liens établis avec le troupeau soient solides. C'est à condition que les relations chien/brebis soient établies (c'est-à-dire contacts amicaux, léchages, chien "noyé" dans le troupeau queue et oreilles basses ... ) que le comportement de protection du chien pourra se mettre en place et s'exercer ;
  • pour que la phase d'éducation de base puisse avoir lieu. Même si les chiens de protection sont souvent récalcitrants aux ordres et à la hiérarchie, il est tout de même indispensable que le chien acquiert quelques notions d'éducation. Il faudra, dès son arrivée sur l'exploitation, lui donner un nom auquel il devra répondre. L'apprentissage du nom servira également à apprendre le rappel, le chien devant revenir aux pieds du maître lorsque ce dernier le lui demande.
    Le chiot, muni dès son arrivée sur l'exploitation d'un collier portant les coordonnées du maître, doit également être conditionné à suporter l'attache et à marcher (en laisse) aux pieds de son maître. Il doit aussi accepter de monter en voiture. Cette éducation minimale sera d'une aide précieuse lorsque l'éleveur souhaitera retirer le chien du troupeau ou lorsqu'il aura besoin de "maîtriser" son chien.

Mise au pâturage : La période test
Durant cette période test, l'éleveur doit fréquemment visiter le troupeau et guider le chien dans son comportement

Patou3Au moment de la sortie du troupeau au pâturage, le chien doit accompagner le troupeau. Il est souhaitable de conduire les brebis assez loin de la bergerie les premiers jours pour éviter que le chien ait la tentation de revenir sur l'exploitation.
En cas de retour, il est impératif de reconduire immédiatement le chien au troupeau. Toute démission de l'éleveur à ce moment précis hypothèque gravement les chances de réussite.

Dans les premiers temps, l'éleveur doit rendre souvent visite au troupeau au pâturage, de manière à étudier le comportement du chien et à vérifier qu'il n'outrepasse pas les interdits décidés par l'éleveur. Lors de ces visites, l'éleveur, dans la phase d'approche du troupeau, doit rappeler son chien, le caresser et le flatter. Après quelques minutes, un chien dont l'attachement au troupeau est fortement établi, retournera de lui-même au milieu des brebis. L'éleveur doit profiter de ce mouvement de retour vers le troupeau déclenché par l'instinct pour apprendre au chien l'ordre de retourner vers les brebis.

L’environnement de travail du chien
L'efficacité du chien dans sa mission de protection du troupeau va être largement conditionnée par trois éléments extérieurs que sont :

  • la structure de l'exploitation;
  • la conduite d'élevage,
  • la pression de prédation.

Des conditions de structure de l'exploitation peuvent faciliter ou pénaliser le travail du chien. On peut citer :

  • la présence de clôtures ou de grillages électriques autour des parcelles (+) ; le chien devra cependant se familiariser avec ces équipements ;
  • le morcellement très dispersé du parcellaire (-) ;
  • la présence d'une route à grande circulation ou d'une voie ferrée proche ou cou¬pant l'exploitation (-) ;
  • la présence d'autres personnes sur l'exploitation dont des enfants (-) ;
  • la présence d'un autre chien de protection travaillant déjà dans le troupeau (+) ;
  • une partie du parcellaire accidentée ou boisée (-) ;
  • un chemin de randonnée longeant les parcelles (-).

Concernant la conduite d'élevage et la conduite pastorale, les points suivants sont à prendre en considération :

  • la race des brebis que l'on préférera de type grégaire ;
  • la taille du troupeau ou du lot à surveiller ;
  • la pratique ou non de l'estive avec présence ou absence du berger ;
  • le rassemblement de plusieurs troupeaux dont certains ne sont pas familiarisés avec le chien ;
  • le rythme de changement de pâturage ;
  • le regroupement des brebis dans un enclos le soir ou les jours de brouillard ou de mauvais temps.

Pour prendre en compte l'ensemble de ces éléments et préjuger de l'efficacité future du chien de protection, il est souhaitable qu'un audit de l'exploitation soit réalisé avant l'arrivée du chiot.

Un Guide pratique d’utilisation du chien
L'ensemble des résultats des essais et suivis d'élevages menés conjointement par l'Institut de l'Elevage et l'APAP va être regroupé dans un guide pratique à l'utilisation du chien de protection, dont la parution est proche. Associés à part entière au processus de réhabilitation du chien de protection, les éleveurs Patou_estiveutilisateurs de "Patous" et membres de l'APAP ont enrichi ce guide de leurs expériences.

Destiné aux éleveurs souhaitant acquérir un chien de protection, ce document pratique, "mode d'emploi" du chien de protection, contiendra des recommandations sur le choix du chiot, les précautions à prendre lors de l'introduction du chiot dans le troupeau, l'éducation de base à lui inculquer, le(s) comportement(s) attendues) du chien lors de la première sortie du troupeau et l'attitude que l'éleveur doit adopter en conséquence, des conseils d'ordre alimentaire et sanitaire ...

Etudes en cours : Un recensement, une enquête Anes
L'Institut de l'Elevage, conscient qu'un besoin de références se fait sentir sur le terrain, a relancé de nouvelles études "Protection des troupeaux", depuis fin 1997. Le premier travail entrepris consiste à mettre à jour un fichier informatique national géré par l'APAP depuis 1992. Recensant la plupart des exploitations ovines utilisatrices de chien(s) de protection en France, ce fichier, alimenté par des données collectées directement auprès des éleveurs utilisateurs permet de :

  • connaître l'évolution de l'utilisation de cette technique : races et nombre de chiens au travail, types d'exploitations utilisatrices, types de troupeaux protégés ;
  • caractériser le comportement du chien et évaluer ses aptitudes à protéger le troupeau, en tenant compte à la fois de la structure de l'exploitation et des pratiques d'élevage qui lui sont rattachées, et du risque plus ou moins important de prédation pesant sur le troupeau ;
  • disposer d'informations fiables sur le capital génétique disponible (grâce à un suivi des accouplements et des naissances).

L’âne comme animal de protection
Sous certaines conditions, l'utilisation du chien pour protéger les troupeaux ovins trouve parfois ses limites. Des réponses doivent cependant être proposées aux éleveurs chez qui le chien ne peut avoir une efficacité optimale.

Une piste nouvelle pourrait être l'âne, connu envers son inimitié pour les chiens. Déjà utilisé dans de nombreux pays européens, il prévient d'événements inhabituels ou de visites inopinées de chiens ou autres intrus par de longs et puissants braiments. Il n'hésite pas à mordre, chasser ou donner des ruades pour dissuader les prédateurs. De nombreux points restent cependant à éclaircir : le choix de la race, la phase d'introduction dans le troupeau, le comportement de l'âne face aux prédateurs…

Efficacité de l'âne
Les études et suivis d'élevages menés par l'Institut de l'Elevage et l'A.AP ont permis de redécouvrir les savoir faire liés à la technique pastorale ancestrale de protection des troupeaux ovins par des chiens. Cette technique semble avoir fait les preuves de son efficacité contre les attaques de chiens errants ou de renards dans la mesure où des précautions sont prises à trois niveaux : lors du choix du chiot ; dans le choix de l'exploitation d'accueil; au cours de l'éducation du chiot et du dressage du jeune chien.
Il ne faut cependant pas penser que le chien de protection est une solution infaillible. Tout reste à prouver face à des prédateurs tels que le loup ou l'ours.
De nombreuses questions restent posées concernant cette technique, questions auxquelles l'Institut de l'Elevage souhaite répondre en relançant un programme de recherche appliquée de manière à pouvoir proposer aux éleveurs des réponses à leurs problèmes de prédation. (Je reviendrai sur la l'âne comme moyen de protection)

Marie-Catherine Rousselot travaille à l'Institut de l’Elevage.
Joël Pitt
est secrétaire de l’APAP: Association pour la promotion des Animaux de protection

Association pour la Promotion des Animaux de Protection (A.P.A.P.)
L.E.G.T.A. de la Lozère, Civergols, 48200 SAINT GHELY D'APGHER,
tél. 04 66 42 61 50 - fax 04 66 31 26 43.

INSTITUT DE L'ELEVAGE,
Service bâtiments, fourrage, environnement Marie Rousselot,
149, rue de Bercy - 75595 PARIS CEDEX 12
tél. 01 40 04 49 81 - fax 01 40 04 49 60.

Rédigé par Romuald le 22 décembre 2004 à 08:24 dans Chiens, Pastoralisme | Lien permanent | Commentaires (1) | TrackBack

12 décembre 2004

Le Border Collie, le chien qui hypnotise le bétail

Border_collie_berger Introduit en France à la fin des années soixante, le Border Collie y est devenu, comme partout dans le monde, le chien de troupeau le plus utilisé par les professionnels. Originaire de Grande-Bretagne, le Border Collie doit ses qualités naturelles à une sélection continue sur ses aptitudes au travail sur troupeau.

Le Border Collie est un chien vigoureux, ardent, tenace, travailleur et docile. Très dévoué à son maître, réceptif à l'éducation car attentif et intelligent, il est réservé envers les étrangers mais ni craintif ni agressif. Doté d'un odorat puissant, le Border Collie possède surtout un regard au pouvoir extraordinaire dont il se sert pour travailler avec son maître. Il travaille à distance en fixant intensément, semblant ''hypnotiser'' le bétail.

Le Border Collie est la race la mieux représentée dans les concours sur troupeaux et il doit rester un chien de berger. Son éducation débute vers 6 mois et peut s'étendre sur un ou deux ans. Il n'est pas adapté à la vie en ville. Infatigable, l'exercice quotidien lui est absolument nécessaire. Le Border Collie s'adapte assez facilement à un rôle de chien de compagnie. Il n'a pas besoin d'entretien particulier.

Border_collie Pendant des siècles, les bergers éleveurs français ont mené leurs troupeaux en pâtures et « fabriqués » des chiens tout à fait aptes à ce travail de gardiennage. Qu’il s’agisse de pâturage « au carré » en Beauce (Bas rouge ou Beauceron) ou en Picardie,(Briard, Picard), d’estives dans les alpes ou dans les Pyrénées (Petit berger des Pyrénées), de bergers itinérants en Alsace, ou encore d’exploitation des parcours en Provence, chaque région est en mesure de présenter un chien de travail très qualifié et parfaitement adapté aux besoins locaux.

Contrairement à certaines idées reçues, les chiens de bergers français, de part le travail qui leur est demandé, ont une polyvalence peu commune : rechercher, ramener, trier, parer les cultures, contenir, repousser, guider... fait partie de leur quotidien. Les concours inter races de chiens de troupeau, en exigeant du chien un travail précis et varié en sont l’exemple le plus marquant.

Border_collie_2 Dans les pays Anglo-saxons, et notamment en Ecosse, en Australie, en Nouvelle Zélande ou encore dans le Connemara en Irlande, les éleveurs disposent de vastes zones uniquement consacrées à l’élevage. Le plus souvent, il s’agit de régions dépourvues de cultures, toutes acquises à la cause du mouton.

Ces éleveurs ont très vite compris combien il était essentiel de posséder des chiens capables de travailler à des distances que leurs homologues français ne pouvaient pas encore imaginer. Par ailleurs, les éleveurs Anglais et ceux du sud de l’ Irlande profitaient de ces zones enherbées pour y poser des clôtures. Il devenait alors évident que le mode de travail extensif influerait directement sur le caractère du Border Collie, il serait par son comportement incontestablement différent des autres.

Lorsque dans les années 70, les premiers Border Collie apparurent en France, la première erreur fut de les comparer à nos chiens de bergers afin d’en chercher les différences et en particulier les avantages. Fondamentalement, il n’existe pas de différence, (tous les chiens sont des chasseurs), mais plutôt une nuance, qui ne vient pas de l’individu lui même, mais du travail de sélection dont il est le produit. Cela se confirme par le fait que jamais les anglo-saxons n’ont importé de chiens de bergers français. Ces derniers, malgré leur polyvalence, demeurent inadaptés au système d’exploitation anglais. Pourquoi ? Simplement parce que les chiens évoluant en Grande Bretagne, ont un mode de travail unique, tous les Border Collie Anglo-saxons travaillent de façon identique (rechercher, regrouper, ramener).

Les critères de sélection reposent sur ces trois paramètres qui font exclusivement appel à l’instinct ancestral le plus apte à être exploité, celui de la chasse. Nous rejoignons là cette notion de nuance subtile qui fait que le Border Collie excelle dans « la recherche » qui est un acte instinctif, alors que la « rive » du Beauceron est le résultat d’une sélection au travail effectuée par l’homme sur le chien.

Border_collie_couche Les éleveurs d’outre-manche ont façonné un chien redoutable d’efficacité, doté de qualités remarquables, mais pas toujours adapté à nos besoins et à nos structures. Le Border Collie n’est pas un chien d’exception, il est le résultat d’une sélection rigoureuse, effectuée au sein d’un environnement exceptionnel par des conducteurs de chiens hautement qualifiés. Le travail de recherche (dépassant parfois les 1000 mètres) lui a permis de conserver, voire de développer cet indispensable instinct de prédateur qui est à mon avis l’atout majeur du Border Collie.

Beaucoup plus précoce que nos chiens français, il n’est pas rare d’observer un chiot Border Collie de 4 mois tourner autour de moutons ou de regrouper des volailles

Un lien sympa : La passion du chien de berger

Rédigé par Romuald le 12 décembre 2004 à 19:51 dans Chiens | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack

11 décembre 2004

Le Patou, chien de protection

C'est un gros chien blanc d'origine Pyrénéenne. Le Patou ou "Pastou" (de "pastre", berger) veille sur les troupeaux de moutons, et a pendant longtemps été le compagnon du berger, l'aidant à protéger son troupeau. Avec la raréfaction des prédateurs au début du siècle, l'utilisation du chien Patou avait quasiment disparu. Depuis la réintroduction récente de l'ours dans les Pyrénées, et la présence du loup dans les alpes, ce chien représente de nouveau une aide précieuse pour les bergers.

Patou_agneau Le Patou et les moutons
Dès sa naissance, le Patou vit avec les moutons dans la bergerie. Cela permet au chien Patou de tisser des liens très forts avec les moutons, pour aboutir à une acceptation totale et réciproque. Le Patou vit toute l'année avec eux : l'été en montagne, et l'hiver dans la bergerie. Ce conditionnement intensif lui permet de réagir instinctivement à toute agression contre le troupeau.

Le travail du Patou
Contrairement au chien de conduite, Border Collie ou Labrit (dont le travail consiste à diriger et rassembler le troupeau) qui reste auprès du berger, le Patou est autonome; il accompagne et veille sur le troupeau jour et nuit. Il crée une zone de protection pour exercer sa vigilance, se tenant prêt à éloigner tout intrus : animal sauvage, chiens non tenus en laisse, ...

Patou_pastouLe Patou, un animal de dissuasion
Le Patou n'est pas dressé pour l'attaque, mais pour la dissuasion. Dès qu'un intrus s'approche du troupeau, le Patoul aboie et s'interpose entre l'intrus et le troupeau. Sa corpulence et ses aboiements suffisent bien souvent à éloigner le prédateur, et permettent également d'alerter le berger. Si l'intrus ne tient pas compte de sa présence, le Patou peut toutefois s'affronter avec lui...

Le Patou et les randonneurs, >
Surveillez votre comportement !

L'irruption de tout élément étranger au troupeau (animal sauvage, chien non tenu en laisse, promeneur, VTT, ...) peut troubler la quiétude du troupeau, perturber sa bonne marche et le travail du berger : elle met donc le Patou, chien de protection en alerte. A votre approche, le Patou vient alors vous flairer pour vous identifier. Après quoi il regagne son troupeau. Parfois, il peut aussi tenter de vous intimider.

Pour les éviter, à l'approche d'un troupeau de mouton, gardez vos distances. Si vous croisez un troupeau, contournez largement l'aire de pâturage ou de repos des brebis : vous respectez ainsi le travail des bergers sans perturber les animaux. Attention aux comportements qui vous semblent anodins (tenter de nourrir, caresser, prendre en photo un Patou, un mouton, un agneau…) les chiens de protection peuvent les interpréter comme une agression !

Face à un chien de protection, adoptez un comportement calme et passif pour le rassurer. Si vous êtes impressionné, faites lentement demi-tour. Si la présence de votre chien de compagnie est autorisé sur l’espace que vous fréquentez, tenez le en laisse : vous éviterez qu’il ne déclenche, à l’approche d’un troupeau une intervention dissuasive des Patous.

Si vous êtes en VTT, il est préférable d’en descendre avant d’être à proximité d’un troupeau. De grands panneaux vous informent de la présence de ces chiens, pensez à les repérer.

Tiré du document réalisé en mai 2002 dans le cadre du programme Life avec la participation du Parc Naturel Régional du Queyras

Rédigé par Romuald le 11 décembre 2004 à 15:55 dans Chiens, Pastoralisme | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack

Le Labrit ou Berger des Pyrénées

Labrit_chien On confond souvent le Labrit avec le Berger des Pyrénées. On ne sait pas au juste d'où vient cette confusion. Par contre ce que l'on sait c'est que beaucoup de gens utilisent le mot " Labrit" pour faire distinguer le Berger des Pyrénées (chien de troupeau) du Montagne des Pyrénnées (chien de garde ou de protection).

Berger_labrit Le Labrit est une race de chien qui n'est pas reconnue, ni par la SCC ni par la FCI. Son nom vient de la commune de Labrit, dans les Landes (40). Son aspect ressemblerait à un berger des Pyrénées en plus haut et long. Le Labrit est un chien de couleur blanc, beige ou marron clair avec des poils soit longs, demi-longs ou courts qui sont legèrement ondulés avec un aspect mal peignés et hirsute , genre poils de chèvre.

Il est utilisé par les bergers et les paysans comme chien de troupeau, pour guider les moutons pendant les périodes de transhumances. Il est un peu plus grand que le berger des Pyrénées, sa construction est plus carrée, son frein plus allongé et son poil un peu plus court. 

L'iconographie du berger des Pyrénées est pauvre car son long passé de chien de troupeaux mal entretenu et isolé en montagne n'a pas éveillé la curiosité. Le berger des Pyrénées dit à face rase possède ses propres caractéristiques, différentes de celles du Labrit.

Le labrit est le chien d'un seul maître et le gardien de ses biens. Il est donc très méfiant, il ne se laisse pas caresser et approcher si facilement. Dans la montagne, le Labrit est seul avec son maître d'où son caractère méfiant.

C'est un chien très robuste et courageux qui peut maîtriser seul un troupeau de huit cent moutons, grâce à son intelligence. Mais au contraire du Border Collie, il aboie beaucoup et il est très nerveux avec une énergie abondante -ceci est jugé comme un défaut par un grand nombre de bergers car il est difficile à dresser.

Rédigé par Romuald le 11 décembre 2004 à 15:09 dans Chiens | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack

10 décembre 2004

Les chiens de bergers dans les Pyrénées

Patou_alpage_2 Conduire et garder un troupeau de brebis dans la montagne est chose impossible sans un chien. Surveillant sans relâche son troupeau le berger est assisté en permanence de ses chiens. Dans les Pyrénées les bergers sont assistés de deux types de chiens.

Le Labrit ou le berger des Pyrénées, chien pétillant, intelligent et vif a la charge de rassembler rapidement le troupeau, et de le conduire dans ces déplacements et durant les périodes de transhumance.

Le Patou est un imposant chien de protection et de garde. Le Patou grandit avec les agneaux. Il fait du troupeau son territoire et des brebis ses amies, qu 'il protège contre toute intrusion extérieure.

Ses yeux tristes donnent à son regard de la tendresse, son allure tranquille et douce lui donne une apparence inoffensive. Il ne faut pas si fier, c' est un animal redoutable capable de dissuader les gros prédateurs que sont les ours et les loups. Quand il est au milieu du troupeau mieux vaut faire un détour car il tolère très mal la présence d' inconnus.

Rédigé par Romuald le 10 décembre 2004 à 15:35 dans Chiens, Pastoralisme | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack