50 brebis égorgées à Aureilhan
Une meute de chiens errants attaque et tue. Plusieurs plaintes sont déposées et la mairie a pris un arrêté contre ces prédateurs.
50 brebis tuées. Dominique Carimati et les autres éleveurs aureilhanais veulent que le carnage s'arrête. Le bilan est lourd à Aureilhan : deux collégiens agressés, une cinquantaine de moutons tués et autant de bêtes blessées. En cause : des chiens errants, qui commencent à semer la panique.
Tout a débuté la semaine dernière : «Dans la nuit du dimanche 20, nous avons entendu un chien qui aboyait sans arrêt, de façon très répétitive, juste à côté de chez nous, à 2 heures, 3 heures, 4 heures… », raconte Pierre Faure, adjoint au maire d'Aureilhan, qui habite le secteur de la rue du Bois. «Finalement, nous nous sommes levés et nous avons vu tous les moutons de Dominique regroupés contre notre clôture. À part ce chiot qui aboyait sans savoir pourquoi, de façon mécanique, il n'y avait pas un bruit, rien. Les brebis se taisaient, les chiens aussi. C'était assez effrayant. Et puis ensuite, on a vu les dégâts avec Dominique. Ce n'était pas beau à voir.»
On ne sait pas comment les chiens sont entrés, mais ils ont fait un vrai carnage : il faudra abattre 6 brebis et en recoudre 14.
Dominique Carimati et Pierre Faure vont décrire la meute : «Une chienne de type danois, accompagnée de 2 chiots croisés malinois, un setter et deux labradors». Triste week-end pour les bergers aureilhanais.
Collégiens agressés
Plus inquiétant : en début de semaine, la principale du collège Paul-Valéry emmène les élèves au bois d'Aureilhan, pour une séance d'entraînement en vue de la course des collèges : deux collégiens sont coursés par des chiens. Leur description est identique à celles faites par le berger et l'adjoint. Les enfants ne sont pas grièvement blessés, mais ils sont choqués.
Le week-end dernier, toujours de nuit, c'est un autre propriétaire de moutons qui va faire les frais de la fureur canine : Victor Tourné-Péteilh va perdre 18 bêtes et 6 autres seront terriblement blessées, par les chiens divagants, galvanisés par l'effet de meute, l'instinct sauvage prenant le dessus. Quant à MM. Boyrie et Carnéjac, toujours à Aureilhan, ils auront respectivement 20 et 3 brebis tuées. Soit au total, 49 moutons égorgés, dont plusieurs petits agneaux.
Enquête en cours
En une semaine et demie, les attaques se sont multipliées et la mairie a réagi : «Nous avons demandé au policier municipal de faire des rondes. ça n'a rien donné. Nous avons porté plainte et demandé à la police de venir surveiller, ça n'a rien donné non plus». Mais dans la nuit de lundi, Dominique Carimati a fini par repérer les chiens. Toujours les mêmes. Avec l'aide d'un ami berger, il a réussi à capturer l'un des chiots, qui a été conduit à la SPA. Il n'avait ni puce, ni tatouage, ni collier. Rien qui permette de l'identifier. En posant des questions aux voisins, le berger a fini par obtenir une réponse : la grande chienne aurait été identifiée comme appartenant à quelqu'un de la commune. Les bergers ont porté plainte au commissariat, ainsi que la principale du collège Paul-Valéry et la mairie. Une enquête est désormais en cours.
«Danger grave et immédiat»
La mairie d'Aureilhan a réagi face à ces attaques de chiens. En portant plainte, mais aussi en prenant un arrêté : «Suite aux plaintes émanant des éleveurs d'Aureilhan faisant état d'attaques répétées commises par des chiens errants, mais aussi de plaintes de personnes agressées sur la commune, un arrêté municipal a été pris le 27 octobre 2008, interdisant la divagation de chiens sur la commune. Ceci dans un but de sécurité, considérant que ces animaux en divagation constituent un danger grave et immédiat pour la sécurité des personnes et des animaux. Tout chien errant, trouvé sur la voie publique, pourra être conduit, sans délai, à la fourrière.»
«On vit avec la peur»
Dominique Carimati a le sourire un peu forcé quand il arrive auprès de ses bêtes. Du moins ce qu'il en reste. Plusieurs brebis boitent bas, d'autres arborent des fils de suture, des pis lacérés, des ventres piqués. Toutes sont «sur l'œil», méfiantes, stressées au dernier degré : «D'habitude, je les ai toutes autour de moi dès que j'arrive. Elles sont très familières. Là, je ne viens même plus avec mon chien, tellement elles ont peur. Certaines sont mortes le lendemain, elles n'ont pas survécu au stress. Pareil pour les agneaux, j'en ai eu plusieurs de tués. Et les avortements ont commencé, à cause du stress.» L'un des agneaux a le nez déchiré, un autre la queue coupée en deux, le flanc suturé.
Un spectacle désolant. «Je les avais redescendues de la montagne la veille. Elles sont en estive à Ardengost. Pas un dégât de l'été, et venir se les faire bouffer ici ! Quand on arrive et qu'on voit ça… ça fait mal, je peux vous le dire. Pour les bêtes, et pour des années de travail foutu en l'air. »
Dominique promène un regard désolé sur ses bêtes : «Maintenant que les chiens ont commencé, ils ne vont pas s'arrêter. Et justement, on veut que ça s'arrête. On vit avec la peur. On a fait des rondes, et rien. On ne sait pas par où ils sont passés. Il faut qu'il y ait des patrouilles, il faut qu'on les retrouve. On a maintenant plus de dégâts à Aureilhan avec les chiens, qu'avec l'ours dans tout le massif pyrénéen.
C'est déjà grave pour nous, mais ça aurait pu être encore pire avec les gosses : on les a entendus au bois et on a entendu un bruit de chiens aussi. On est allé voir tout de suite, sans succès. Il faut les coincer, ça ne peut pas durer.
C'est toujours le week-end que ça se passe : ça veut dire qu'au moins un des chiens est laissé en liberté.» À ce sujet, le berger a son idée, la mairie aussi, mais pas de preuve formelle.
«Quand on les a repérés, on les a suivis, ces chiens : la chienne est toujours repartie vers l'Adour, vers le secteur de l'Industrie, et le chien de chasse toujours au même endroit. Si on ne nous aide pas, ils reviendront, c'est sûr. Et qui sait, ils peuvent faire des dégâts encore plus graves, comme avec les collégiens.»
Source : La Dépêche
Commentaire de la Buvette
Si même les éleveurs reconnaissent qu'ils ont maintenant "plus de dégâts avec les chiens, qu'avec l'ours dans tout le massif pyrénéen", je peux fermer boutique. C'est pas des trucs à dire à la presse, Monsieur Carimati, vous allez avoir à faire avec les commissaires politiques de l'ASPAP. Un camp de redressement en Ariège ! Autocritique et tout le bazar.
Depuis l'étude de Laurent Garde du CERPAM, officiellement les dégâts occasionnés par les chiens errants ne représentent pas grand chose. Il n'est pas inutile de rappeler que le but de cette étude était de comparer les dégâts des chiens avec les dégâts des loups et que le CERPAM est le "Centre d'Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée." Mais les chiens font aussi des dégâts sur les humains, bien plus que les loups et les ours, mais moins que les chasseurs qui caracollent toujours en tête, sur la plus haute marche du podium avec une trentaine de morts par an depuis plus de 10 ans.
Les morsures de chiens
Avec 500 000 cas de morsures de chiens déclarés en France chaque année (chiffres émanant du Centre de Documentation et d'Information de l'Assurance (CDIA), entraînant 60 000 hospitalisation, on ne peut plus considérer le chien comme un animal anodin. D'autant que ce chiffres de 500 000 est celui des agressions déclarées, or tout un tas de morsures ne font pas l'objet d'une plainte, sûrement la grande majorité. Les chiens et leurs propriétaires participent activement et avec bonheur au creusement du trou de la sécurité sociale puisque entre 0,5 et 1% des urgences chirurgicales sont dues aux morsures de ces débonnaires animaux. (source : Docteur Romana, chef de service de chirurgie réparatrice de l'enfant à l'hôpital Trousseau)
"En même temps que des éleveurs d'autruches et de cerfs sont traînés devant les tribunaux parce que la loi refuse à leurs animaux l'étiquette de domestiques, d'autres éleveurs, pour la plupart sans qualification ni compétence, produisent des bêtes dangereuses en toute impunité pour l'unique raison qu'elles appartiennent à une espèce, le chien, que la loi reconnaît comme domestique " écrit Jean-Pierre Digard dans "Les français et leurs animaux."
Source : museliere.free.fr
Nous attendons le communiqué de l'ASPAP...
Et ce lundi 3/11/2008...
Nadia tuée par 2 chiens
Nadia, une héraultaise de 56 ans, attaquée sauvagement par des chiens errants, a succombé cette nuit à ses blessures. Cette habitante de Maurin, un quartier de Lattes, en périphérie de Montpellier, a passé l'après-midi de dimanche au bloc opératoire où les médecins ont tenté de limiter les conséquences de ses morsures.
Son avant-bras déchiqueté par les mâchoires des molosses a ainsi été amputé.
Vers 9 h 30 dimanche, les animaux, au moins deux molosses de couleur sombre, peut-être de type Beauceron, lui ont lacéré les bras et un mollet. Un automobiliste qui passait par là est parvenu à mettre en fuite les chiens qui s’acharnaient sur la victime allongée au sol. Mais lorsque les pompiers sont arrivés, Nadia a fait un malaise. Elle est tombée en arrêt cardiaque.
Dès lors policiers et membres de la SPA se sont livrés à une véritable chasse aux chiens errants dans le secteur résidentiel et pavillonnaire de Maurin. En fin de journée, quatre chiens avaient été récupérés et confiés à un vétérinaire pour des analyses.
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