Le gouvernement de la Principauté des Asturies a déposé un projet LIFE+ pour déplacer 4 ours bruns des Monts cantabriques aux Pyrénées
Un espoir pour la population d'ours des Pyrénées : Le gouvernement sortant de la Principauté des Asturies a négocié avec le ministère espagnol de l'Environnement pour déposer un projet LIFE+ Nature et Biodiversité qui aurait pour but la transplantation dans les Pyrénées de quatre ours brun issus de la population des monts cantabriques.
C'est tout un pan de l'argumentation des anti ours français qui s'effondre ! Après avoir crié haro sur les ours slovènes "plus grands", "plus foncés", "plus voraces", "élevés à la viande", "non adaptés aux Pyrénées", voilà que les espagnols se proposent de lâcher sur leur versant des Pyrénées des ours bien éduqués, petits, nourris aux plantes de montagnes, aux pieds montagnards et cousins proches des Pyrénéens. Un mariage avec des amis de la famille en quelque sorte !
Nul doute que l'ASPAP va se dépécher de trouver aux ours espagnols, tous les défauts de la terre !
Le projet budgétisé à 22 millions d'euros serait cofinancé par l'Union européenne et la principauté des Asturies. L’Union européenne devant encore donner son approbation. Ce projet a aussi un avantage pour le gouvernement français, tout heureux qu'il est de refiler la patate chaude à ses voisins.
Ce projet a été préparé, on l'imagine, dans le plus grand secret, dans les bureaux de la Direction générale de la biodiversité et du paysage, que dirigeait Félix García Gaona. Plusieurs régions sont concernées : la Galice, les Asturies, la Cantabrie, la Navarre, l’Aragon et la Catalogne. Des représentants de la Fondation Ours brun ont également participé aux réunions avec l'ancien directeur général de la biodiversité. La décision sera prise par Francisco Álvarez-Cascos, le nouveau gouverneur de la principauté des Asturies.
Les projets "Life", créés en 1992, recoivent des financements de l'Union européenne pour des actions à grande échelle de conservation de la nature. Pour obtenir le soutien de Bruxelles, les projets doivent d’abord avoir le soutien du Ministère de l'Environnement.
En France en 1996 et en 2006 : réintroductions d’ours slovènes
Les ours bruns des Pyrénées, sont issus des réintroductions d’ours slovènes de 1996 et 2006. Pour ces deux réintroductions, trois pays-source avaient été envisagés. L’Espagne (à partir des populations dans les monts cantabriques), la Slovénie et la Croatie.
Les ours espagnols étant génétiquement les plus proches des ours pyrénéens, l’option espagnole était prioritaire. Mais les deux populations d’ours des Monts Cantabriques n’étaient pas dans un état de conservation suffisamment stabilisé pour permettre un prélèvement de plusieurs femelles. La Croatie a été écartée en raison de la présence de rage. En Slovénie, la rage était absente; c’est donc l'option slovène qui avait été retenue comme pays source.
Monts cantabriques, une population d’ours en forte hausse
Depuis la situation des ours a bien changé en Cantabries : 26 ourses suitées et 52 oursons ont été observés au début du printemps 2011 dans la partie occidentale des monts Cantabriques. En 2010, les nouvelles des Asturies font aussi état d'un véritable "baby boom" chez les ours : 21 ourses suitées avec 43 oursons. Cette très bonne reproduction représente ”la plus importante augmentation de la population de l'espèce en 20 ans”, selon les déclarations du gouvernement des Asturies et la Fundación Oso Pardo.
L’amélioration de l’Etat des populations d’ours brun dans les Monts Cantabriques permet donc ce changement de politique inespéré en France. Mais il n’est pas interdit de penser que la décision de Nicolas Sarkosy de renoncer au remplacement de l’ourse Franska (officiellement pour cause de sécheresse en Béarn), soit en partie à l’origine de ce projet LIFE destiné à sauvegarder la présence d’ours brun dans les pyrénées où il ne reste qu’une vingtaine d’ours dispersés dans 2 noyaux, dont un où il ne reste que deux ours mâles.
Les éleveurs français du Béarn viennent symboliquement de ridiculiser la justification de Nathalie Kosciusko-Morizet. Ils viennent, en remerciement du soutien des éleveurs ariégeois le Béarn lors de la campagne de lobbying pour refuser le lâcher d'une ourse en Béarn, de livrer 64 tonnes de fourrages, qui seront distribuées aux quatre coins de l’Ariège, prioritairement à des éleveurs anti ours. Cherchez l’erreur! Mais NKM s'en moque, elle pense prioritairement à sa carrière et aux élections présidentielles ; pas celles de 2012, aux suivantes où elle se voit monter les marches de la gloire...
Dans les Asturies et la Cantabrique, les chiffres de population sont plus optimistes, mais beaucoup reste à faire. La population est divisée en deux noyaux : à l’ouest vit une population de plus ou 150 ours. A l’est, ne vivent qu’une cinquantaine d’individus. Les responsables débattent encore de la nécéssité de croiser génétiquement les deux populations. A ce jour, la principauté a toujours refusé de faire des transferts de spécimens entre les deux noyaux. Une des raisons qui les ont amenés à être extrêmement méfiant est la mort de l’Ours “Cuervo”, durant “l’équipement” de l’ours avec un émeteur, un programme dirigé par l’administration régionale.
Par contre, la politique de réintroduction d’ours blessés dans la nature, après une longue période de soins en captivité dans le centre de revalidation de la faune sauvage de Sobrescobio semble porter ses fruits. Le comportement des ours relâchés semble normal : ils restent méfiants envers les êtres humains. Une politique qui pourrait être copiée en France où l'on pourrait profiter de l'expérience ibérique.
Attention, traversée d'ours !
La rumeur et les conditionnels de Louis Dollo sont levés, et cela, c'est une très bonne nouvelle. Surtout pour les ours des Pyrénées : des femelles et du sang frais ! On ouvrira nos meilleures bouteilles de vins espagnol, mais la route pour concrétiser un projet LIFE est longue...
Inspiré par la news de lne.es
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