Le Comité Ecologique Ariègeois et FERUS écrivent au Préfet de l’Ariège
Communiqué du CEA et de FERUS
25 Novembre 2008
Monsieur,
Le 7 Septembre 2008, un ours mâle (Balou) était blessé sérieusement sur la commune de Prades, lors d’une battue au sanglier, par un individu ayant effectué selon ses dires "un tir d’instinct".
Pourtant cet accident parfaitement regrettable pouvait être évité. En effet, la localisation de Balou aurait permis de mettre en place une zone où, par sécurité, aucune battue n’aurait dû être effectuée.
Il est très surprenant de voir que l’Etat, qui a entrepris une action de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées Centrales, ne se donne aucun moyen pour protéger ces plantigrades, notamment par rapport aux actions de chasse en battues qui, rappelons-le, sont au moins à l’origine de la mort de trois ourses femelles depuis 1994 (Claude et Cannelle en Pyrénées-Atlantiques, Mellba en Haute-Garonne).
Pourtant, vous ne pouvez pas ignorer que le Préfet des Pyrénées-Atlantiques a pris des mesures indispensables dans son Arrêté préfectoral N°2008233-7 du 20 août 2008 relatif à l’ouverture générale et à la clôture de la chasse dans le massif montagnard pour la campagne 2008-2009. (Article 4)
Ces mesures ont été prises suite à plusieurs requêtes de l’Association SEPANSO Béarn au Tribunal Administratif de Pau qui, par un jugement du 27 Mars 2008, a annulé les dispositions antérieures des Arrêtés du Préfet des Pyrénées Atlantiques des 4 Novembre 2005, 21Juillet 2006 et 29 Juin 2007 relatives à la conservation de l’habitat de l’ours. En effet, ces dispositions étaient notoirement insuffisantes.
Nous vous demandons de prendre au plus vite, pour cette saison de chasse, un arrêté complémentaire modifiant celui du 19 Mai 2008 relatif à l’ouverture et à la clôture de la Chasse pour la campagne 2008-2009. Arrêté prenant en compte la situation critique de l’ours dans notre massif et reprenant les dispositions en application dans le Béarn, à savoir :
Article 4
Les mesures suivantes visant la préservation de l’ours s’appliquent :
En cas de détection d’un ours, toute mesure appropriée devra être prise par les chasseurs pour éviter tout accident vis à vis de l’ours. En particulier, pour le mode de chasse en battue, en cas de présence avérée d’un ours, y compris par des indices ou des traces fraîches de moins de 24 heures, la chasse en battue doit être immédiatement suspendue. La présence de l’ours doit être signalée sans délai au président de l’ACCA ou de la société de chasse locale, lequel informe les chasseurs susceptibles de fréquenter le secteur que la chasse en battue est interdite pour tous les chasseurs du secteur pour une durée de 48 heures. L’équipe technique ours (tél. : 05 62 00 81 08) doit être informée sans délai de l’heure et du lieu de la présence de l’ours.
Des interdictions temporaires de chasse
du 1er octobre au 20 novembre ; du 20 novembre au 25 décembre; du 1er octobre au 25 décembre ; ou sur la totalité de la période d’ouverture selon le cas sont prescrites sur les secteurs cartographiés en annexe 1 au présent arrêté (L’Equipe Technique Ours devrait être en mesure d’élaborer une telle cartographie pour l’Ariège).
En cas de localisation d’un ours en tanière, une zone de sensibilité majeure sera définie en concertation avec les responsables cynégétiques. Son contour s’établira en fonction des repères topographiques environnant la tanière et sa superficie sera de l’ordre d’une cinquantaine d’hectares. Aucune action de chasse ne pourra être pratiquée dans cette zone durant le sommeil hivernal de l’ours. Les sociétés ou associations de chasse seront informées des zones concernées.
Article 5
Dispositifs spécifiques aux réserves de chasse et de faune sauvage. (Extrait)
En cas de détection d’un ours, les opérations de tir doivent être suspendues. La présence de l’ours doit être signalée sans délai au Président de l’ACCA ou de la société de chasse locale, lequel informe les chasseurs susceptibles de fréquenter le secteur que la chasse est interdite pour tous les chasseurs du secteur pour 48 heures.
L’équipe technique ours (N° téléphone 05.62.00.81.08) doit être informée sans délai de l’heure et du lieu de la présence de l’ours.
D’autre part, la suspension temporaire ou l’interdiction de chasse en battue en cas de présence avérée d’un ours doit permettre également de limiter les contacts ours-chasseurs, et donc d’éviter à ces derniers de se retrouver face à un ours acculé, comme cela s’est produit dans le Val d’Aran le 22 Octobre.
Nous serons très attentifs à tout accident qui se produirait, dans un sens ou dans un autre d’ici la fin de la saison de chasse si vous ne preniez pas ces mesures de simple précaution.
Nous vous demandons également d’ors et déjà de mettre en place ces dispositions de manière pérenne dans l’Arrêté 2009-2010 et les suivants.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, nos salutations respectueuses.
Pour le C.E.A : Le Président, André Pagès
Pour FERUS : Le Président, Jean-François Darmstaedter
Le FIEP aussi dénonce La chasse en battue : un vrai problème pour la conservation de l'ours
Communiqué du FIEP
Le FIEP Groupe ours Pyrénées, avec d’autres associations, dénonce encore une fois la dangerosité des battues au sanglier là où vivent des ours et le comportement irresponsable de ceux qui tirent sans identifier leur cible.
En 1989, deux chercheurs russes sur l’ours visitent les Pyrénées et nous indiquent clairement que le problème n°1 de l’ours dans les Pyrénées c’est la chasse. Ils préconisent d’urgence des territoires de tranquillité, pas de nourrissage et un renforcement. Ils rejoignent en cela les chercheurs des USA, venus en mission en 1987 dans les Pyrénées et Ch. Servheen, lors de l’audit de 1996.
En 1989, le FIEP et Nature Midi Pyrénées lancent une campagne «Des territoires protégés pour l’ours», avec le collectif Groupe ours national, qui a abouti à des négociations sur le terrain pour créer des zones de quiétude.
Faute d’accord avec les chasseurs, en 1990, le ministre B.Lalonde prend deux mesures qui vont dans ce sens : création de 6500 Ha de réserves de chasse sur les zones vitales du Béarn et réglementation de certains accès en forêt.
Sur le fond, ces mesures étaient pertinentes et les événements qui ont suivi ont montré que c’était la seule solution efficace.
De 1993 jusqu’à présent, les ministres de l’Ecologie successifs ont préféré ménager les chasseurs, pas de contraintes pour les battues, etc., sans doute pour en faire des alliés…
On a vu, avec les tirs de Cannelle, de Balou, de Mellba, les plombs dans le corps de Papillon, que malgré les bonnes paroles, sur le terrain, des gens au courant de la présence de l’ours continuent de faire des battues et de tirer «d’instinct».
Malgré les techniciens des fédérations dans l’ETO, malgré les promesses des dirigeants, sur le terrain on continue de tirer l’ours et de réduire à néant les efforts de renforcement pour sauver l’espèce en France. La crédulité en matière de mesures de chasse, ce sont les ours qui la paient de leur vie !
Il faut changer cette politique
Le FIEP Groupe ours Pyrénées, avec d’autres associations, dénonce encore une fois la dangerosité des battues au sanglier là où vivent des ours et le comportement irresponsable de ceux qui tirent sans identifier leur cible.
D’ores et déjà, il repose au Ministère de l’Ecologie la question du remplacement des ours lâchés en 2006 et morts (Palouma et Francka) et des ourses tuées en Béarn (Cannelle et Claude).Le Plan de restauration doit se poursuivre par des lâchers réguliers destinés à remplacer systématiquement les animaux tués accidentellement ou volontairement afin de dissuader ceux qui voudraient tuer des ours pour le faire échouer. On est loin de la reconstitution d’une population viable sur le massif pyrénéen.
A nouveau des zones de tranquillité en Béarn
Grâce à une action intentée par la SEPANSO Béarn, le tribunal administratif de Pau a annulé l´arrêté d´ouverture de la chasse 2007, estimant que les mesures de protection de l´ours contre la chasse étaient insuffisantes. Ceci, avec le verdict du procès du chasseur ayant tué Cannelle qui mentionne les mêmes insuffisances, a permis l´action du FIEP au cours du printemps et de l´été 2008 pour pousser l´Etat à mettre en place ces zones sans battues.
Le FIEP Groupe ours Pyrénées s’en félicite car il s’est battu pour obtenir de l’Etat que pour la saison de chasse 2008-2009 soient rétablies des zones sans battues automnales sur un certain nombre de sites vitaux pour l’ours en Béarn (1400Ha). Elles avaient été supprimées en 2005. Cet automne, nous constatons, sur le terrain, que ces territoires sont le refuge des ours. Ils s’y nourrissent et y séjournent.
La chasse en battue, un danger pour les chasseurs eux-mêmes
« Les tirs d’instinct » et autres imprudences coupables, les battues « improvisées » de petits groupes de chasseurs, ont montré à quel point la chasse en battue était dangereuse y compris pour l’homme : coups de feu mortels faisant des dizaines de victimes humaines chaque année, réflexes d’auto défense d’animaux acculés ou blessés, etc.
Au cours de la même période où Hvala égratignait sans gravité un chasseur du Val d’Aran, un chasseur en tuait un autre en Espagne, le confondant avec un sanglier, et un sanglier blessait gravement un chasseur en Ariège. Pourquoi les mêmes médias qui, en quête de sensationnel, ont mis en avant la blessure du chasseur par Hvala, n’ont-ils pas parlé de ces deux autres affaires ?
Source : FIEP
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