Baudouin de Menten sur 29 avril 2010 dans Espagne, Ours brun - Ethologie, Ours brun en Espagne - Monts Cantabriques , Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1)
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Baudouin de Menten sur 19 février 2010 dans Etats-Unis USA, Insolite Humour, Ours brun - Ethologie, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (2)
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L'ours est un joueur invétéré. La population actuelle d'ours des Pyrénées n'est pas viable. Cela dépend de nous que le spectacle d'une ourse et de son ourson glissant dans la neige, l'ourson sur le ventre de sa mère n'appartienne pas au passé. Yes we can! Agissons pour "l'Homme sous son épaisse fourrure, descendu de la montagne à la rencontre des vivants..."
“En ce début d’après-midi, la taïga nourrit l’orage puissant qui éclatera dans la nuit. Pour l'heure, ce sont les moustiques qui se déchaînent alors que j'entre dans le sous-bois humide. Mon horizon se limite désormais à la trouée de la vieille piste qui se fraie, de plus en plus difficilement, un passage dans la forêt.
Dans l'étroite éclaircie, j'aperçois soudain, à une quinzaine de mètres, deux oursons trop occupés à leur jeu pour repérer ma présence. À présent, debout à la manière de deux lutteurs, ils tentent de se mordiller les oreilles tout en s'agrippant avec leurs pattes avant. Je me cache dans les fougères hautes qui bordent la piste pour observer les insouciants. Mais les voici soudain qui s’arrêtent. Nez en l’air, ayant certainement capté mon odeur, ils sont désormais en alerte. Pour l'un d'eux, c'est immédiatement la débandade. L'autre, visiblement plus curieux, s'approche sur la piste en reniflant de gauche à droite. Parvenu à ma hauteur, à un mètre de moi, il s'arrête et hume l'air dans ma direction. Pourtant, à ce moment-là, accroupi dans la végétation, il ne peut me voir. Tout d'un coup, mal à l'aise, je me dresse alors pour manifester ma présence, déclenchant sa fuite immédiate dans le sous-bois.
Le jeune plantigrade est un animal très joueur mais, même plus grand, il gardera ce tempérament, puisqu’on observe parfois les adultes faisant des glissades sur des pentes enneigées ou s’amusant avec des pierres ou des morceaux de bois.”
Extrait de “L’ours brun. Biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural” de Pascal Etienne et Jean Lauzet (carnet de terrain d’Hélène Lauzet - Août 2005, Russie).
Image : Dag Jonzon
Baudouin de Menten sur 06 novembre 2009 dans ESPINASSOUS Louis, ETIENNE Pascal, LAUZET Jean, Ours brun - Ethologie, Ours brun - Ursus arctos, Ours brun dans le monde, Vidéos | Lien permanent | Commentaires (2)
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En général, les stratégies et règles qui composent l'accouplement chez les ours brun est mal connue. Seules quelques études ont abordé cette question avec très peu d'observation de terrain ou d'analyses génétiques (Craighead et al. 1995b; Craighead et al. 1998; Kovach Powell & 2003; Schenk & Kovacs, 1995).
Dans sa thèse, Eva Bellemain a étudié :
L'infanticide sexuellement sélectionné ou SSI
L'infanticide sexuellement sélectionné (SSI) est probablement l'un des principaux facteurs qui influent sur l'accouplement chez plusieurs espèces (Hrdy 1979; Hrdy Hausfater & 1984). C'est un facteur important qui affecte la survie des oursons dans la population d'ours bruns en Scandinavie (Swenson et al. 1997; 2001).
Dans le chapitre VII sur l'infanticide sexuellement sélectionné, nous avons examiné la présence des trois exigences de l'infanticide sexuellement sélectionné dans la population d'ours bruns en Scandinavie, sur base des cas d'infanticide observés et des données génétiques recueillies sur le terrain. Nous avons constaté que les mères qui ont perdu tous leurs oursons ont leur prochaine portée plus d'un an plus tôt que celles où un ou plusieurs oursons ont survécus.
Des analyses génétiques des échantillons trouvés sur les sites d'infanticides, nous avons déterminé que les ours infanticides ne sont pas les pères des oursons tués et qu'ils avaient une forte probabilité de devenir les pères des prochaines portées. Fait intéressant, la plupart des mâles étaient des résidents, ce qui suggère qu'ils reconnaissent probablement la femelle avec laquelle ils se sont accouplés l'année précédente et qu'ils ne tentent pas de tuer oursons qui sont potentiellement les leurs. Nous avons conclu que les trois conditions préalables du SSI sont réunies et que l'infanticide sexuellement sélectionné est peut-être une adaptation des mâles dans la stratégie d'accouplement des ours bruns.
Des parternités multiples ont été génétiquement démontrées et suggèrent que les femelles ourses s'accouplent avec plusieurs mâles dans le but de confondre la paternité, c'est-à-dire qu'elles ont développés une contre stratégie à l'infanticide sexuellement sélectionné (SSI). Cette étude est la première à démontrer génétiquement les stratégies d'accouplement en matière d'infanticide sexuellement sélectionné dans une espèce non sociale.
Nous pensons que ces conclusions peuvent également être applicables à d'autres espèces sociales ou non sociales ou des SSI sont observées et nous encourageons les futures études qui permettront d'obtenir des estimations de paternité en vue d'évaluer les avantages de la stratégie d'infanticide sexuellement sélectionné pour les mâles et d'évaluer les contres-stratégiesd déployées par les femelles.
La sélection des partenaires mâles pour les ourses femelles
Dans le chapitre VIII, nous avons enquêté sur différents facteurs possibles qui influencent le choix des partenaires pour les femelles ours brun. Nous avons comparé les différentes caractéristiques des ours mâles que des tests de parternités ont identifiés comme étant les parents de portées d'oursons. (Choisis par les femelles pour devenir les pères ?), aux caractéristiques des ours mâles disponibles dans le voisinage de la femelle.
Nous avons supposé que l'infanticide sexuellement sélectionné pourraient avoir une influence sur le choix des partenaires par les femelles pour cette espèce, que les femelles pouvaient accepter un accouplement avec un mâle comme une contre stratégie destinée à éviter de futurs infanticides. Par conséquent, nous avons testé les hypothèses suivantes :
Nous avons trouvé des preuves que les deux critères : les caractéristiques morphologiques, génétiques et d'âge d'une part et la distance géographique d'autre part, influencent de façon significative les choix des ourses femelles.
Les femelles ourses brun peuvent décider de s'accoupler avec les mâles les plus proches uniquement par stratégie pour luter contre l'infanticide.
Mais on pense que les femelles pourraient exercer un choix postcopulatoire "cryptique", c'est à dire qu'on emet l'hypothèse qu'elle sont capables de choisir le sperme qui fécondera l'ovule. Elles s'accouplent avec différents mâles, afin d'augmenter leur chances de fécondation mais aussi afin de choisir (jusqu'à un certain degré) le pére de leur progéniture. Les ourses peuvent aussi s'accoupler avec des mâles ayant des attributs physiques intéressant telles que le poids ou la taille ou un statut de dominant (caractéres qui seront transmis aux jeunes et augmenterons leur chances de survie) d'aprés la théorie des "bons gènes" (Brown 1997).
L'apparentement
L'apparentement n'est pas un facteur qui joue un rôle dans l'accouplement, c'est à dire que les femelles ne choisissent pas forcément le mâle le plus éloigné génétiquement, mais la consanguinité est évitée en général de par la philopatrie des femelles et la dispersion des mâles. (NDLB : Philopatrie : Dérivé du grec philos (aimer) et du latin patria (pays du Père). Fait référence à l'instinct ou la tendance d'un Individu de revenir à, ou de rester dans, sa zone de naissance. Dans le cas de l'ours, on devrait plutôt dire "pays de la mère".)
Il y a peu de chances qu'un jeune s'accouple avec sa mère par exemple car ils auront des territoires distincts à l'âge adulte. (McLellan & Hovey 2001). (NDLB: Des cas de reproduction père/fille ont été observés dans les Pyrénées, l'effectif de la population étant drastiquement faible : l'ours Papillon s'est par exemple reproduit avec sa fille Cannelle)
Les textes complet des publications d'Eva Bellemain sont téléchargeables (fichiers pdf) sur son site Internet.
Baudouin de Menten sur 31 octobre 2008 dans BELLEMAIN Eva, Ours brun - Ethologie, Sciences - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)
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Titre original de la thèse d'Eva Bellemain : "Genetics of the Scandinavian brown bear (Ursus arctos): implication for biology and conservation"
Présentation
La thèse d'Eva Bellemain traite de l'application de l'outil moléculaire pour la gestion, la conservation et la compréhension de la biologie et du comportement des espèces animales. Nous avons étudié l'ours brun (Ursus arctos) en tant qu'espèce modèle et la population d'ours bruns de Scandinavie en tant que cas d'étude. La première partie de cette thèse est une partie méthodologique, dans laquelle nous avons développé des aspects techniques en biologie moléculaire et en analyse de parenté. La seconde partie concerne l'application de ces outils moléculaires pour estimer les tailles de population et comprendre les systèmes d'appariement.
Photo : Djuro Huber
Des méthodes non invasives
Les méthodes non invasives sont de plus en plus utilisées en génétique des populations car elles ne nécessitent pas la manipulation ni le dérangement de l'animal étudié et sont particulièrement recommendables pour l'étude des populations en danger d'extinction. Cependant, l'ADN extrait de ce type d'échantillons, tels que poils ou fèces, est en général dégradé et/ou en faible quantité, ce qui peut conduire à des erreurs de génotypage.
Dans le but d'accroître la qualité et quantité de l'extrait d'ADN, nous avons mis au point une métode PCR (polymerase chain reaction) en deux étapes ("multiplex pre-amplification"). Cette méthode a été testée sur différentes espèces et, en comparaison avec une approche PCR conventionnelle, a permis d'améliorer l'amplification d'ADN et de diminuer le taux d'erreur.
Pour amplifier plus spécifiquement l'ADN à partir d'échantillons non invasifs d'ours brun, nous avons également défini de nouvelles amorces microsatellites ainsi qu'un marqueur de sexe spécifique, et combiné une PCR en nid avec la méthode "multiplex pre-amplification". Ces nouvelles approches peuvent être transposées à d'autres espèces pour lesquelles les méthodes conventionnelles ne sont pas appropriées à cause d'une faible quantité/qualité d'ADN.
Les erreurs de génotypage sont un sujet «tabou» dans les études de génétique des populations, malgré leur incidence dans la plupart des jeux de données et le biais qu'elles peuvent causer dans l'interprétation des résultats. Nous avons considéré quatre cas d'étude représentant une large variété d'investigations en génétique des populations, pour détecter les erreurs de génotypage et identifier leurs causes. Dans ces jeux de données, le taux d'erreur estimé variait de 0.8% à 2.6%, selon l'organisme étudié et le marqueur utilisé.
Les sources d'erreur principales étaient les pertes d'allèles pour les microsatellites et les différences d'intensité de pics pour les AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism), ainsi que des erreurs d'origine humaine dans les deux cas. Nous présentons des suggestions pour limiter et quantifier les erreurs de génotypage à chaque étape du processus et recommandons le report systématique du taux d'erreur dans les études de génétique des populations.
Les analyses de parenté basées sur les génotypes multilocus sont largement utilisées pour estimer les succès reproducteurs, les appariements et la fitness dans les populations naturelles.
Les approches proposées sont basées sur des estimations du maximum de vraisemblance ou des inférences Bayésiennes et restent en général assez théoriques et difficiles à appliquer pour les biologistes. Il existe un réel manque de logiciels capables de considérer plusieurs générations d'individus et permettant la détermination des deux parents sans hypothèse à priori.
Le logiciel PARENTE, que nous avons développé, détermine les maternités, paternités ou les deux parents simultanément, basé sur la compatibilité des génotypes multilocus (marqueurs diploïdes codominants) et des dates de naissance et de mort des individus (si disponibles). Ce logiciel calcule également la probabilité de parenté à partir des fréquences alléliques, du taux d'échantillonnage de la population et du taux d'erreur de génotypage.
L'estimation de la taille de la population
Les estimations de taille de population sont essentielles pour la bonne gestion et conservation des espèces. Cependant, de manière générale, peu d'études évaluent la précision des estimations obtenues. Nous avons, dans un premier temps, comparé quatre estimateurs de taille de population, basés sur des méthodes génétiques non invasives. Deux méthodes utilisaient des indices de raréfaction et deux étaient basées sur des estimateurs de capture-marquage-recapture (CMR).
Au total, 1904 fèces d'ours bruns ont été collectés sur deux années consécutives sur le terrain (49 000-km2 en Suède centrale). Les estimations variaient de 378 à 572 ours en 2001 et de 273 à 433 ours en 2002, selon l'estimateur utilisé.
La détermination d'une taille de population minimale obtenue à partir de données de radio-télémétrie nous a permis de conclure que l'estimation donnée par une des méthodes de CMR était la plus précise. Cet estimateur incluait une hétérogénéité et une variation temporelle dans les probabilités de détection, ce qui paraissait réaliste dans notre échantillonnage. Deuxièmement, nous avons évalué la fiabilité de trois méthodes de terrain traditionnelles en comparaison avec la méthode génétique la plus performante, dans une aire d'étude plus réduite (7 328-km2).
Les trois méthodes de terrain tendaient à sous-estimer la taille de population ; la méthode génétique paraissait être la plus exacte. Nous avons conclu qu'environ 550 (482-648) ours étaient présents dans l'aire de 49 000-km2 et 223 (188-282) ours étaient présents dans l'aire de 7 328-km2. Nous suggérons que la population d'ours a atteint une densité de saturation dans l'aire centrale et disperse à présent sur les bords de cette aire centrale. Une analyse en termes de coûts/bénéfices a démontré que la méthode génétique était moins onéreuse que la méthode de terrain la plus fiable. De plus, elle est préférable d'un point de vue éthique.
En conclusion, nous recommandons l'utilisation de méthodes génétiques basées sur un principe de CMR, pour estimer les tailles de population sur de larges aires. Nous insistons sur l'importance d'un effort d'échantillonnage adéquat et, en cas d'échantillonnage biaisé, nous conseillons le calibrage avec des estimations indépendantes, si possible. Nous recommandons La collecte d'un nombre d'échantillons supérieur de 2,5 à 3 fois le nombre «présumé» d'animaux. Ces études ont également confirmé que la gestion actuelle de la population d'ours a été bénéfique et que cette population est actuellement dans un bon statut de conservation.
Les systèmes d'appariement de l'ours brun
La connaissance des systèmes d'appariement est importante dans la compréhension de la sélection naturelle. Nous avons étudié deux aspects majeurs du système d'appariement de l'ours brun :
L'infanticide, le meurtre de jeunes non sevrés, peut être considéré comme sexuellement sélectionné si les trois conditions suivantes sont réunies :
Nous avons documenté huit cas d'infanticide sur le terrain. A partir d'observations et d'échantillons collectés sur sites, nous avons vérifié que les trois conditions pour le SSI étaient vérifiées. Cela suggère que le SSI pourrait être une stratégie adaptative pour le mâle chez ce carnivore non social. Contrairement aux espèces sociales où les mâles immigrants tuent les jeunes, la plupart des mâles commettant l'infanticide étaient résidents chez les ours scandinaves. Ceci implique qu'ils sont capables de différencier leurs propres jeunes des jeunes non apparentés, probablement en reconnaissant les femelles avec lesquelles ils se sont accouplés l'année précédente. De plus, nous avons démontré génétiquement un minimum de 14.5% de paternités multiples (28% pour les portées de 3 jeunes ou plus).
La promiscuité des femelles, dans le but de confondre les paternités, pourrait donc être une contre-stratégie adaptative pour éviter le SSI. D'autre part, nous avons évalué sur quels critères les femelles ours bruns sélectionnaient leur partenaire reproductif. Nous avons émis l'hypothèse que les femelles pourraient faire face à un dilemme :
Nous avons conclu que les femelles sélectionnaient significativement les mâles les plus proches mais aussi les plus hétérozygotes, les plus gros et les plus âgés. Nous suggérons que les femelles ours s'accouplent avec les mâles les plus proches comme contre-stratégie au SSI et exercent un choix post-copulatoire du partenaire reproducteur, basé sur des critères morphologiques tels qu'une large taille corporelle, ou sur des critères de statut de dominance, reflétant la qualité génétique du mâle.
Eva Bellemain
LECA - Laboratoire d'écologie alpine
Université Joseph-Fourier - Grenoble I (2004-11-12),
Sous la direction du Dr Pierre Taberlet et du Pr Jon Swenson.
Sources : Openscience et site d'Eva Bellemain
Baudouin de Menten sur 31 octobre 2008 dans BELLEMAIN Eva, Ours brun - Ethologie, Sciences - Recherche | Lien permanent | Commentaires (0)
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Dernièrement l'ASPAP, désireux de montrer l'ours comme un "fauve sanguinaire" a publié un lien vers une vidéo présentant un ours mâle des monts cantabriques entrain d'attaquer les oursons d'une femelle. (Lire "L'instinct tueur de l'ours brun").
Non seulement cette volonté anthropomorphique de répendre la peur de l'ours est regrettable car elle instrumentalise l'ours, mais de plus elle contredit les annonces précédentes de l'ASPAP et de certains politiciens bien connus pour leur opposition à l'ours comme Jean Baylaucq par exemple qui compare les ours gentils ours franco-français et les sâles fauves étrangers ...
« L'ours brun des Pyrénées est fin, très élégant, la robe claire et la tête fine. L'ours brun des Pyrénées est presque totalement herbivore ; il tue pour son équilibre hormonal. Son organisme lui réclame de la viande à la pousse de l'herbe excessivement azotée, en juin en montagne ; et fin septembre, gavé de fruits d'une flore riche d'été il éprouve un besoin de consommation de viande. Les pertes occasionnées par les 7 ours des Pyrénées peuvent s'évaluer à une moyenne de 44 brebis par an. L'ours brun des Pyrénées est peu chasseur. »
« L'ours slovène est énormément massif et grand, la tête ronde et le pelage presque noir. L'ours slovène tue en permanence ; c'est ainsi que 4 ours ont tué en un an 269 brebis en en ont fait disparaitre 1066, soit un total de 1335 / 4 = 333 brebis par ours. » L'ours slovène est un carnassier. De par sa puissance il est à même d'éliminer les mâles pyrénéens et donc de détruire l'ours des Pyrénées »
Qu'ils soient de Slovénie ou des Pyrénées, les ours brun sont de la même espèce et présentent des caractéristiques et des comportements identiques. Dans ce cas, l'ours mâle cantabrique en question se révèle plus féroce que les ours d'origine slovène réintroduits dans les Pyrénées, ruinant cette hypothèse jamais démontrée, ayant pour seul but de refuser le renforcement de la population d'ours brun dans les Pyrénées pour des motifs falacieux.
Intérogée sur le sujet, Eva Bellemain confirme : «l'infanticide est un comportment naturel chez l'ours et qu'il correspond à une stratégie reproductive et non à un acte de tuerie "gratuit".»
On ne connait pas de cas récent d'infanticide pour l'ours des Pyrénées. La faible densité de la population y est sans doute pour quelque chose. Les rencontres entre ours mâles et ourses femelles sont déjà rares, les conflits territoriaux entre mâles encore plus.
Eva Bellemain, une chercheuse française, a travaillé sur plusieurs cas d'infanticides sexuellement sélectionné dans la population d'ours brun de Scandinavie. Voici un extrait du résumé de la thèse d'Eva Bellemain "Genetics of the Scandinavian brown bear (Ursus arctos): implication for biology and conservation" qui aborde l'infanticide chez l'ours brun et choix du partenaire pour l'ourse femelle.
Le système d'appariement de l'ours brun
Photo Vincent Munier
Eva Bellemain : «La connaissance des systèmes d'appariement est importante dans la compréhension de la sélection naturelle. (NDLB: En biologie moléculaire, l'appariement des simple-brins d'ADN est leur assemblage en double hélice bicaténaire selon le principe de la correspondance des bases.) Nous avons étudié deux aspects majeurs du système d'appariement de l'ours brun :
L'infanticide, le meurtre de jeunes non sevrés, peut être considéré comme sexuellement sélectionné si les trois conditions suivantes sont réunies :
Nous avons documenté huit cas d'infanticide (NDLB: d'ours brun) sur le terrain. A partir d'observations et d'échantillons collectés sur sites, nous avons vérifié que les trois conditions pour le SSI étaient vérifiées. Cela suggère que le SSI pourrait être une stratégie adaptative pour le mâle chez ce carnivore non social.
Contrairement aux espèces sociales où les mâles immigrants tuent les jeunes, la plupart des mâles commettant l'infanticide étaient résidents chez les ours scandinaves. ("Nous définissons un ours résident comme un individu qui a utilisé un territoire qui chevauche la zone de l'infanticide durant l'année de l'accouplement , durant l'année de l'infanticide et durant l'année précédente.")
Ceci implique que les ours mâles sont capables de différencier leurs propres jeunes des jeunes non apparentés, probablement en reconnaissant les femelles avec lesquelles ils se sont accouplés l'année précédente.
De plus, nous avons démontré génétiquement un minimum de 14.5% de paternités multiples (28% pour les portées de 3 jeunes ou plus). La promiscuité des femelles (NDLB: les accouplements avec plusieurs ours mâles) dans le but de confondre les paternités, pourrait donc être, de la part des ourses femelles, une contre-stratégie adaptative pour éviter le SSI.
D'autre part, nous avons évalué sur quels critères les femelles ours bruns sélectionnaient leur partenaire reproductif. Nous avons émis l'hypothèse que les femelles pourraient faire face à un dilemme :
Nous avons conclu que les femelles sélectionnaient significativement les mâles les plus proches mais aussi les plus hétérozygotes, les plus gros et les plus âgés. Nous suggérons que les femelles ours s'accouplent avec les mâles les plus proches comme contre-stratégie au SSI et exercent un choix post-copulatoire du partenaire reproducteur, basé sur des critères morphologiques tels qu'une large taille corporelle, ou sur des critères de statut de dominance, reflétant la qualité génétique du mâle.»
Eva BELLEMAIN
Eva BELLEMAIN est chercheuse post-doctorante en écologie moléculaire.
Ce texte est un extrait du résumé de sa thèse :"Genetics of the Scandinavian brown bear (Ursus arctos): implication for biology and conservation".
Baudouin de Menten sur 31 octobre 2008 dans BELLEMAIN Eva, Ours brun - Ethologie, Sciences - Recherche | Lien permanent | Commentaires (1)
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Eva Bellemain est chercheuse post-doctorante en écologie moléculaire.
Les intérêts d'Eva Bellemain se concentrent sur l'application des outils moléculaires pour mieux comprendre la biologie et l'écologie des espèces. Elle a principalement travaillé dans le domaine de la génétique des populations et de la phylogénie à l'aide de marqueurs moléculaires (microsatellites, séquences d'adn nucléaire et mitochondrial)
Au cours de sa thèse "Genetics of the Scandinavian brown bear (Ursus arctos): implications for biology and conservation", Eva Bellemain a partagé son temps entre :
Eva Bellemain a également travaillé au Smithsonian Tropical Research Institute de Panama City, au Panama, en tant que chercheur post-doctorat, sous la supervision de Elredge Bermingham, et Robert E. Ricklefs. Eva Bellemain y a étudié la phylogéographie et la génétique des populations d'oiseaux terrestres dans les West Indies.
Eva Bellemain est actuellement post-doctorante au "National Center for Biosystematics, Natural History Museum" d'Oslo en Norvège. Elle travaille sur la phylogénie des bryophytes et des plantes vasculaires pour tester l'hypothèse de la survie glaciaire au cours de la dernière grande glaciation en Scandinavie.
Source : Site Internet d'Eva Bellemain
Photo : Julien Bessière
Voir aussi The Scandinavian Brown Bear Project au sein duquel elle a effectué sa thèse.
Baudouin de Menten sur 31 octobre 2008 dans BELLEMAIN Eva, Ours brun - Ethologie, Sciences - Recherche | Lien permanent | Commentaires (1)
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L'ASPAP, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées dénonce l'anthropomorphisme des défenseurs du plantigrade : donner des noms aux ours c'est participer à une "peoplelisation" du dossier ours. Mais quand cela l'arrange, l'ASPAP est à première à jouer sur l'aspect affectif plutôt que sur l'aspect scientifique.
"Attaque infanticide d'un ours mâle sur trois oursons. Des images rares d'un évènement qui l'est moins, étonnamment bien moins médiatisé que les naissances ou les lâchers d'ours. La force impressionnante, la détermination et l'instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?
21/10/2008 Espagne. Asturies. El Comercio Digital publie une vidéo inédite de l'attaque infanticide d'un ours adulte male face à une femelle défendant sa portée de trois oursons. Des images exceptionnelles dont la violence déchaîne les passions de nos voisins ibériques, et dont l'épilogue se jouera ... dans l'estomac du mâle infanticide".
Le but de l'ASPAP n'est bien évidement pas de faire "pleurer dans les chaumières" sur le sort des oursons mais de répendre la peur, de faire passer l'ours pour un tueur d'enfant sans pitié. Sous entendu : après les leurs, ce sera le tour des vôtres. Si ce n'est pas de l'anthropomorphisme !
Pour l'ASPAP, ce serait "Un évènement bien moins médiatisé". Les associations chercheraient à cacher le côté sauvage de l'ours, la dangerosité du "fauve". Dans "Ours : L’émancipation des jeunes oursons", Frédéric Decaluwe de l'ETO raconte "Il est fréquent que les jeunes femelles aient des domaines vitaux qui chevauchent celui de leur mère alors que les mâles subadultes auront tendance à se disperser sur des distances beaucoup plus importantes, ce qui favorise également le brassage génétique. Cela leur permet aussi de ne pas entrer en compétition avec le mâle dominant, plus âgé, et déjà présent sur le secteur." D'autre part, l'AVES écrit "Rares sont les jeunes qui arrivent à l'âge adulte car la mortalité juvénile est très élevée, malgré la vigilance des mères. Il y a une forte mortalité chez les oursons qui sont victimes de malnutrition et de certains mâles adultes. Un mâle ne tue les oursons que s'il a décidé de séduire leur mère, et comme elle refuse l'accouplement tant qu'elle est suitée, l'ours se débarrasse des oursons-gêneurs, afin de persuader la femelle de lui accorder ses faveurs..."
Un ours en liberté : des vies en danger
Le vocabulaire utilisé par l'ASPAP a pour but de réveiller la peur ancestrale du "prédateur" : La protection de l'ours devient "l'ensauvagement des Pyrénées", Les associations de défense du plantigrade deviennent "la secte du sauvage". "Un ours en liberté : des vies en danger" dans leurs "Pyrénées vivantes".
Opposée à ce monde sauvage, la montagne ou la campagne civilisée : «Le paysage, c'est les prairies, les vallons, la couleur des saisons, les oiseaux qu'on entend, les vaches sous les arbres. C'est aussi notre lieu de travail. Tous les jours on vit, avec, on l'entretient» déclare Martine Jardin, éleveuse de vaches allaitantes en Sarthe dans "Le lien entre éleveurs et paysage décrypté". Les Pyrénées vivantes se réduisent à une image digne du royaume des témoins de Jéhovah.
L'ours, l'élément sauvage du patrimoine des Pyrénées devient dangereux comme la peste, exclu du patrimoine comme des dépliants touristiques puisqu'il doit disparaître de la nature.
Dans leur communication les éleveurs et les agriculteurs deviennent les "bons bergers", les brebis formant la "biodiversité à visage humain". Le sauvage, lui est inhumain, bestial, dangereux, nuisible, il doit disparaitre. Et ils agissent en conséquence. Après avoir participé aux battues contre Franska, Hvala et ces oursons sont la nouvelle cible. Dérangée par des chiens lors d'une battue alors qu'elle était au repos sous un rocher, elle devient l'agresseur du chasseur...
"L’instinct tueur de l'ours brun ne seraient-ils pas bons pour l'image édulcorée et idéalisée du plantigrade ?" Le fait que les ours mâles tuent des oursons n'a jamais été caché. La mortalité des oursons est élevée la première année. Les mères connaissent ce danger et protègent leurs petits en conséquence. Rien de nouveau, mais pour l'ASPAP, cette vidéo violente est le moyen de médiatiser le danger de l'ours, de rendre leur message haineux plus "people".
Pourtant, dans les Pyrénées, ce phénomène est rare. La compétition entre mâles est faible. Vu la faiblesse de la population, les rencontres mâles / femelles sont plutôt rares. Les deux oursons de la Sierra del Cadi ont survécu aux "terribles mâles", tous comme les oursonnes de Hvala et l'ourson né en 2005 dans le massif de l'Aneto.
L'infanticide sexuellement sélectionné (SSI), que l'ASPAP appelle "l'instinct tueur de l'ours brun" est un phénomène connu de tout ceux qui s’intéressent à l'ours. "C'est pour cela qu'aux annonces de naissances d'oursons de l'année, les amis de l'ours en général insistent souvent sur le fait que rien n'est joué avant que ces oursons atteignent 1 ou 2 ans. Ce comportement, assez typique de l'ours, a une réalité biologique : les mâles veulent assurer un maximum de LEUR descendance. Ainsi, ils n'hésitent pas à tuer des oursons qui ne sont pas les leurs pour s'accoupler avec l'ourse et ainsi avoir "leurs" descendants." déclare Mathieu Krammer, étudiant en Biologie.
"L’intérêt majeur de cet article est le film qui l’accompagne et montre l’un de ces infanticides. Il vaut mieux le visionner en première page, le format est plus grand, l’image de meilleure qualité que celle qui accompagne l’article." déclare Bruno Besche-Commenge. Plus saignant en quelque sorte. «Elle s’est produite en juin 2000, dans le Parc Naturel de Fuentes del Narcea, où il fut possible de vérifier "l’obsession et la minutie" que mettait l’ours mâle à rechercher et tuer un à un les trois petits de la portée, et cela malgré les réactions violentes et désespérées de la femelle pour l’en empêcher » déclare le journaliste de "El Comercio Digital".
L'ours n'a pas le monopole de ce type de comportement. Les lions dévorent les lionceaux dont ils ne sont pas le père. Dans nos jardins, les chats le font également. Par ailleurs, cette pratique d'extermination de la descendance ou de l'apparentement a été (et est peut être toujours) une pratique humaine. Chez nombre de civilisations, et pas forcément les plus réputées barbares, cela était pratiqué couramment. Lors des querelles de grandes familles, royales ou pas, lorsqu'on tuait le membre visé, il était fréquent aussi d'exterminer toute la famille pour éviter les représailles. C'était le cas dans l'Egypte des pharaons comme en France à l'époque mérovingienne. Les Arabes en faisaient de même, comme en témoigne le massacre au moyen-âge de la dynastie des Omeyyades par celle des Abbassides pour la domination du Califat de Bagdad. Sans parler des nombreux mythes : le massacre des innocents par le roi Hérode, le dieu grec Cronos qui dévorait ses enfants de peur qu'un d'eux ne le détrône (ce qui arriva avec Zeus), le sacrifice d'Iphigénie, la fille du roi Agamemnon (qui commandait les grecs pendant la guerre de Troie) pour satisfaire les Dieux et disposer ainsi d'un "vent favorable". De nombreuses civilisations sont truffées de ce type de légendes révélatrices des mentalités. L'homme comme l'ours est un prédateur.
Baudouin de Menten sur 31 octobre 2008 dans ASPAP, Ours brun - Ethologie | Lien permanent | Commentaires (0)
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Scientifiques d’Allemagne, d’Autriche, de Croatie, d’Espagne, de France, d’Italie et de Slovénie ont travaillé de concert pour comparer les déplacements des ours transportés dans un autre pays et de ceux relâchés sur site de capture, afin d’évaluer l’impact de ces translocations sur le comportement spatial des ours.
Entre 1989 et 2006, 3 régions d’Europe ont été concernées par des opérations de lâchers dans le cadre de programmes de renforcement de populations d’ours brun : 3 ours en Autriche, au nord-est des Alpes ; 8 ours dans les Pyrénées centrales, versant français ; et 10 ours au nord de l’Italie, dans le Parc naturel Adamello-Brenta ; soit un total de 21 ours (6 mâles et 15 femelles). Pendant cette période, 28 ours (16 mâles et 12 femelles) ont été capturés en Slovénie et Croatie, équipés de colliers émetteurs et relâchés sur leur site de capture. Nous avons comparé les déplacements des ours relâchés dans un autre pays avec ceux relâchés sur place afin d’évaluer l’impact des opérations de renforcement sur le comportement spatial des ours.
Les ours réintroduits se déplacent plus la première année.
A partir du calcul de la distance entre localisations télémétriques successives espacées d’environ 24 h, on constate que les ours réintroduits se déplacent plus la première année et montrent une plus forte variabilité dans les déplacements quotidiens que les ours non déplacés. L’évolution des déplacements au cours de la première année après la réintroduction montre une phase d’instabilité après le lâcher comprise entre 1 et 2 mois selon les individus qui ne s’observe pas chez les ours relâchés sur leur site de capture en Slovénie et Croatie.
Cette phase se caractérise par de grands déplacements, dans des directions variables d’un jour sur l’autre et par l’utilisation de secteurs géographiques différents au cours du temps. Concernant les ours réintroduits, la distance entre le point de lâcher et la localisation la plus éloignée est très variable selon les individus. Elle varie entre 12,3 et 105,8 km (la moyenne est de 48 km) et on ne relève pas de différence significative entre les mâles et les femelles.
La deuxième année, leurs déplacements sont comparables à ceux des ours relâchés sur place.
La valeur moyenne des déplacements quotidiens est similaire à celle observée sur les ours suivis en Slovénie et Croatie. On constate également une nette diminution de la surface du domaine vital la deuxième année pour tous les ours réintroduits : en moyenne de 1000 km2 la première année, elle descend en moyenne à 600 km2. Néanmoins les ours réintroduits maintiennent un domaine vital supérieur à celui des ours restés en Slovénie ou Croatie. Cette différence peut être, en partie, liée aux habitats plus fragmentés et plus anthropisés (modifié par l’action de l’homme) dans les Alpes et les Pyrénées, qu’en Slovénie et Croatie.
Si on calcule, pour chaque ours suivi au moins deux années, la proportion de recouvrement du domaine vital annuel entre années successives, on n’observe pas de différence entre les ours réintroduits et les ours non déplacés, avec respectivement des proportions moyennes de 78,5% et 77,9% de taux de recouvrement entre domaines vitaux successifs. Toutes les femelles accompagnées d’oursons de l’année, qu’elles soient délocalisées ou non ont un fort recouvrement (>90%) avec le domaine vital précédent les naissances. Quelque soit la région géographique, la présence d’oursons constitue une forte contrainte sur les déplacements de la femelle.
En conclusion, il est fondamental d’intégrer lors des programmes de renforcement que les espaces fréquentés par les ours réintroduits sont vastes. Le choix du site de lâcher est également important car il conditionne en partie les déplacements ultérieurs.
L’analyse de la dynamique du comportement spatial continue à être approfondie dans le cadre de la collaboration entre les différents pays concernés.
Pierre-Yves Quenette,
Équipe technique ours – Office national de la chasse et de la faune sauvage
Source : Empreinte ours n° 4 - Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.
Baudouin de Menten sur 29 février 2008 dans ETO Equipe Technique Ours, ONCFS, Ours brun - Ethologie, QUENETTE Pierre-Yves | Lien permanent | Commentaires (0)
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Les oursons naissent en tanière au cours du mois de janvier et passent également l’hiver suivant avec leur mère. Ce n’est donc qu’à l’âge d’un an et demi qu’ils s’émancipent, permettant ainsi à la femelle adulte de s’accoupler à nouveau. Il peut arriver que jeunes et femelle passent un hiver supplémentaire dans la même tanière, mais cela est assez rare. On a pu l’observer avec la femelle Ziva pendant l’hiver 1997-1998. Il est par contre fréquent que les oursons d’une même portée passent leur deuxième hiver ensemble, sans leur mère.
Les oursons d’un an et demi quittent donc leur mère au printemps, mais tous n’auront pas le même comportement. Il est fréquent que les jeunes femelles aient des domaines vitaux qui chevauchent celui de leur mère alors que les mâles subadultes auront tendance à se disperser sur des distances beaucoup plus importantes, ce qui favorise également le brassage génétique. Cela leur permet aussi de ne pas entrer en compétition avec le mâle dominant, plus âgé, et déjà présent sur le secteur. A titre d’exemple, les ours Kouki et Boutxy (issus respectivement de Ziva et Mellba) se sont déplacés du Couserans jusqu’en Haute-Ariège au cours de l’année 1999 alors qu’ils étaient âgés de 2 ans et demi. Néré (issu de Ziva), quant à lui, a quitté le Val d’Aran en Espagne pour se rendre sur le massif du Pibèste en Hautes-Pyrénées en 2000, au cours de sa troisième année, puis a poursuivi son périple dans le Béarn en Pyrénées-Atlantiques. A contrario, l’ourse Caramelles s’est peu dispersée et restait localisée dans le Couserans en 2006.
Il est à noter que des jeunes séparés de leur mère avant leur première hibernation peuvent néanmoins survivre après la mort de celle-ci. C’est le cas par exemple des ours Boutxy et Caramelles en 1997 ou
Cannellito en novembre 2004.
Frédéric Decaluwe
Équipe technique ours – Office national de la chasse et de la faune sauvage
Source : Empreinte ours n° 4 - Empreinte Ours est la lettre d'information semestrielle de l'Etat français sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées.
Baudouin de Menten sur 29 février 2008 dans ETO Equipe Technique Ours, Ours brun - Ethologie | Lien permanent | Commentaires (0)
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1ères Rencontres Nationales du blog citoyen
"La simplicité et la nudité mêmes de la vie de l’homme aux âges primitifs impliquent au moins cet avantage, qu’elles le laissaient n’être qu’un passant dans la nature. Une fois rétabli par la nourriture et le sommeil il contemplait de nouveau son voyage. Il demeurait, si l’on peut dire, sous la tente ici-bas, et passait le temps à suivre les vallées, à traverser les plaines, ou à grimper au sommet des monts. Mais voici les hommes devenus les outils de leurs outils ! L’homme qui en toute indépendance cueillait les fruits lorsqu’il avait faim, est devenu un fermier ; et celui qui debout sous un arbre en faisait son abri, un maître de maison. Nous ne campons plus aujourd’hui pour une nuit, mais nous étant fixés sur la terre avons oublié le ciel."
(Henry David Thoreau)
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