Ours des Pyrénées - 2008 Rapport LAURENS RIBIERE - IGE

Ours des Pyrénées : territoires de présence et gestion des populations - Rapport Laurens Ribière - IGE

Rapport de l'Inspection générale de l'Environnement - mai 2008

par , Inspecteur général du génie rural des eaux et forêts et , Chargé d'Inspection générale, Membres de l'inspection générale de l'Environnement

Préliminaire de la buvette

La buvette a retranscrit l'intégralité du rapport "Ours des Pyrénées

Résumé du rapport

A la suite de la réunion du 26 juillet 2007 à Toulouse sur le Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises, la secrétaire d'Etat à l'écologie a demandé à l' une expertise pour aboutir à une meilleure définition des territoires de présence des ours, au renforcement du suivi des populations d’ours, au partage des informations entre les parties prenantes et à la valorisation de la présenc

Objet et contexte de la mission

Par courrier d’août 2007 [], la secrétaire d'Etat à l'écologie a demandé au chef du service de un appui à ses services dans l’objectif d’aboutir à une «meilleure définition des territoires de présence des ours» des Pyrénées «au regard des contraintes imposées aux élevages, mais aussi des avantages économiques pouvant être tirés de la valorisation de la présence de l’espèce», ainsi qu’à l’étude d’un «r

Méthode de travail

Dans le contexte sensible du plan de restauration de l’ours brun dans le massif pyrénéen, la mission a naturellement cherché, au cours de ces déplacements et tout au long de son travail, à équilibrer les débats et à écouter les uns et les autres. Refusant d’emblée, et dans le droit fil de la déontologie des inspections générales, les polémiques de tous ordres, la mission s’est essentiellement positionnée sur un plan techniq

Les enseignements de l’analyse comparative

Comment sortir de l’impasse ?

Tel pourrait être le sous-titre de ce rapport, tant la mission a eu le sentiment d’une situation bloquée, d’un enjeu technique et social extrêmement difficile à gérer, par chacune d’ailleurs des sensibilités en présence, et ce, malgré la bonne volonté de chacun à rechercher des solutions et les entretiens constructifs que la mission a eus sur le terrain.

Les territoires de présence de l'ours

Compte tenu du contexte sociopolitique dans lequel s’inscrit le Plan de restauration, et dans le droit fil de sa lettre de mission lui demandant d’analyser les territoires de présence au regard des «contraintes imposées aux élevages» et des «opportunités de valorisation économique», la mission a dès le départ considéré que son rapport devait s’insérer dans le cadre global de l’aménagement équilibré de la m

L’ours et ses territoires dans le monde

Il y a huit espèces d’ours dans le monde :

Le grizzly américain est un immigré assez récent d’Eurasie qui s’est répandu dans l’Ouest américain en coexistant avec l’ours noir, plus ancien. L’ours polaire, menacé par le changement climatique est génétiquement issu et resté très proche des ours bruns.

L’ours brun est une espèce d’origine eurasiatique, assez récente. Différentes espèces l’ont précédé en Europ

L’habitat de l’ours

Sur la planète, les ours vivent dans différents types d’habitats, la plupart sous couvert forestier [Bears – statut et conservation – Rapport de la commission spécialisée de l’UICN sous la direction de Christopher Servheen, co-président de la commission spécialisée de l’UICN sur l’ours, responsable de la gestion de l'ours grizzly aux Etats-Unis - United StatesWildlife and Fish Service (USWFS)] : forêts tropical

Le comportement de l’ours

En dehors du cas de certains animaux devenant familiers, l’ours est un animal discret ou farouche, qui évite l’homme, que l’on voit peu [Le constat de cette rareté est symbolisé par la fameuse formule de « l’homme qui a vu l’ours » !], y compris quand sa population est dense. L’ours est un animal solitaire, qui parcourt un vaste territoire, aux limites imprécises, variant au long de la vie de l’animal. Les comp

Les territoires de l’ours

De ces particularités, il résulte :

  • au niveau de la population, le groupe déterminant pour son devenir est celui des femelles suitées. Compte tenu du comportement de l’espèce, un «sex ratio» déséquilibré au détriment des mâles impacte peu la fécondité.
  • au niveau des territoires, l’ours a besoin de vastes territoires où chaque individu satisfait ses besoins alimentai

Les territoires du pastoralisme

Parmi les territoires concernés par la présence de l’ours dans les montagnes d’Europe occidentale, les Pyrénées se caractérisent par l’importance du pastoralisme ovin. Bien que l’élevage bovin à viande soit très majoritaire, exprimé en unités gros bétail, 600.000 ovins fréquentent 550.000 à 600.000 formations pâturées d’altitude dénommées «estives». Ces espaces sont supra forestiers, au dessus de 1800 à 2000m d’alt

L'Etat du pastoralisme dans les Pyrénées

Les systèmes ovins pyrénéens se répartissent en deux types principaux :

  • le système laitier qui est spécifique au Pays basque et au Béarn, produisant des fromages très recherchés sur les marchés local et national, et des agneaux maigres en sous produit. La majorité des ovins pyrénéens (400 000 têtes), pratiquement tous dans les Pyrénées-Atlantiques, relèvent de l’élevage laitier, qui implique

Le pastoralisme, les milieux naturels et la faune sauvage

Le caractère respectueux de l’élevage traditionnel pyrénéen est revendiqué : «quand on voit ce que l’on a fait d’autres territoires, les éleveurs pyrénéens sont les derniers à avoir des pratiques respectueuses de l’environnement, sans engrais ou pesticides» ou encore : «l’ovin est le dernier rempart contre la friche».

Ce rôle est d’ailleurs reconnu [Réflexions sur le pastoralisme et la qualit

La qualification des territoires de présence de l'ours

Les constats issus des deux chapitres précédents, et surtout la , pourraient amener à la conclusion d’une incompatibilité définitive de la cohabitation ours/pastoralisme, simplement du fait d’un impossible partage de l’espace. Cette conclusion tout à fait compréhensible –et sur laquelle la mission s’est elle-même interrogée- lui a d’ailleurs maintes fois été affirmée et elle est suggérée par ailleurs dans de nombreux rappor

L’exigence préalable de territoires favorables aux ours

Le déroulement du processus de raréfaction, puis de disparition de l’ours au XIXème siècle et au début du XXème siècle, dans les montagnes du sud ouest de l’Europe, tend à montrer que l’ours a subsisté le plus longtemps dans des territoires forestiers qui lui étaient favorables pour ses besoins vitaux, et où ses interactions avec les activités humaines étaient limitées : les deux noyaux ast

L’hypothèse du cantonnement

L’hypothèse d’un «cantonnement» des ours a été de nombreuses fois formulée à la mission –«la vraie coexistence, c’est cela»- pour tenter de concilier les territoires en conflit et les intérêts en présence. Ce terme désigne, selon le Petit Larousse, à la fois la délimitation d’un terrain (non obligatoirement clôturé) et une installation temporaire. Selon les interlocuteurs rencontrés, d’autres termes ont été utilisé

La qualification des territoires de présence

En conséquence, la mission a cherché une solution alternative, pragmatique et moins coûteuse, en s’appuyant sur la biologie de l’ours, sur les enseignements de l’analyse comparative, ainsi que sur ses entretiens avec les interlocuteurs du massif, et propose la qualification suivante :Dans un premier temps, la mission a cherché à déterminer les territoires où l’espace forestier est suffisant et où les impacts de l’ours