Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées

par Stéphan Carbonnaux (pour FERUS)

Sommaire

1) Le sens profond du retour de l’ours dans les Pyrénées

La création d’une économie autour de l’existence de l’ours est manifestement une voie intéressante à suivre dans les Pyrénées. Elle représentera peut-être, si elle est bien conçue, une nouvelle ère pour nos montagnes. Toutefois, le sens du retour de l’ours est ailleurs, dans une nouvelle relation à vivre avec le roi déchu des animaux de notre continent.

2) Chronique de la protection l’ours dans les Pyrénées

Il a été dressé ici un historique, à compléter, des désirs et des mesures de protection de l’ours dans les Pyrénées, sans oublier des éléments d’ambiance nécessaires à une meilleure compréhension d’une bataille ô combien difficile. La protection de l’ours des Pyrénées fut un cinglant échec, reste à assurer le renouveau de l’ours dans les Pyrénées.

3) La mort des derniers ours des Pyrénées

Recenser les cas de disparition artificielle des derniers ours des Pyrénées nous a paru une tâche obligatoire pour bien saisir les raisons de la disparition de la souche autochtone et la responsabilité de nos autorités devant la catastrophe lente annoncée depuis plus de 50 ans. Pourquoi a-t-on échoué quand les Espagnols ont réussi de leur côté dans la Cordillère cantabrique ?

  • Entre la fin oficielle de la chasse et celle des battues administratives.
  • L'époque de la protection de l'ours
  • Après les renforcements en Pyrénées Centrales
  • Pourquoi en est-on arrivé là?

4) La politique pastorale des associations de protection de l’ours dans les Pyrénées occidentales

Défendue comme une révolution, la politique pastorale des associations de défense de l’ours a servi les intérêts du monde de l’élevage quand les ours, eux, disparaissaient les uns après les autres. Une bien cruelle désillusion qu’il faudra effacer d’une manière ou d’une autre.

  • De la révolution à la désillusion
  • le vrai problème n'a jamais été l'ours
  • La dernière doctrine à la mode : le risque zéro
  • L'ultime hypocrisie

5) Le pastoralisme et la prétendue biodiversité

Les éleveurs et leurs moutons ont- ils déjà créé une espèce de plante ou favorisé une plus riche biodiversité ? Qu’y a-t- il vraiment derrière cette fameuse biodiversité que chacun s’accapare ? Voici quelques éléments sur une question fondamentale.

6) La chasse et l’ours dans les Pyrénées

Chasser dans un pays peuplé d’ours est possible avec une protection de l’animal. Cependant, dans les Pyrénées, de gros efforts restent à faire tant certaines pratiques cynégétiques sont incompatibles avec la tranquillité de l’ours et de la faune.

7) L’espace vital de l’ours dans les Pyrénées

L’ours vit aussi bien dans les contrées les plus sauvages du monde que dans des régions très marquées par l’homme. Au XXIe siècle, l’ours a plus que jamais une place à nos côtés dans les Pyrénées.

8) L’ours et le tourisme dans les Pyrénées

Où il sera combattu les fantasmes et mensonges de certains, selon lesquels le retour de l’ours provoquerait la fin de l’économie touristique des Pyrénées.

9) Pour des ours sans puce ni collier électroniques

Dans notre société de plus en plus normalisée, l’animal sauvage doit être fermement défendu pour la liberté qu’il incarne. N’oublions pas que les animaux sont des bancs d’essai de futurs traitements pour les hommes…

Télécharger le (volumineux) Rapport historique et prospectif sur la protection de l'ours dans les Pyrénées commandé à Stéphan Carbonnaux par l'association FERUS. (PDF - 145 pages - 1991 ko)

NDLB: Ce sommaire comprendra des liens vers les différents contenus au fur et à mesure de la création des pages. Revenez-donc sur ce sommaire de temps en temps.

Préambule

STEPHAN CARBONNAUX - Au mois d’octobre 2007, j’ai été embauché comme chargé de mission "ours" par FERUS. J’ai réuni des éléments ayant servi à la rédaction du bilan à mi parcours du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises 2006-2009, publié par FERUS, Pays de l’Ours-ADET et le WWF-France au mois de mars 2008.

Par ailleurs, FERUS m’a demandé de rédiger un rapport personnel qui n’engage bien évidemment que ma personne et aucunement l’association. Ce document évoluera encore puisque certains renseignements, notamment d’origine étrangère, ne sont pas encore assez complets pour être exploités. C’est ainsi que depuis l’automne 2007, j’ai rencontré plusieurs dizaines de personnes compétentes issues des associations, des administrations ou bien des particuliers. J’ai agi avec une totale liberté, choisissant de rencontrer les personnes qui me semblaient à même de me renseigner. Une liste de noms est jointe à ce rapport. N’y figurent pas cependant quelques noms pour la raison exigée de confidentialité ou bien parce que je préfère les taire pour la tranquillité des personnes en cause. Ce n’est un secret pour personne, la vie dans les vallées est aussi faite de représailles lorsqu’on ne pense pas comme le voudraient certaines autorités.

J’ajoute qu’au cours de cette mission de recherche, j’ai participé au voyage organisé par le ministère de l’Écologie et la DIREN-Midi-Pyrénées en Trent in (Italie du Nord) et que j’ai effectué deux séjours dans les Asturies en février et en avril. Le premier fut un séjour d’études sur le terrain invité par le FAPAS (Fonds pour la protection des animaux sauvages) au cours duquel j’étais accompagné par Denis Bouissou, administrateur de FERUS. Le second fut un séjour de travail et d’observations en compagnie notamment de Sabine Matraire, coordonnatrice "ours" et trésorière de FERUS. Je précise également qu’au terme de trois voyages privés en Slovénie depuis 2005, cumulant dix semaines sur le terrain, au contact quotidien tant des hommes de tous horizons, que de la nature et des ours, de jour comme de nuit, je commence à avoir une bonne vision du rapport hommes/ours dans ce pays. Du reste, le rapport de l’homme et de la nature me passionne depuis longtemps. J’ai ainsi accumulé de nombreuses expériences et observations sur le terrain, je vais dans la nature la nuit, y dors à la belle étoile (y compris seul, là où vivent ours, loups et lynx), ne manque jamais d’approcher toutes les personnes rencontrées au dehors et lit ou visionne quantité de livres ou de films. Je dois beaucoup ici à l’oeuvre fondatrice de Robert Hainard.

Enfin, je tiens à signaler mon attachement profond et amoureux aux Pyrénées. La Rhune, le Xoldokogagna et le Jaizkibel furent les premières montagnes que j’ai vues avant même de savoir marcher, et le théâtre de mes premières grandes observations dans la nature. J’ai d’ailleurs été initié à l’ornithologie par le grand-père d’amis d’enfance qui vivait à Hendaye, un homme remarquable, basque et béarnais d’origine, qui m’a emmené dans maints endroits du Sud-Ouest. Les yeux et le coeur toujours fixés sur les Pyrénées, la découverte de la vallée d’Aspe en 1992 a décidé de mon installation à Pau il y a quinze ans, d’abord comme permanent de la SEPANSO-Béarn avec le statut d’objecteur de conscience.

C’est très tôt, sur l’Artzamendi, la montagne de l’ours, un jour de février 1981, que j’ai ressenti combien l’ours était intimement lié aux Pyrénées, à sa nature et à sa culture.

Stéphan Carbonnaux
Chargé de mission "Ours" à Ferus

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