Plan loup: premier loup tué

Louve_bouvante_3 Faune. Une louve de dix-huit mois a été abattue le 21 octobre dans la Drôme

Une louve a été prélevée par tir jeudi 21 octobre 2004 (9h30) dans le Vercors ouest (hors parc naturel régional et hors réserve des Hauts Plateaux) par les agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) de la Drôme. Le tir a eu lieu à une distance de 280 mètres, sur le lieu-dit du Serre de Montué, près de Bouvante, à l'est de Valence. Cette jeune louve, âgée d'environ 1 an et demi, pesait 19,2 Kg et n'était ni gestante, ni allaitante.

L'autopsie de l'animal a eu lieu le vendredi après-midi suivant, au laboratoire du sevice vétérinaire départemental. La condition physique générale de la louve était bonne. Des prélèvements ont été effectués pour des tests ultérieurs.

Le département de la Drôme compte au moins une meute de loups installés sur le territoire du PNR du Vercors (population minimale estimée en hiver 2003-2004 : 2 à 3 individus minimum et attestation de reproduction en fin d'été 2004). Une inconnue subsiste quant à la fréquentation constatée dans ce secteur dit du Vercors Ouest : les données actuelles ne nous permettent pas encore de savoir s'il s'agit des mêmes individus constituant la meute du Vercors ou s'il s'agit d'individus distincts.

Le Préfet de la Drôme a autorisé à titre exceptionnel les journalistes à prendre des photos et à filmer au laboratoire vétérinaire départemental où a été analysé le cadavre de l'animal, ce jeudi 21/10 de 17h30 à 19h00

Les écologistes ne sont «pas surpris», ils sont «consternés». Une louve d'environ 18 mois a été abattue hier matin dans la Drôme, au coeur du massif du Vercors, par un agent de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). La distance de tir était de 280 mètres et la bête était seule. Après expertises, il a été établi qu'elle n'avait jamais mis bas. Ce premier abattage intervient quatre mois après l'entrée en vigueur dans l'Hexagone d'un Plan loup autorisant les agents de l'ONCFS à éliminer quatre loups (sur une population de 50 à 60) avant le 31 décembre, afin de calmer des éleveurs de plus en plus énervés par les attaques répétées de leurs troupeaux.

«Le pastoralisme a certainement besoin de soutien, mais ce type de mesure ne les aide en rien. Nous sommes face à une pure logique de tirs politiques des loups», s'indignait hier Jean-David Abel, un écologiste drômois, membre de France nature environnement. «Le monde associatif avait accepté certains dispositifs s'ils devaient défendre les troupeaux. Or dans ce secteur, les attaques de loups se sont produites surtout sur des troupeaux non protégés et, en plus, les troupeaux étaient redescendus des alpages depuis plusieurs semaines. Le but était juste de "se faire un loup".» Il y a quelques semaines, à Gap, le ministre de l'Agriculture avait poussé un coup de gueule devant des éleveurs ovins, réclamant une intensification de la chasse. «J'ai demandé à mon collègue (de l'Ecologie, ndlr) d'accélérer les prélèvements car il est intolérable qu'il n'y ait pas eu de résultats», avait déclaré Hervé Gaymard. Edicté en juillet pour les Alpes du Sud, le Plan loup avait été étendu aux Alpes du Nord, Drôme comprise, fin septembre.

Considérant que «le loup est protégé en droit européen», l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) a déjà décidé de «rechercher, devant les tribunaux, la responsabilité du préfet et du fonctionnaire qui a tiré sur la louve». Pour elle, ces deux-là sont devenus ni plus ni moins «des braconniers». Cet abattage est «scandaleux», ont jugé de leur côté le WWF et la SPA.

Commentaires