Manifestation pour la Biodiversité à Paris

Manif_1 De Paris, au sud de la France, ours et loups étaient présents. Plus de 1300 personnes à Paris, 200 à Nice, 350 dans le Vercors ont manifesté leur volonté de préserver les grands prédateurs en France, notamment le loup et l'ours.

Initialement prévue pour protester contre l'abattage de quatre loups, autorisé par un arrêté ministériel, la manifestation parisienne aura finalement rassemblée moins de monde que les organisateurs semblaient l'espérer après l'abattage de 2 loups et de la dernière ourse de souche pyrénéenne en l'espace de 2 semaines.

Toutefois l'émotion et la détermination étaient importantes parmi les manifestants, dont certains avaient faits plusieurs centaines de kilomètres pour être présents. Si les motivations étaient très diverses, au final elles se rejoignaient pour demander une présence durable du loup et de l'ours.

Alors que les militants associatifs reprenaient en coeur et sur leurs banderoles des slogans notamment à l'encontre du ministre de l'agriculture, Hervé Gaymard, lequel ne cache pas son aversion pour le loup, la manifestation a dépassé leur cercle habituel pour atteindre des individus "lambda" venus manifester leur volonté de sauver la biodiversité dans son intégralité.

Parmi ces derniers, un couple de Normandie, d'une cinquantaine d'années, dénonçait le "génocide des ours", déclarant qu'ils avaient "Honte d'être de la génération qui avait amené l'ours au bord de la disparition". D'autres, jeunes étudiants savoyards à Paris, se déclaraient attristés par la perte de biodiversité, estimant qu' "Ailleurs le loup cohabite bien avec les bergers... alors pourquoi pas en France". Des familles étaient également présentes avec pour crédo de pouvoir léguer à leurs enfants une nature avec toute sa biodiversité.
Par contre, au sein de cette manifestation, organisée par Férus, la SPA et le WWF, certains manifestants ont trouvé plutôt de mauvais goût le cercueil dédié à l'ourse pyrénéenne qui ouvrait le cortège. Un parisien déclarait à ce titre qu'il aurait préféré un "Cortège du vivant et non de la mort".

Dans le Vercors, pour les 350 personnes qui avaient fait le déplacement, point de cercueil, mais l'édification de cairns (tas de cailloux bien connu des randonneurs en montagne). Ces petites pyramides de pierres, dans la nature habitat du loup, où chacun peut apporter la sienne, marquer sa solidarité avec un groupe, s'associer, humblement - comme il se doit - à l'expression d'une volonté collective, sont parfaitement en harmonie avec le site. Le cairn est tout le contraire d'un enterrement. Il s'élève comme pour montrer que la montagne est encore plus grande grâce aux humains qui l'habitent. Alors que sur le lieu de l'abattage de la louve, plus que 100 personnes ont bravé vent et brouillards pour construire un cairn de 2 tonnes de cailloux, un autre fut érigé au Col de la Chau par 250 personnes pour attester de leur volonté de voir vivre le loup dans les Alpes.

Ces rassemblements dans le Vercors, initiés par des adhérents des associations de la fédération France Nature Environnement (FNE) se veulent un rappel que la cohabitation entre les troupeaux et le loup est possible et tout doit être mis en oeuvre pour y parvenir.

Le clou de ces manifestations, aura toutefois été le rassemblement spontané de 250 pyrénéens en Vallée d'Aspe, où l'ourse a été tuée. 250 Pyrénéens, fiers de leur montagne et attachés à sa biodiversité, qui ne peuvent l'imaginer sans ours... Parmi eux, de simples habitants de la vallée, mais aussi des éleveurs, des bergers et des chasseurs, tous très affectés de ce qui est arrivé au début de la semaine.

Pascal Farcy et Louisa Mathelin

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