Le Border Collie, le chien qui hypnotise le bétail

Border_collie_berger Introduit en France à la fin des années soixante, le Border Collie y est devenu, comme partout dans le monde, le chien de troupeau le plus utilisé par les professionnels. Originaire de Grande-Bretagne, le Border Collie doit ses qualités naturelles à une sélection continue sur ses aptitudes au travail sur troupeau.

Le Border Collie est un chien vigoureux, ardent, tenace, travailleur et docile. Très dévoué à son maître, réceptif à l'éducation car attentif et intelligent, il est réservé envers les étrangers mais ni craintif ni agressif. Doté d'un odorat puissant, le Border Collie possède surtout un regard au pouvoir extraordinaire dont il se sert pour travailler avec son maître. Il travaille à distance en fixant intensément, semblant ''hypnotiser'' le bétail.

Le Border Collie est la race la mieux représentée dans les concours sur troupeaux et il doit rester un chien de berger. Son éducation débute vers 6 mois et peut s'étendre sur un ou deux ans. Il n'est pas adapté à la vie en ville. Infatigable, l'exercice quotidien lui est absolument nécessaire. Le Border Collie s'adapte assez facilement à un rôle de chien de compagnie. Il n'a pas besoin d'entretien particulier.

Border_collie Pendant des siècles, les bergers éleveurs français ont mené leurs troupeaux en pâtures et « fabriqués » des chiens tout à fait aptes à ce travail de gardiennage. Qu’il s’agisse de pâturage « au carré » en Beauce (Bas rouge ou Beauceron) ou en Picardie,(Briard, Picard), d’estives dans les alpes ou dans les Pyrénées (Petit berger des Pyrénées), de bergers itinérants en Alsace, ou encore d’exploitation des parcours en Provence, chaque région est en mesure de présenter un chien de travail très qualifié et parfaitement adapté aux besoins locaux.

Contrairement à certaines idées reçues, les chiens de bergers français, de part le travail qui leur est demandé, ont une polyvalence peu commune : rechercher, ramener, trier, parer les cultures, contenir, repousser, guider... fait partie de leur quotidien. Les concours inter races de chiens de troupeau, en exigeant du chien un travail précis et varié en sont l’exemple le plus marquant.

Border_collie_2 Dans les pays Anglo-saxons, et notamment en Ecosse, en Australie, en Nouvelle Zélande ou encore dans le Connemara en Irlande, les éleveurs disposent de vastes zones uniquement consacrées à l’élevage. Le plus souvent, il s’agit de régions dépourvues de cultures, toutes acquises à la cause du mouton.

Ces éleveurs ont très vite compris combien il était essentiel de posséder des chiens capables de travailler à des distances que leurs homologues français ne pouvaient pas encore imaginer. Par ailleurs, les éleveurs Anglais et ceux du sud de l’ Irlande profitaient de ces zones enherbées pour y poser des clôtures. Il devenait alors évident que le mode de travail extensif influerait directement sur le caractère du Border Collie, il serait par son comportement incontestablement différent des autres.

Lorsque dans les années 70, les premiers Border Collie apparurent en France, la première erreur fut de les comparer à nos chiens de bergers afin d’en chercher les différences et en particulier les avantages. Fondamentalement, il n’existe pas de différence, (tous les chiens sont des chasseurs), mais plutôt une nuance, qui ne vient pas de l’individu lui même, mais du travail de sélection dont il est le produit. Cela se confirme par le fait que jamais les anglo-saxons n’ont importé de chiens de bergers français. Ces derniers, malgré leur polyvalence, demeurent inadaptés au système d’exploitation anglais. Pourquoi ? Simplement parce que les chiens évoluant en Grande Bretagne, ont un mode de travail unique, tous les Border Collie Anglo-saxons travaillent de façon identique (rechercher, regrouper, ramener).

Les critères de sélection reposent sur ces trois paramètres qui font exclusivement appel à l’instinct ancestral le plus apte à être exploité, celui de la chasse. Nous rejoignons là cette notion de nuance subtile qui fait que le Border Collie excelle dans « la recherche » qui est un acte instinctif, alors que la « rive » du Beauceron est le résultat d’une sélection au travail effectuée par l’homme sur le chien.

Border_collie_couche Les éleveurs d’outre-manche ont façonné un chien redoutable d’efficacité, doté de qualités remarquables, mais pas toujours adapté à nos besoins et à nos structures. Le Border Collie n’est pas un chien d’exception, il est le résultat d’une sélection rigoureuse, effectuée au sein d’un environnement exceptionnel par des conducteurs de chiens hautement qualifiés. Le travail de recherche (dépassant parfois les 1000 mètres) lui a permis de conserver, voire de développer cet indispensable instinct de prédateur qui est à mon avis l’atout majeur du Border Collie.

Beaucoup plus précoce que nos chiens français, il n’est pas rare d’observer un chiot Border Collie de 4 mois tourner autour de moutons ou de regrouper des volailles

Droit texte : Raould Kergomard
Un lien sympa : La passion du chien de berger

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