Pacage franco-suisse

Chaque année, plus de mille bovins en provenance de Genève passent l'été sur les alpages français du Jura et au Salève. Cet arrangement profite économiquement aux deux parties. Mais depuis quelques années, l'estivage est compliqué par des problèmes liés à la maladie dite de la vache folle et à d'autres épizooties.

Pacage_1 En 1997, par exemple, les autorités françaises exigeaient que les vaches suisses subissent un test IBR (maladie qui rend les vaches stériles) alors que cette maladie n'existe pas en Suisse.

Pour l'été 1998, une amélioration est intervenue : l'interprétation de cette exigence est plus souple. Le contrôle se fait par troupeaux et il suffit que le vétérinaire suisse donne la garantie que le cheptel est sain depuis deux ans pour que ce dernier puisse traverser la frontière. Cette formule a été reconduite pour la saison d'été 1999.

C'est sous la présidence de François Briggen, de Borex, que s'est tenue, vendredi dernier à La Rippe, l'assemblée de l'Association du pacage franco-suisse, section de Nyon.

Les différentes explications émanant des Services vétérinaires et douaniers suisses et français ont donné lieu à un véritable roman-fleuve. Pour M. Mermoud, du Service vétérinaire cantonal, au niveau des papiers tout change, mais il ne faut pas s'apeurer. Voilà en résumé la situation qui devient une tradition: chaque année des nouvelles exigences sanitaires et procédures de contrôle sont édictées suite aux accords vétérinaires entre l'Union européenne et la Suisse.

Cette année, c'est le système informatique TRACES, basé au Luxembourg, qui sera appliqué. Il devrait permettre une meilleure traçabilité des mouvements des animaux. Mais, si la plupart des vétérinaires suisses ont été formés, leurs collègues français n'en sont pas encore équipés... leur seule base étant à Lons-le-Saunier. Voilà qui promet bien des tracas tant pour les vétérinaires que pour les amodiataires.

Il faut savoir que si la notion de pacage provient d'une longue tradition d'estivage, cette transhumance est totalement inconnue des technocrates de Bruxelles qui ne parlent que d'exportation et d'importation de marchandises !
Et pourtant ce sont près de 3000 têtes de bétail suisse, dont 200 vaches laitières qui paissent chaque été dans le Pays de Gex et dans le Jura jusqu à Saint-Claude en ayant passé la frontière à Chavannes-de-Bogis ou à La Cure.

Quelques voix se sont élevées pour réclamer un peu plus de bon sens parmi les têtes pensantes, sachant que le pacage est aussi pratiqué dans d'autres régions.

Source : Lacote.ch

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