Une réaction au protocole : L'écologie a-t-elle vraiment un ministère ?

Avec Bachelot, on a eu droit à un nouveau nom pour le ministère de l'environnement: celui de l'écologie. Aussi neuf que ses tailleurs roses. Mais horreur, la voilà qui se met à demander la mort des putois, furets, ragondins, ce qui fut fait par milliers et le plus souvent au lance-flammes ( selon  Guy Konopnicki dans Marianne) sous prétexte qu'ils seraient nuisibles, mot anti-écologique. "Et Tartuffe? Le pauvre homme..."

Avec Lepeltier, on a commencé à faire plaisir aux ennemis du loup, en en tuant quelques uns. Mais il avait pas l'air content de ça,  il l'a fait! Et ensuite, il a pleurniché sur le cadavre de Cannelle pour montrer son bon coeur. "Et Tartuffe? Le pauvre homme..."

"Au final, les éleveurs ont jugé dérisoire l'abattage de seulement deux animaux dans la Drôme, et dans l'Isère. Les associations de défense du loup ont, pour leur part, dénigré les conditions dans lesquelles les tirs ont été effectués.

Depuis, le ministère a reconnu l'échec "relatif" de son plan au regard de son coût : 180 000 euros pour l'ONCFS, soit l'équivalent de 1 000 heures d'agents passées sur le terrain.
Selon le ministère de l'agriculture, seulement un quart à un tiers des éleveurs qui vivent dans les zones à loup ont aujourd'hui pris des mesures de protection contre les attaques : chiens patous, spécialisés dans la garde des troupeaux, embauche d'aides-bergers, clôtures." Le Monde du 3.6.2005.

Cet accord est l'héritage laissé à Nelly Olin, la nouvelle "sinistre" comme disait Coluche:
Il est prévu que "le prélèvement de loups pourra être confié à un éleveur particulièrement victime d'attaques répétées" . Le berger pourra exercer un tir de défense, après accord du préfet et lorsque, en parallèle, les gardes de l'ONCFS auront reçu, eux aussi, mission d'abattre le loup.

Les chasseurs pourront également participer aux tirs. "On va au-devant de dérapages graves. Les services de l'Etat n'auront plus les moyens de contrôler le nombre de tirs et de bêtes réellement abattues" , s'indigne Jean-David Abel, responsable du dossier grands prédateurs à France Nature Environnement et membre du groupe "loup" .

Les autorisations de tir accordées aux bergers pourront "courir jusqu'au printemps de l'année suivante" , même en l'absence de nouvelles attaques. Ce protocole introduit "un changement complet de doctrine" , regrette Jean-David Abel. "On passe de tirs destinés à protéger les troupeaux à un système de régulation de l'espèce" , ajoute-t-il.

Le protocole ne fixe pas le nombre de loups qui pourraient être tués. Ce sera au gouvernement de trancher. "Quel que soit le nombre de loups autorisés, l'essentiel pour nous, c'est d'avoir obtenu la possibilité de nous défendre nous-mêmes, déclare Franck Dieny, chargé du dossier grands prédateurs à la Fédération nationale ovine. Nous restons toutefois dubitatifs. Car ce protocole reste conditionné à l'arbitrage du nouveau gouvernement." ( toujours dans Le Monde du 3 juin)
Aussi, on va en faire plus! tous les éleveurs vont pouvoir tuer ce qu'ils veulent. Pour 40 loups qui seront vite en voie de disparition à ce stade, combien de chiens et autres vont écopper? Combien de loups resteront?

Pas de pitié pour ce qui gêne Narcisse le Dieu des champs, de l'espace et du cosmos!
A présent, un millier d'ennemis du loup ont défilé hier.  Pourtant;, faut pas qu'ils se plaignent: ils ne font pas grand chose pour s'équiper, mais ils ont des indemnités à gogo. Jugez plutôt, toujours sur Le Monde : "Le groupe "loup" a pris acte, jeudi, de l'intention du ministère de l'agriculture de doubler le budget d'aides aux bergers pour subventionner ces mesures concernant les ovins. Pour 2005, ce budget, financé à 50 % par l'Europe, passerait ainsi à 2,5 millions. En revanche, aucun dispositif d'aides financières n'est prévu pour la protection des bovins.

Autre motif de satisfaction pour les bergers : les indemnisations pour chaque brebis attaquée seront réévaluées et la procédure d'indemnisation accélérée. Dans les zones où le loup est installé depuis deux ans, les bergers seront indemnisés sur simple déclaration. L'expertise de l'ONCFS pour établir la responsabilité du loup avant le versement de l'indemnisation ne sera plus exigée."

Personne  ne suggère d'arrêter l'élevage. Et pourtant, tout le monde y gagnerait: le budget de la sécu, car la viande nuit gravement à notre santé...les animaux domestiques qu'on ne ferait pas naître pour souffrir, et les hommes qui, au final , ne pourront guérir de leur barbarie "tant qu'il restera  un chien qui souffre(de leur fait) sur cette Terre" Antigone de Jean Annouilh. On a tout à espérer d'un changement révolutionnaire de point de vue sur le monde. Faut bien rêver. Un jour, ça arrivera si on est enfin raisonnable.

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