Les chasseurs du Jura n'aiment pas la concurrence sauvage

Le "Jura agricole et rural" est un habitué des prises de positions archaïques. Ce 9 septembre 2005, il remet le couvert en publiant cet article d'un chasseur sachant chasser : Christian Lagalice, Président de la Fédération départementale des chasseurs du Jura.

Quelle place pour le loup ?

Un loup a été tué la semaine dernière en Isère, d’une manière tout à fait réglementaire après une série d’attaques sur du bétail, et voici la zoolâtrie (?) qui recommence aussitôt.

Au-delà du discours entendu entre ceux qui militent pour son retour envers et contre tout
( Pas pour son retour envers et contre tout. Pour le respect de la loi, le loup est un animal protégé), en minimisant son impact, et le monde agricole qui le refuse (je ne minimise rien, les chiffres des dégats dû au loup sont publics, largement diffusé, comme celui de la mortalité ovine pour d'autres causes), avec ses arguments également recevables, ce problème pose avant tout celui de la présence des prédateurs carnassiers, de leur rapport avec l’homme et avec les activités humaines. ( du rapport de l'homme désireux de dominer la nature, la femme, la terre sans se soucier aucunement des conséquences de ses actes pour les générations futures et aussi du rapport du lobby de la chasse avec le respect des lois : dates d'ouvertures, animaux protégés, zones non chassables etc..)

Nous avons déjà dans le département le renard et le lynx : si l’impact du premier se limite aux élevages de volaille - ce qui n’est surtout pas à négliger pour ceux qui en font leur activité, sans parler du risque sanitaire (la fièvre aviaire par exemple)- nous savons les dégâts que le second peut causer aux ovins. (Vous n'avez pas l'Ours encore, pensez aux pyrénéens qui vont avoir Ours, loups, lynx et chasseurs, que va-t-il rester? Rien si celà continue, juster les chasseurs.)

Qu’en serait-il avec la présence d’un troisième larron, grand prédateur s’il en est ? Les opposants à la chasse se réjouissent bien sûr : le chasseur serait avantageusement remplacé (Il n'y a pas de danger, c'est des coriaces), à moindre prix, et les populations de chevreuils et chamois, et pourquoi pas cerfs et sangliers, seraient ainsi offertes en pâture aux crocs des lointains cousins d’Ysengrin.

Lorsque le loup arrive dans un nouveau territoire, la faune sauvage présente ne se laisse pas manger toute crue. Au contraire, les plus faibles seront éliminés, les autres vont se muscler, courrir plus vite et seront plus prudent, plus difficile à tirer quoi!

Quant aux dégâts sur le cheptel domestique, les indemnisations feront bien l’affaire, une plaquette favorable à lupus suggérant même que lorsque des millions sont dépensés pour combattre la brucellose ou d’autres pathologies bovines, le coût du loup n’est finalement pas excessif ! Argumentation primaire et facile avec l’argent public: et pourquoi pas comparer le coût du cancer et d’un accident de la route, la peste et le choléra.

Et de la chasse :  combien de chasseurs tués par des confrères par an en France ? Autorégulation en quelques sortes. Le plombeur plombé.

Qu’on ne s’y trompe pas : derrière ce qui peut passer pour une doctrine se voulant naturelle, bien que fondamentalement anti-chasse se cache souvent une idéologie extrémiste qui vise à éliminer l’homme de certains milieux..

Cela me semble parfaitement compatible. La chasse est-elle naturelle ? Un bon moyen de s'en faire une idée est de visiter ce site de chasseurs: L'ANCER, l'Association nationale pour une chasse écologiquement responsable. Les chasseurs sont les premiers à éliminer l'homme des milieux naturels: Chaque année, la chasse provoque plusieurs centaines d'accidents corporels, dont une quarantaine de morts et plus de 200 blessés graves sur 1 400 000 chasseurs. Et les prédateurs? )

N’est-ce pas la faute de l’éleveur qui ne rentre pas son bétail le soir si des génisses sont attaquées et des moutons dévorés? Ne doit-il pas prendre les mesures appropriées - selon ceux qui voient cela de leur fauteuil devant la télévision...

Simpliste, l'argumentation : je suis fils d'agriculteur et de chasseur, je vis en pleine campagne, j'ai des bottes "aigles" bien usées, mais pas de 4x4 et les fusils hérités de mes parents restent dans un placard, sous clé, je ne suis membre d'aucun parti, pas même vert. Je regarde la télé quand je veux et pratique aussi des sports d'extérieurs, mais sans fusil.

... coûteuses en temps et en argent, à l’exclusion bien sûr de tout acte de défense ? Finalement, ne doit-il pas abandonner des territoires entiers aux animaux qui auraient autant que lui, et pourquoi pas peut-être plus, le droit d’y vivre ? C’est là le fond véritable du problème, celui qui oppose les tenants d’une écologie humaniste ( C'est qui, les chasseurs? ) qui ne refuse pas la présence de tel ou tel animal mais reconnaît le droit de les réguler, et celui d’une écologie intégriste qui donnerait au seul animal des droits que bien des humains aimeraient avoir.

Là je suis d'accord avec vous, à condition que la régulation se fasse dans le respect des règles établies (les lois), des conditions et pas par pièges, empoisonnements ou tir d'auto-défense dès la première attaque sur un troupeau non protégé par exemple.

Notre position est claire : le statut d’une espèce quelle qu’elle soit ne peut être figé, et ce n’est pas en sanctuarisant des espaces et en sanctifiant tel ou tel animal par un anthropomorphisme béat (Je n'appelle pas les loups "mes petits chéris" comme certains chienchien de chasse "Ca c'est un bon chienchien ça ! A qui il est le bon chienchien ;-) que nous relèverons les véritables enjeux majeurs auxquels nos territoires ruraux comme notre planète sont confrontés, et dont chacun se doit de prendre conscience.

La population de loup, il faut la contrôler, c'est sûr, mais 10% de prélèvement, ce n'est pas une sanctuarisation, il me semble, mais bien une régulation de l'espèce. Les bergers, sont les premiers des écolos, les chasseurs sont les premiers des écolos, les écolos sont aussi des écolos, bref on est tous des écolos. Le tout est de savoir ce qui se cache derrière les facades et les déguisements. Qui essaie de récupérer le courant de sympathie et d'éveil que l'écologie politique à amené depuis plus de 15 ans. C'est bizarre que tous ceux qui critiquent l'écologie d'une manière virulante s'en réclament, pourtant les conséquences de la chasse sur la santé et les populations de gibier ne sont pas nulles.

Christian Lagalice
Président de la Fédération départementale des chasseurs du Jura
pour les textes en noirs
FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES CHASSEURS
Maison de la nature et de la faune sauvage
Rue de la Fontaine Salée
39140 ARLAY
Tél. : 03.84.85.19.19

et Romuald pour les titres en vert et les textes en bleu.

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