L'ours pyrénéen a sa place

A l'occasion du premier anniverssaire de la mort de Cannelle...
Propos recueillis par Thomas Longué du journal "Sud-Ouest"

Bernard Placé: « Les chasseurs ne sont pas contre l'ours pyrénéen », plaide le président de la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques...

Parce qu'elles font l'objet d'une instruction judiciaire en cours, pas question pour Bernard Placé de revenir sur les circonstances de la mort de l'ourse Cannelle, tuée le dimanche 1er novembre par le chasseur René Marquèze, originaire d'Urdos. Cependant le président de la Fédération des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques se félicite du fonctionnement, désormais réellement effectif, du réseau «ours brun», et du dispositif de suspension de la chasse qu'il déclenche dans les zones dites «consensuelles». Quant à se prononcer pour ou contre la réintroduction d'ours, Bernard Placé sort son joker... Tout en ayant livré sans détour le sentiment des chasseurs locaux sur son opportunité actuelle.

« Un an après, comment mesurez-vous les conséquences de l'effet désastreux produit sur l'opinion par la mort de Cannelle , tant vis-à-vis de l'image des chasseurs, ce qui est une chose, que de celle du Béarn et des Pyrénéens dans leur ensemble ?
Bernard Placé : Ce qui s'est surtout passé, c'est un énorme choc dans les vallées, au niveau des valléens et de ceux qui viennent de la montagne. Parce qu'une ourse avait été tuée accidentellement par un chasseur, alors que cet animal mythique faisait partie de la vie de nos montagnes. Il est vrai que l'image de la chasse n'a pas été valorisée, mais il faut souligner l'extrême responsabilité des acteurs locaux, qui ont subi avec dignité un cyclone médiatique sans précédent.

Quelle est depuis la situation des chasseurs, au sein de l'IPHB (Institution patrimoniale du Haut-Béarn) ?
Bernard Placé : Les chasseurs avaient repris leur place au Conseil de gestion patrimoniale avant l'accident et siègent toujours dans cette instance de réflexion et de débat. L'intérêt majeur est qu'on puisse y aborder en toute franchise toute la problématique de la montagne. Qui est avant tout l'activité pastorale, humaine, la question de l'eau et enfin l'ours. A ce titre les chasseurs ne sont pas contre l'ours pyrénéen, qui a sa place. Mais ils sont opposés à toutes sortes de réintroductions d'espèces étrangères, génétiquement différentes. Et qui sont en l'occurrence source de problèmes. Les vallées ne sont pas prêtes.

Quid de la table ronde que vous aviez annoncée pour octobre ?
Bernard Placé : J'ai surtout rendez-vous avec la ministre le vendredi 4 novembre à Toulouse. Peut-être est-ce pour nous annoncer qu'elle diffère la réintroduction en raison des risques de peste aviaire. Et si un ours [slovène] avait mangé un canard malade ?...

Qu'est-ce qui a changé en un an, dans la perception de l'ours par les chasseurs ?
Bernard Placé : Il y a un élément important : les chasseurs ont pu continuer à chasser dans le cadre d'une charte entre l'Etat et les fédérations, prenant en compte la présence de l'ours. Les fameuses zones réglementées [les « réserves Lalonde », NDLR] ayant prouvé leur inefficacité, l'information concernant la présence d'un ours est traitée et diffusée prioritairement par l'équipe technique, dont l'ONC (Office nationale de la chasse) est le maître d'oeuvre. Celle-ci transmet l'information à la fédération et nous la relayons auprès des présidents des secteurs concernés. J'ai fait en sorte que cette diffusion soit parfaitement opérationnelle.

Concrètement, cela signifie qu'un chasseur ne peut plus se retrouver, comme l'an dernier à Urdos, en action de chasse avec son chien dans un secteur à ours ?
Bernard Placé : Les chasseurs ont à plusieurs reprises été mis en situation de travail pour faire remonter des informations. Je rappelle qu'il y a deux situations à risque, pour l'homme : quand une ourse est accompagnée par son petit; quand l'ours est sans tanière. Dans le cadre de la charte, des zones consensuelles viennent d'être déterminées; cinq zones dans lesquelles on est sûr de trouver un ours ont été parfaitement définies, et la chasse est suspendue dès qu'un ours se cantonne dans l'un de ces secteurs.

« Et si un ours avait mangé un canard malade de la peste aviaire ?... »

Vous voulez pas répéter la question?

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