Les dégats d'ours des Pyrénées mieux indemnisés. Une juste reconnaissance pour l'éleveur

Dégats d'ours - La commission d'indemnisation s'est accordée hier sur la cas de René Mouniague et donne gain de cause au berger.

Derochement Le cas du berger René Mouniague, qui avait perdu cinquante brebis prises de panique, le 4 juillet dernier aux estives d'Aule (Bious-Artigues), conduira-t-il à reconsidérer le mode d'attribution des indemnisations des dégâts d'ours ?

Le dernier mot sur ce dossier reviendra au ministère, le conseil d'administration du Parc national devant être préalablement saisi lors de son prochain conseil d'administration, le 7 novembre prochain. Toujours est-il que la commission spécialisée, qui se réunissait hier à l'antenne oloronaise du Parc national, a unanimement reconnu le bien-fondé de la demande de l'éleveur, qui, arguant du haut niveau génétique qu'il a fait atteindre à son troupeau, réclame d'être indemnisé de ses pertes réelles.

Celles-ci intégreraient non seulement le prix des bêtes mortes l'été dernier, mais aussi le manque à gagner représenté par cette sévère perte. Selon les critères habituels, le berger pouvait prétendre être indemnisé à hauteur de 11 300 euros. Mais Claude Soulas, le technicien du Centre départemental ovin d'Ordiarp, organisme d'expertise, a réévalué le préjudice en raisonnant selon la procédure suivie pour la tremblante du mouton. De la sorte, sachant qu'il faudra à l'éleveur trois années pour renouveler son cheptel par un nombre correspondant d'agnelles sélectionnées, il se chiffrerait non plus à 11 300 mais à 17 000 euros. Outre que, pécuniairement, la différence n'est pas mince, cette approche nouvelle fonde une véritable reconnaissance de « l'outil de travail » du berger, et par là-même de la dignité de sa fonction.

« M. Mouniague a soulevé sereinement cette question et il y a là un débat très intéressant », considérait au terme de la (longue) réunion de la commission son président, René Rose. Trois autres dossiers d'indemnisation portant sur des dégâts de moindre ampleur, relevés à Urdos (4 bêtes), Borce (4) et dans le massif de Sesques (1) ont été examinés favorablement.

Telecharger_3 Barême de compensation des dommages occasionnés par l'ours sur le massif pyrénéen 2004

Si vous avez un document 2005 différent. Merci de me le faire parvenir.

Une mesure plus juste qui aidera les éleveurs à faire des concessions vers la cohabitation, une reconnaissance de la qualité de leur travail et des soins apportés à l'élevage et à la sélection. La buvette encourage la généralisation de ce genre de mesures.

Photo: Roger Piche, éleveur découvrant les dégâts causés par le dérochement sur la Barre de Juan (Villars-Colmar). 151 bêtes mortes. 148 débarrées, une brebis égorgée et mangée, un agneau mort sur la crête, une brebis égorgée et pas mangée, un chèvre morte et à moitié mangée.

Sources : Sud-Ouest et Cédric

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