One Voice n'ira pas à Paris. Coup de gueule

Manifestation du 5 novembre : le choix de One Voice
Par Sylia le 29 octobre 2005 sur le site Lamainalapatte

Les militants interpellent

One Voice a été interpellée au sujet de la manifestation "Pour la défense de la Nature, du vivant et des animaux" du 5 novembre, ce qui est bien légitime. L’association partage et soutient en effet toutes les justes revendications énoncées dans l’appel à cette manifestation, excepté une : "Le renforcement de la population des ours dans les Pyrénées", qui implique la capture d’ours aux fins de leur réintroduction dans cette région.

L’animal au centre

Le choix de One Voice de ne pas participer à cette manifestation n’est pas tant une remise en question des choix philosophiques des associations organisatrices de cet événement, mais l’expression de la fidélité à son éthique. Sa mission est la défense des animaux en tant qu’individus, et non la préservation des espèces comme patrimoine pour les régions où vivent les humains.
Cette demande d’une réintroduction d’ours capturés en Slovénie, prend en compte les intérêts des humains qui veulent préserver leur environnement et la biodiversité certes, mais ne prend aucunement en compte l’intérêt des animaux en tant qu’individus. Or, dans le combat éthique de One Voice, l’animal est au centre.

Éthique

Sur le plan écologique, la réintroduction d’ours dans les Pyrénées lui paraît dangereuse pour ces individus, les conditions n’étant pas encore réunies, à son sens, pour permettre de préserver les nouveaux arrivants de manière sûre. Et plus encore, sur le plan éthique, il ne lui apparaît pas légitime de capturer des ours, avec tout le stress et le traumatisme que cela suppose, de les arracher à leur milieu naturel d’origine, pour les implanter dans un autre pays afin de satisfaire le bon plaisir des humains, dont certains ont tué les ours vivant dans les Pyrénées (ceux-ci n’ont pas disparu de manière naturelle).

Sanctuaire

La France compte déjà de nombreux ours sur son territoire. Hélas, ceux-ci vivent enfermés dans les cages des cirques ou sont exhibés par des montreurs. Si One Voice est opposée à la capture d’ours vivant libres dans leur milieu naturel pour les réintroduire dans les Pyrénées, elle est en revanche très favorable à la création, dans les Pyrénées, d’un sanctuaire qui accueillerait les ours retirés aux cirques et aux montreurs. À terme, et dans ce contexte différent, une réhabilitation des générations suivantes de ces ours, à la vie sauvage, pourrait être envisagée. Ce type de projet est mené avec succès par des associations en Russie et, One Voice l’envisage, pour certains ours accueillis dans son sanctuaire en Inde, quand le braconnage aura totalement disparu. De même, des chimpanzés au Congo et des gibbons en Indonésie, sont rendus à la nature.

Un autre message

One Voice espère que sa position éthique, qui n’est en rien une démarche hostile envers les organisateurs et participants de la manifestation du 5 novembre, sera bien comprise comme une volonté de faire passer un autre message. Celui de la prise en compte des intérêts des animaux en tant qu’individus, et non plus seulement en tant que représentants d’une biodiversité qui n’a sa raison d’être que par l’usage, le loisir, et le bon vouloir des humains.

Réaction de la buvette

1) L'animal au centre

"Sa mission est la défense des animaux en tant qu’individus, et non la préservation des espèces comme patrimoine pour les régions où vivent les humains". La défense des Ours individuellement (de cirques, de zoo) n'est pas incompatible avec la défense de la survie d'une espèce sur un territoire. Vous vous limitez donc à la défense des individus, c'est noté. Pour les ours, il n'y aura plus d'animal au centre, pas même sur les bords, puisque sans renforcement, il n'y aura PLUS d'ours.

2) Éthique

"Cette demande d’une réintroduction d’ours capturés en Slovénie, prend en compte les intérêts des humains qui veulent préserver leur environnement et la biodiversité certes, mais ne prend aucunement en compte l’intérêt des animaux en tant qu’individus." Erreur : les Ours slovènes qui serviront à renforcer la population pyrénéenne sont retirés d'un plan de chasse et de contrôle des populations. Si la France dit "Non, on n'en désire plus", le plan de chasse sera augmenté de 5 ours.

Leur espérance de vie est donc meilleure en France, malgré la présence d'individus et d'éleveurs qui sont prêts à enfreindre la loi pour se payer un ours, le plus discrètement possible, cela va de soi…

Même s'il est vrai la capture va les "bousculer" un peu, il faut aussi reconnaître que la capture, les soins, le transport et le lâcher sont effectués dans les meilleures conditions possibles, sous contrôle vétérinaire, dans les délais les plus brefs…

Le fait que les ours relâchés adoptent la même vie, fréquentent les mêmes lieux de nourrissages, les mêmes sentes etc., montre bien qu'ils ont gardé leur esprit entier. Le fait qu'ils se reproduisent rapidement montre aussi que les conditions de la capture ne les ont pas traumatisés autant que vous semblez le dire. De plus c'est une preuve aussi que leur nouveau milieu - les Pyrénées - est favorable à une reproduction et à une vie correcte et naturelle. La seule chose qu'ils ont à craindre en plus, ce sont les hommes qui veulent les éradiquer par n'importe quels moyens. L'ours est protégé par la loi. Il suffit donc de faire respecter la loi.

À vous entendre, si les humains font des conneries, il faut laisser faire, puisqu'aucun renforcement n'est légitime.

Ou en est dans votre projet de sanctuaire ? Qui avez vous contacté ? Vos installations sont-elles prêtes ? Les zoos vont-ils vous donner des ours ? Ou est-il aussi chez vous urgent de ne rien faire ? Avez-vous proposé à l'IPHB de réintroduire des ours "français" élevés par des mères ayant vécu toute leur vie en cage ou en enclos ? Vous risquez votre vie là !

3) Sanctuaire…

Sanctuaire ou boucherie ? Vous ne parlez pas de votre sanctuaire ? Gorce ? Combien d'hectares et de kilomètres de clôtures pour relâcher en semi-liberté des ours qui :

  • vivent depuis des années en cage ou dans quelques mètres carrés
  • sont nourris par l'homme depuis le même temps
  • ont perdu instinct de survie, méfiance de l'homme, l'esprit?

Espérer une reproduction tranquille d'ours captifs et un relâché de la descendance? Comment une mère ex-captive va telle apprendre à ses oursons à vivre, où trouver sa nourriture et à craindre l'homme ?
Les relâcher tous ensemble, me semble être une très mauvaise idée complètement utopique. Ces ours ne pourront que créer des carnages (attaque de bétail, approche des humains, des villages, conflits entre eux).

Ce parc est la plus grande des conneries à faire. Après le moindre incident, tous les opposants vont sauter sur l'occasion pour dire "vous voyez bien que les ours sont dangereux, incontrôlables, on vous l'avait bien dit. Même les ours sauvages, il faut les mettre dans des parcs, plus petits" etc.

4) Un autre message

Vous espérez… et bien continuez de le faire. Pour ma part je n'adhère pas à vos idées, ni à votre association, même si je dénonce à la buvette, chaque fois que possible les mauvais traitements aux animaux sauvages ou domestiques prisonniers :

"Une biodiversité qui n’a sa raison d’être que par l’usage, le loisir, et le bon vouloir des humains".
Vous êtes complètement à côté de la plaque ma parole. Il s'agit de renforcer une population à J-1 de l'extinction pas de bon vouloir des humains. Laissez mourir les ours qui sont encore "sains d'esprit" et en liberté et relâcher les ours que l'homme a rendu "dingues" en quelque sorte. Est-ce celà votre programme?

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