Pan sur un vautour moine dans le verdon

C'est fou ce que les fabricants français d'armes de chasse ne savent pas règler les armes : la gachette est toujours trop sensible. A moins que ce soit la sensibilité et la conscience du naturel qui soit totalement absente pour un certains nombre de porteur de cartouchière. Vu de la Belgique, le monde de la chasse en France est une énigme vraiment incompréhensible mais scandaleuse.

Un jeune vautour moine faisant parti d’un programme de réintroduction a été retrouvé mort, tué au fusil, en bordure des gorges du Verdon. Il s’agit du premier cas de destruction par tir de cette espèce sur notre territoire, un rapace pourtant inoffensif et dont moins de 70 individus vivent en France*. Une perte inestimable et intolérable. La LPO a décidé de porter plainte.

Vautour_moine_1 Ce vautour n’était pas anonyme. Baptisé Doué, du nom du zoo qui l’a vu naître au printemps 2005, il bénéficiait - comme tous ses congénères depuis 13 ans - d’un important programme de restauration sur notre territoire. Il était également le premier vautour moine à avoir été introduit dans le Verdon avec l’espoir qu’il y fonde les bases d’une nouvelle colonie. Seulement voilà, un porteur de fusil a mis fin à ses jours. Le cadavre du vautour a été retrouvé le dimanche 2 octobre dans un endroit réputé pour la recherche de champignons et pour la chasse. Après analyse, il ne fait aucun doute que l’oiseau a été délibérément tiré en vol, comme en attestent les 8 plombs retrouvés dans le cadavre. Pourtant, aucune confusion avec un autre animal n’était possible.

Depuis 30 ans, la France est le chef de file de la conservation des vautours en Europe. Alors que l’on parle actuellement de la nécessité de préserver la biodiversité de la France, comment ne pas s’indigner de cet acte gratuit ?

Rapace nécrophage, le vautour moine erre sur son immense territoire (5000 km²), à la recherche de cadavres d’animaux, qui constituent son régime alimentaire. La population française est estimée à un maximum de 70 individus, dont une seule colonie de reproduction estimée à 15 couples. C’est l’un des oiseaux les plus rares de France et le ministère de l’Ecologie a d’ailleurs mis en œuvre un Plan national de restauration depuis un an, impliquant de nombreux partenaires associatifs, aussi bien en France qu’à l’étranger. La France abrite en effet la troisième population d’Europe, derrière l’Espagne et la Grèce.

De nouveaux vautours moines seront encore libérés dans le Verdon l’an prochain. Il est illusoire de croire que cet acte isolé puisse entamer la détermination d’hommes et de femmes qui luttent au quotidien pour la préservation de notre patrimoine naturel. La LPO porte plainte.

Tout d’abord réintroduit dans la région des Grands Causses, entre 1992 et 2004, le vautour moine est actuellement réhabilité dans son ancienne aire de répartition méditerranéenne, au pied des Alpes provençales. Deux sites ont été retenus pour cette aventure : les Baronnies (dans la Drôme) et le Verdon (à cheval entre les Alpes de Haute-Provence et le Var). Dans ce dernier site, les lâchers avaient débuté cette année, avec l’envol de 2 jeunes nés en parcs zoologiques, Doué, issu du zoo de Doué-la-Fontaine (49), et Arhnem, du zoo du même nom, aux Pays-Bas. L’espèce avait été exterminée à la fin du 19ème siècle.

Soure : lpo

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