Rétrospective des actualités de l'ours en France en 2005

1 janvier 2005 - On compte aujourd'hui dans les Pyrénées 15 à 19 individus, répartis en deux noyaux : 4 ours (mâles uniquement après la mort de Cannelle) dans le Béarn, et 11 à 15 ours en Pyrénées centrales, suite à une première opération de réintroduction menée en 1996-1997.

11 janvier - L'ourson de Cannelle, dernière ourse de souche pyrénéenne abattue le 1er novembre par un chasseur, a été repéré le 24 décembre et semble en "relative bonne forme", a indiqué mardi soir 11 janvier Jean-Jacques Camarra, coordinateur du Réseau ours brun de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage.

13 janvier - Le ministre de l'Ecologie, Serge Lepeltier, annonce aujourd'hui la réintroduction d'une quinzaine d'ours sur 3 ans dans les Pyrénées. Cinq femelles seront introduites en 2005. Cinq autres seront arriveront en 2006 et 2007, moins en cas de naissances de petits. «J'espère que d'ici là nous aurons des naissances d'oursons», a t-il déclaré. Les réactions vont en sens divers.

21 janvier - L'Institution patrimoniale du Haut-Béarn de Jean Lassalle claque la porte, l'IPHB décide de se désolidariser totalement du programme gouvernemental de réintroduction des ours dans les Pyrénées. « La décision du ministre a anéanti les efforts faits par l'IPHB depuis plus de dix ans pour construire patiemment une réelle concertation de tous les acteurs du territoire »...

3 février - Le préfet de Midi-Pyrénées lance une «large concertation» a propos de l'ours dans les Pyrénées.

20 février - CAP Ours reste inquiet et écrit à Serge Lepeltier. La FRSEA claque la porte. La politique de la chaisse vide se met en place.

9 mars - Cinq élus socialistes de Haute-Garonne, membres du Comité de Massif des Pyrénées, ont annoncé mardi leur refus d'assister à une des réunions de concertation prévues par l'Etat au sujet de la réintroduction d'ours dans les Pyrénées avant que l'Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM) ait rencontré le gouvernement.

17 mars - Début de la concertation en Pyrénées-Atlantiques en vue du plan de réintroduction de l'ours.

17, 20 et 22 mars - Trois observations ont été faites en quelques jours par des membres de l' Equipe Technique Ours et du réseau Ours Brun. Les ours sortent d'hibernation.

26 mars - Cap Ours fait des propositions pour revaloriser l'économie des Pyrénées et aider les exploitations pastorales.

31 mars - L'exposition "ours" intitulée " Tant qu'il y aura des ours", en hommage à Cannelle est  inaugurée en grande pompes au muséum d'Orléans en présence de 400 personnes. Dans la foulée, le Museum organisera en juin "Rencontres avec les ours".

26 avril - Des élus béarnais, dont Jean Lassalle étaient allés chercher à Paris une reculade du ministre de l’écologie. Ils n’ont rien obtenu. Pire, Serge Lepeltier s’est montré plus déterminé que jamais. Son plan de renforcement de la population d’ours bruns dans les Pyrénées n’est absolument pas remis en cause. "Les élus sont déçus".

8 mai - Cannellito a passé l'hiver : «C'est une demi-surprise, note Pierre-Yves Quenette, responsable de l'équipe technique ours pour les Pyrénées à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. On savait que l'ourson de Cannelle avait ses chances, il a réussi à s'alimenter et à trouver une tanière. Depuis la sortie de l'hiver, nous prospections à la recherche de traces de l'ourson

21 mai - Le WWF attaque l'ACCA d'Urdos devant le Tribunal de Grande Instance de Pau pour la mort de l'ourse Cannelle.

19 juillet  - Nelly OLIN, ministre de l’Ecologie annonce sa décision de reporter la restauration d’une population d’ours dans les Pyrénées au printemps 2006. CAP Ours, l'ADET et FERUS appellent à manifester à Arbas, lors des Automnales du Pays de l'Ours.

23 septembre - Les associations attendent l'annonce de nelly Olin : "Ce sera probablement trois ours au printemps, puis deux à l'automne", explique-t-on dans l'entourage de la ministre.

4 octobre - La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin est de retour de Slovénie où elle a conclu un accord pour que cinq ours, de préférence femelles, soient prélevés dans les massifs slovènes afin de gagner dès le printemps prochain les Pyrénées centrales et atlantiques. La ministre confirme que le ministre de l'agriculture prépare un plan d'accompagnement en faveur du pastoralisme, mais aussi qu'elle sera intraitable en cas de drame : "Chaque ours tué sera remplacé", annonce-t-elle, précisant "qu'elle n'exclut pas de faire appel dans l'affaire Cannelle, si la peine ne me paraît pas appropriée".

22 octobre - La SEPANSO Béarn prépare une plainte contre la France à l'Union Européenne pour extermination de l'ours brun des Pyrénées. (En gros, l'Etat n'a pas pris les mesures nécessaires pour protéger les derniers ours du Haut-Béarn et il n'a pas non plus procédé au renforcement qui aurait pu permettre de restaurer la population des Pyrénées occidentales.

23 octobre - Les anti-ours pertubent les automnales du Pays de l'Ours à Massat. Ils coupent des arbres pour barrer la route et coupent l'alimentation électrique de la commune.

3 novembre - L'ex-ministre de l'Ecologie Serge Lepeltier critique le nouveau plan de réintroduction de 5 ours bruns dans les Pyrénées, estimant ce nombre trop faible pour assurer la survie de l'espèce dans le massif.

5 novembre - Ceux qui veulent des ours ont manifesté à Paris, pour Cannelle, au Panthéon.

8 novembre - Reconstitution de la mort de Cannelle à Urdos.

9 novembre - Le collectif des bergers et éleveurs de l'Ariège manifeste pendant la réunion de la commission d'indemnisation des dégâts de l'Ours et occasionne des dégâts aux voitures des membres de la commission. Dans un communiqué, le préfet indique que cela « ne laisse aucun doute sur le lien entre la manifestation et ces dégradations ». La réunion de la commission a été suspendue et celle-ci ne se réunira pas « tant que la lumière ne sera pas faite sur cette affaire et que les dommages subis n'auront pas été réparés. »

15 novembre 2005 - Le 03/08/2004, M. Augustin Bonrepaux attirait l'attention de M. le ministre de l'écologie et du développement durable sur l'article L. 2212-2, alinéa 7, du code général des collectivités territoriales qui prescrit aux maires d'assurer la sécurité publique et, en particulier, « de remédier aux événements fâcheux occasionnés par la divagation des animaux féroces ou malfaisants ».

Plus d'un an plus tard, la ministre Olin répond "S'agissant des animaux sauvages appartenant à des espèces protégées, il s'ensuit que le maire ne peut prendre de mesures de police qui contreviendraient aux dispositions assurant leur protection ou qui empièteraient sur les pouvoirs du ministre chargé de la protection de la nature, autorité de police spéciale. Dès lors, les pouvoirs de police du maire sont limités : pas de possibilités de capture ou de destruction de l'animal. Ceci restreint l'étendue de sa responsabilité."

 

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