Vautour, barre toi de mon herbe !

Le 29 novembre, Aves France faisait état sur son site d'une folle rumeur dans les Pyrénées : Les vautours attaquent le bétail vivant !

Extraits : "La rumeur court actuellement dans les Pyrénées Françaises : des vautours, trop nombreux et affamés, attaqueraient le bétail vivant."

Le vautour est un charognard, ce qui signifie qu’il se nourrit habituellement de bêtes mortes, de cadavres. Or, 35 dossiers mettant en cause les vautours ont été déposés en 2004 auprès de l’Observatoire départemental des dommages au bétail, et 25 autres en 2005.

Certains éleveurs affirment que leurs bêtes ont été attaquées par des vautours mais la mise en cause du volatile ne prouve pas qu’il soit responsable de la mort des animaux domestiques.

Afin de calmer la rumeur qui se propage dans le "Pays", l’Observatoire, composé d’associations d’éleveurs, de l’IPHB, du Parc national et d’associations de protection de la nature, a décidé d’effectuer le comptage des vautours et de faire pratiquer des autopsies sur les ovins afin de déterminer au mieux la cause de leur mort et l’implication des vautours.

Si cette étude démontre la responsabilité du vautour, alors des demandes d’indemnisations pourront être faites auprès du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (MEDD).

Le comptage sera effectué par les associations de protection de la nature qui composent le réseau "Pyrénées vivantes". Les dernières données, datant de 1990, estimaient le nombre de vautours entre 400 et 600 couples dans le département des Pyrénées-Atlantiques (64)."

Barretoidemonherbep04_t03_1 La phrase importante me semble bien être : Si cette étude démontre la responsabilité du vautour, alors des demandes d’indemnisations pourront être faites auprès du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable (MEDD). Nous y voilà. En bon écologistes montagnards qu’ils sont, les éleveurs habitués au "Tout ce qui traîne et gène doit débarrasser le terrain" et "Tout ce qui peut nous rapporter du blé" doit être encouragé ont trouvé dans le vautour une nouvelle source susceptible d'améliorer le montant des subventions. Tout ce qui est pris n'est plus à prendre. Et l'IPHB d'emboîter le pas discrètement...

On va compter? Bien. 300, 500, 1000 et alors : en quoi le nombre va t-il changer les techniques d'alimentation du volatile emplumé et son comportement. Y aurait-il moins de charognes en Pyrénées qu'en Vercors? Tous les bergers se dépêchent-ils de charger dans les Cat-Cat, les cadavres des brebis attaquées par les chiens, les mouches, les ours et autres maladies ou manque de soin pour les porter au clos d'équarrissage local et pour les enlever à l'appétit vorace des becs crochus? Et ceux-ci de demander aux aigles de leur expliquer comment redresser la situation de famine et de leur apprendre des techniques de chasse plus volontaristes et directes comme comment enlever une vache en s'y mettant à plusieurs.

Et la rumeur de s'amplifier : une grappe de brebis enlevée par les voraces prédateurs ! Et les victimes de sonner à la porte de l'IPHB pour qu'on leur lache la grappe et les subventions.

On est le 15 décembre, attendons la décision de Nelly Olin. Peut-être que la caisse de l'IPHB va en prendre un coup. Depuis que les éleveurs aux chemises noires font le coup de poing pendant qu'on délibère sur leurs indemnités et qu’ils reportent ainsi leurs propres remboursements, le vautour pourrait bien devenir une nouvelle source de revenus. La nature a bon dos. Les plus charognards ne sont pas ceux qu'on croit.

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