L’ours slovène n’est pas plus carnivore que l’ours pyrénéen

Conclusion 4 : L’ours slovène n’est pas plus carnivore que l’ours pyrénéen

Sujet n° 5 du Sondage FERUS en Béarn
Renforcement de la population d’ours dans le Béarn
Ferus_logo_1L’association FERUS a adressé un questionnaire portant sur l’ours à tous les maires, adjoints au maire et conseillers municipaux des 41 communes des vallées d’Aspe, d’Ossau, du Barétous et limitrophes. Sondage effectué en Novembre 2005

FERUS BP 114 13718 – Allauch cedex - Tél. /Fax : +33 (0)4 91 05 05 46 / Sondage FERUS Béarn

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L’ours slovène n’est pas plus carnivore que l’ours pyrénéen

Vous nous avez écrit

« Oui au renforcement avec des ours qui n’aient jamais été nourris par l’homme ».

« L’ours serait dangereux pour l’homme si on évoluait vers des réintroductions d’animaux trop familiers, habitués à être nourris, qu’on soumettrait brusquement à des conditions de vie trop difficiles par rapport à des habitudes acquises. »

Certains opposants à la présence de l’ours ont essayé de faire croire que l’ours slovène est plus carnivore que l’ours de souche pyrénéenne. Aucune étude scientifique n’a pu le démontrer. L’apport de carcasses dans certaines zones dans les forêts slovènes est limité dans le temps. En plus, avec l’entrée dans la communauté européenne de la Slovénie le 1er mai 2004, la réglementation de l’inspection vétérinaire s’est alourdie d’où un coût financier de plus en plus élevé pour réaliser les expertises sanitaires des carcasses. Ces dernières sont donc de moins en moins utilisées pour le nourrissage.

D’après les professeurs Adamic et Huber, spécialistes reconnus de l’ours, aucun lien ne peut être fait entre le nourrissage épisodique et un comportement prédateur. L’ours est un animal opportuniste.

De même, l’analyse du comportement des ours issus de la réintroduction de 1996-1997 ne confirme pas cette crainte, le comportement alimentaire des ours issus de la réintroduction est identique à celui des ours autochtone.

Vous nous avez écrit

«Les ours slovènes sont trop familiers et tuent par vice, d’où de gros dégâts, alors que les vrais ours des Pyrénées tuent ou tuaient uniquement pour se nourrir ».

Un prédateur tue sa proie. Parle-t-on du « vice » du chat qui joue avec la souris ? Du « vice » du jeune lion qui s’entraîne à tuer des antilopes ? Le « vice » concerne l’homme, pas les animaux. Dire qu’un animal est « vicieux » est une interprétation très humaine.

Venons en au comportement alimentaire des ours : le recul de 10 ans permet d’affirmer que le comportement alimentaire est strictement le même qu’il s’agisse d’ours d’origine slovène ou d’ours d’origine pyrénéenne ; à une petite exception près : les ours d’origine slovène sont très légèrement davantage carnivores … mais … « carnivores » en insectes uniquement, donc légèrement plus « insectivores ».

D’origine slovène ou d’origine pyrénéenne, les ours pyrénéens sont omnivores et principalement végétariens de façon rigoureusement comparable. Ce n’est pas l’origine des ours qui détermine leur comportement alimentaire, mais le mode de gardiennage des troupeaux qu’ils rencontrent. Quand le mâle « Papillon », le plus emblématique des ours pyrénéens, est allé finir sa vie en vallée de Luz, il y a fait de gros dégâts (Avant de s’apercevoir qu’il s’agissait de Papillon, des voix s’élevèrent alors pour accuser ces dangereux et sanguinaires ours slovènes) simplement parce que les troupeaux n’y sont pas gardés de la même façon que dans son Haut-Béarn natal. De même, Néré (d’origine slovène) installé en Haut-Béarn, se comporte exactement comme les anciens ours d’origine pyrénéenne.

Quant aux ours dits « familiers », il y en a eu plusieurs d’origine pyrénéenne ; pensons par exemple à l’ours « Lagaffe », authentique béarnais. Il s’agit là d’une question d’individus et en aucun cas d’une spécificité slovène.

En France, le recul que nous avons aujourd’hui, suite aux réintroductions de trois ours slovènes en 1996 et 1997 dans les Pyrénées centrales, nous permet de constater que le régime alimentaire des ours issus de la réintroduction est strictement identique à celui des ours de souche pyrénéenne.

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