Bonrepaux, l'ours, l'AFFSA et le virus H5N1

Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments : Tels sont les éléments d’analyse que l’Afssa est en mesure de fournir en réponse à la saisie du Ministère de l’écologie et du développement durable sur l’évaluation des risques éventuels, au regard de l’Influenza aviaire, présentés par le projet de transfert de cinq ours bruns en provenance de Slovénie.

L’ours peut-il être porteur de la grippe aviaire ?

Bonrepaux_1 Augustin "Tintin" Bonrepaux s'était a nouveau figuré mettre des batons dans les roues du renforcement de la population d'ours chère à Nelly Olin en posant cette question saugrenue au premier ministre. Il n'en est pas à son coup d'essai. Lisez aussi :

La réponse ne surprendra personne, mais couvre de ridicule le député ariégeois, toujours en tête de manifestation quand il s'agit de casser de l'ours. Un grand bravo à ces politiciens aussi ridicules qu'irresponsables. Augustin vole dans les plumes...

L'AFFSA dit non Tintin, l'ours n'est pas un poulet !

Maisons-Alfort, le 15 mars 2006

AVIS de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments sur le risque éventuel présenté par le projet de transfert de cinq ours en provenance de Slovénie au regard de l’Influenza aviaire.

Bonrepaux_grippe_aviaireRappel de la saisie

L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a été saisie le 03 mars 2006 par le Ministère de l’écologie et du développement durable sur l’évaluation des risques éventuels, au regard de l’Influenza aviaire, présentés par le projet de transfert de cinq ours bruns dans les Pyrénées, en provenance de Slovénie.

Avis du groupe d’expertise collective d’urgence « Influenza aviaire »

Le groupe d’expertise collective d’urgence « Influenza aviaire », réuni le 14 mars 2006 par moyens télématiques, formule l’avis suivant :

Contexte
Dans le cadre de sa stratégie nationale pour la biodiversité, la France souhaite renforcer la dernière population d’ours brun (Ursus arctos) encore présente sur son territoire, dans les Pyrénées. Une première réintroduction expérimentale avait eu lieu en 1996 (deux femelles) et 1997 (un mâle), les trois animaux étant déjà issus de Slovénie. Après la mort de la dernière ourse en novembre 2004, le gouvernement français a souhaité relancer le processus de renforcement en annonçant de nouveaux lâchers pour l’automne 2005, reportés en fait au printemps 2006.

Questions posées
Il s’agit d’évaluer le risque de transfert du virus Influenza H5N1 hautement pathogène, souche asiatique, lors du déplacement de cinq ours bruns depuis la Slovénie jusque dans les Pyrénées françaises.

Méthode d’expertise
L'expertise collective a été effectuée sur la base d’un projet d’avis proposé par un rapporteur du groupe d’expertise collective d’urgence (GECU) « Influenza aviaire » qui a été présenté, discuté et validé le 14 mars 2006 par le GECU « Influenza aviaire » réuni par moyens télématiques.

La méthode est fondée sur une analyse des volets sanitaires des deux dossiers de
réintroduction (1995 et 2006), ainsi que sur l’exploitation des avis de l’Afssa traitant du risque grippe aviaire. Le volet sanitaire du dossier de réintroduction de 1995 avait été constitué par un vétérinaire travaillant pour l’association Artus, maître d’oeuvre du premier projet de réintroduction et celui de 2006 repris par deux vétérinaires de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), maître d’oeuvre du deuxième projet de réintroduction, à partir du dossier initial.

L’expertise a été conduite sur la base des documents suivants :

  • les rapports de notification de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) concernant les foyers d’influenza aviaire hautement pathogènes confirmés au 14 mars 2006 ;
  • les dépêches Promed faisant état des foyers d’Influenza aviaire hautement pathogènes non encore notifiés sur le site internet de l’OIE (au 14 mars 2006) ;
  • les avis de l’Afssa sur l’Influenza aviaire, en particulier les avis 2006-SA-0053 du 14 février 2006 et 2006-SA-0074 du 03 mars 2006.

Argumentaire
Le groupe d’expertise collective d’urgence « Influenza aviaire » a pris en compte les éléments suivants :

  • A ce jour, aucune des deux régions (prélèvement/destination) n’est concernée par les épisodes d’Influenza aviaire survenus dans les deux pays comme dans une partie de l’Europe, au vu des données disponibles à ce jour.
  • En outre, aucune donnée scientifique n’associe l’ours brun aux virus Influenza. Les recherches documentaires réalisées lors de la constitution des dossiers de 1995 et de 2006 permettent de le confirmer. On peut y ajouter le rôle anecdotique joué par les carnivores, domestiques ou sauvages, dans le cycle épidémiologique des virus Influenza tel que les récents avis de l’Afssa l’ont expliqué.
  • De plus, le site de capture retenu, les examens cliniques qui sont réalisés lors des captures, la méthode de transfert retenue pour déplacer les animaux de Slovénie vers la France, ainsi que l’expérience des réintroductions expérimentales de 1996 et 1997, permettent d’estimer que l’ensemble des risques de nature sanitaire est maîtrisé.
  • Enfin, les mouvements de carnivores domestiques à travers l’Europe, tout particulièrement entre la Slovénie et la France, ne font l’objet d’aucune restriction relative à l’Influenza aviaire.

Compte-tenu de la situation de l’Influenza aviaire en Europe au début du mois de mars 2006 et des arguments développés, le groupe d’expertise collective d’urgence « Influenza aviaire » estime que le risque lié au transfert de cinq ours en provenance de Slovénie est NUL

Conclusions et recommandations

  • Considérant les deux analyses des risques sanitaires effectuées en 1995 et en 2006, relatives aux déplacements d’ours bruns (Ursus arctos) de la Slovénie vers la France (Pyrénées) ;
  • Considérant la situation épidémiologique des pays et des régions concernés par ce déplacement vis-à-vis de l’épizootie liée au virus Influenza H5N1 HP d’origine asiatique ;
  • Considérant l’ensemble des avis déjà émis par l’Afssa et relatifs à cet épisode d’Influenza aviaire ;
  • Considérant l’ensemble des mesures médicales et sanitaires entourant le déplacement des cinq ours ;

Le groupe d’expertise collective d’urgence considère que le risque éventuel présenté par le projet de transfert de cinq ours en provenance de Slovénie au regard de la grippe aviaire, tel qu ‘il est évoqué dans la lettre citée en référence, peut être qualifié de nul.

Pascale BRIAND

(Voir l'avis de l'AFSSA sur l'ours et la grippe aviaire sur la page documents sur les ours)

Principales références bibliographiques
ARQUILLIERE A. 1995. Expertise sanitaire en Slovénie préalable à la réintroduction de l’Ours Brun dans les Pyrénées, rapport au Ministère chargé de l’Ecologie, 26 p. + annexes ;
HARS J., ROSSI S. (2006) Protocole sanitaire relatif à la translocation d’ours bruns
(Ursus arctos) dans les Pyrénées. Rapport, ONCFS, 34 p.

Augustin Bonrepaux à le droit de continuer à manger de l'Ours avec ces copains de l'Ariège.

Augustin serait-il candidat pour une petite trichinose ?

Pour le vieillissement de l'ours, il est préférable d'enlever la peau et de bien l'envelopper dans deux doubles de coton fromage humides pour qu'ils collent bien à la chair, afin d'éviter son dessèchement. Suspendre la carcasse, de préférence à une température contrôlée (chambre froide). Évitez la chaleur printanière surtout si vous suspendez votre gibier dans un garage (température idéale 4 à 7°C).

Vieillissement recommandé : 3 jours à une semaine
Mâle adulte : 6-7 jours
Ourson : 3 jours
Femelle adulte : 4-5 jours

Toutes les recettes de gros gibier peuvent s'accommoder à la viande d'ours. Cependant, il est recommandé de faire cuire cette venaison un peu plus; c'est pourquoi il est préférable de choisir des recettes à cuisson prolongée telles bourguignons, braisés, etc. Personnellement, je le préfère en préparations fumées (jambon). Il s'accompagne aussi très bien dans les recettes dites " marinées ".

Bonne chance !
Source : Québec

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